Misanthrope…
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Misanthrope…
Bonsoir tout le monde. Je ne sais pas encore si j'écrirai une suite, cela dépendra de vos avis. Bonne lecture !
Le vieillard n'affectionne pas les humains. La vie l'ennuie, il n'a pas d'enfant et pour rien au monde il n'en aurait. La question ne se posait point : il n'aimait pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs.
Il avait connu dans son adolescence un violent chagrin d'amour, sa passion trahie et mise à nue, le jeune homme avait ressenti une profonde humiliation. Cette période est un passage primordiale, ces quelques années vont permettre à l'individu de se construire, de fonder les piliers de son existence. Cet évènement avait profondemment marqué la mémoire d'Yves.
Parfois chez lui, lorsqu'il daignait ouvrir les volets et laisser doucement s'infiltrer quelques rayons lumineux, il observait les passants, s'interrogeait sur l'humanité. Il habitait une petite ruelle où le temps semblait s'être arrété. Elle inspirait en effet un sentiment étrange, qui ne peut être décrit par le vocabulaire de notre langue. Aussi, lorsque quelqu'un se présentait dans le creux de la fenêtre, Yves l'observait avec une précision remarquable. Il scrutait les moindres recoins de son âme ; analysant son caractère de par sa démarche, ses expressions. Du moins, il était persuadé que ses conclusions étaient toujours irréprochables. Et c'était tout le temps le même schéma, à savoir que l'homme est sombre, qu'il incarne le mal dans sa plus pure représentation. D'un geste d'indignation qui traduisait son dégoût et sa répulsion, il claquait son volet et se cloîtrait dans l'obscurité des jours durants. Le volet souvent, demeurait immobile plusieurs semaines, parfois des mois…
Yves sortait très rarement de jour. Une fois, il s'était résolu à acheter un chien, sans savoir lui-même pourquoi. Pendant deux ou trois jours, il s'en était occupé et faisait preuve d'une patience exemplaire ; puis on ne revit plus jamais l'animal, Yves l'avait totalement oublié. Cela venait-il sûrement de son enfance bafouée, ses parents avaient fait de même avec lui. Yves ne laissait jamais son subconscient prendre le dessus, peut-être ce jour-là n'avait-il pu résister. En soit, il ne s'était jamais remis de l'abandon prématuré. On l'avait chaleureusement accueilli sur Terre, froidement éduqué.
Yves était de ceux qui, le jour restaient insensibles, éteints, comme déconnectés du monde. La nuit, c'était une toute autre chose, la vie prenait son intêret.
C'est dans la nuit qu'il retrouvait une certaine compassion qu'il n'avait pas su trouver chez les humains.
Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'il n'entendait plus la vie derrière ses murs, hormis quelques hommes saoulent qui cherchaient sans réelle obstination leur domicile. C'était le moment de sortir, Yves ne tenait plus en place, impatient de rejoindre son seul ami, la nuit. Aujourd'hui plus que jamais, elle semblait atteindre le summum de son pouvoir. Elle enveloppait le monde d'une sublime façon. L'air était doux, quelque peu froid, mais doux. Les lampadaires sommeillaient, la lumière qu'ils dégageaient caressaient tendrement la pierre satinée des immeubles. Tout était sage, apaisant, exquis.
Le vieillard n'affectionne pas les humains. La vie l'ennuie, il n'a pas d'enfant et pour rien au monde il n'en aurait. La question ne se posait point : il n'aimait pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs.
Il avait connu dans son adolescence un violent chagrin d'amour, sa passion trahie et mise à nue, le jeune homme avait ressenti une profonde humiliation. Cette période est un passage primordiale, ces quelques années vont permettre à l'individu de se construire, de fonder les piliers de son existence. Cet évènement avait profondemment marqué la mémoire d'Yves.
