Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

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Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Lifewithwords le Sam 3 Déc 2011 - 16:51

Est-ce que Maggy se souvient de moi ? Pense-t-elle à moi de temps à autre ? Souvent je songe aux épreuves que nous avons traversé ensemble, à cet avenir commun qui fut déchiré et aux choix qui nous ont menées sur des chemins si différents. Qu'est-elle devenue ? Les innombrables lettres que je lui ai postées sont toutes restées lettres mortes. Les a-t-elle lues ? Sont-elles à présent tâchées de ses larmes ? Sont-elles rangées soigneusement dans un placard ou bien leurs cendres hantent-elles le ciel ?
Je rencontrai Maggy lors de mon premier jour d'études à Paris. Elle se trouvait assise seule dans l'amphithéâtre, le regard perdu mais concentré. Il n'y avait sur son visage nulle trace de hâte ou d'appréhension. Elle attendait comme si le temps coulait sur elle. Je sus après que Maggy était en fait quelqu'un de très impatient, avec un besoin frénétique de réfléchir et surtout d'agir vite. Mais il y avait de rares moments où son esprit semblait ailleurs, où sûrement il se ressourçait afin de mieux supporter cette vie bien remplie. J'avais appris à me taire durant ces quelques instants, je l'observais. De son visage d'ange, je garde en mémoire ses yeux d'un gris terne, reflétant la force tranquille qui l'animait ; et ses cheveux bruns tout frisés, symbole cette fois de sa folie, salvatrice pour les autres, destructrice pour elle-même. Cette âme-là s'était donnée à sa cause, même si celle-ci lui avait épargné la vie. Etait-ce un cadeau ? Je suis sure qu'elle aura su le prendre comme tel. Je me souviens également de ses mains, des mains fortes dénuées de grâce. Des mouvements prévisibles et pleins de simplicité, comme pour présager de son honnêteté. Ces mains-là n'auraient jamais pu faire quelque chose de fourbe ; de même que sa voix, bien posée sur un son grave, n'aurait jamais pu se résigner à mentir. Maggy me fascinait et me repoussait tout à la fois. Tout son être semblait me donner une petite taille et nous ne souffrions de comparaison. J'étais, et je reste, une petite personne, dans sa chair et dans son âme. Mon corps à moi n'inspirait ni dégoût ni attirance, et mes yeux ne restent remplis que de son histoire à elle. De quelqu'un de modeste elle n'était pas, ce qu'on aurait pu lui attribuer comme son seul défaut. Cependant, je perçois plus cela comme un aveu de sa part. Je me souviens de notre premier échange. Son sourire, elle ne me l'accorda pas tout de suite. C'était un trésor chez elle qu'elle gardait soigneusement caché pour quiconque le mériterait. Son langage était courtois et ses mots sans prétention. En elle, je vis dès le premier abord une amie. Qui sait ce qu'elle vit en moi ?
Nous étudions le droit, nouvelles humanités de notre société. Elle voulait devenir avocate, je n'avais nulle idée de ce que serait mon avenir. Elle parlait avec frénésie et enthousiasme du sien, pressée de découvrir, d'essayer, de réussir ou d'échouer. Je sais à présent qu'elle ne refusa jamais aucun défi. J'attendais le moment où elle tomberait, j'attendais avec inquiétude cette chute qui lui couperait les jambes à n'en plus pouvoir se relever, mais elle avait pris un tel élan dans la vie que jamais elle ne restait bien longtemps à terre. Cependant, je sais moi, que certaines de ses blessures, bien qu'invisibles, étaient des couteaux qui lui transperçaient le coeur à chacun de ses réveils, lorsque la réalité de sa vie lui revenait brutalement. Alors que j'écris ces mots, l'envie me submerge de lui demander encore une dernière chose, après tout ce qu'elle m'a déjà donné. Son pardon. Me le donnerait-elle ? Je n'en doute pas une seconde, elle ne saurait refuser une telle requête, ne le pourrait même pas. C'est la raison pour laquelle je ne lui demanderai rien, je vais seulement essayer de lui offrir quelque chose à mon tour. Ce récit.

