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| Auteur | Message |
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socque
Age : 46 Inscrit le : 07 Jan 2008 Messages : 879
 | Sujet: Fins Lun 4 Fév 2008 - 8:00 | |
| Dans un sari safran je te vois, belle et frêle, Ange dégringolé d'un lointain firmament ! La soie sur ta peau mate invite des amants À murmurer, émus, des serments éternels.
J'invente tes yeux clos : des fleurs de pimprenelle Doivent y mijoter dans leur rouge dément, Pétéchies provoquées par ton étranglement ! Je regarde mes mains et leur force rebelle...
Tu ne savais donc pas que l'Orient m'excitait, Somptueuse salope, et que ton corps parfait, Je devais le soumettre à mon vouloir brutal ?
Je t'ai noyée de sperme et traînée dans la boue, Mais, sublime, tu gis, ennoblissant l'égout ! Je vais te démembrer, te rendre enfin bestiale...
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On t'a retrouvée les cheveux baignant dans un égout, mais ton visage avait conservé sa beauté nettement construite ; tu ressemblais toujours à ce célèbre buste de Néfertiti.
À part, donc, tes cheveux, aucune immondice ne souillait ton corps dénudé. Rien en outre ne signalait ta mort, même tes yeux ouverts paraissaient animés ; ta pose alanguie faisait penser à l'impavidité du sommeil. Pourquoi alors était-il impossible de s'y tromper, pourquoi au premier regard savait-on se trouver devant un cadavre ?
Une stase mystérieuse, ersatz d'éternité, semblait t'envelopper ; les policiers et officiels autour de toi hésitaient à la briser. Enfin le plus haut gradé poussa un soupir, s'accroupit et entreprit de t'examiner. Il avait le sentiment superstitieux que, quand il te toucherait, un désastre se produirait ; peut-être allais-tu te putréfier instantanément, peut-être une pluie de sang allait-elle s'abattre sur l'humanité ?
Il n'en fut rien. À cinq cents années-lumière de là, un quadrupède bleu à la peau squameuse, en quête de nourriture dans un sous-bois brun, trébucha, mais il n'y avait aucun rapport.
*****
La lumière limpide te ravissait, ce matin-là. L'air lavé picotait gentiment et marcher était un bonheur.
Tes pas t'ont portée naturellement vers ce parc où de grands arbres méditent. Tu en as admiré un dont les feuilles bruissantes, dans leurs mouvements vifs et délicats, renvoyaient divers reflets de vert. Les autres lui répondaient de la même manière ; ils s'échangeaient tous des signaux et tu as regretté une fois de plus de ne pas les comprendre. Par terre, les ombres nettement délimitées semblaient les sœurs maléfiques des feuilles tendues vers le soleil. Tu as poursuivi ta route.
Plus loin, un oiseau pépiait. « C'est le moment », t'es-tu dit, et ton cœur a cessé de battre.
*****
Tu gis sur le trottoir, et ça t'ennuie bien parce que tu ne te rappelles plus l'infinitif du verbe. Tu t'es bêtement tordu le pied, as malencontreusement chu et as entendu le craquement sans équivoque de ton col du fémur (tordre, choir, entendre, pas de problème avec ceux-là). Mais tu n'as pas mal, et ça te paraît très mauvais signe. Au-dessus de toi, les visages inquiets ou avides ou impavides (inquavides ?) des badauds s'éloignent dans la pénombre de ta conscience en perdition. Tu ne sens pas grand-chose à part un filet chaud sur le côté de ton crâne. Soit un chien te pisse dessus, soit du sang coule là. Vient-il de ton oreille (fracture du crâne), ou d'une hypothétique coupure à la tempe ? Tu veux soulever une main pour vérifier. Pas moyen.
Décidément les indices préoccupants s'accumulent. Tu te dis que si tu perds conscience maintenant tu ne la regagneras probablement jamais. Tu luttes. Tes paupières papillotent, mais ces papillons-là ont été sournoisement transmutés en éléphants ! Un dernier mot éclate comme une bulle péniblement parvenue à la surface du marais, et te permet de lâcher prise quelque peu apaisée.
