Coquillages

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Coquillages

Message  elea le Mar 20 Déc - 23:17

À certains moments de la journée, l’odeur est horrible d’après les clients. Moi je ne m’en rends plus compte, j’y suis habituée, elle ne me chatouille plus le nez.

J’aime bien mon emploi. Il est utile. Mon papa dit toujours « il n’y a pas de métiers honteux s’ils sont utiles ». Et pour y joindre l’agréable, je fais des décorations, ma touche personnelle qui ne dérange personne.
Si elle peut faire plaisir, apporter un peu d’évasion, je suis contente.

Cet été je me suis promenée sur la plage à chaque marée basse, pour sentir la vase se glisser entre mes orteils et ramasser des coquillages. Je les ai rincés, polis et même vernis pour certains, un par un, patiemment. Puis je les ai mis dans un grand bocal en verre avec un gros bouchon de liège que j’ai posé dans l’entrée, sur la petite table. Ceux qui restaient j’en ai fait des colliers en les perçant d’un petit trou et les reliant d’un fil de nylon. Et je les ai accrochés au dessus des miroirs. Ils pendent en reflets, on dirait qu’il y en a bien plus comme ça.
Quand c’est calme, si je tends bien l’oreille, au milieu du chuintement de l’eau, je les entends rouler dans les vagues. Comme s’ils étaient encore à l’état sauvage. Alors je ferme les yeux et le bruit s’amplifie, des rouleaux par grande houle, et quelques cris de mouettes. Mes cheveux s’envolent vers le large, l’humidité se fraye un chemin sous la blouse puis sous le pull et, au loin, le marin d’un bateau qui passe me fait un grand signe de la main, heureux de croiser une terrestre.
Et puis une porte claque et le charme est rompu.
Mais je ne suis pas triste parce que mes coquillages sont là pour m’aider à fermer à nouveau les yeux sur eux.

Lorsque c’est la saison je cueille des fleurs fraîches sur le trajet du travail. Je l’ai bien mémorisé, papa est fier de moi. Je vais au bout de notre rue, jusqu’à l’arrêt du bus 52, celui qui se trouve du côté du boulanger. C’est facile parce que je passe devant pour aller jusqu’à l’arrêt, j’adore : il y a une odeur de beurre chaud et de mie tiède, et les gros pains croustillants et dorés dansent dans la vitrine.
Au retour j’aime moins parce que c’est du côté du boucher et que les morceaux d’animaux tout rouges et pelés me font peur. Mais je ne ferme plus les yeux en passant parce qu’une fois je suis tombée. Ça m’a appris que les yeux fermés on ne marche plus droit, sauf si on a une canne comme le monsieur aux lunettes sombres qui vient parfois au travail.
Heureusement, juste après, les fruits et les légumes me rassurent, leurs couleurs sont apaisantes, les panais font de drôles de têtes et les ananas des clins d’œil. Et puis, sur le pas de la porte, madame Constance m’attend quand son patron n’est pas là, elle me glisse une grosse fraise au passage, ou une poire. Toujours des fruits très sucrés, papa dit que c’est pour ça qu’elle est toute ronde, parce que c’est une douceur. C’est vrai qu’elle a un sourire tout doux qui caresse les cheveux et termine sur les joues. Et quand je mords dans le fruit sans faire attention, que son jus coule sur mon menton et que j’essaye de le rattraper avec le bout de ma langue, son éclat de rire me fait le même effet que mon pull préféré sur la peau : tout chaud et un peu électrique.

Dans le bus 52 je dois compter de la main droite jusqu’au pouce de la gauche, et dès qu’il s’arrête à l’index je peux descendre. Ensuite je vais vers la mer, elle change tous les jours de couleur pour me surprendre. Le soir je lui tourne le dos mais je l’écoute très fort me dire « à bientôt ».