Marguerite Forestier entrait dans sa dix-neuvième année lorsque nous nous sommes connues. Elle avait derrière elle de belles années, emplies de joies et d'amour. Ses parents étaient des gens admirables, ainsi leur plus grand souci fut toujours de lui donner le plus de bonheur possible. Elle avait un frère cadet qu'elle chérissait par-dessus tout, Olivier. Il avait les mêmes traits, doux et rassurants, les mêmes yeux, mais son expression était beaucoup plus joviale que celle de Maggy. Il avait l'entrain naturel des gens qui ont compris que le bonheur se trouve en nous. Olivier n'avait qu'un an de moins que Maggy et avait choisi d'étudier les lettres. Il souhaitait devenir poète parce que les mots, disait-il, sont l'expression de l'âme humaine. Notre vie étudiante, nous l'avons vécue en compagnie d'Olivier et de son carnet, celui qu'il glissait dans la poche de son pantalon et qui recelait tout le beau qu'il voyait. Maggy disait que depuis qu'il avait appris l'écriture, jamais elle ne l'avait vu sans son carnet. L'enfance de Maggy fut la période la plus heureuse de sa vie, un cadeau qui lui était fait comme pour la préserver, pour ne pas l'abîmer.
Maggy et moi devînmes très vite proches. Dès les premiers jours, je lui confiai mes souffrances d'enfant, mes doutes, mes angoisses. Elle m'écoutait, penaude de n'avoir jamais vécu de drames et déclarait que la vie était mal faite. J'avais perdu ma mère à six ans, mon père à huit. Je vivais depuis lors chez mon parrain, un homme charmant mais qui jamais ne me donna un conseil, une leçon ou même un avis. J'étais seule et je n'avais grandi qu'avec l'idée de l'amour qu'on aurait pu me porter, l'idée d'une épaule sur laquelle j'aurais pu me reposer, l'idée d'un regard fier à travers les nuages. Dans ma glace, dans les yeux d'Agathe Laurence, ce n'était cependant pas de la tristesse que je voyais, c'était du vide.
Ludovic Brusnier. Si Marguerite ne songe jamais à moi, au moins pense-t-elle, je le suppose, parfois à lui. Ludovis fut notre ami durant de longues années. C'était un garçon avenant, d'une bonté et d'une loyauté infinies. L'âge ne l'a rendu que plus beau, je dirais même magnifique, en jettant dans son regard d'abord espiègle comme un grain de sagesse. Lorsque ces yeux-là se furent éteints, deux autres identiques naissaient à leur tour. Ils devinrent ma joie, ma force, mon juge et mon bourreau. Toute torture semble douce lorsque nous rongent les remords. La douleur devient un plaisir comme si l'on y trouvait un semblant du pardon que nous n'obtiendrons jamais.
Notre temps libre, Maggy, Olivier, Ludovic et moi le passions principalement dans l'appartement de Ludovic. Nous restions assis dans les fauteuils ou sur le sol et nous parlions durant des heures, nous endormions les uns sur les autres. Une atmosphère de tendresse juvénile nous enveloppait et le sommeil qui s'emparait de moi dans ces moments-là est le plus doux que j'aie jamais connu. Le coeur au repos, l'âme en paix, j'avais trouvé en eux une famille. Deux paisibles années s'écoulèrent ainsi, au son des rires mêlés de rock'n roll, de débats et de projets d'avenir.

