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Lui (fin)

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evaetjean




Age : 28
Inscrit le : 13 Déc 2005
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Localisation : Entre l'Ile d'Oléron et Royan. Pour ceux qui voient pas où sait bah z'ont qu'à prendre une carte, na

MessageSujet: Lui (fin)   Jeu 30 Mar - 10:16

Les jours passèrent tranquillement, un après-midi un scooter vint se garer devant la maison. Un jeune homme en descendit et s’approcha pour sonner.
- Bonjour Pierre. Attends, je l’appelle, CHRISTY TU DESCENDS ?
- J’ARRIVE !
- Alors qu’allez-vous faire aujourd’hui ?
- Bonjour m’dame. On doit aller au ciné, je l’emmène voir « Le seigneur des anneaux ».
- Vous êtes prudent sur la route, je n’aime pas la savoir en scooter.
- Ne vous inquiétez pas m’dame, je fais très attention.
- Salut, on y va pierrot.
- M’appelle pas pierrot, tu sais que je déteste ! Au-r’voir m’dame.
- Ciao maman, à ce soir.
- A ce soir les enfants, soyez prudent.

L’été était de retour, il faisait doux. Beaucoup moins chaud que l’an passé songea Christy a grand regret. Elle était avec Pierre depuis deux mois. Elle l’aimait bien, juste bien.
Beaucoup de monde circulait sur les routes à cette période. Pierre fût prudent, très prudent mais pas le conducteur de la voiture qui tourna en lui coupant la route. Pierre fit ce qu’il pût seulement il lui fut impossible d’éviter l’accident. Les mains crispées sur le guidon il s’encastra dans la portière droite de la voiture. Ils furent propulsés tout les deux dans les airs et retombèrent sur le bitume dans un bruit sourd comme des pantins désarticulés.

Deux policiers venaient d’arriver devant une belle maison aux murs blancs et aux volets bleus pales. Ils n’aimaient pas avoir à annonçer ce genre de nouvelle. Cela les dégoûtait. Ils sonnèrent. Une femme d’environ 50 ans vint leur ouvrir. Son cœur se serra quand elle découvrit, sur le pas de la porte, les deux hommes en uniformes.
- Madame Davidson ?
- Oui.
- Vous êtes bien la mère de Monsieur Pierre Davidson âgé de 17 ans.
- Oui c’est exact. Mon dieu que se passe t’il ?
- Madame, votre fils a eu un accident. Il était avec Mademoiselle Christy Robs. Ils ont été transportés d’urgence à Bordeaux. J’ai le regret de vous dire, madame, que votre fils n’a pas survécu. Toutes nos condoléances.

En repartant les deux policiers se détestaient encore plus. En quelques secondes ils
venaient de détruire la vie de cette femme. Elle n’avait pas prononcé un mot et était allée
s’assoir. Les yeux dans le vague, le regard perdu de douleur elle s’était mise à pleurer en silence. Ils ont tellement d’images de peines et de souffrances qu’ils aimeraient parfois pouvoir les effacer. A présent ils devaient se rendre chez Madame Robs. En chemin un silence pesant avait envahit la voiture.
Ils se garèrent devant le numéro trois de la rue des Tournesols. Ils frappèrent à la porte, elle s’ouvrit sur un jeune homme.
- Bonjour, nous voudrions parler à Madame Robs.
- C’est ma mère. Veuillez patienter, je vais la chercher.
- Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
- Madame Robs ?
- Oui c’est moi.
- Vous êtes bien la mère de Mademoiselle Christy Robs âgé de 17 ans?
- Oui, oui tout à fait. Mais enfin qu’y a t’il ?
- Madame, votre fille a eu un accident. Elle était avec Monsieur Pierre Davidson. Ils ont été transportés d’urgence sur Bordeaux à l’hôpital Pellegrin. Elle est dans un coma avancé. Nous sommes sincèrement désolés Madame.

La terre venait de se dérober sous ses pieds, ce qu’elle redoutait tant était arrivé. Sa fille, son bébé est à l’hôpital.


CHAPITRE 3


En la voyant dans ce lit, reliée à toute une collection de machines, son cœur se serra si fort qu’il lui fut difficile de respirer. Elle semblait si délicate, si fragile. Elle avait gardé la vie grâce au bon vouloir du ciel et maintenant elle ne pouvait la conserver qu’avec les appareils. « Nous émettons un avis réservé, elle peut se réveiller mais rien n’est certain. Et surtout on ignore les séquelles éventuelles. » Voilà ce que lui avaient dit les médecins. Sa fille était là, devant elle, et pour une fois elle ne pouvait pas lui venir en aide. Elle se mit sur le siège à côté du lit et les larmes coulèrent silencieusement sur ses joues.
-Maman, maman ? Ne pleure pas, je vais bien. Je te vois, je suis à côté de toi. Non ne ferme pas la fenêtre, ce n’est pas un courant d’air qui a soulevé tes cheveux, c’est ma main. Oh pourquoi ne m’entends-tu pas ? C’est si injuste. Tu sais quand j’ai vu la voiture j’ai eu très peur, puis je ne me souviens de rien. Je n’ai même pas mal, en fait je suis plutôt bien. Vous me manquez beaucoup. Lui aussi me manque d’ailleurs, j’aimerai qu’il vienne me voir mais j’en doute fort. Trop occupé ! Allons maman, cesse de pleurer je t’en prie.

Les jours passèrent, puis les semaines, puis les mois. La mère de Christy avait maigri, la douleur la rongeait. Elle se raccrochait à l’éventualité qu’elle revienne et paradoxalement elle perdait tout espoir. Elle passait ses journées auprès de sa fille dès qu’elle le pouvait.

