Les cigales de novembre
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Les cigales de novembre
Sur l'écorce des pins
Ecoutez-les crisser les cigales de novembre
Demain est arrivé
Le soleil plane comme un plaid sur la terre
Et l'arbre nous raconte ses lichens d'hier
quand l'aube glaçait son tronc
Je n'ai pas vu l'automne
Pas d'oies sauvages
Mais un été infiniment long
infiniment fièvreux
Où suis-je et dans quel autre monde
Hier se dessèche
Brûlure des yeux
L'épine du fragon s'affûte sous les lames des rayons
Pas de freux engourdis
Mais des champs
Des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve
des longs midis qui brûlent
Et puis
j'ai vu l'homme
Ahuri fou
Les yeux levés vers le ciel troué
Qui demandait pardon
Demain est arrivé
Sur l'écorce blessée des pins
Ecoutez-les crisser les cigales de novembre
Ecoutez-les crisser les cigales de novembre
Demain est arrivé
Le soleil plane comme un plaid sur la terre
Et l'arbre nous raconte ses lichens d'hier
quand l'aube glaçait son tronc
Je n'ai pas vu l'automne
Pas d'oies sauvages
Mais un été infiniment long
infiniment fièvreux
Où suis-je et dans quel autre monde
Hier se dessèche
Brûlure des yeux
L'épine du fragon s'affûte sous les lames des rayons
Pas de freux engourdis
Mais des champs
Des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve
des longs midis qui brûlent
Et puis
j'ai vu l'homme
Ahuri fou
Les yeux levés vers le ciel troué
Qui demandait pardon
Demain est arrivé
Sur l'écorce blessée des pins
Ecoutez-les crisser les cigales de novembre
Maryse- Nombre de messages: 661
Age: 68
Date d'inscription: 22/09/2010
Re: Les cigales de novembre
J'ai aimé ce texte, simple et prenant, sa poésie immédiate.
Un petit bémol cependant pour "comme un plaid" , qui casse l'ambiance, ainsi que :
cigales de novembre, qui casse la fluidité.
J'ai préféré:
Et l'arbre nous raconte ses lichens d'hier
quand l'aube glaçait son tronc
Je n'ai pas vu l'automne
Pas d'oies sauvages
Mais un été infiniment long
infiniment fièvreux
Où suis-je et dans quel autre monde
Hier se dessèche
Brûlure des yeux
Merci.
Un petit bémol cependant pour "comme un plaid" , qui casse l'ambiance, ainsi que :
cigales de novembre, qui casse la fluidité.
J'ai préféré:
Et l'arbre nous raconte ses lichens d'hier
quand l'aube glaçait son tronc
Je n'ai pas vu l'automne
Pas d'oies sauvages
Mais un été infiniment long
infiniment fièvreux
Où suis-je et dans quel autre monde
Hier se dessèche
Brûlure des yeux
Merci.

Polixène- Nombre de messages: 1146
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Les cigales de novembre
Désolée, mon "merci" final s'est intercalé...
Modération, ô toi qui...
Réparé.
Modération, ô toi qui...
Réparé.

Polixène- Nombre de messages: 1146
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Les cigales de novembre
d'accord pour enlevr le plaid
j'ai apprécié aussi le dépouillement, le côté sec, l'étrangeté (l'homme fou), on a une impression de danger, de mort qui rôde.
j'ai apprécié aussi le dépouillement, le côté sec, l'étrangeté (l'homme fou), on a une impression de danger, de mort qui rôde.

Janis- Nombre de messages: 5028
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Les cigales de novembre
Pour moi ce poème est prémonitoire d'un futur assez proche où nous n'aurons plus d'automne (et peut-être plus d'hivers)
Rien que des étés à rallonge, avec des cigales et des blés mûrs en novembre...
"Le poète a toujours raison...Et le futur est son royaume !"
Maryse ton écrit me touche. Merci.
Rien que des étés à rallonge, avec des cigales et des blés mûrs en novembre...
"Le poète a toujours raison...Et le futur est son royaume !"
Maryse ton écrit me touche. Merci.

embellie- Nombre de messages: 1301
Age: 74
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 20/01/2009
Re: Les cigales de novembre
bonjour Maryse,
j'ai vraiment bien aimé lire ce poème
un petit sauf,
je trouve que l'homme qui demande pardon est un peu hors sujet
Amitié,
Frédéric
j'ai vraiment bien aimé lire ce poème
un petit sauf,
je trouve que l'homme qui demande pardon est un peu hors sujet
Amitié,
Frédéric

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
Age: 50
Localisation: MONTLUCON
Date d'inscription: 08/09/2011