C’est là, sur la promenade au bord de la plage que se trouvent les fleurs. Elles sont très ordonnées, rangées en petits rangs ou en ronde, comme des enfants. Je ne les cueille pas toutes au même endroit pour ne pas faire de trou. Et quand j’arrive enfin, je mets de l’eau fraîche dans une bouteille en plastique coupée en deux, le bouquet dedans et le tout au milieu du lavabo. Pour que les gens soient tout près en se lavant les mains. Ceux qui le font.
Les pièces des autres je les transporte avec la coupelle jusqu’au robinet, en faisant attention à ne pas les toucher et je leur donne un bain au savon. Je n’oublie plus de fermer la bonde parce que c’est compliqué d’ouvrir le tuyau pour récupérer celles qui sont tombées.

Je passe mes journées là. Jusqu’à ce que la grande horloge du mur me dessine un bec d’oiseau.
Parfois il y a du monde, presque pas d’hommes mais beaucoup de femmes, et encore plus avec des enfants. J’aime bien les enfants, ils rient, ils crient, ils pleurent, ils jouent, et c’est rarement pour de faux. Ils aiment bien me regarder longtemps, parce que je ne ressemble pas aux autres femmes. J’ai le corps de leurs mamans mais j’ai gardé leur visage à eux, ça les rend curieux. Mais elles les tirent par la manche pour les obliger à arrêter. Ça m’ennuie, j’aime bien me voir dans les yeux des enfants.

Et puis, d’autres fois, je ne vois presque personne de la journée. J’aime bien aussi, ça me fait nettoyer moins souvent, et j’ai plus de temps. Pour écouter le chant des coquillages et caresser les pétales des fleurs pour qu’ils se rident moins vite. Je leur parle aussi, je leur raconte que je n’ai pas connu ma maman, elle s’est enfuie peu après ma naissance. C’est ce que dit papa mais je ne sais pas de quoi elle avait peur. Chaque fois que je vois une dame courir, je me dis que c’est peut-être ma maman qui s’enfuit. Alors je lui offre un sourire et un coucou de la main pour la rassurer. Mais ça ne marche jamais. Je ne le raconte pas à papa parce que quand je parle de maman il a sa tête en colère et ça me fait un peu peur.
Je préfère sa tête triste parce que si je lui fais un bisou en me serrant contre lui, c’est comme un tour de magie : elle disparait.

Papa a le plus joli sourire de tous les gens que j’ai vus, et il dit que j’ai son sourire. Alors, dans les toilettes publiques, quand il n’y a personne, et que je me sens un peu seule, je me mets devant la glace et je souris pour qu’il soit avec moi.
Et quand je me sens triste, je me fais des grimaces et ça fait rire les coquillages.

elea

Nombre de messages: 3184
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Marine le Mer 21 Déc - 0:00

"terrestre."
Terrienne ?

"Ils pendent en reflets"
Génial !

"mes coquillages sont là pour m’aider à fermer à nouveau les yeux sur eux."
Je ne comprends pas le sens de la phrase.

"il y a une odeur de beurre chaud et de mie tiède, et les gros pains croustillants et dorés dansent dans la vitrine."
Tu as réussis à me donner faim !

"madame Constance m’attend quand son patron n’est pas là"
Ponctuation manquante ?

"Le soir je lui tourne le dos mais je l’écoute très fort me dire « à bientôt »."
Autant le rendu de la poésie enfantine est magique et délicate dans le reste du texte, autant ici je l'ai trouvé niaise et forcée.
C'est un très beau texte, sur lequel je me garde cependant quelques réserves. La poésie y est peut-être à certains moments trop évidentes, on entend ce ton enfantin qu'on a tendance à prendre lorsqu'on s'adresse à de jeunes enfants, et c'est dommage. Quelques corrections permettraient sans doute de l'enlever car il ne contamine pas tout le texte : les "j'aime bien", "j'aime bien, aussi", sont surtout dérangeants car les coutures ressortent alors en (trop) gros(sier) sur la toile de tes mots.

"J’ai le corps de leurs mamans mais j’ai gardé leur visage à eux"
Je suis sceptique pour cette phrase également. C'est sans doute le cas, mais en a t-elle vraiment conscience, ou même, l'exprimerait-elle ? Je l'entends davantage dit dans la bouche de quelqu'un d'autre, quelqu'un qui a plus de recul que cette petite fille ne peut en avoir sur elle-même.