- Maman, tu ne devrais pas passer ton temps ici. Regarde comme tu as minci, mange un peu. Quand je reviendrai, je te gronderai pour ce laissé aller. Ah ! J’aime les histoires que tu me lis, j’aime ce que tu me racontes. Tu es si douce, si gentille pour moi. Regarde, il arrive. Quelle chance tu as de pouvoir le serrer dans tes bras. C’est la troisième fois qu’il vient tu sais ? Non tu ne sais pas, tu n’étais pas là les fois précédentes ! Quel dommage je n’ai aucune
sensation, je n’ai pas senti son bisou. C’est tellement injuste, mais je peux passer ma main
dans ses cheveux. Je lui ai même fait un bisou sur les lèvres l’autre fois, un vrai délice. Il a frissonné et s’est passé la main sur la bouche, je crois que ça l’a chatouillé ! Et bien vous en avez des choses à vous raconter. Eh ! Il s’en va déjà, non ! Ah non il se penche à mon oreille. OH NON, NON !
- Oh mon dieu, UN MEDECIN VITE UN MEDECIN !
Elle sortit de la chambre en courant, lui n’avait pas bougé. Pétrifié d’avoir pu faire réagir Christy juste par ces quelques mots.
- Calmez-vous, calmez-vous Madame. Que se passe t’il ?
- Ma fille elle vient…elle vient de….elle a sursauté . Venez vite ! Chambre 320.
Les médecins arrivèrent dans la chambre, effectivement Christy remuait. En fait elle s’agitait beaucoup trop.
- Quand a t’elle commencé à s’agiter ? Bon sang maintenez la bien, elle va finir par enlever les perfusions. Ça y est, elle se calme. On l’emmène au scanner dépèchez-vous.
- Elle…elle revient ?
- Je ne peux rien vous dire Madame, j’attends d’en savoir plus avec les examens.

Elle tournait en rond dans la chambre, voilà deux heures qu’ils avaient emmené sa fille et toujours aucune nouvelle. Il était tard à présent. Il avait fini par partir, elle devait l’appeler demain matin pour le tenir au courant. Voilà plus d’un an que Christy était dans le coma et qu’elle attendait le moindre petit signe de vie. Ce jour était enfin arrivé.
- Madame Robs ? Votre fille…


CHAPITRE 4


Il se réveilla haletant, quel cauchemar terrible. Il avait encore tous les détails en tête. Cette jeune femme, ce lieu étrange et puis ces paroles, ce message. Il ne savait pas trop quoi faire mais, au fond de lui, il savait qu’il devait agir selon les dernières volontés de cette personne. Il commença les recherches. Elle lui avait dit tout ce qu’il devait savoir.

Effectivement il trouva l’homme dont elle avait parlé dans l’annuaire. Il frissonna, serait-il possible que… Ses démarches prirent plusieurs jours, plusieurs semaines.
Il hésitait encore quand il prit sa voiture pour aller voir cet homme. Il hésitait toujours quand il se gara devant la maison. Il descendit et alla frapper à la porte. Son cœur battait fort, pour qui allait-on le prendre ? Pour un fou sans aucun doute.
La porte s’ouvrit.
- Bonjour monsieur, connaissez-vous une certaine Christy ?
- Oui pourquoi ?
- J’ai un message pour vous de sa part.
- J’en doute fort monsieur, Christy est décédée.
- Oh ! Pardon, toutes mes condoléances. Mais j’aimerais que vous m’écoutiez, c’est très étrange.
- Je n’ai pas de temps à perdre. Et puis qui êtes-vous ?
- Je m’appelle Grégory Priff. S’il vous plait. Ecoutez moi, je vous en prie. Je ne connais pas cette jeune femme, je l’ai vue en rêve dans la nuit du 3 au 4 juillet et elle voulait…enfin elle a… Monsieur qu’y a t’il ?
L’homme avait changé de visage, la souffrance se ressentait. Ses traits s’étaient crispés.
- C’est cette nuit là qu’elle est morte, dit-il d’une voix blanche. Que voulez-vous me dire ?
- Elle m’a dit avoir eu un accident et être dans le coma. Elle n’a pas voulu revenir à la vie. Elle n’en pouvait plus car elle vous aimait et qu’il était impossible de vous aimer mais j’ignore pour quelle raison. Elle m’a dit qu’elle avait toujours réussi à éloigner les autres filles de vous en leur mentant. Mais vous aviez rencontré une femme juste avant son accident et vous lui avez annoncé à l’hôpital que vous alliez l’épouser.
- C’est…c’est exact. Quand je lui ai dit cela elle s’est mise à trembler puis les médecins l’ont emmenée pour faire des examens. Mon dieu je l’ai tuée.
La tristesse vint s’abattre sur les épaules de grégory, il se demanda s’il avait eu raison de venir jusqu’ici. L’homme en face de lui semblait abattu, le regard vide. Il chercha quoi dire puis se rappella d’un détail.
- Non voyons non. Elle n’a pas eu la force de poursuivre et puis peut-être ne se serait-elle jamais réveillée de toute façon. Non vous n’y êtes pour rien. Elle m’a parlé d’un journal intime. Elle parle de vous dedans. Il est chez sa mère, dans sa chambre, dans le premier tiroir de sa commode. Elle m’a dit que vous pouviez le lire. Je suis désolé de vous avoir raconté toute cette histoire. J’ai mis du temps à me décider ne sachant trop quoi penser. Pardon mais pourquoi cet amour était-il donc impossible selon elle ?
- Parce que je suis son frère.
La voix de Bastien se brisa.
Grégory revit le regard perdu de la jeune femme et, le regardant dans les yeux, il ajouta :
- Le cœur d’une femme est rempli de secrets et…vous étiez le
sien.


FIN
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