mentor

Age : 30 Inscrit le : 12 Déc 2005 Messages : 8872
 | Sujet: UN JOUR PAS COMME LES AUTRES (exercice) Jeu 26 Jan - 16:21 | |
| . Amédée était un garçon jovial et plein de vie. Il avait la trentaine un peu enveloppée. Il arborait une bouille toute ronde, des joues roses et un sourire perpétuel. Rien dans sa vie de tous les jours ne parvenait à lui faire perdre son optimisme naturel ni sa joie de vivre.
Ce matin là était même un jour encore plus prometteur car il avait lu attentivement la veille son horoscope du lendemain. Celui-ci lui annonçait toutes les chances de la terre.
Le réveil sortit Amédée de ses rêves peuplés de jeunes filles en fleur et de délicieux plats de spaghetti à la carbonara. Heureusement car il s’en serait bien servi une troisième fois… des pâtes. Il bondit de son lit et la carpette de travers glissa sur le paquet ciré. Le pauvre Amédée s’étala de tout son long, bousculant par la même occasion sa table de chevet où restait encore un verre d’eau quasi-plein qui se versa consciencieusement dans l’une de ses chaussures. Amédée éclata d’un rire sonore en se relevant sans trop de mal. Tout en riant, il entra dans la cabine de douche et il manœuvra le mitigeur de telle sorte qu’un jet brûlant lui cingla la nuque. Un hurlement remplaça son rire et il décida d’écourter ses ablutions. Habillé et rendu dans la kitchenette, il remplit la bouilloire qu’il posa sur son socle. Une sorte de flash aveuglant suivi d’une petite fumée noire lui firent lâcher l’engin, tandis que toutes les lumières de l’appartement s’éteignaient sans prévenir.
- Bof, je verrai ça ce soir, rien de grave, marmonna-t-il en souriant de plus belle et en se massant la nuque encore douloureuse.
Sur le palier, un courant d’air fit claquer la porte, annonçant ainsi à l’occupant qu’il était enfermé dehors, ses clés étant restées dans la serrure du mauvais côté… Il dévala l’escalier sans anicroche. Ce qui ramena sur son visage poupin un sourire radieux. Son arrêt de bus se trouvant de l’autre côté de la rue principale, il attendit sagement le petit bonhomme vert. Posant le pied sur le passage zébré, une voiture folle grilla le rouge, le rétroviseur accrochant au passage le bras d’Amédée qui fit trois tours sur lui-même tel un derviche, mais sans la musique. Sa chute s’accompagna d’un craquement sinistre. Une douleur fulgurante traversa la cuisse du jeune homme qui poussa un cri terrible et tomba dans les pommes.
Quelques passants coururent vers lui, l’un d’eux appela un numéro et moins de cinq minutes après, un pin-pon salutaire se faisait entendre. Les pompiers firent le nécessaire pour embarquer Amédée qui reprit ses esprits avec un masque à oxygène sur le nez, dans le camion rouge toutes sirènes hurlantes.
Arrivés près du pavillon des Urgences de l’Hôpital de la ville, les sauveteurs glissèrent le brancard hors de la camionnette et entreprirent de le poser sur ses quatre roues dépliables. Amédée, voulant prononcer quelques mots, fit de grands gestes des bras. L’un des brancardiers se pencha vers lui, déséquilibrant la charge. Le brancard bascula d’un seul coup vers la plate-bande qui bordait l’allée goudronnée. Les deux porteurs chutèrent lourdement tandis qu’Amédée se retrouvait le nez dans l’herbe, masque arraché et jambe horriblement douloureuse.
C’est alors que son regard s’arrêta sur ce que, inconsciemment, il attendait depuis son réveil : un magnifique brin d’herbe surmonté de 4 pétales verts parfaitement symétriques s’offrait à ses yeux émerveillés.
- Un trèfle à 4 feuilles !! Je le savais que c’était mon jour de chance !!! . |
|