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Au fil du temps

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Jano




Age : 28
Inscrit le : 06 Jan 2009
Messages : 4
Localisation : Pyrénées Atlantiques

MessageSujet: Au fil du temps   Mar 6 Jan - 19:24

Chapitre I : de Napoléon aux Etrusques

Si, comme dans les contes, on m’offrait la possibilité d’exhausser un vœu, il serait vite trouvé. Je demanderais à arpenter la trame du temps en demeurant invisible et impalpable tel un esprit errant. Je choisirais cette forme évanescente pour me prémunir de toute agression mais aussi pour empêcher une action intempestive de ma part. Nul ne sait ce qu’il peut advenir du futur si la moindre parcelle du passé venait à être modifiée.
Je commencerais alors à m’enfoncer dans les profondeurs de l’histoire, vers des époques qui m’ont toujours fasciné. Je franchirais comme un météore les temps modernes qui ne m’intéressent pas spécialement tant nous disposons de documents pour les connaître. Ce sont davantage les époques reculées, obscures, où le peu de vestiges découverts laissent de grandes parts d'ombres que viserait mon voyage. Il me sera difficile de garder une progression linéaire dans cette aventure, bien souvent obligé de faire des bonds en avant ou en arrière selon les circonstances et les continents parcourus. J’espère ne pas égarer le lecteur dans les dates !
Sur ma progression vers ces âges lointains, je ferais cependant quelques arrêts. Ainsi ma première étape me conduirait en 1805 au cœur des armées napoléoniennes. Je ne suis pas un fervent admirateur du « petit caporal », mais j’ai toujours eu envie de voir les tenues hautes en couleurs des hussards, des dragons et autres grenadiers.



Bien que je goûte peu les carnages, j’irais sur le théâtre d’un champ de bataille apprécier la stratégie de Napoléon face à ses adversaires. Je me rendrais en suivant sur le lieu d'une grande bataille navale, sans doute Trafalgar, malgré mon amertume d'assister à une victoire anglaise. Je contemplerais les superbes navires de l’époque qu’étaient les frégates, les corvettes, les bricks, fendant les mers toutes voiles dehors. Au fur et à mesure de mon parcours, d’ailleurs, je quitterais souvent les continents pour me rendre au large et voir des esquifs de tout horizon et de tout âge : caravelles portugaises partant découvrir le monde, lourds galions espagnols assaillis par les pirates et les corsaires, galères romaines, trières grecques, etc.

Après mon escale au Premier Empire, je m’envolerais vers la cour de Louis XIV, le fameux « roi-soleil ». On a dit tellement de choses sur la grandeur de son règne qu’il est impossible d’en faire l’impasse. En compagnie de la noblesse, je déambulerais en écoutant les conversations dans les couloirs de Versailles. J’en profiterais pour rendre visite à quelques grands esprits du XVIe et XVIIe siècle dont Mozart, Beethoven Voltaire, Kant, Molière parmi ceux que j'ai en tête. De cet Ancien Régime j’irais voir la condition du peuple, me rendant aussi bien dans les bourgs qu’à la campagne pour partager la vie quotidienne des petites gens.
Poursuivant ma route à rebours du temps, je rejoindrais sans transition le Moyen Age, période qui a toujours passionné l’écolier que j’étais.
Je commencerais par le 18 juin 1429, lorsque Jeanne d’Arc mis en déroute une armée anglaise à Patay. Ce haut fait d’arme de la Pucelle, moins connu que la levée du siège d’Orléans, me permettra de vérifier le don qu’on lui prêtait d’haranguer ses troupes pour les mener à la victoire. Je verrais aussi de quoi elle avait l’air et je me doute que bien des surprises m’attendent dans ce périple à travers l’histoire !
Sans plus attendre, après avoir serré une main virtuelle au connétable Du Guesclin et au Prince Noir, deux célèbres protagonistes de la Guerre de Cent Ans, je franchirais les siècles pour me joindre à une assemblée de l’ordre des chevaliers du Temple, plus connu sous le nom de Templiers. Cet ordre à vocation religieuse et militaire créé en 1119 pour protéger les pèlerins en Terre sainte m’a toujours impressionné. Amoureux des armures et costumes de guerre médiévaux, je trouve celle des Templiers d’une grande beauté esthétique. J’écouterais les sermons du grand maître puis j’irais les voir dans leurs efforts désespérés pour défendre Jérusalem contre l’armée de Saladin. Je me joindrais ensuite aux Hospitaliers, autre communauté monastique se transformant en ordre militaire sous l’influence des croisades. Et pour finir mon tour d’horizon des moines-soldats, j’irais admirer les chevaliers Teutoniques issus des croisés allemands. Ceux qui ont vu le film « Alexandre Nevski » du cinéaste Eisenstein ne peuvent oublier leur allure martiale.