Re: Les cigales de novembre
Je remonte ce poème car je trouve qu'il mérite davantage de commentaires et de réflexion.
Sujet original, encore jamais traité sur le site, à ma connaissance.
Tu mets l'homme face à ses responsabilités.
Il viendra le jour où nous implorerons le ciel et où nous demanderons pardon.
Il sera bien trop tard. Je suis persuadée que nous avons atteint le point de "non retour".
Ton poème est magnifique de vérité, de réalisme. J'y vois se profiler le tragique de l'inéluctable,
à travers l'oeil étonné du narrateur...
"Demain est arrivé...je n'ai pas vu l'automne... où suis-je et dans quel autre monde..."
La forme convient parfaitement au sujet. C'est à la fois poétique et prophétique :
tout est torride, toute image frileuse appartient au passé. Très beau, très prenant poème.

embellie- Nombre de messages: 1301
Age: 74
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 20/01/2009
Re: Les cigales de novembre
J'aime beaucoup également.
Comme Frédéric, je pense que le passage sur l'homme n'est pas indispensable. La simplicité du constat possède en elle-même plus de force selon moi.

bassmaniac- Nombre de messages: 58
Age: 24
Date d'inscription: 16/06/2011
Re: Les cigales de novembre
embellie a écrit:Je remonte ce poème car je trouve qu'il mérite davantage de commentaires et de réflexion.
Sujet original, encore jamais traité sur le site, à ma connaissance.
Le titre est un poème en soi et je m'étais promis de lire à un moment calme et sans contrainte ce texte au titre prometteur. Promesse tenue et les autres ont bien dit les choses avant moi.
Je signale simplement que j'avais abordé, sans en être aucunement propriétaire, le même thème dans mon Préboréales. Il me semble aussi qu'il y a eu sur VosE d'autres "écopoèmes".
J'en profite pour émettre en direction du staff de VosE une suggestion: il serait intéressant de pouvoir regrouper, temporairement ou à la demande (par indexation? ou en tant que "proposition thématique de la semaine" formulée par un membre) plusieurs textes (maxi 10?) qui ont en commun un thème, des tournures, un style, une idée fixe... que sais-je. Une rubrique "Rapprochements" ou "Thème de la semaine" ?
Pour revenir au texte, je partage la remarque sur "plaid" et je me repais de passages comme ceux-ci:
"Ecoutez-les crisser les cigales de novembre
Demain est arrivé"
"Et l'arbre nous raconte ses lichens d'hier
quand l'aube glaçait son tronc
Je n'ai pas vu l'automne"
Je pense par contre que le
"Qui demandait pardon" est bienvenu qui donne un sens fort au poème (sans compter que la rédemption est peut-être nécessaire non?): que l'homme tant qu'il existe encore se courbe humblement, il serait temps. Et ce geste peut le sauver et le reste avec.

Marvejols- Nombre de messages: 1427
Age: 45
Localisation: agglomération de Montpellier
Date d'inscription: 08/11/2010

Re: Les cigales de novembre
des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve,
belle image ici car c'est une image qui vit
belle image ici car c'est une image qui vit

loic- Nombre de messages: 1241
Age: 53
Localisation: auray
Date d'inscription: 11/11/2008

Re: Les cigales de novembre
Bonjour Maryse,
Je me devais de vous rendre visite et je ne suis pas déçu par ma lecture.
J'aime cette poésie que je trouve agréable à lire, simple et belle.
J'ai particulièrement aimé cette strophe :
"Et puis
j'ai vu l'homme
Ahuri fou
Les yeux levés vers le ciel troué
Qui demandait pardon"
Merci beaucoup
Je me devais de vous rendre visite et je ne suis pas déçu par ma lecture.
J'aime cette poésie que je trouve agréable à lire, simple et belle.
J'ai particulièrement aimé cette strophe :
"Et puis
j'ai vu l'homme
Ahuri fou
Les yeux levés vers le ciel troué
Qui demandait pardon"
Merci beaucoup

