L'échevelé
Dans les étranges carrioles roulant à petits pas
Sur les pavés transparents du ciel,
Apprivoisé par les nuées d’oiseaux de joie
Il remonte à la vie après un long sommeil.
Les mains jointes sur la tête, il pense :
« Voilà bien du temps que je roucoule
en riant. Ce que j’ai vu compense
la tendre méchanceté d’une mère poule ».
« Si je survis ce soir, juré, j’arrête tout.
Les fleuves galants aux relents de bière,
Les sociétés modernes flambant aux deux bouts,
Les cages aux fins doigts bagués qui enserrent ».
« Je renais !!! à moi les promenades lointaines
Porté dans la main des sentiers
Souriants ; à moi les vapeurs de fontaines
D’air ! pleurez donc mes yeux délavés ».
« Deux nouvelles compagnes m’ont ouvert leurs ailes
L’une a le pourpre d’une larme enflammée,
La seconde est pâle, blanche comme l’hirondelle.
Bonsoir mes amies, je vous aimerai ».
« Il n’y aura jamais plus de point final
Dans mon asile. En regardant dans mes miroirs
Ne se reflèteront que des visions d’Oural,
Simples et immenses ». Quelle histoire !