Gésir.
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Tu aimais tant la lumière, l'horizon, le vent ! Tu es bien ici, au sommet herbu de cette falaise, face au ciel mouvementé. Parfois un rayon biblique perce les nuages et t'illumine. Mais le sac en plastique qui t'emprisonne le visage fait un écran infranchissable bien que transparent. Aucun souffle ne peut jouer dans tes superbes cheveux bruns.
Des silhouettes rapides te survolent, mouettes, cormorans, grisards. Le cormoran, seul oiseau marin au plumage perméable, est obligé après chaque pêche de rester des heures à sécher, les ailes écartées dans une posture un peu ridicule que tes bras plaqués au sol évoquent : ton assassin les a figés ainsi de ses genoux tandis qu'il t'étranglait avec un filin passé par-dessus le plastique. Comme tu l'as haï alors ! Comme il se hait à présent.
La lumière t'effleure respectueusement. Le vent obstiné fait onduler et chatoyer ton chemisier. Le sac plastique tout aussi têtu résiste et bruisse ; le son en est déplaisant.
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Ton corps coule calmement dans les eaux pures et glacées de ce lac. Un sourire mystérieux, digne du Vinci, adoucit ton visage aux traits sévères. Si tes yeux voyaient encore, ils contempleraient un ciel nocturne impitoyable où, furtive, glisse une chouette effraie.
Tu as eu mal, tout à l'heure. Tu as eu peur, tu as essayé de libérer tes membres ligotés. Mais le froid t'a vite engourdie, et l'eau qui finalement a envahi tes poumons t'a paru un baume frais. La pleine lune fait luire une dernière fois le blanc de tes yeux, puis tu t'enfonces dans le gouffre.
Il y a un restaurant réputé au bord du lac, où l'on sert de l'omble chevalier, de la perche, de la carpe, du silure, pêchés dans ces eaux tout juste déflorées. Qu’auront-ils mangé ?
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C'est comme errer dans une galerie de mine sans lumière, sauf qu'il n'y a pas de galerie. Pas d'air, pas d'errance. Il n'y a de commun que ce noir pesant sur tes orbites, enserrant ton crâne de chuchotis.
Oui, bien sûr, tu es morte, enterrée. Ce qui étonne, c'est cette absence de barrière : pas de cercueil, pas de vêtements, pas même de formol dans les veines pour te préserver. Tu es offerte complètement à la terre qui à la fois te contient et te pénètre, amant exigeant.
Ta cambrure d'agonie a fait sortir le bout de trois doigts de l'humus ameubli, et maintenant ils s’exposent à l’air, mouillés, gelés, rongés. Bientôt un chien en promenade viendra les lécher en gémissant.
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Le désert aboutit à l'océan, et sans doute, revigorée par cette vue, aurais-tu eu le courage de longer la côte jusqu'à une présence humaine. Mais tu t'es effondrée à l'avant-dernière dune. Tu n'as pas entendu le ressac, ou peut-être as-tu cru délirer. Ton corps ne pouvait plus produire de sueur, et tu es morte ainsi, les yeux grands ouverts fixés sur la fournaise solaire. La dernière pensée à avoir parcouru paresseusement tes synapses fut cette phrase : « Ni la mort ni le soleil ne se peuvent regarder en face. » Tu t'es même vaguement irritée de ne pas te rappeler qui l'avait prononcée, puis tu as senti un vent frais parcourir ta peau.
Ce n'étaient que les endorphines qui giclaient à l'ultime instant, qui t'accordaient cette bienheureuse hallucination.
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Tu parcours en boitant les allées d'un supermarché bondé, surchauffé. Le poids de tes nombreuses couches de vêtements n'aide pas. L'hiver ! Ton chariot est défectueux et tire obstinément à droite, comme un vulgaire Parti Socialiste. Rien à faire.