Marchevêque- Nombre de messages: 130
Age: 51
Date d'inscription: 08/09/2011
Re: Les cigales de novembre
Bonjour,
J'ai trouvé le poème un peu absurde, mais ça ne me déplait pas forcement. Au début on dirait que le narrateur (euh, j'ai bien vu le pseudo, mais pas d'accord au féminin dans le texte) a dormi du matin "hier" au soir "demain", une bonne sieste, quoi
Ça appuie l'image du plaid et même celle de ces "cigales de novembre" j'ai trouvé, c'était pas un jour à faire la fourmi, peut-être pour plusieurs personnes même.
la fin surprend aussi avec l'arrivée de cet homme, alors qu'entre temps c'est "paisible", mais c'est un peu vite résumé...
Je pense à un réveil en sursaut et à la prise de conscience du retard pour quelque chose, lui aussi aurait été "cigale", alors qu'on l'attendait "fourmi". Bref, je me trompe peut-être largement, mais c'était une lecture drôle et vivante pour moi.
J'ai trouvé le poème un peu absurde, mais ça ne me déplait pas forcement. Au début on dirait que le narrateur (euh, j'ai bien vu le pseudo, mais pas d'accord au féminin dans le texte) a dormi du matin "hier" au soir "demain", une bonne sieste, quoi
Ça appuie l'image du plaid et même celle de ces "cigales de novembre" j'ai trouvé, c'était pas un jour à faire la fourmi, peut-être pour plusieurs personnes même.
la fin surprend aussi avec l'arrivée de cet homme, alors qu'entre temps c'est "paisible", mais c'est un peu vite résumé...
Je pense à un réveil en sursaut et à la prise de conscience du retard pour quelque chose, lui aussi aurait été "cigale", alors qu'on l'attendait "fourmi". Bref, je me trompe peut-être largement, mais c'était une lecture drôle et vivante pour moi.

David- Nombre de messages: 99
Age: 41
Date d'inscription: 19/01/2009
Re: Les cigales de novembre
"Et puis
j'ai vu l'homme
Ahuri fou
Les yeux levés vers le ciel troué
Qui demandait pardon"
Chère Maryse,
Même si dans le fond je suis d'accord avec vous, je trouve, comme Frédéric, que cette réflexion morale citée plus haut, et qui apparaît explicitement; aurait gagné à rester dans la suggestion que le reste du poème propose, pour plus de finesse et de subtilité. Sur le fond du poème, je garde une réserve. Je préfère le prendre comme un poème-science-fiction, la poésie d'un homme qu'on ne connaît pas encore et qui contemple un monde qu'il ne reconnaît pas. Vous savez, je ne veux pas remettre en cause le réchauffement climatique, car il en apparaît des preuves évidentes, mais il faut savoir que cela fait aussi partie d'un cycle qui revient tous les deux à trois cents ans. Enfin, il y aurait des choses à dire, mais faut faire attention à ce qu'on entend et à ce que voudraient nous faire croire certains mouvements, qui, plus que de l'écologie raisonnable, font de la politique. A nuancer, bien sûr. Ne vous méprenez pas, surtout : j'ai beaucoup aimé votre poème auquel je trouve de grandes qualités, et ce n'est que sur cette réflexion qui apparaît en bas que j'émets un sentiment personnel et peut-être subjectif.
"Le soleil plane comme un plaid sur la terre" -> on apprécie particulièrement l'allitération, il y un mouvement très long, très aérien, presque d'apesanteur, qui donne beaucoup de douceur à ce début de poème, douceur qu'on retrouve comme un fil conducteur, douceur de cet été particulièrement long qui se muera ensuite en une agressivité qu'on devine. Douceur, non, en fait, à la réflexion, mais peut-être peut-on parler alors de distanciation, de ton posé, rêveur, nostalgique, qui m'a fait penser à une certaine quiétude ; "où suis-je et dans quel autre monde" ; une absence du narrateur qui a perdu ses repères, un somme.
"Mais des champs
Des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve
des longs midis qui brûlent" -> on apprécie ici la répétition de "champ", qui au contraire de créer une lourdeur prolonge le regard et l'apparition de ce paysage nu et chaud
"Ecoutez-les crisser les cigales de novembre" -> le vers a une force somptueuse.
PS : très beau travail sur la lumière, belle évocation, puissante
j'ai vu l'homme
Ahuri fou
Les yeux levés vers le ciel troué
Qui demandait pardon"
Chère Maryse,
Même si dans le fond je suis d'accord avec vous, je trouve, comme Frédéric, que cette réflexion morale citée plus haut, et qui apparaît explicitement; aurait gagné à rester dans la suggestion que le reste du poème propose, pour plus de finesse et de subtilité. Sur le fond du poème, je garde une réserve. Je préfère le prendre comme un poème-science-fiction, la poésie d'un homme qu'on ne connaît pas encore et qui contemple un monde qu'il ne reconnaît pas. Vous savez, je ne veux pas remettre en cause le réchauffement climatique, car il en apparaît des preuves évidentes, mais il faut savoir que cela fait aussi partie d'un cycle qui revient tous les deux à trois cents ans. Enfin, il y aurait des choses à dire, mais faut faire attention à ce qu'on entend et à ce que voudraient nous faire croire certains mouvements, qui, plus que de l'écologie raisonnable, font de la politique. A nuancer, bien sûr. Ne vous méprenez pas, surtout : j'ai beaucoup aimé votre poème auquel je trouve de grandes qualités, et ce n'est que sur cette réflexion qui apparaît en bas que j'émets un sentiment personnel et peut-être subjectif.
"Le soleil plane comme un plaid sur la terre" -> on apprécie particulièrement l'allitération, il y un mouvement très long, très aérien, presque d'apesanteur, qui donne beaucoup de douceur à ce début de poème, douceur qu'on retrouve comme un fil conducteur, douceur de cet été particulièrement long qui se muera ensuite en une agressivité qu'on devine. Douceur, non, en fait, à la réflexion, mais peut-être peut-on parler alors de distanciation, de ton posé, rêveur, nostalgique, qui m'a fait penser à une certaine quiétude ; "où suis-je et dans quel autre monde" ; une absence du narrateur qui a perdu ses repères, un somme.
"Mais des champs
Des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve
des longs midis qui brûlent" -> on apprécie ici la répétition de "champ", qui au contraire de créer une lourdeur prolonge le regard et l'apparition de ce paysage nu et chaud
"Ecoutez-les crisser les cigales de novembre" -> le vers a une force somptueuse.
PS : très beau travail sur la lumière, belle évocation, puissante

