Ecriteaux
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Ecriteaux
Dans l’équipage du vent flottaient les grains de sable, par-dessus la plage déserte, immense et vide, en nombre avec les gouttes d’océan arrachées aux vagues montantes, compagnons du froid des saisons ouvertes aux brumes, aux frimas et frissons.
Il était seul, venu ce matin, par gros nuages suspendus noirs, entre ciel et mer.
Un instant, il s’immobilisa face à l’océan, contempla l’ensemble vaste, écrasant, grandiose, toute cette étendue démesurément offerte à sa vue, puis s’éloigna de la rive.
Du coffre de sa voiture, il sortit des piquets surmontés de petits panneaux de bois. Il les chargea sur son épaule et longea les flots remuants d’un pas calme et décidé.
Subitement, il interrompit son avance sur la plage, choisit l’une des longues rames de son fardeau et la figea droite dans le sable. Sur la pancarte qu’il tourna vers les terres, apparut un mot, un mot qu’il avait tracé maladroitement à la peinture blanche sur un fond teint bleu ciel, un petit mot pour contenir l’immensité dans cet espace dérisoire et nouveau, il avait écrit : océan. Il prit un peu de recul et resta figé, l’air satisfait devant le poteau qu’il venait de fixer.
Devant lui, en arrière-plan, l’immensité de l’océan et, tout proche, le signe écrit qui le redoublait, en quelques lettres tracées en blanc.
Plus loin, dans la frange d’écume au bord du rivage, il planta profond un nouveau pal où pouvait se lire, sur l’enseigne azurée, les lettres blanches de l’ « eau ».
Au milieu de la plage fut mis en place l’écriteau au nom du « sable ».
A quelque distance, se succédaient quelques instants plus tard, sans alignement, en disposition aléatoire, les enseignes indiquant l’ « air », le « ciel », et les « nuages ».
Une clochette retentissait au loin, au son suraigu, et rien ne permettait d’en deviner l’origine, indéterminable.
Sa tâche achevée, l’homme s’installa dans une position assise, entre les mots et les choses, adossé contre la dune en bordure de plage, et resta dans cette position tout le long de la journée.
Quand une brume vint troubler le paysage, les mots blancs brillèrent comme autant de sémaphores des mâts dressés sur la grève. Les lettres phares perçaient le brouillard. Des balises jalonnaient tout un monde confus et troublé.
En fin de matinée, lorsqu’un peu de clarté fut revenue, des promeneurs apparurent au bord de la mer, un vieil homme et deux enfants, précédés d’un chien, un basset, qui vint renifler les piquets dressés sur le sable, leva la patte et déversa quelques gouttes d’urine au pied du « ciel ».
L’homme assis contempla la scène, imperturbable. Une clochette retentissait au loin, et rien n’indiquait son origine, indéterminable.
Face à l’un des écriteaux, la fillette s’arrêta et cria tout haut ce qu’elle lisait : « sable » ; enjouée, elle répéta bien fort : « sable, sable, sable ». Le jeune garçon, échappant à la surveillance de son grand-père, s’approcha du « ciel », le secoua violemment jusqu’à le pencher, manquant le renverser, trop fragile, à plat sur la grève. Le vieil homme s’avança et redressa le piquet. Tous s’éloignèrent.
L’homme assis demeura dans sa position, toujours immobile, toujours contemplatif.
Par intermittences venait se mêler, à la rumeur grondante de l’océan, le tintement d’une clochette à l’origine indéterminable.
Des heures désertes succédèrent à la disparition des promeneurs. Les écrits par-dessus le sable n’eurent d’autres lecteurs que le furieux regard du vent. Les piquets tremblaient, exposés à cette lecture violente, cherchant à les courber, à les abattre, à effacer le surplus inopportun des signes affichés, prétentieux et arrogants, à rendre muettes ces taches écrites sur la toile des choses silencieuses. Il ne devait demeurer que la voix sourde, inarticulée, de l’air soufflant à la mer, à son oreille profonde, sa puissance toujours imposante, son excessive présence. Il ne devait subsister que l’écriture marine en ces lettres découpées dans les bordures des continents, aux formes des rivages, des côtes, grèves et falaises, littoral au vocabulaire tourmenté, littéral.