Parfois chez lui, lorsqu'il daignait ouvrir les volets et laisser doucement s'infiltrer quelques rayons lumineux, il observait les passants, s'interrogeait sur l'humanité. Il habitait une petite ruelle où le temps semblait s'être arrété. Elle inspirait en effet un sentiment étrange, qui ne peut être décrit par le vocabulaire de notre langue. Aussi, lorsque quelqu'un se présentait dans le creux de la fenêtre, Yves l'observait avec une précision remarquable. Il scrutait les moindres recoins de son âme ; analysant son caractère de par sa démarche, ses expressions. Du moins, il était persuadé que ses conclusions étaient toujours irréprochables. Et c'était tout le temps le même schéma, à savoir que l'homme est sombre, qu'il incarne le mal dans sa plus pure représentation. D'un geste d'indignation qui traduisait son dégoût et sa répulsion, il claquait son volet et se cloîtrait dans l'obscurité des jours durants. Le volet souvent, demeurait immobile plusieurs semaines, parfois des mois…
Yves sortait très rarement de jour. Une fois, il s'était résolu à acheter un chien, sans savoir lui-même pourquoi. Pendant deux ou trois jours, il s'en était occupé et faisait preuve d'une patience exemplaire ; puis on ne revit plus jamais l'animal, Yves l'avait totalement oublié. Cela venait-il sûrement de son enfance bafouée, ses parents avaient fait de même avec lui. Yves ne laissait jamais son subconscient prendre le dessus, peut-être ce jour-là n'avait-il pu résister. En soit, il ne s'était jamais remis de l'abandon prématuré. On l'avait chaleureusement accueilli sur Terre, froidement éduqué.
Yves était de ceux qui, le jour restaient insensibles, éteints, comme déconnectés du monde. La nuit, c'était une toute autre chose, la vie prenait son intêret.
C'est dans la nuit qu'il retrouvait une certaine compassion qu'il n'avait pas su trouver chez les humains.
Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'il n'entendait plus la vie derrière ses murs, hormis quelques hommes saoulent qui cherchaient sans réelle obstination leur domicile. C'était le moment de sortir, Yves ne tenait plus en place, impatient de rejoindre son seul ami, la nuit. Aujourd'hui plus que jamais, elle semblait atteindre le summum de son pouvoir. Elle enveloppait le monde d'une sublime façon. L'air était doux, quelque peu froid, mais doux. Les lampadaires sommeillaient, la lumière qu'ils dégageaient caressaient tendrement la pierre satinée des immeubles. Tout était sage, apaisant, exquis.

Saner- Nombre de messages: 55
Age: 15
Date d'inscription: 14/11/2011
Re: Misanthrope…
oui une suite c'est pas de refus.
hi wen- Nombre de messages: 340
Age: 15
Date d'inscription: 07/01/2011
Re: Misanthrope…
Ah là, j'aime bien !
c'est bien écrit, imagé, il y a de la profondeur, de la réflexion, je veux bien aussi une suite. On le voit, cet Yves, derrière son volet immobile.
Je laisse à nos spécialistes le soin d'indiquer les fautes diverses qui émaillent ce texte très attachant.
Et puis le prénom Yves, très bon choix !
c'est bien écrit, imagé, il y a de la profondeur, de la réflexion, je veux bien aussi une suite. On le voit, cet Yves, derrière son volet immobile.
Je laisse à nos spécialistes le soin d'indiquer les fautes diverses qui émaillent ce texte très attachant.
Et puis le prénom Yves, très bon choix !

Janis- Nombre de messages: 5025
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Misanthrope…
Une suite serait intéressante oui à condition que tu ne tombes pas dans un des nombreux pièges que peu présenter un tel récit. Je m'explique : j'ai tout une liste de suites bateaux qui me viennent à l'esprit, il faudra arriver à surprendre le lecteur.
Sinon c'est bien écrit, agréable et tout.
Un petit souci de temps au début : "Le vieillard n'affectionne pas les humains. La vie l'ennuie, il n'a pas d'enfant et pour rien au monde il n'en aurait. La question ne se posait point : il n'aimait pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs. " Tu passes du présent à l'imparfait.
Bon courage pour la suite !
Sinon c'est bien écrit, agréable et tout.
Un petit souci de temps au début : "Le vieillard n'affectionne pas les humains. La vie l'ennuie, il n'a pas d'enfant et pour rien au monde il n'en aurait. La question ne se posait point : il n'aimait pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs. " Tu passes du présent à l'imparfait.
Bon courage pour la suite !