Marine- Nombre de messages: 422
Age: 17
Date d'inscription: 30/07/2011
Re: Les cigales de novembre
Pour mon post-scriptum :
"Des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve"
ce vers notamment ; ce n'est pas souvent qu'en poésie j'ai trouvé cette évocation du tremblement de l'air au dessus du sol dû à la chaleur qui en émane et s'y répercute ; mais l'évocation n'est pas seulement scientifique, il y a aussi le tremblement de la peur de mourir, de cette nouveauté, de cette étrangeté ; jolie polysémie donc ici
"Des champs d'épis qui tremblent sous l'étuve"
ce vers notamment ; ce n'est pas souvent qu'en poésie j'ai trouvé cette évocation du tremblement de l'air au dessus du sol dû à la chaleur qui en émane et s'y répercute ; mais l'évocation n'est pas seulement scientifique, il y a aussi le tremblement de la peur de mourir, de cette nouveauté, de cette étrangeté ; jolie polysémie donc ici

Marine- Nombre de messages: 422
Age: 17
Date d'inscription: 30/07/2011
Re: Les cigales de novembre
Moi qui vis au pays des cigales, je me suis dit "comment ça des cigales en novembre" ?? Et je ne m'attendais pas à un texte aussi sombre, mais quel plaisir de lecture !
Oui, des cigales en novembre, comme les hêtres qui migrent peu à peu vers le nord de la France, ou encore l'apparition d'une nouvelle faune aquatique : tous ces mouvements de la nature que nous pouvons (encore) observer, et que traduisent très joliment tes mots, Maryse.
Et puis j'ai appris deux mots, fragon et freux, dont j'aime bien la sonorité. Il faudra que je pense à les utiliser avant qu'ils disparaissent de la langue française... :-)
(Pour ma part j'aime bien le plaid, qui rebondit après plane, et ce vers, on dirait une vague)
Oui, des cigales en novembre, comme les hêtres qui migrent peu à peu vers le nord de la France, ou encore l'apparition d'une nouvelle faune aquatique : tous ces mouvements de la nature que nous pouvons (encore) observer, et que traduisent très joliment tes mots, Maryse.
Et puis j'ai appris deux mots, fragon et freux, dont j'aime bien la sonorité. Il faudra que je pense à les utiliser avant qu'ils disparaissent de la langue française... :-)
(Pour ma part j'aime bien le plaid, qui rebondit après plane, et ce vers, on dirait une vague)

Phylisse- Nombre de messages: 338
Age: 50
Localisation: Provence
Date d'inscription: 05/05/2011
Re: Les cigales de novembre
Bonsoir !
J'aime beaucoup ce poème, son rythme et ses mots.
Je suis très difficile en poésie. J'ai beaucoup de mal à prendre plaisir à lire de la poésie. Mais ce poème m'a plu.
Bien à vous,
Remus
J'aime beaucoup ce poème, son rythme et ses mots.
Je suis très difficile en poésie. J'ai beaucoup de mal à prendre plaisir à lire de la poésie. Mais ce poème m'a plu.
Bien à vous,
Remus

Remus- Nombre de messages: 418
Age: 22
Date d'inscription: 02/01/2012
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