En milieu d’après-midi, un couple se présenta sur cette scène visible par l’homme toujours assis en une immobilité adossée contre la dune. Tout tremblait, se soulevait, retombait en une agitation incessante, tout, la mer et les vagues, l’air, le vent et les nuages, et lui, assis, figé, demeurait en une position stable, statue inébranlable.
Sur les grains de sable qui exhibaient leur nombre, le couple provoquait l’incalculable par leur fière union de n’être que deux, main dans la main, dualité comme une totalité, face à l’infini granulé de la plage, l’étendue sans mesure des gouttes d’eau. Tous deux suivirent le chemin d’un écriteau qui menait à l’autre. Tous deux lurent les mots affichés. La jeune femme sortit un bâton de rouge à lèvres, le remit à son compagnon qui ratura d’une croix l’ « océan » et traça avec application : « voilà ». L’ « air » aussi fut biffé, « c’est ainsi » qu’il fut écrit ; le « ciel » reçut une rouge balafre, « toi et moi » fut-il inscrit ; « eau » barré, apparut la « vie », en clair ; « nuages » corrigé, « cotonnades » l’avait remplacé ; « sable » laissa place au « destin »
Le couple s’éloigna sur la passerelle de sable, son destin, entre voilà et toute terre, le long de la vie, c’est ainsi, toi et moi sous les cotonnades.
Le son de la clochette à l’origine indéterminable retentissait encore. Et la houle forte et puissante, c’est ainsi, ne couvrait pas son carillon.
L’homme assis demeura posé dans sa position immuable, et la dune aussi demeura, contre laquelle il s’appuyait, et toute la plage, et tout le ciel, mais il y eut une légère inflexion, un léger écart par lequel tout n’était plus comme avant. Une infime dissemblance s’introduisit dans l’état du monde visible, non, vraiment, tout n’était plus comme avant. Le paysage tout entier remontait par le regard à travers les écriteaux correcteurs de l’ordre des choses, absorbé en une perception neuve, une vision nouvelle qui livre le monde autrement. Pourtant, tout était ainsi, et là, et voilà.
Ce ne pouvait être qu’une illusion, sûr une illusion, ce que l’homme crut voir de sa place assise sur le sable, les genoux relevés : un grand voilier au loin, un voilier sur voilà, un navire avec deux grandes voiles en V renversés. V des voyages, des varechs et des vagues, V de vogue au loin, Guadalquivir, vers les lointains, Managua, vers les rivages inconnus, Mindanao, d’autres vies, d’autres vigueurs, V vogue et vire jusqu’à d’autres langues, jusqu’en d’autres mots au port d’attache dans une lumière vivifiante.
Il ôta le bouchon de sa bouteille et, pour la première fois de la journée, il but une rasade de vin rouge. Puis une autre encore.
L’après-midi achevait sa clarté en demi-teinte grise, sous une cotonnade tachée par des marques sombres. Tout se précipitait vers la nuit quand survint un groupe de jeunes gens, filles et garçons mêlés, les écriteaux à portée de lecture de leurs yeux amusés. Ils gravitèrent autour des piquets, comme s’il s’agissait de totems, comme pour une danse du soir, un rituel sacré, dionysiaque, une liturgie thuriféraire d’un culte ésotérique aux divinités cachées.
L’un des garçons fit apparaître mystérieusement des instruments pointus et même quelques crayons qu’il distribua à ses compagnes et compagnons. Les panneaux furent inondés de graffiti, crayonnés sur toute leur surface, ou entaillés dans leur matière de bois. Le rite accompli, tous s’envolèrent dans la nuit tombante.
L’homme assis but une nouvelle gorgée de vin, et se leva enfin. Le son d’une clochette tintait encore au loin. Il se dirigea d’abord vers voilà l’océan barré, multiplié Loki, indéfini, grande tasse, commenté nique ta mer, attention océan méchant. Sur le panneau plein de mots à bord, se chevauchaient jette ton encre, par-dessus touche terre, emmêlé avec accoste, avec Arrêt Stop. Surcharge des paroles croisant au large de l’espace d’écriture, mots débordants du panneau trop étroit à la recherche du large et qui ne pouvaient trouver qu’un inachèvement dans les lieux insignifiants, balbutiements de phrases qui s’achèvent dans les pointillés de sable.
Il sortit l’ « océan » originel du sol sablonneux, et le chargea sur son épaule.
Puis il partit prendre l’ « air », c’est ainsi, et trouva une enseigne où la parole s’étouffait dans le panneau confiné, trop étroit pour contenir le trou, le creux, le vain et le respire, l’air moche et le soupir.
Il arracha l’« air » de son socle sableux, et le chargea sur son épaule.
Il se dirigea vers le « ciel » où toi et moi côtoyaient nous tous, incroyable et ineffable. On avait ajouté « é » devant toi, « le » au bout de toi. On avait rayé le « et ». On avait gravé « de mer » sous étoile.
Il ôta le « ciel » planté dans le sable, et le chargea sur son épaule.
Près des « nuages » en cotonnades, s’affichaient songes en passage, cauchemars du ciel, descentes de lie du soleil.
Il tira les « nuages » de la grève, et chargea le panneau sur son épaule.
Auprès du destin de « sable », une déclaration : le silence gratte le sable. Et puis le désert, et encore mouvant, juste une poignée pour finir.
Il releva le « sable » du sable, et le chargea sur son épaule.
Seule l’ « eau » était restée pure, ou presque, l’eau, la vie.
Il extrait l’« eau » du sablon, et la chargea sur son épaule.
Il repartit, les lueurs du soleil couchant sur le dos, les enseignes du monde sur l’épaule.
Il était seul, venu ce matin, par gros nuages suspendus noirs, entre ciel et mer.
Un instant, il s’immobilisa face à l’océan, contempla l’ensemble vaste, écrasant, grandiose, toute cette étendue démesurément offerte à sa vue, puis s’éloigna de la rive.
Du coffre de sa voiture, il sortit des piquets surmontés de petits panneaux de bois. Il les chargea sur son épaule et longea les flots remuants d’un pas calme et décidé.
Subitement, il interrompit son avance sur la plage, choisit l’une des longues rames de son fardeau et la figea droite dans le sable. Sur la pancarte qu’il tourna vers les terres, apparut un mot, un mot qu’il avait tracé maladroitement à la peinture blanche sur un fond teint bleu ciel, un petit mot pour contenir l’immensité dans cet espace dérisoire et nouveau, il avait écrit : océan. Il prit un peu de recul et resta figé, l’air satisfait devant le poteau qu’il venait de fixer.
Devant lui, en arrière-plan, l’immensité de l’océan et, tout proche, le signe écrit qui le redoublait, en quelques lettres tracées en blanc.
Plus loin, dans la frange d’écume au bord du rivage, il planta profond un nouveau pal où pouvait se lire, sur l’enseigne azurée, les lettres blanches de l’ « eau ».
Au milieu de la plage fut mis en place l’écriteau au nom du « sable ».
A quelque distance, se succédaient quelques instants plus tard, sans alignement, en disposition aléatoire, les enseignes indiquant l’ « air », le « ciel », et les « nuages ».
Une clochette retentissait au loin, au son suraigu, et rien ne permettait d’en deviner l’origine, indéterminable.
Sa tâche achevée, l’homme s’installa dans une position assise, entre les mots et les choses, adossé contre la dune en bordure de plage, et resta dans cette position tout le long de la journée.
Quand une brume vint troubler le paysage, les mots blancs brillèrent comme autant de sémaphores des mâts dressés sur la grève. Les lettres phares perçaient le brouillard. Des balises jalonnaient tout un monde confus et troublé.
En fin de matinée, lorsqu’un peu de clarté fut revenue, des promeneurs apparurent au bord de la mer, un vieil homme et deux enfants, précédés d’un chien, un basset, qui vint renifler les piquets dressés sur le sable, leva la patte et déversa quelques gouttes d’urine au pied du « ciel ».
L’homme assis contempla la scène, imperturbable. Une clochette retentissait au loin, et rien n’indiquait son origine, indéterminable.
Face à l’un des écriteaux, la fillette s’arrêta et cria tout haut ce qu’elle lisait : « sable » ; enjouée, elle répéta bien fort : « sable, sable, sable ». Le jeune garçon, échappant à la surveillance de son grand-père, s’approcha du « ciel », le secoua violemment jusqu’à le pencher, manquant le renverser, trop fragile, à plat sur la grève. Le vieil homme s’avança et redressa le piquet. Tous s’éloignèrent.
