voici, mes amis, comme promis, un avant-goût du projet de "
rencontre-festival " de cet été ( fin Aout ?) que je vous propose, sous réserve de votre accord, d'organiser "sur mes terres", à Bernay, en Normandie, patrie d'un certain Alexandre...
Afin de vous mettre l'eau (ou le calva ?) à la bouche, je vous ai concocté un petit diaporama poétique sur cette modeste petite ville (constitué de photos de ma composition )
Pour une fois, je vous invite à le visionner (en format élargi ), le poème qui suit ayant vocation de commentaire.(Je vous donnerai d'autres précisions dans quelques jours, dans le forum " conversations")

" border="0" alt="" />
Les lais du Beau BernayIl est en la vallée où chante une rivière,
Nichée dans la verdure, une cité altière.
Au pied de son clocher, comme autour du berger
Les paisibles brebis sous le printemps léger,
Se rangent les maisons coiffées d’ardoises bleues.
Bernay, en Normandie, en est le plein milieu.
Vous qui venez de loin, jaillis de l’horizon,
Ayant parfois vécu sous des cieux sans saison,
Venez vous enivrer des parfums de l’été,
Vous gorger des liqueurs de l’automne enchanté.
Le ciel ici varie et les nuages passent,
Rapportant de la mer en leur vaste besace
De grands oiseaux tout blancs et la voix des marins
De Trouville et d’Honfleur, ces rivages sereins
Sublimés par Boudin. Normande est notre ville,
Ourlée de tendres prés où Charentonne et Risle,
Sous les aulnes pleureurs, musardent sinueuses
En longs poèmes d’eau, dans les prairies heureuses.
A Bernay, pays d’Ouche, en bordure de l’Auge
Aux fastueux manoirs de tuilette et de bauge,
Les siècles ont laissé la trace des talents
Et des savoirs humains. Le touriste au pas lent
Dans les ruelles flânant verra, surgis du temps,
Les faciès étonnants de ses frères d’antan.
Voici un jeune prince, avide de conquête,
A moins que ce ne soit quelque fringant poète
Qui déclare sa flamme à la belle passante.
Qu’en dira donc le père à moustache opulente ?
Des façades et murs, suinte encore la vie
De tout un peuple ancien, ses passions, ses envies.
Où porte ce regard, en quelle immensité
Et quel est le secret de sa sérénité ?
A-t-il vécu longtemps ce bel adolescent
Qui offrit son visage, en l’année mil neuf cent
Pour modèle au sculpteur ? A-t-il connu Verdun
Et l’enfer et le sang en son dernier matin ?
Mille ans avant ce jour, pour la gloire de Dieu,
De Bretagne Judith s’éprit de ce haut lieu.
Le frère Volpiano choisit la pierre blonde
Pour faire clef de voûte et dire à ce bas monde
Sa foi immaculée. Première en Normandie,
Du roman le plus pur, l’abbaye resplendit.
Aux bat-flanc de sa nef, comme au sein d’une mère,
S’adonnèrent plus tard, sous les rois éphémères,
Les riches bâtiments des pieux bénédictins.
Une révolution, basculant le destin
Des princes et des clercs, l’abbaye Notre-Dame
Au siècle fut rendue et vidée de son âme.
A deux, trois pas de là sont les quartiers riants
Où le manant ripaille en boire gouleyant.
On y croise parfois quelques torves silhouettes
Sur le seuil des troquets, quèrant pâté d’alouette
Lièvre ou faisan doré pour taire une fringale
Et trinquer de calvas dont Normand se régale.
Sous les plafonds de bois, dans les bras de nos belles,
Se savoure la vie à la lueur des chandelles.
Puis, lassés de la vue des vaines écuelles,
Abolis gobelet, par sentes et ruelles
Nous gagnons notre gîte où d’un gros édredon
Nous faisons notre nid pour ronfler sans pardon.
Dans l’abîme profond de notre dormition,
Transportés d’élixirs et magiques potions,
Nous voyons esbaudis au zénith de la nuit,
Sur les bords incertains de nos rêves enfuis,
L’âme d’un poète errante sur Bernay.
Vénérable trésor blanchi sous le harnais
De siècles d’écriture en oeuvres innombrables,
Dédions lui ce poème aux rythmes immuables.
C’est l’âme d’Alexandre enfant de la cité
Dont nous chantons ici les nobles vérités.
Il a de son génie nourri tout ce refrain,
Ayant imaginé le bel alexandrin.
Hellian