"Jusqu’à ce que la grande horloge du mur me dessine un bec d’oiseau."
Superbe, en revanche ! Oui, j'ai apprécié cet univers, semi-glauque semi-poétique, malgré ces petites choses qui me chagrinent et dévoilent les dessous de l'écriture de ton texte trop vite en la rendant trop visible et évidente.

Marine

Nombre de messages: 422
Age: 17
Date d'inscription: 30/07/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Easter(Island) le Mer 21 Déc - 14:21

Je suis partagée entre le plaisir de lire un de ces portraits dont tu as le secret, avec des descriptions minutieuses et réjouissantes - là scène des coquillages par exemple, les magasins - et l’impression d’une narration sinon plate, du moins linéaire, sans vraie surprise, sans rien pour rompre le rythme, tout me semble sur le même ton.
Concernant le détail, il y a une partie de paragraphe qui m'a paru sacrément obscure, ce n'est pourtant pas faute de l'avoir relue : "Les pièces (quelle pièces ?)des autres (des autres quoi ?) je les transporte avec la coupelle jusqu’au robinet, en faisant attention à ne pas les toucher et je leur donne un bain au savon. Je n’oublie plus de fermer la bonde parce que c’est compliqué d’ouvrir le tuyau pour récupérer celles qui sont tombées.

Sinon, il y a toutes ces petites choses que j'adore, qui font vivre le personnage, la rendent attachante : "Je leur parle aussi, je leur raconte que je n’ai pas connu ma maman, elle s’est enfuie peu après ma naissance. C’est ce que dit papa mais je ne sais pas de quoi elle avait peur. Chaque fois que je vois une dame courir, je me dis que c’est peut-être ma maman qui s’enfuit." ; et des phrases pleines de poésie ""Pour écouter le chant des coquillages et caresser les pétales des fleurs pour qu’ils se rident moins vite."

Easter(Island)

Nombre de messages: 12089
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://lesmusesatremplin.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Hapyness le Mer 21 Déc - 19:30

Bonjour,
Pour ma part j'aime beaucoup. L'écriture est fluide agréable; assez enfantine, j'aime beaucoup. Le rythme est un peu plat mais ça rend toute la naïveté du personnage.

"Papa a le plus joli sourire de tous les gens que j’ai vus, et il dit que j’ai son sourire. Alors, dans les toilettes publiques, quand il n’y a personne, et que je me sens un peu seule, je me mets devant la glace et je souris pour qu’il soit avec moi. "
-> trois répétitions du mot "sourire" en deux lignes, ça fait beaucoup, par contre.

Voilà, sinon c'est un style que j'aime beaucoup.. Bonne continuation ;B

Hapyness

Nombre de messages: 10
Age: 14
Localisation: Paris
Date d'inscription: 21/12/2011

Voir le profil de l'utilisateur http://pensionnateikyuu.forumgratuit.org/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Louis le Mer 21 Déc - 19:46

Un beau portrait d’une femme-enfant.