L’homme assis demeura dans sa position, toujours immobile, toujours contemplatif.
Par intermittences venait se mêler, à la rumeur grondante de l’océan, le tintement d’une clochette à l’origine indéterminable.
Des heures désertes succédèrent à la disparition des promeneurs. Les écrits par-dessus le sable n’eurent d’autres lecteurs que le furieux regard du vent. Les piquets tremblaient, exposés à cette lecture violente, cherchant à les courber, à les abattre, à effacer le surplus inopportun des signes affichés, prétentieux et arrogants, à rendre muettes ces taches écrites sur la toile des choses silencieuses. Il ne devait demeurer que la voix sourde, inarticulée, de l’air soufflant à la mer, à son oreille profonde, sa puissance toujours imposante, son excessive présence. Il ne devait subsister que l’écriture marine en ces lettres découpées dans les bordures des continents, aux formes des rivages, des côtes, grèves et falaises, littoral au vocabulaire tourmenté, littéral.
En milieu d’après-midi, un couple se présenta sur cette scène visible par l’homme toujours assis en une immobilité adossée contre la dune. Tout tremblait, se soulevait, retombait en une agitation incessante, tout, la mer et les vagues, l’air, le vent et les nuages, et lui, assis, figé, demeurait en une position stable, statue inébranlable.
Sur les grains de sable qui exhibaient leur nombre, le couple provoquait l’incalculable par leur fière union de n’être que deux, main dans la main, dualité comme une totalité, face à l’infini granulé de la plage, l’étendue sans mesure des gouttes d’eau. Tous deux suivirent le chemin d’un écriteau qui menait à l’autre. Tous deux lurent les mots affichés. La jeune femme sortit un bâton de rouge à lèvres, le remit à son compagnon qui ratura d’une croix l’ « océan » et traça avec application : « voilà ». L’ « air » aussi fut biffé, « c’est ainsi » qu’il fut écrit ; le « ciel » reçut une rouge balafre, « toi et moi » fut-il inscrit ; « eau » barré, apparut la « vie », en clair ; « nuages » corrigé, « cotonnades » l’avait remplacé ; « sable » laissa place au « destin »
Le couple s’éloigna sur la passerelle de sable, son destin, entre voilà et toute terre, le long de la vie, c’est ainsi, toi et moi sous les cotonnades.
Le son de la clochette à l’origine indéterminable retentissait encore. Et la houle forte et puissante, c’est ainsi, ne couvrait pas son carillon.
L’homme assis demeura posé dans sa position immuable, et la dune aussi demeura, contre laquelle il s’appuyait, et toute la plage, et tout le ciel, mais il y eut une légère inflexion, un léger écart par lequel tout n’était plus comme avant. Une infime dissemblance s’introduisit dans l’état du monde visible, non, vraiment, tout n’était plus comme avant. Le paysage tout entier remontait par le regard à travers les écriteaux correcteurs de l’ordre des choses, absorbé en une perception neuve, une vision nouvelle qui livre le monde autrement. Pourtant, tout était ainsi, et là, et voilà.
Ce ne pouvait être qu’une illusion, sûr une illusion, ce que l’homme crut voir de sa place assise sur le sable, les genoux relevés : un grand voilier au loin, un voilier sur voilà, un navire avec deux grandes voiles en V renversés. V des voyages, des varechs et des vagues, V de vogue au loin, Guadalquivir, vers les lointains, Managua, vers les rivages inconnus, Mindanao, d’autres vies, d’autres vigueurs, V vogue et vire jusqu’à d’autres langues, jusqu’en d’autres mots au port d’attache dans une lumière vivifiante.
Il ôta le bouchon de sa bouteille et, pour la première fois de la journée, il but une rasade de vin rouge. Puis une autre encore.
L’après-midi achevait sa clarté en demi-teinte grise, sous une cotonnade tachée par des marques sombres. Tout se précipitait vers la nuit quand survint un groupe de jeunes gens, filles et garçons mêlés, les écriteaux à portée de lecture de leurs yeux amusés. Ils gravitèrent autour des piquets, comme s’il s’agissait de totems, comme pour une danse du soir, un rituel sacré, dionysiaque, une liturgie thuriféraire d’un culte ésotérique aux divinités cachées.