Nous étions en troisième année d'études, Maggy, Ludovic et moi. Ce fut la dernière fois que nous fêtâmes la venue de la nouvelle année réunis, le désormais tristement célèbre an 2020. Notre beau pays avait connu une succession de malheurs qui l'avait rendu aigri, méfiant et solitaire. Notre peuple se déchirait et chaque minorité fut déclarée coupable tour à tour des peines qui nous affligeaient tous. Le processus fut lent et indolore. J'en garde encore un mélange de dégoût et d'étonnement Le seul mot d'esprit qui me vient est de dire que rien n'est finalement plus fragile que la liberté, car le propre de l'Homme semble d'être capable de la négliger au point qu'elle lui échappe et qu'il doive la reconquérir dans le sang, les larmes ou les mots des Parlements. La peur et l'insatisfaction générales de mes concitoyens les poussèrent à commettre les pires erreurs. On ne perçoit que rarement la véritable portée d'un événement qui change le cours de l'Histoire, il paraît si évident à ceux qui nous suivent. Les grands Hommes sont à mon humble avis ceux qui ont le sens de l'instant, du bon moment, pour faire la bonne action. Peut-être est-ce de la simple chance ?
Tout commença avec un fait divers dont l'aspect dramatique prit toute son ampleur avec le temps. Matthias Guillard était un jeune homme brillant et promis à un avenir radieux. Maggy et moi avions eu l'honneur de le rencontrer dans les couloirs de notre faculté. Il y préparait une thèse qui s'annonçait comme la plus attendue de l'année. C'était un garçon très grand et d'apparence assez froide. Son visage était mince, il avait le regard fuyant et le travail semblait lui avoir déjà pris quelque cheveux. Malgré cela, j'avais été frappée par sa patience ainsi que la passion qu'il éprouvait pour sa matière. Matthias fut tué au cours du mois de janvier 2020, dans une rixe qui l'opposa à sa sortie nocturne d'un bar. Une mort bête, semblait-il, inutile. Un événement futile au premier abord dans les journaux, de quoi faire couler quelques larmes aux spectateurs du journal télévisé à la vue de cette jeunesse fauchée. Mais cela ne semblait pas signifier plus. Maggy, Ludovic et moi fûmes affectés par cette nouvelle que nous avions décidé de prendre comme un rappel de l'instabilité de la vie. Nous pleurâmes à notre façon, en toute discrétion et avec toute notre sincérité. Nous participâmes à la cérémonie destinée à lui rendre hommage dans l'enceinte de notre faculté. Nous nous promettâmes à nous-mêmes de ne jamais oublier cette mort afin qu'elle ne fut pas totalement vaine. La suite de l'Histoire nous empêcha à jamais de manquer à notre promesse intérieure.
Le court reportage sur la vie de Matthias, que les journalistes avaient conçu comme un hommage à sa vie afin de faire oublier sa mort absurde eut pour effet d'émouvoir les foules plus qu'il n'en fallait. Ses agresseurs devinrent les cibles à abattre. Toute la rancoeur de mes concitoyens semblait soudain sortir de ses gonds et fondre comme un vautour sur ces personnes dont l'avenir reste encore à ce jour mystérieux. Ils furent les bouc-émissaires d'une colère accumulée depuis trop longtemps. Les esprits s'échauffèrent tandis que les poubelles s'enflammaient à une vitesse inquiétante. Le tumulte des revendications et des attentes formaient un noeud sonore impossible à défaire. Les spécialistes expliquaient gravement et inutilement l'importance des événements en cours. Je me souviens de certains de leurs traits tendus. La police fut assez rapidement surpassée, ennemie des uns, dénigrée par les autres et oubliée par les grands, elle n'avait plus d'utilité. Nos anciens partenaires du temps des Communautés nous regardaient avec anxiété.
Entra alors en scène une femme pour laquelle je ressens encore un étrange mélange de haine et de pitié. Haine pour sa personnalité impitoyable, l'arrogance sans limite dont elle a fait preuve durant toute sa vie qui ne fut qu'une succession de batailles où le perdant devait nécessairement être écrasé. Elle ne concevait la vie que comme un combat, on ne pouvait que lui faire front ou la suivre. Pitié pour sa haine à elle, sa haine aveugle poussée par des convictions qu'elle n'a jamais envisagé de remettre en question. Pitié pour son ignorance qui, et c'est là le plus grand danger de l'ignorance, lui était à elle-même inconnue. Marianne Delorme fut pour moi une ennemie. J'ai cependant appris avec le temps que ce ne sont pas pour nos ennemis que nous ressentons le plus grand dégoût. Il faut avoir aimé un jour une personne pour la détester au plus profond de sa chair, au plus profond de son âme. L'ennemi est le visage le plus rassurant qui soit quand il est démasqué, ouvert. Il nous offre un combat qui donne naturellement un sens à note vie. J'aimais avoir un ennemi, une cause, une cible bien définie pour toute la violence qui se trouvait en moi. A cet ennemi nous appliquons un masque de méchant, ainsi nous ne pouvons qu'être les gentils. Une fois le combat terminé et la liesse de la victoire passée, nous nous retrouvons seuls en face de nous-mêmes, à contempler l'étendue de nos erreurs. Alors tout au fond de notre âme, une voix toute timide semble prier pour qu'un nouvel ennemi vienne nous faire face, mais celui-ci ne vient pas et nous ne pouvons qu'écouter la voix hurlante des remords bercée par les souvenirs que nous ressassons.
Marianne Delorme était au temps de Matthias Guillard la Présidente. Elle avait été élue par le peuple dans l'espoir que sa forte personnalité et sa hargne au travail suffiraient à redresser le pays. Ils avaient vu en elle un possible changement. Sans savoir de quelle nature il serait, l'opportunité qui s'était présentée à eux de sortir de leur morne détresse les avait séduits. Devant le chaos qui s'était installé, on attendait d'elle une réaction. Elle était à ce moment-là le héros dont tout le monde a besoin comme pour savoir que quelque part, quelqu'un fera quelque chose pour prendre les choses en main. Marianne Delorme a donc exposé, dans cette logique, la nécessité d'un pouvoir fort afin de redresser la barre. Quelle évidence aujourd'hui lorsque je regarde cet enchaînement d'événements... Marianne Delorme n'a finalement pris que ce qu'on lui a donné, mais ne s'est jamais résignée à le rendre.