Beaucoup d'enfants de différents âges pleurent, sur différents tons, à différentes intensités. À côté du rayon des eaux minérales (inexplicablement vide) se trouve un jeune couple atterré dont le chariot contient un bébé aux yeux vitreux, les joues écarlates marquées encore de la trace de larmes taries, apparemment évanoui. Les adultes, bras ballants, contemplent hagards les étagères nues, mais semblent d'un coup se décider à agir et se faufilent avec leur chariot dans une allée surplombée d'une flèche pointant sur « Renseignements ». La couche du bébé est pleine ; le groupe laisse derrière lui une piste de Petit Poucet destroy. D'ailleurs cette odeur de merde ne se limite pas à leur sillage. Tout le magasin empeste. Ou bien serait-ce ton chariot ? Les provisions en semblent plus que douteuses !
Tu arrives dans un rayon de cercueils, ce qui constitue un autre degré d'anormalité. Le fait que des membres en putréfaction en dépassent ne t'étonne guère davantage. Par terre s'étalent innocemment des cadavres que des employés transportent d'un coin à l'autre, dans une version gothico-mercatique du jeu des chaises musicales. Ils utilisent des diables à roulettes.
Et tu comprends que tu te trouves en enfer. Ça te soulage, car il ne peut s'agir que d'une hallucination produite par un intense malaise physique. La meilleure hypothèse est que tu vas bientôt mourir, la pire que tu es morte déjà et découvres ton enfer taillé sur mesure.
*****
Ferme les yeux sur la laideur et la beauté du monde. Il continuera sans toi à verser sa lumière.
La lumière ! Pendant quelques instants encore, tu sais qu'elle ne te manquera pas, et illogiquement cela te terrifie. Tu aurais voulu que la dernière chose que tu ne te rappelleras pas soit autre que ce poids écrasant d'épouvante, ce poids qui te suffoque autant que tes poumons engorgés. La terre autour de toi ne t'emprisonnera pas ; le noir ne te désorientera pas ; il n'y aura pas de hurlements de damnés, pas de séjours infernaux. Même ta peur aura disparu.
Plus tu te concentres et réfléchis, plus s'aggrave ton effroi.
*****
Dors à jamais dans la terre, la lourde terre grasse. Elle te dissout, tu la nourris ; poussent les plantes, creusent les taupes, broutent les chèvres.
Bien au-dessus, les feuilles des chênes bruissent, les nuages passent. Dans le ciel balayé coule la lumière pâle des étoiles. |
|  | | Mano

Age : 39 Inscrit le : 17 Jan 2008 Messages : 167 Localisation : hyères
 | Sujet: Re: Fins Lun 4 Fév 2008 - 11:22 | |
| Je me suis régalé. Si l'on peut dire celà comme ça.
"Ton chariot est défectueux et tire obstinément à droite, comme un vulgaire Parti Socialiste. Rien à faire."
Est le seul vrai bémol pour moi. Trop anedoctique par rapport au reste du texte qui tend vers l'immuable.
J'ai voyagé d'une fin à l'autre immaginant scénario à chaque fois. Merci. |
|  | | marilyn
Age : 41 Inscrit le : 27 Déc 2007 Messages : 84
 | Sujet: Re: Fins Lun 4 Fév 2008 - 17:58 | |
| | j'ai beaucoup aimé. Quand j'ai lu le début je croyais à un poème dédié à celle qu'onaime et quand je vois le mot salope, là, je me dis ah non c'est autre chose et c'est cela qui m'a surpris, il y a un mélange à la fois macabre et poétique et ce qui rend le texte intéressant et il est vrai que chaque fois que j'en les lignes je voyais les images. Je crois que cela aurait fait un excellent scénario |
|  | | outretemps

Age : 61 Inscrit le : 19 Jan 2008 Messages : 271
 | Sujet: Re: Fins Lun 4 Fév 2008 - 21:21 | |
| | C'est la votre "veine" en écriture, de loin on vous r'connait, de loin on vous salue! |
|  | | socque
Age : 46 Inscrit le : 07 Jan 2008 Messages : 879
 | Sujet: Re: Fins Lun 4 Fév 2008 - 21:47 | |