Mon intérêt pour la chevalerie m’aura évidemment entraîné dans plusieurs joutes, ces tournois qui débutèrent au XIe siècle et qui virent des cavaliers ou des hommes à pieds s’affronter dans des simulacres de combats afin de prouver leur vaillance. Inutile de dire par là même que les châteaux-forts n’auront plus aucun secret pour moi tant j’en aurais parcouru les moindres recoins !
A force de côtoyer batailles et guerriers, l’on va finir par me prêter des goûts belliqueux. Malheureusement les civilisations se sont forgées par le fer, le feu et le sang et il est difficile d’en faire l’impasse. Pour oublier cette triste réalité, j’abandonnerais le plus souvent possible la fureur des hommes pour retrouver ce qui fait leur grandeur. Et au Moyen-Age, l’endroit où se concentrait la culture et les arts c’était les monastères. Le fait d’en avoir beaucoup visités en Espagne et en France m’a toujours donné envie de connaître leur vie passée. Souvent nichés en pleine nature, dans des endroits isolés, une aura mystérieuse enveloppe ces édifices remarquables.
A l’ombre des murs épais, je passerais de longues heures à écouter les chants grégoriens s’élever dans la nef ; je suivrais avec attention à la lueur des bougies de suif, le travail minutieux des scribes ornant les manuscrits de magnifiques enluminures



Je les accompagnerais dans leurs tâches quotidiennes, dans leurs champs et dans leurs vignes ; je comparerais les règles de vie des différents ordres du XIIIe siècle : Bénédictins, Franciscains, Carmélites ; je me mêlerais aux populations locales pour comprendre les rapports qui les unissaient. A travers ces visites, je m’imprégnerais des beautés robustes de l’art roman. N’y voyez là aucun sentiment religieux mais le simple désir de connaître la vie de ces communautés retranchées partiellement du monde.
Alors, encore envoûté par les volutes d’encens et les chants sacrés, je refermerais doucement la porte du Moyen-Age pour me rendre au Xe siècle chez les carolingiens.
Je regarderais Charles Martel arrêter l’expansion musulmane à Poitiers, le 25 octobre 732. Son fils Pépin le Bref donna naissance à un personnage que je ne pouvais oublier dans mes pérégrinations : Charlemagne. Redoutable chef de guerre, il réussit à élargir considérablement le royaume des francs par des conquêtes impitoyables. J’irais le voir dans ses luttes cruelles contre les saxons et les lombards, mais pour ne pas garder de lui qu’une image sanguinaire, je visiterais également Aix-la-Chapelle, la capitale administrative de son royaume. C’est ici que s'exprima la vie intellectuelle et artistique de l’époque. J’achèverais ma rencontre avec Carolus Magnus le jour de Noël de l’an 800, à Saint-Pierre de Rome, quand le pape le couronna empereur d’Occident. Cette cérémonie importante doit bien valoir son coup d’œil.
Puis je prendrais de nouveau mon essor pour gagner les lieux sauvages et reculés du Nord de l’Europe d’où partirent des expéditions qui firent longtemps trembler les peuples de cette époque. Tel un goéland, je survolerais les fjords brumeux et enneigés de la Norvège, du Danemark, de la Suède et je les verrais, au loin sur la mer : proues à tête de dragon ; coques bardées de boucliers ; voiles rectangulaires ; barbes broussailleuses et longs cheveux blonds; oui, ce serait bien eux, les terribles vikings à bord de leurs drakkars !



Sans doute avons-nous des idées préconçues sur ces guerriers nordiques, je constaterais donc si la terreur qu’ils inspiraient n’était pas usurpée. Leurs incursions en France virent leur apogée vers 830, quand ils profitèrent du démembrement de l’empire carolingien et des luttes intestines entre ses héritiers. Les scandinaves mirent alors à sac les villes côtières et remontèrent à l’intérieur des terres en empruntant les voies fluviales. Ils iront jusqu’à assiéger Paris en 885-886, défendu vaillamment par le comte Eudes qui me verra à ses côtés.
Je compte voguer quelque temps avec les vikings qui n’étaient pas que des pillards mais aussi d’intrépides explorateurs. Songez qu’un des leurs, Erik le Rouge, aurait découvert l’Amérique bien avant Christophe Colomb. D’autres, qu’on appelèrent les Varègues, pousseront jusqu’au fin fond de la Russie pour fonder Kiev et Novgorod.
Je les laisserais pour reculer dans le temps jusqu'en 486 après J.-C. quand le dernier représentant de l’empire romain en Gaule, Syagrius, fut défait par un roi franc dénommé Clovis. Tous les écoliers français le connaissent par l’épisode du vase de Soissons et l’adresse supposée de ses guerriers francs à lancer la francisque. Je suivrais un temps son règne et ses conquêtes qui contribuèrent à former véritablement l’ébauche de la France. Toujours désireux de connaître les us et coutumes de la population, je sillonnerais longuement les campagnes et les bourgades. Je me rendrais sur des lieux connus pour m’étonner de leurs apparences à cette époque puis je m’éloignerais de nouveau, tel un papillon butinant à travers les âges, pour plonger dans la période tumultueuse des invasions barbares.

