Le désespoir déferle en de grandioses vagues
Enfonçant dans mon crâne une sinistre dague ;
Submergeant la digue de mon âme dolente
Écorchant mon esprit d’une brise cinglante.
La puissance des flots, amers et déchaînés
Inonde ma raison sous de sombres pensées.
Je me noie ! Je me noie ! Ô Parques cruelles !
Pourquoi tant de mépris au fond de vos prunelles ?
Pourquoi voulez-vous tant voir mon être ployer
Sous le faix que, sans fin, vous me faites porter ?
Est-ce le doux plaisir de goûter à mes pleurs ?
D’écluser mes sanglots comme autant de liqueurs ?
Ou la satisfaction, perfide, s’il en est
De mirer mon égo sans cesse s’effondrer ?
Lorsqu’au crépuscule, vous entendez mes cris
Résonnent-ils en vous, telle une mélodie ?
Soyez anathèmes, infidèles catins !
Vous qui drapez mon cœur de trop nombreux chagrins !
J’essaie de survivre en gardant à l’esprit
Que l’éclat matinal qui dissipe la nuit
Brille avec moins d’ardeur que celui qui étend
Un voile de noirceur sur mes jours déclinants.
Lors, pris dans ce ressac, cette houle glacée
Je contemple impuissant ma propre destinée
S’abîmer tristement dans l’onde enténébrée.