C’est une femme adulte, mais qui a l’état d’esprit d’un enfant, sa simplicité et sa naïveté. Comme les enfants, elle compose avec les coquillages des colliers ou des éléments de décor. Cet ornement marin lui plaît, parce que, petite, elle rêve à ce qui est grand et que les coquillages lui rappellent le grand large, la mer et son immensité, l’évasion vers l’espace grand ouvert, alors qu’elle séjourne pour son travail dans des petits-coins, des water-closets, lieux clos, étroits, exigus qui sentent le renfermé.
Petitesse et lieux clos sont associés : signes de sa douloureuse condition.
Elle souffre, en effet, de l’enfermement, enfermement dans des lieux clos et nauséabonds, lieux de rebuts et de rejets, où elle-même est rejetée ; mais aussi de l’enfermement dans l’enfance qu’elle ne peut pas quitter.
Les coquillages la fascinent, bien sûr, parce que dans leur nom, on y entend l’âge, et la coquille, lieu de renfermement. Elle s’est refermée sur son âge infantile, avec le désir d’en sortir confronté à une impossibilité. Elle se sent un animal marin, refermé dans sa coquille.
« Mais je ne suis pas triste parce que mes coquillages sont là pour m’aider à fermer à nouveau les yeux sur eux. » Dans cette belle image, les coquillages sont à la fois ce qu’elle ne veut pas voir, ils représentent sa condition, et d’autre part, ce qui lui permet d’ouvrir les yeux de son imagination afin de voir le monde du grand large.
Elle aime cueillir les fleurs aussi, comme le font les enfants ; elle cueille la fleur de l’âge qu’elle voudrait atteindre, et ne le peut. Les fleurs cueillies sont des fleurs de mer, fleurs des bords de plage. Au passage vers la mer, elle apprécie les fruits qu’on lui offre. Elle se pense fruit de mer, coquillage, en recherche de la fleur de l’âge.
La mer l’appelle encore, sa présence se substitue par son nom à la mère absente, la mère partie, « enfuie ».
Coquillage, renfermé dans l’enfance, retiré de la mère, mais avec toujours ce bouquet de fleurs que l’enfant offre à sa maman pour qu’elle l’accueille et la reconnaisse dans la fleur de l’âge : c’est la belle image de cette femme-enfant.



Louis

Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Lamarjo le Mer 21 Déc - 20:41

C'est bizarre, je n'avais pas pensé à une "femme-enfant", moi j'ai cru que c'était une handicapée mentale, je suis peut-être complètement à côté et si c'est le cas alors vraiment je m'en excuse! (Cela pourrait expliquer que sa mère ait pris la fuite, n'acceptant pas d'avoir un enfant différent. ) Ce n'est pas du tout négatif sur le texte ce que je dis, en fait pour moi c'est un personnage qui a une vie intérieure insoupçonnée, qui est restée une enfant dans l'âme parce qu'elle n'a pas évolué comme les autres (ni mentalement ni physiquement), qui accorde beaucoup d'importance à des petits détails, aux rituels, se fait un monde dans sa tête, plein de poésie. Hem... Je suis à côté ou pas?

Lamarjo

Nombre de messages: 78
Age: 35
Localisation: marjobonne51@laposte.net
Date d'inscription: 27/11/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  pandaworks le Mer 21 Déc - 21:00

Le mystère s'épaissit parce que je penche plutôt du coté de ma co-vélienne Lamarjo. En étant faussaire, on pourrait dire "simple d'esprit" qui ne veux rien dire.

pandaworks

Nombre de messages: 11396
Age: 21
Localisation: http://yycafe-asia.com/
Date d'inscription: 25/06/2007

Voir le profil de l'utilisateur http://hz.edushi.com/dian/VipStore/3/Index.aspx?StoreID=355739

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Lamarjo le Mer 21 Déc - 21:03

Oui j'ai failli dire "simplette", mais... au diable les euphémismes :))

Lamarjo

Nombre de messages: 78
Age: 35
Localisation: marjobonne51@laposte.net
Date d'inscription: 27/11/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  mentor le Mer 21 Déc - 22:23

Easter(Island) a écrit: il y a une partie de paragraphe qui m'a paru sacrément obscure, ce n'est pourtant pas faute de l'avoir relue : "Les pièces (quelle pièces ?)des autres (des autres quoi ?) je les transporte...

je crois comprendre que les pièces des autres, c'est les piécettes pour payer que ceux qui ne se lavent pas les mains donnent quand même.
;-)
texte touchant, très bien écrit, comme d'hab. Presque trop touchant dans le sens où j'ai eu l'impression que parfois le trait était forcé pour être forcément touchant. Tu vois ? J'aurais du mal à dire précisément où et quand j'ai eu ce sentiment.
détail pour les puristes : "rangées en petits rangs"...
Et ça c'est vraiment magnifique : "Je préfère sa tête triste parce que si je lui fais un bisou en me serrant contre lui, c’est comme un tour de magie : elle disparait."
Tu es donc douée pour les peintures de personnages, individuellement, reste à poursuivre ton texte à plusieurs personnages qui s'entrecroisent.
Je dis ça je dis rien... :-))

mentor

Nombre de messages: 18993
Age: 33
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – — -
Date d'inscription: 12/12/2005

Voir le profil de l'utilisateur http://www.vosecrits.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  elea le Mer 21 Déc - 22:38

Merci à tous et toutes, je ne vais pas reprendre chacune de vos remarques mais ça ne signifie pas que je les ignore.