Lifewithwords- Nombre de messages: 777
Age: 20
Localisation: Rennes
Date d'inscription: 27/08/2007
Re: Misanthrope…
Très bon début hormis le premier paragraphe, déjà relevé par Lifewithwords.
genre : "l'homme est un loup pour l'homme"
Donc il vaudrait mieux que tu nommes d'emblée ton personnage, quitte à nous dire ensuite qu'il est un vieillard. Et passe donc directement à l'imparfait, le présent n'est pas facile à manier dans un récit.
Je suis preneuse d'une suite, Saner !
Si tu dis " n'affectionne", on a l'impression qu'il s'agit d'une généralité, confortée par ce "Le vieillard" très impersonnel.Le vieillard n'affectionne pas les humains. La vie l'ennuie, il n'a pas d'enfant et pour rien au monde il n'en aurait. La question ne se posait point : il n'aimait pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs.
genre : "l'homme est un loup pour l'homme"
Donc il vaudrait mieux que tu nommes d'emblée ton personnage, quitte à nous dire ensuite qu'il est un vieillard. Et passe donc directement à l'imparfait, le présent n'est pas facile à manier dans un récit.
: je dirais " la question ne s'était pas posée ( elle n'est plus d'actualité , je pense !)La question ne se posait point
passage primordiale,
profondemment
langage parléEt c'étaittout le temps
concordance : avait fait preuveil s'en était occupé etfaisait
Cela venait-il
En soit
saoulssaoulent
c'est la lumièrecaressaient
Je suis preneuse d'une suite, Saner !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Misanthrope…
Impatiente de mieux connaître ce papillon de nuit...

chrystie12- Nombre de messages: 430
Age: 60
Localisation: souslevent
Date d'inscription: 26/01/2011
Re: Misanthrope…
Voici une possible correction orthotypographique :
– « pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs » : espace après le point-virgule. Par ailleurs, la ponctuation du point-virgule est trop forte ici ; s'il y avait un effet de parallélisme du type « il n'aimait pas les femmes ; il n'aimait pas les hommes », cela marcherait. Ici, les mots « ni » et « d'ailleurs » appellent une virgule. Il faut justement, en outre, placer une virgule après « les hommes » : « les hommes (qui viennent) d'ailleurs », ce n'est pas pareil que « les hommes, d'ailleurs », c'est-à-dire « par ailleurs »… ;
– « un passage primordiale » : « primordial » ;
– « Cet évènement » : « événement » (orthographe traditionnelle) ;
– « avait profondemment marqué » : « profondément » ;
– « recoins de son âme ; analysant » : la ponctuation me paraît là aussi trop forte ;
– « de par sa démarche » : la locution « de par » dans son acception « du fait de », ou plus simplement, moins emphatiquement, « par », est à proscrire dans une langue qui se veut littéraire ;
– « dans l'obscurité des jours durants. » : « durant » ;
– « Cela venait-il sûrement » : « Cela venait sûrement » ;
– « En soit » : « en soi » ;
– « Yves était de ceux qui, le jour restaient insensibles » : problèmes de virgule. Virgule après « jour », ou pas de virgule du tout ;
– « la vie prenait son intêret » : « intérêt » (accent circonflexe sur le deuxième « e » ;
– « hormis quelques hommes saoulent » : « saouls » ;
– « impatient de rejoindre son seul ami, la nuit. » : « sa seule amie, la nuit » ;
– « la lumière qu'ils dégageaient caressaient » : « caressait ».