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  coline Dé le Sam 3 Déc 2011 - 21:15

Intéressant, ce préliminaire et ce qu'il laisse entrevoir !

Toutefois, il y a, à mon avis un trop grand nombre de clichés ou d' emphases :
certaines de ses blessures, bien qu'invisibles, étaient des couteaux qui lui transperçaient le coeur

*l'idée d'une épaule sur laquelle j'aurais pu me reposer,
*rien n'est finalement plus fragile que la liberté
*la reconquérir dans le sang, les larmes
*écouter la voix hurlante des remords bercée par les souvenirs que nous ressassons.

Nous nous promettâmes à nous-mêmes
=> promîmes

Les personnages dont tu parles font un peu image d'Epinal : tu es trop laudative à leur égard, il me semble que tu pourrais d'une part nuancer un peu plus, d'autre part les décrire plus sommairement afin de te laisser la possibilité de faire découvrir leurs facettes au lecteur, mais au cours de scènes qui feraient avancer l'histoire en même temps ( je ne sais pas si je suis claire là ) au lieu de nous les raconter. Je sais que ce n'est pas facile mais il y a beaucoup d'avantages à ne pas exposer d'emblée tes protagonistes, le principal étant que le lecteur adore découvrir "tout seul" tel ou tel trait de caractère en fonction d'agissements du personnage et non de ce que l'auteur lui en dit.
Enfin il y a un côté un peu moralisateur ( dénoté par des expressions comme "notre beau pays" , "Notre peuple se déchirait ") qu'il serait préférable de gommer.

J'aime beaucoup, en revanche, la réflexion que tu tiens sur l'utilité d'un ennemi et j'adore ta dernière phrase.

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  alex le Sam 3 Déc 2011 - 22:28

Pas convaincu de mon côté. L'écriture fait preuve de belles envolées mais aussi pour moi de maladresses, d'emphase. Elle use trop abondamment du cliché, abuse de sentences aphoristiques, verse parfois dans le manichéisme. Du potentiel, cela dit.

Remarques :
- « je songe aux épreuves que nous avons traversé » : « les épreuves que nous avons traversées » ;
- « Sont-elles à présent tâchées de ses larmes ? » : « tachées » ;
- « Etait-ce un cadeau ? » : « Était » (accent aigu sur la majuscule, Alt + 144) ;
- « Je suis sure qu'elle aura su » : « sûre » (orthographe traditionnelle) ;
- « et nous ne souffrions de comparaison. » : la formule me semble maladroite ;
- « De quelqu'un de modeste elle n'était pas » : il faut supprimer le premier « de » ;
- « Nous étudions le droit, nouvelles humanités de notre société. » : franchement pompeux ;
- « Cependant, je sais moi, que certaines » : virgule après « sais » ;
- « qui lui transperçaient le coeur » : « cœur » (ligature du « œ », Alt + 0156) ;
- « Ludovis fut notre ami » : « Ludovic » (!) ;
- « en jettant dans son regard » : « jetant » ;
- « Ils devinrent ma joie, ma force, mon juge et mon bourreau. Toute torture semble douce lorsque nous rongent les remords. » : pour moi, des poncifs ;
- « Le coeur au repos » : ligature ;
- « au son des rires mêlés de rock'n roll » : « rock 'n' roll » ;
- « Notre beau pays avait connu » : l'adjectif « beau » ajoute une touche misérabiliste qui me déplaît ;
- « un mélange de dégoût et d'étonnement » : point ;
- « ou les mots des Parlements. » : pourquoi cette majuscule ? ;
- « lui avoir déjà pris quelque cheveux. » : « quelques » ;
- « de quoi faire couler quelques larmes aux spectateurs » : la tournure me semble incorrecte. « Couler quelques larmes sur les joues des télespectateurs », peut-être ? ;
- « Nous nous promettâmes » : « promîmes » (troisième groupe !) ;
- « afin qu'elle ne fut pas » : « fût » (subjonctif imparfait et non passé simple) ;
- « que les journalistes avaient conçu comme un hommage à sa vie afin de faire oublier sa mort absurde eut pour effet » : virgule après « absurde ». La phrase me semble très lourde ;
- « Toute la rancoeur » : ligature ;
- « Toute la rancoeur de mes concitoyens » : concitoyens, concitoyens… Cela me paraît bien idéaliste ;
- « formaient un noeud sonore » : « nœud » (ligature) ;
- « Nos anciens partenaires du temps des Communautés » : lourd ;
- « Il faut avoir aimé un jour une personne pour la détester au plus profond de sa chair, au plus profond de son âme. » ;
- « un sens à note vie. » : « notre » ;
- « A cet ennemi nous appliquons un masque » : « À » (Alt + 0192) ;
- « Marianne Delorme était au temps de Matthias Guillard la Présidente. » : le rapport onomastique Marianne / Marine me paraît un peu facile ;
- « Marianne Delorme n'a finalement pris que ce qu'on lui a donné, mais ne s'est jamais résignée à le rendre. » : j'aime !