De l’an 400 à l’an 1000, bousculés par la pression des Huns et à la recherche de nouvelles terres, les peuples germaniques franchirent par vagues successives les limes romaines. Vandales, Francs, Suèves, Goths, Saxons, Burgondes et d'autres déferlèrent sur l’empire romain qui s’écroula définitivement, signant ainsi la fin de l’antiquité. Avant de me mêler à ces peuples hétéroclites, je rencontrerais celui qui participa à ces exodes massives et dont la cruauté légendaire de sa horde franchit les siècles : Attila, « le fléau de dieu ». Pour mieux m’imprégner du mode de vie de son peuple, les Huns, j’irais partager leur quotidien de nomades dans les immenses steppes d’Asie. Je les abandonnerais en déroute lors de la féroce bataille des champs Catalauniques en 451.



Je suis en train de me rendre compte que dans mon voyage intemporel à travers les civilisations, je risque fort d’être pénalisé par la barrière de la langue. Comment avoir une approche directe des peuples rencontrés si je suis incapable d’en saisir les dialectes ? C’est la raison pour laquelle, permettez cet écart, que lors de la formulation de mon souhait je rajouterais de pouvoir comprendre toutes les langues parlées sur la Terre depuis l’aube de l’humanité.
Polyglotte et toujours parmi les peuples barbares, je risque de m’attarder avec les Wisigoths qui s’implantèrent en Espagne et dans le Sud-Ouest de la Gaule. Je trouve intéressant leur parcours, leur légendaire chef Alaric, les églises qu’ils ont laissées derrière eux et l’impression qu’ils donnent de ne pas avoir été uniquement des brutes mais aussi des gens qui admiraient et respectaient les mœurs romains. Leur monarchie perdurera jusqu’en 711, date de l’arrivée des arabo-berbères sur la péninsule ibérique qui les refoulèrent en Asturie. C’est de cette région que partira la Reconquista chrétienne des siècles plus tard.
Je laisserais du coup les Wisigoths pour me fondre dans cette Espagne mauresque nouvellement établie. A bien des égards, du moins durant une période donnée, la coexistence entre arabes, juifs et chrétiens resta un modèle de tolérance. Ce mélange de différentes confessions engendra une culture originale marquée par un essor de la littérature, des sciences, et fournit des joyaux architecturaux tels l'Alhambra de Grenades et la grande mosquée de Cordoue. Emprunt d'un raffinement typiquement oriental, je goûterais l'art de vivre des dynasties successives installées en Andalousie.
Abandonnant à regret les Omeyyades et les Almoravides, je me rendrais en Italie centrale entre le VIIIe et le IIIe siècle av .J.-C. pour découvrir les Etrusques.
Peu de civilisations anciennes ont soulevé autant d’interrogations, et les hypothèses ne manquent pas qui tentent d'éclaircir les origines et les coutumes de ce peuple singulier. Les vestiges qu’il nous a légué intriguent en effet par leur éclat, leur finesse, qu’une écriture à ce jour indéchiffrable n’autorise pas à mieux approfondir. Ces mystères m’ont toujours donné envie d’en savoir davantage et j’assouvirais enfin ma curiosité, explorant en profondeur cette société brillante qui finira par être absorbée par l’empire romain.

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socque




Age : 46
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Messages : 1270

MessageSujet: Re: Au fil du temps   Mar 6 Jan - 20:07

J'ai décroché assez vite, désolée... J'ai trouvé le texte ennuyeux, sans relief, scolaire.

Mais correctement écrit, c'est déjà ça, mis à part qu'on exauce les vœux, on ne les exhausse pas. On exhausse des trucs concrets qu'on veut mettre en hauteur.
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Kali Lorca




Age : 18
Inscrit le : 29 Nov 2008
Messages : 124

MessageSujet: Re: Au fil du temps   Mar 6 Jan - 20:24

J'ai trouvé ta démarche très intéressante ! J'aime beaucoup les images qui éclairent ton texte et aussi le fait que tu fasses ta démarche à rebours.

Je ne saurais pas te dire quel passage j'ai préféré car j'ai été scotché tout du long. Peut être une préférence pour la partie qui commence par :" Après mon escale au Premier Empire, je m’envolerais vers la cour de Louis XIV, le fameux « roi-soleil »... (je trouve la phrase très belle d'ailleurs)

Enfin BRAVO c'est un gros travail très bien mené.
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ekue




Age : 22
Inscrit le : 16 Oct 2008
Messages : 32

MessageSujet: !   Mar 6 Jan - 21:21

Pas assez "littéraire" à mon goût, j'ai eu l'impression de lire un livre d'histoire, pas une histoire.
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Jano




Age : 28
Inscrit le : 06 Jan 2009
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Localisation : Pyrénées Atlantiques

MessageSujet: Re: Au fil du temps   Mer 7 Jan - 16:23

Merci pour vos remarques et tes encouragements me font grand plaisir Kali Lorca. C'est vrai que ce récit à suivre m'a demandé un gros travail de recherche, tant au niveau des dates et des faits historiques qu'au niveau des images. Mais comme je suis un passionné, ça n'a été que du plaisir.
Maintenant , qu'il soit plus vu comme un cours d'histoire rébarbatif que comme une oeuvre littéraire, c'est certain. Je cherche davantage à replonger le lecteur dans des périodes que je trouve fascinantes qu'à construire véritablement un roman.
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