Marine : ce n’est pas une petite fille. Et je ne crois pas que la ponctuation manque dans la phrase que tu cites, laissons Alex le dire (peut-être).

Easter : j’avais écrit l’explication mais Mentor vient de la donner, mais je note que ce n’est pas clair.

Hapyness : techniquement il n’y a que deux sourires. Merci à toi.

Lamarjo et Pandaworks : c’est effectivement une handicapée mentale mais je ne crois pas que ce soit antinomique avec le portrait de femme-enfant que dresse Louis, les deux me semblent compatibles.

Louis : Merci avec un immense M. Quand je lis tes (vos ?) commentaires, j’aime presque mes textes.

Mentor : je pense que ce que tu as ressenti rejoint ce que dit Marine. Je comprends que cela donne cette impression mais je vous assure que je ne force rien. Je ne décide de rien. Je tente de me mettre "dans la peau de" et voilà ce qui en sort. Ensuite, je me trouve toute dépourvue pour remédier à quoi que ce soit.
Quant à ton allusion à un autre texte inachevé, je bloque totalement dessus et l’ai laissé tomber pour le moment, c'était ça ou arrêter d'écrire...


elea

Nombre de messages: 3184
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  elea le Mer 21 Déc - 22:45

Hapyness : techniquement il n’y a que deux sourires :-)) Merci à toi.

Oups, manque mon smiley !

elea

Nombre de messages: 3184
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  alex le Jeu 22 Déc - 0:05

Des vétilles :
– « au dessus des miroirs » : « au-dessus » (trait d'union) ;
– « Dans le bus 52 je dois compter » : virgule après « 52 » ;
– « Les pièces des autres je les transporte » : virgule après « autres » ;
– « en faisant attention à ne pas les toucher et je leur donne » : virgule après « toucher » ;
– « elle disparait » : « disparaît » (orthographe traditionelle) ;
– « quand il n’y a personne, et que » : pas sûr de l'utilité de la virgule.

Pas de problème de ponctuation dans la phrase relevée par Marine, pour moi.

Je me risque à ajouter que j'aime la tendresse avec laquelle tu brosses tes personnages, la poésie que tu leur insuffles, l'épaisseur que tu leur confères sans tomber pour autant, à mon sens, dans la caricature. Le ton me paraît juste, les dits et non-dits suffisamment bien dosés pour comprendre et laisser un espace au lecteur.

alex

Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  midnightrambler le Jeu 22 Déc - 0:34

Bonsoir,

C'est un très beau texte que j'avais, en premier lieu, "mal lu" puisque je n'avais pas compris qu'il s'agissait d'une handicapée mentale ! Je m'étais demandé quel âge avait cette petite fille que l'on faisait travailler ...
D'où l'intérêt d'une seconde lecture sous un nouvel éclairage !

Amicalement,
midnightrambler


midnightrambler

Nombre de messages: 1093
Age: 59
Localisation: NORMANDIE laclefdeschamps66@hotmail.fr
Date d'inscription: 10/01/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  hi wen le Jeu 22 Déc - 2:20

il y a comme une tentative de créer de la poésie, en désymbolisant d'un côté ce qui tombe sous le sens, pour resymboliser de l'autre par l'héroïne.
du coup ce jeu de donné-repris, de détricottage-retricottage m'agace .




hi wen

Nombre de messages: 340
Age: 15
Date d'inscription: 07/01/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Lizzie le Jeu 22 Déc - 20:55