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  midnightrambler le Sam 3 Déc 2011 - 22:32

Bonsoir,

Un texte intéressant à bien des égards ...
La dernière phrase fait écho à cette question de Grieg tout récemment : doit-on donner la liberté d'expression à ceux qui ne nous la rendront pas ?
Et ceux-là ne s'embarrassent pas de scrupules comme Marianne !

Amicalement,
midnightrambler


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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  elea le Dim 4 Déc 2011 - 17:17

Si je comprends bien il s’agit d’un roman ou du moins d’un récit long. Et ce chapitre fait office de début. Il a alors, pour moi, des qualités et des défauts.

Il donne envie de poursuivre la lecture, de connaitre la suite, tu distilles très bien les éléments de suspens ou de mystères qui aiguisent la curiosité. Tes personnages donnent envie de les suivre et de savoir ce qu’il va leur arriver.

Mais il me semble que ce début est un peu long, très dense et en dit parfois trop. Je rejoins Coline, tu donnes trop d’éléments sur tes personnages, au lieu de dire au lecteur comment ils sont, il faudrait qu‘il puisse se faire sa propre opinion sur eux.


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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Kash Prex le Lun 5 Déc 2011 - 14:30

Je relève pas mal de petites maladresses dans le choix des mots et les formulations.

Elle attendait comme si le temps coulait sur elle. Je sus après que Maggy était en fait quelqu'un de très impatient (...)

Ce "après" m'accroche, mais je suis incapable d'expliquer pourquoi... Je le remplacerais instinctivement par "plus tard".

Nous étudions le droit

étudiions.

Je sais à présent qu'elle ne refusa jamais aucun défi.

Cette phrase me donne l'impression que la narratrice vient d'apprendre la nouvelle. Peut-être : "j'ai vite su qu'elle ne refuserait..." ?

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Kash Prex le Lun 5 Déc 2011 - 14:30

(J'ai cliqué sur envoyer sans faire exprès... Je poursuis !)

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Kash Prex le Lun 5 Déc 2011 - 14:50

De son visage d'ange, je garde en mémoire ses yeux d'un gris terne, reflétant la force tranquille qui l'animait ; et ses cheveux bruns tout frisés, symbole cette fois de sa folie, salvatrice pour les autres, destructrice pour elle-même. Cette âme-là s'était donnée à sa cause, même si celle-ci lui avait épargné la vie.

Là, je ne comprends tout simplement pas à quoi font référence "ci" et "là".

Elle avait été élue par le peuple dans l'espoir que sa forte personnalité et sa hargne au travail suffiraient à redresser le pays.

suffissent.


Globalement, j'aime bien cette présentation ponctuée de réflexions. Je pense juste qu'il faudrait parfois que tu veilles davantage à chercher le bon mot, la bonne formulation. Ce début d'histoire est intriguant, suscite une curiosité pour la suite.

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Janis le Lun 5 Déc 2011 - 17:27

Je suis mitigée.
De bons moments, mais aussi un peu d'ennui.
Je vois une série de portraits plutôt bien fichus, en enfilafe, mais pas la vie, les relations, ni la tension pour piquer le lecteur et lui donner envie de "savoir".
Par ailleurs, je ne sens pas le côté fascinant et central de Maggy, à cause des mots employés pour la dépeindre (yeux ternes, mains petites, regard perdu...) Je la vois plutôt comme une absente
donc je dis : faut continuer, parce qu'il y a de la matière, mais faut bosser, notamment les personnages, par le choix des mots.
j'aime bien moi aussi ta dernière phrase, et les passages plus généraux sur la vie et tout

Janis

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Janis le Lun 5 Déc 2011 - 17:27

en enfilade, pardon (4e ligne)

Janis

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Re: Maggy et Agathe : Chapitre préliminaire

Message  Easter(Island) le Lun 5 Déc 2011 - 17:47

Une bonne partie de ce premier chapitre m'a fait penser, par le ton et les idées, au Grand Meaulnes ; une écriture très sage, très classique, explicative, des bons sentiments, des personnages qui surgissent les uns après les autres à un rythme de métronome, et de toute façon trop bons pour être crédibles (excepté celui comme en négatif de la Présidente), bref, tout ça me gêne si ça ne me surprend pas.

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