– « pas les femmes; ni les hommes d'ailleurs » : espace après le point-virgule. Par ailleurs, la ponctuation du point-virgule est trop forte ici ; s'il y avait un effet de parallélisme du type « il n'aimait pas les femmes ; il n'aimait pas les hommes », cela marcherait. Ici, les mots « ni » et « d'ailleurs » appellent une virgule. Il faut justement, en outre, placer une virgule après « les hommes » : « les hommes (qui viennent) d'ailleurs », ce n'est pas pareil que « les hommes, d'ailleurs », c'est-à-dire « par ailleurs »… ;
– « un passage primordiale » : « primordial » ;
– « Cet évènement » : « événement » (orthographe traditionnelle) ;
– « avait profondemment marqué » : « profondément » ;
– « recoins de son âme ; analysant » : la ponctuation me paraît là aussi trop forte ;
– « de par sa démarche » : la locution « de par » dans son acception « du fait de », ou plus simplement, moins emphatiquement, « par », est à proscrire dans une langue qui se veut littéraire ;
– « dans l'obscurité des jours durants. » : « durant » ;
– « Cela venait-il sûrement » : « Cela venait sûrement » ;
– « En soit » : « en soi » ;
– « Yves était de ceux qui, le jour restaient insensibles » : problèmes de virgule. Virgule après « jour », ou pas de virgule du tout ;
– « la vie prenait son intêret » : « intérêt » (accent circonflexe sur le deuxième « e » ;
– « hormis quelques hommes saoulent » : « saouls » ;
– « impatient de rejoindre son seul ami, la nuit. » : « sa seule amie, la nuit » ;
– « la lumière qu'ils dégageaient caressaient » : « caressait ».
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Misanthrope…
Un personnage qui donne envie de le suivre un peu plus longtemps, suffisamment mystérieux pour susciter la curiosité. D’autant plus avec le choix de la nuit comme compagne.

elea- Nombre de messages: 3184
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010
Re: Misanthrope…
Merci à tous pour vos commentaires.
hi wen: Merci d'avoir lu et commenté l'extrait !
Janis: Je suis flatté que cela t'ai plu. Ton commentaire m'a fait très plaisir. J'espère que tu ne t'aies pas senti obligé de l'apprécier, après le comique involontaire que tu avais trouvé dans le texte précédent ! (rire) Merci encore.
Lifewithwords: Oui, j'essaierai de faire attention et de prendre mon temps. Merci pour le commentaire !
coline Dé: Merci pour ta réponse ! Je suis content que tu aies apprécié le texte. Je te remercie pour la correction, aussi !
chrystie12: Jolie métaphore ! Merci pour le commentaire !
alex: Un peu déçu que tu ne m'aies pas donné ton avis qui m'est précieux. Merci tout de même pour la correction qui l'est tout autant !
elea: Merci d'avoir pris le temps de lire et de commenter le texte !
hi wen: Merci d'avoir lu et commenté l'extrait !
Janis: Je suis flatté que cela t'ai plu. Ton commentaire m'a fait très plaisir. J'espère que tu ne t'aies pas senti obligé de l'apprécier, après le comique involontaire que tu avais trouvé dans le texte précédent ! (rire) Merci encore.
Lifewithwords: Oui, j'essaierai de faire attention et de prendre mon temps. Merci pour le commentaire !
coline Dé: Merci pour ta réponse ! Je suis content que tu aies apprécié le texte. Je te remercie pour la correction, aussi !
chrystie12: Jolie métaphore ! Merci pour le commentaire !
alex: Un peu déçu que tu ne m'aies pas donné ton avis qui m'est précieux. Merci tout de même pour la correction qui l'est tout autant !
elea: Merci d'avoir pris le temps de lire et de commenter le texte !

Saner- Nombre de messages: 55
Age: 15
Date d'inscription: 14/11/2011
Re: Misanthrope…
ne t'inquiète pas, je ne m'oblige jamais à commenter ou à dire ce que je ne pense pas !

Janis- Nombre de messages: 5025
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Misanthrope…
Par peur d'être trop dur ou de froisser quelque sensibilité, je me refuse souvent en dernier à donner mon avis. Mais ici, malgré une expression que je trouve parfois maladroite, je trouve que le texte fait son petit effet et je l'ai aimé.
Pendant que j'y suis, une petite faute qui m'avait échappé m'a sauté aux yeux par bonheur, alors que je descendais le curseur ; je l'indique : « où le temps semblait s'être arrété » (« arrêté »). J'espère qu'il n'y en a pas d'autres !
À bientôt !
Pendant que j'y suis, une petite faute qui m'avait échappé m'a sauté aux yeux par bonheur, alors que je descendais le curseur ; je l'indique : « où le temps semblait s'être arrété » (« arrêté »). J'espère qu'il n'y en a pas d'autres !
À bientôt !
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
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