L’un des garçons fit apparaître mystérieusement des instruments pointus et même quelques crayons qu’il distribua à ses compagnes et compagnons. Les panneaux furent inondés de graffiti, crayonnés sur toute leur surface, ou entaillés dans leur matière de bois. Le rite accompli, tous s’envolèrent dans la nuit tombante.
L’homme assis but une nouvelle gorgée de vin, et se leva enfin. Le son d’une clochette tintait encore au loin. Il se dirigea d’abord vers voilà l’océan barré, multiplié Loki, indéfini, grande tasse, commenté nique ta mer, attention océan méchant. Sur le panneau plein de mots à bord, se chevauchaient jette ton encre, par-dessus touche terre, emmêlé avec accoste, avec Arrêt Stop. Surcharge des paroles croisant au large de l’espace d’écriture, mots débordants du panneau trop étroit à la recherche du large et qui ne pouvaient trouver qu’un inachèvement dans les lieux insignifiants, balbutiements de phrases qui s’achèvent dans les pointillés de sable.
Il sortit l’ « océan » originel du sol sablonneux, et le chargea sur son épaule.
Puis il partit prendre l’ « air », c’est ainsi, et trouva une enseigne où la parole s’étouffait dans le panneau confiné, trop étroit pour contenir le trou, le creux, le vain et le respire, l’air moche et le soupir.
Il arracha l’« air » de son socle sableux, et le chargea sur son épaule.
Il se dirigea vers le « ciel » où toi et moi côtoyaient nous tous, incroyable et ineffable. On avait ajouté « é » devant toi, « le » au bout de toi. On avait rayé le « et ». On avait gravé « de mer » sous étoile.
Il ôta le « ciel » planté dans le sable, et le chargea sur son épaule.
Près des « nuages » en cotonnades, s’affichaient songes en passage, cauchemars du ciel, descentes de lie du soleil.
Il tira les « nuages » de la grève, et chargea le panneau sur son épaule.
Auprès du destin de « sable », une déclaration : le silence gratte le sable. Et puis le désert, et encore mouvant, juste une poignée pour finir.
Il releva le « sable » du sable, et le chargea sur son épaule.
Seule l’ « eau » était restée pure, ou presque, l’eau, la vie.
Il extrait l’« eau » du sablon, et la chargea sur son épaule.
Il repartit, les lueurs du soleil couchant sur le dos, les enseignes du monde sur l’épaule.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: Ecriteaux
J’adore ces écriteaux, et le bonhomme, et la clochette indéterminable.
Très belle idée, entre les éléments, les passants, l’immobilité de l’homme et les mots, c’est le monde qui se joue. Et provoque plusieurs sourires.
Totalement embarquée dans le texte dès le second paragraphe (j’ai eu du mal avec la première phrase, un peu longue, un peu trop descriptive ou abstraite), j’ai aimé peu à peu comprendre le manège de l’homme, et voir les promeneurs s’emparer du sens des mots pour y mettre leur touche et modifier ainsi la perception des choses, ou jouer avec.
Le tout est très visuel, j’étais assise à ses côtés, adossée à la dune pour assister au ballet des gens et des mots.
Une part de mystère est préservée, comme un moment suspendu ne s'inscrivant dans rien.
Un beau moment, merci.
Très belle idée, entre les éléments, les passants, l’immobilité de l’homme et les mots, c’est le monde qui se joue. Et provoque plusieurs sourires.
Totalement embarquée dans le texte dès le second paragraphe (j’ai eu du mal avec la première phrase, un peu longue, un peu trop descriptive ou abstraite), j’ai aimé peu à peu comprendre le manège de l’homme, et voir les promeneurs s’emparer du sens des mots pour y mettre leur touche et modifier ainsi la perception des choses, ou jouer avec.
Le tout est très visuel, j’étais assise à ses côtés, adossée à la dune pour assister au ballet des gens et des mots.
Une part de mystère est préservée, comme un moment suspendu ne s'inscrivant dans rien.
Un beau moment, merci.