| | Merci de vos lectures et de vos commentaires ! Mano, je crois que vous avez raison sur le bout de phrase qui vous gêne (et vous n'êtes pas le premier à le dire), mais j'ai du mal à y renoncer... C'est ce qu'on appelle une faiblesse coupable. |
|  | | à tchaoum

Age : 59 Inscrit le : 06 Mai 2007 Messages : 633
 | Sujet: Re: Fins Mer 6 Fév 2008 - 10:00 | |
| | socque a écrit: | | Mano, je crois que vous avez raison sur le bout de phrase qui vous gêne (et vous n'êtes pas le premier à le dire) |
Et pas le dernier, je l'écarte aussi. Je comprends mieux votre adhésion à cet texte (de je-ne-sais-plus-qui, je ne le retrouve pas - qu'il m'en excuse) où la pointe du couteau laisse un sillon sur la peau blanche... Je suis plus sensible à l'empreinte des doigts du Bernin sur la chair de Proserpine, on ne se refait pas. J'exècre le poème qui m'a un peu pollué la lecture de tout le reste, qui est absolument magnifique. Chaque mot est si choisi, chaque image si convaincante que j'ai peine à y relever celles qui me semblent moins fortes. Pourtant, pour l'ombre des feuilles
| Citation: | | nettement délimitées |
j'aurais préféré dessinées. Mais c'est un splendide bouquets de fleurs noires que vous nous offrez là. La seule vue du poème m'avait fait différer la lecture, j'avais tort. Mais je le déplore tout de même, ce poème, que je lis et relis et trouve parfaitement dégueulasse au travers son raffinement, et qui donne malheureusement à l'ensemble un goût de nécrophagie prononcé. Et je le répète, tout le reste est magnifique, somptueux, beau en un mot. |
|  | | socque
Age : 46 Inscrit le : 07 Jan 2008 Messages : 879
 | Sujet: Re: Fins Mer 6 Fév 2008 - 10:41 | |
| Ah, à tchaoum, il vous faudra slalomer pour éviter la veine dégueulassabjectignoble souvent présente dans mes écrits, comme un étron posé sur un champ de neige immaculée ! Prenez ce que vous aimez, jetez le reste, c'est là pour...
Sinon, le texte auquel vous faites allusion, je crois qu'il est de moi (si vous parlez d'un texte récent), ne serait-il pas intitulé "Aperçu" ?
...Et merci de vos éloges ! |
|  | | à tchaoum

Age : 59 Inscrit le : 06 Mai 2007 Messages : 633
 | Sujet: Re: Fins Mer 6 Fév 2008 - 10:57 | |
| | socque a écrit: | | Sinon, le texte auquel vous faites allusion, je crois qu'il est de moi (si vous parlez d'un texte récent), ne serait-il pas intitulé "Aperçu" ? |
Oui, et c'est étonnant, j'y avais préféré la partie poème ?!
| Citation: | | comme un étron posé sur un champ de neige immaculée |
oui, ou un sourire avec de la salade sur les dents... La merde mérite qu'on s'y consacre, je défends dur comme (boite en) fer celle de Manzoni, et j'ai écris des fois à ce sujet, mais de là à en foutre (à tous les sens du sperme) un peu partout, ça rend les bal(l)ades (re-Zeugme !) glissantes. |
|  | | claire

Age : 40 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 591
 | Sujet: Re: Fins Jeu 7 Fév 2008 - 17:22 | |
| Très beau texte; je croyais être dans la rubrique "mariage", il aurait pu y figurer. Des notes au fil: J'aime particulièrement le basculement avec et l'expression "somptueuse salope" (très très beau) Je trouve parfois que l'expression aux termes extrêmement choisis et semblant donc ne jamais laisser de place au hasard, se montre trop explicative - ex: "l'impavidité du sommeil". Dernière phrase du 2ème parag.: superbe incursion et ce "mais cela n'a aucun rapport. !! (vraiment?!!) L'utilisation du passé-composé au 3ème paragr., oui, on suit pas à pas. Pareil qu'à tchaoum pour "délimitées" 4ème parag., dans la série des verbes, j'aurais aimé lire une reprise de "tu" pour le trébuchement et la chute, justement. Je sens dans votre écriture un besoin (extrême) de précision, parfois jusqu'à la perfection du détail, comme si ce n'était jamais assez pour vous. une sorte de crispation sur le choix des termes; ne le prenez pas mal; il est vrai que j'aime quand vos phrases se font plus brèves où je sens moins la recherche (à tout prix ?) du mot juste . "chouette effraie", je me serais passée de "chouette". Nous progressons de façon très méthodique et vous nous emmenez, très méthodiquement en enfer. D'autres remarques, paronnez-moi au passage le tour que prend mon "commentaire" mais je vous avais annoncé que je suivais le fil de la lecture. Pareil que pour Mano, cf au PS. J'apprécie moyennement le passage à partir de "dans une version gothico ..." et, l'avant-dernier paragraphe me paraît en trop. Et pour terminer, j'aime son "effondrement" à "l'avant-dernière dune". |
|  | | socque
Age : 46 Inscrit le : 07 Jan 2008 Messages : 879
 | Sujet: Re: Fins Jeu 7 Fév 2008 - 17:32 | |
| | Merci pour votre lecture attentive ! Pourquoi trouvez-vous que cet ensemble aurait pu faire partie de la rubrique "mariage" ? Cela me semble assez éloigné du thème... |
|  | | Faustine

Age : 16 Inscrit le : 27 Aoû 2007 Messages : 512 Localisation : Rennes
 | Sujet: Re: Fins Jeu 7 Fév 2008 - 21:11 | |
| Disons les fins de mariage malheureux ! :-)
J'ai beaucoup aimé votre texte socque ! L'écriture est superbe, tout simplement. Et le(s) sujet(s), cynique(s) au possible, j'aime ! Vous nous donnez là plusieurs versions de l'ironie, même si certains paragraphes se ressemblent, c'est très intéressant !
J'ai juste trouvé la chute du paragraphe avec l'extra-terrestre à la fin un peu "facile", mais c'est tout ! |
|  | | claire

Age : 40 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 591
 | Sujet: Re: Fins Ven 8 Fév 2008 - 0:12 | |
| | socque a écrit: | | Merci pour votre lecture attentive ! Pourquoi trouvez-vous que cet ensemble aurait pu faire partie de la rubrique "mariage" ? Cela me semble assez éloigné du thème... |
Eh bien la question mérite réponse, me voilà dans de beaux draps avec linceul plastique à revisiter. Ma réponse sera de nouveau éclatée, je ne sais pas faire autrement, j'en ai bien peur, bref. Il y a des unions dans votre texte, je ne vois que des unions et désunion; marier comme unir, allier ensemble, étroitement; les alliances, même à "son/leur" corps défendant sont multiples. Mariage avec les arbres ("Tes pas t'ont porté naturellement vers ce parc ..."), avec les oiseaux marins (alliance intime d'images), avec l'eau (Ophélie "ton corps coule calmement dans les eaux pures et glacées de ce lac"), mariage funèbre de l'"ange dé"chu, sorte de mariage avorté, interrompu ("tu aimais tant la lumière"), mariage de l'ange qui a oublié l'infinitif de .. (les possibles). Où il est question d'avortement plutôt que de rupture, d'inachèvement plutôt que de fin. Et où il y a qc. de la cérémonie macabre, qui avance. |
|  | | Sahkti

Age : 34 Inscrit le : 12 Déc 2005 Messages : 12651 Localisation : Suisse et Belgique
 | Sujet: Re: Fins Lun 11 Fév 2008 - 14:27 | |
| Le poème sème le doute. Habilement d'ailleurs parce que j'ai craint de m'engager sur la lecture d'une poésie un peu neuneu, mais rien de tout cela, ça amène la suite dans une douceur violente si je puis dire. Une suite riche de contrastes, dans les idées mais aussi sur la forme. Ecriture tantôt poétique et douce, tantôt plus brutale, alternant phrases longues et rondes avec des considérations plus terre-à-terre. Un mariage qui permet de mieux profiter des échos renvoyés par le texte, d'un paragraphe à l'autre. Peut-être un petit peu trop long, mais à peine, finalement. |
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