J’avais lu un poète qui disait de l’océan la colère et puis j’avais connu l’océan, ses vents et le ventre de la murène.
Le poète avait un nom mais le ventre lui, ne s’appelait pas. Il était l’ombre d’un théâtre de marionnettes, parfois le marionnettiste, toujours celui qui écrivait l’histoire.
J’étais dans son histoire. Sur le fil. Parfois dessous, parfois tendue parfois tressée embobinée dans son pouvoir et perméable comme une éponge qui se gonflerait de mots. Je me gorge de tes mots à m’éclater la panse que régulièrement tu recouds. Je suis le fil qui recoud ma panse, je suis l’ombre de la marionnette d’ombre et parfois je crie.
Dans ton giron stérile se pourrait-il germer ?
Je suis la malle du poète et puis de tous les autres, comment savoir puisque toi seul en as la clef à moi les peines. Je suis celle qui cherche derrière le masque le vénitien qui danse sur le trait grossier d’un je ne suis personne. Oui, je le sais, tout est permis, Krishna était le huitième avatar de Vishnu et dans le théâtre d’ombre je demande le fils.
Je voudrais tant encore celui qui fait la mémoire de ma peau quand d’un ailleurs le souffle passe et que se dresse dru le duvet de l’avant bras dans un frisson tendre.
Te souviens-tu ce qui avant que de se taire ?
Le mal s’était assoupi dans le réveil des sens, dans la beauté d’un tu s’était faite je et vice versa et puis le je s’est tût et le mal lui, est revenu.
Même la murène pleure, oui, je sais.
J’ai tant compris.
Pourquoi je cherche encore