elea- Nombre de messages: 3184
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010
Re: Ecriteaux
Merci également pour ce moment de poésie pure suspendue entre la haie des mots et la (mais)moire du monde.
(J'ai d'abord cru que l'insistance sur l'indéterminable provenance du son de la clochette jouerait un rôle, mais finalement, c'est bien ainsi : le tableau reste exclusivement visuel, y compris le nom du monde)
(J'ai d'abord cru que l'insistance sur l'indéterminable provenance du son de la clochette jouerait un rôle, mais finalement, c'est bien ainsi : le tableau reste exclusivement visuel, y compris le nom du monde)

Polixène- Nombre de messages: 1146
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Ecriteaux
Quelques remarques minimes, essentiellement typographiques :
– « Ecriteaux » : « Écriteaux » (accent sur la majuscule, Alt + 144) ;
– « l’ « eau ». » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « A quelque distance » : « À » (Alt + 0192) ;
– « indiquant l’ « air » » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « Par intermittences venait se mêler » : habituellement « par intermittence » ;
– « l’ « océan » » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « L’ « air » aussi » : pareil ;
– « Il sortit l’ « océan » originel » : idem ;
– « prendre l’ « air », » : idem ;
– « Seule l’ « eau » » : idem ;
– « Il extrait l’« eau » du sablon » : pourquoi ce présent ici ? Certes, le verbe ne se conjugue pas au passé simple…
– « Ecriteaux » : « Écriteaux » (accent sur la majuscule, Alt + 144) ;
– « l’ « eau ». » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « A quelque distance » : « À » (Alt + 0192) ;
– « indiquant l’ « air » » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « Par intermittences venait se mêler » : habituellement « par intermittence » ;
– « l’ « océan » » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « L’ « air » aussi » : pareil ;
– « Il sortit l’ « océan » originel » : idem ;
– « prendre l’ « air », » : idem ;
– « Seule l’ « eau » » : idem ;
– « Il extrait l’« eau » du sablon » : pourquoi ce présent ici ? Certes, le verbe ne se conjugue pas au passé simple…
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Ecriteaux
je suis depuis le début subjuguée par cette écriture
Il y a plusieurs couches, à chaque fois, plusieurs strates, comme si le texte était le prélèvement d'une carotte non pas glaciaire, mais de vie.
Il y a dans tout ce que j'ai pu lire de vous, un avant et un après dont on ne sait rien, nous les lecteurs, mais sur lesquels on peut à l'infini broder.
Ça me fait du Faulkner, du O' Connor, du Welty.
bref, c'est à chaque fois une découverte.
Il y a plusieurs couches, à chaque fois, plusieurs strates, comme si le texte était le prélèvement d'une carotte non pas glaciaire, mais de vie.
Il y a dans tout ce que j'ai pu lire de vous, un avant et un après dont on ne sait rien, nous les lecteurs, mais sur lesquels on peut à l'infini broder.
Ça me fait du Faulkner, du O' Connor, du Welty.
bref, c'est à chaque fois une découverte.

Janis- Nombre de messages: 5025
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Ecriteaux
Le son de la clochette intrigue forcément, c'est celle qui indique l'heure de la re-création ? Je reviendrai te relire Louis avant de commenter plus avant. C'est une lecture exigeante qui nécessite une pensée apaisée, capable de s'extirper des contraintes du temps et des tourments. Et ma tête est confuse présentement.

Rebecca- Nombre de messages: 8055
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Ecriteaux
Planté cet univers entre Supervielle et Prévert à moins que ce ne soit au pied du monde de Louis ?
A relire.
A relire.

Ba- Nombre de messages: 3022
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: Ecriteaux
Dans l’équipage du vent flottaient les grains de sable, par-dessus la plage déserte, immense et vide, en nombre avec les gouttes d’océan arrachées aux vagues montantes, compagnons du froid des saisons ouvertes aux brumes, aux frimas et frissons.
bien. arrêtons nous un instant et examinons posément toutes les données du problème, les différentes hypothèses exposées ainsi que leurs tenants et leur aboutissants et le contexte dans lequel elles s'inscrivent.
hi wen- Nombre de messages: 340
Age: 15
Date d'inscription: 07/01/2011
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