Adapter le roman de Patrick Susskind au cinéma relevait du défi, pour ne pas dire de la folie. Réussir à traduire en images ce que l'auteur avait si bien exprimé en mots, à savoir les saveurs olfactives, la puissance d'un nez et d'une odeur, tout cela me paraissait insurmontable. Je suis donc allée voir "le Parfum" avec curiosité et l'idée que je ne pourrais qu'être agréablement surprise, puisque je donnais ce pari perdu d'avance. Je ne me suis hélas pas beaucoup trompée.
Il y a de jolies images, une esthétique élégante dans la photographie et la mise en scène mais le réalisateur passe complètement à côté du sujet. Traduire une odeur, il le fait à l'aide d'un gros plan de nez ou du bruit de quelqu'un qui renifle. Frais... tout comme d'ailleurs les premières minutes du film où il se sent obligé de nous montrer une succession de cadavres d'animaux et d'asticots nauséabonds pour faire comprendre au spectateur ce qu'est une ville qui pue.
Le dernier tiers du film est carrément ridicule avec partouze géante et allégorie quasi mystique de Jean-Baptiste Grenouille le messie christique venu sauver le monde; c'est granguignolesque au possible, voire pathétique.
Une adaptation difficile, certes, mais qui pouvait révéler quelque chose d'exceptionnel pour autant que le réalisateur ait eu un peu d'imagination et ait réussi à dépasser les difficultés de l'abstraction du roman. Il n'y est pas arrivé. Ça laisse un film sans odeurs, sans saveurs, élégant et plat. Pas pour moi!