Aurais-je assez de jours pour le bleu des asters
Pour un lent requiem, et ses voix compassées
Le violoncelle a cessé sa plainte lassée
Aurais-je assez de temps pour un stabat mater ?
Saurai-je être enfant, emporté tout comme hier
Par la sonate nue, sur les mares glacées
Ma folie se languit des symphonies passées,
Serais-je encor vivant, aux jours froids et amers?
Par l'automne chantant ses flambants concertos
L'été s'en est allé, s'esquivant en scherzos
Un drap blanc est tiré, étouffant ses arpèges.
Oh ! Lamento triste des instants oubliés
Partition effacée qui s'égrène en cortèges
Aurai-je encor demain, l'envie de vous jouer ?
Mychelc