mentor

Age : 30 Inscrit le : 12 Déc 2005 Messages : 8653
 | Sujet: TRAGEDIE A LA GRECQUE (exercice) Mar 17 Jan - 16:49 | |
| A la fin du XX ème siècle en Sicile Le frère et la sœur s’aiment d’amour tendre en cachette de leur père. Une tierce personne les surprend. Mots imposés : Censeur - Ecume - Porc-épic - Chianti -------------------------------------------------------------------------------
Palerme, fin juillet 99. Une chaleur à faire fondre la cloche du cimetière des Capucins. Ephéméride et Scapulaire ne cessent leurs incessants jeux amoureux que pour boire de petites rasades de chianti frais. La petite chambre de leur hôtel donne sur la montagne qui domine la ville. Un air tiède fait voleter les rideaux de tulle et pénètre dans la pièce par intermittence. Peu de mots échangés, beaucoup de caresses partagées. Ces deux là s’aiment d’amour tendre, c’est évident.
Une pause permet à Ephéméride d’observer son amant avec un peu de recul et ce qu’elle lit sur son visage l’inquiète aussitôt :
- Qu’as-tu Scap ? Je te sens préoccupé. - Ma douce Ephy, ma sœur, je n’ai rien, seulement tu sais notre situation. Père ne voudra jamais admettre une quelconque hyménée entre nous. Je le sais trop censeur pour envisager une union contre nature ! - On s’en tape frérot ! Viens là que je m’occupe de toi ! - Ephéméride ! Ton langage avant-gardiste te dessert. Tiens, reprends un peu de chantilly. Je ne plaisante pas. Tu connais père. Il a dû nous faire suivre et nous sommes peut-être à cet instant l’objet d’une surveillance aussi discrète qu’efficace. Notre mentor est à sa solde, tu le sais bien. - Ca, pour le savoir ! Quel sale con çui-là ! Nous lâche pas d’une semelle, pas une seconde ! Te l’emplâtrerais moi ce porc-épic, ce soudard inculte !
A ces mots un formidable craquement fait s’ouvrir la porte de la chambre qui se fracasse contre le mur, laissant apparaître un gaillard de 2 mètres de haut sur 1 mètre de large, l’écume aux lèvres, en sueur, son unique œil exorbité, une dague à la main.
- Jeunes freluquets ! hurle le mentor (car c’est bien lui) d’une voix de stentor. Je vous y prends ! La main dans le sac ! Enfin… la main au panier ! Endossez vos vêtements prestement, je vous emmène céans à votre père qui saura bien prononcer la sentence que votre conduite incestueuse mérite ! Suivez-moi sans résistance !
Scapulaire et Ephéméride, penauds et nus comme des lombrics, se précipitent fébrilement sur quelques effets, s’en vêtissent à la hâte puis se dirigent vers le couloir sous l’œil courroucé du factotum inébranlable. A l’instant où le coupable amant passe devant le géant, il lui décoche - avec toute la force dont la honte et l’humiliation l’ont gonflé – un horion magistral en un endroit de l’anatomie que nous ne préciserons pas plus avant.
Plié en deux par une douleur aussi violente qu’inhabituelle, le cyclope en lâche son arme effilée qui change aussitôt de main. Scapulaire lui tranche la gorge sans hésiter, ce qui produit un gargouillis infâme accompagné d’un geyser vermillon qui teinte aussitôt les murs et le plafond d’une myriade de gouttelettes du plus bel effet.
Sans abandonner l’épée, le garçon saisit la main de sa belle (sœur) et l’entraîne dans le couloir, entamant une course effrénée vers l’escalier de secours.
Par bonheur la porte de sécurité n’est pas verrouillée, et les deux amants débouchent à l’air libre, badigeonnés de sang, habillés de quelques tissus furtifs qui ne cachent pas grand chose de leurs jeunes anatomies et l’air hagard, ce que la situation impose, nous sommes d’accord.
A l’instant où ils prennent pied sur la terrasse de l’hôtel, un tonnerre d’applaudissements se déclenche en même temps qu’une immense ovation monte de la foule qu’ils découvrent en face d’eux.
Essoufflés mais visiblement ravis de leur performance, les deux acteurs font face aux spectateurs et s’inclinent à plusieurs reprises pour remercier leur public, fidèle à la pièce qu’ils jouent maintenant depuis bientôt six mois… . |
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