Bonsoir Elea,

Pour ma part, j’ai compris que ta narratrice était « dame-pipi » ou du moins d’un métier de nettoyage, avec la mention de l’odeur, puis, plus loin, des pièces, et ce que disait le père de ce métier. Assez vite compris aussi qu’elle était handicapée mentale, compte tenu du niveau de langage que tu adoptes, et de ce que tu racontes.
C’est tendre, sans doute trop rose pour mon goût, mais j’ai lu avec attention. Je pense que le passage sur les fruits, en particulier « les panais font de drôles de têtes et les ananas des clins d’œil. » n’est pas nécessaire. Et puis, l’ananas qui fait un clin d’œil, je ne sais pas, je le sens moins dans sa bouche, il y a déjà un second degré, là.

Bien aimé le passage dans le bus, quand elle compte les stations sur ses doigts. Et aussi la cueillette des fleurs en veillant à ne pas laisser « de trous ».
La dernière phrase est bien, elle relève le ton, montre l’optimisme qui fait le fond du caractère de cette jeune femme-enfant.

Lizzie

Nombre de messages: 444
Age: 45
Localisation: Face à vous, quelle question !
Date d'inscription: 30/01/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Janis le Dim 25 Déc - 11:00

J'ai compris aussi très vite de quoi il s'agissait, et que la narratrice était une simplette gentillette. J'aime bien, l'écriture est toujours si jolie, le portrait réussi, mais j'ai trouvé ça un peu longuet, un peu répétitif dans la forme. C'est-à-dire qu'on voit le système, la structure, pour moi il eût fallu la travailler autrement.

Janis

Nombre de messages: 5025
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Lyra will le Mer 28 Déc - 14:01

En fait, cette écriture enfantine est très déstabilisante. Parfois je trouve que ça fonctionne, il y a des moments assez poétiques etc, mais en fait, ce ton m'agace un peu je ne sais pas pourquoi. Je crois que ce n'est même pas ton texte, mais de manière générale, je trouve que c'est dur d'arriver à une justesse avec ce type de ton, de le rendre crédible (vu que ce n'est pas/plus le notre, que l'on en est plus ou moins loin, etc, que l'on parle d'enfance ou de "retard" mental, d'ailleurs).

Du coup je n'arrive pas à savoir si j'ai aimé ou pas, donc je reviendrai :0)


Lyra will

Nombre de messages: 12284
Age: 23
Localisation: The mec bidon's work
Date d'inscription: 12/12/2005

Voir le profil de l'utilisateur http://lyrawill.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  coline Dé le Lun 2 Jan - 14:12

J'ai pas trop aimé, malgré de très jolies choses, ou à cause desjolies choses : les retardées mentales que j'ai ( beaucoup) fréquentées avaient toutes en commun la caractéristique de raconter des choses très crues tout simplement, pas en enjolivant et c'est ce qui m'a gênée ici.

coline Dé

Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://la-cle-a-mots-lettres.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Pas une ride...

Message  ubikmagic le Mar 17 Jan - 0:41

Pas une ride à la surface de l'eau. Mais pourtant, dessous, ça bouge !
Elle est comme ça, presque immobile, mais en elle s'agitent moult pensées.
Bien vu. Bien restitué aussi. Cet enfant dans un corps d'adulte. C'est touchant et ça met aussi mal à l'aise, sournoisement, je ne sais pas si c'était le but recherché.

Ubik.

ubikmagic

Nombre de messages: 945
Age: 50
Localisation: ... dans le sud, peuchère !
Date d'inscription: 13/12/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://vulcania-submarine.deviantart.com/gallery/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coquillages

Message  Iris le Mar 17 Jan - 10:08

J'ai beaucoup aimé ce texte tout empreint de poésie et de tendresse. Pour ce qui est du personnage, j'ai tout de suite pensé à une femme attardée et gentille qui se réfugie dans son enfance. Son statut de dame-pipi m'est aussi apparu grâce à certains détails.
J'ajoute que le plaisir de lecture du texte a été prolongé par celle des commentaires de qualité.

Iris

Nombre de messages: 440
Age: 49
Date d'inscription: 17/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum