Un jour, une lettre
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Un jour, une lettre
Un jour, je t’écrirai quelques mots, une lettre.
Un jour, je t’écrirai.
J’irai loin, par des chemins de lecture,
sur parchemins, sur vélins,
sur papiers glacés, ou bien enluminés,
d’aventures en écritures,
j’irai loin, jusqu’au bout des phrases, jusqu’aux extrêmes,
à bout de page, à bout d’âme,
glaner les noms, cueillir les mots,
les paroles jamais vues, jamais parcourues, jamais lues.
Et je t’écrirai.
Un courrier.
Une lettre.
J’irai délivrer les mots des ciels silencieux,
entre points étoilés et virgules de lunes,
les libérer,
toutes les paroles enchaînées derrière les gorges nouées,
étouffées sous les émotions, les effusions,
les délier,
ces voix retenues dans les portions de vie feuilletées de songes.
Je t’écrirai une lettre avec ces mots-là, inusités et beaux.
Je t’écrirai toujours en fin de nuit, en fin des temps vides, au matin de chaque instant, de chaque moment neuf élancé vers des horizons inexplorés, limpides et lumineux, si beaux, si bleus.
Un jour, je t’écrirai quelques mots, une lettre.
Un jour, tu me répondras, peut-être.
Dans la voix de ceux qui ne sont plus, dans leurs chants, dans leurs mots fragiles, leurs appels, leurs faiblesses et leurs tendresses, dans les petits riens à dire le surplus de l’existence, avec des notes claires, détachées, jouées sur toutes les gammes de l’enfance,
de la vie en son extrême inconstance,
de la vie en perpétuelle mouvance,
je me glisserai, et te dirai,
je t’écrirai,
pénétré par les voix brisées en restauration, en fusion de sens, et tant d’amertume surmontée,
pétri de ces voix déchirées et recousues dans le fil des mots, par ces paroles éteintes, mortes, ranimées à la lueur des phrases envoûtantes,
flamboyantes,
rougies dans l’intense des existences incandescentes,
un jour je t’écrirai les rivières de flammes, celles qui traversent les pages blanches, noircissent leur neige, font apparaître ainsi, après leur fonte, tous les paysages de la vie.
Voilà, voilà, comment je te dirai :
Je dirai les paroles trouvées dans la texture du monde, dans la trame du fond des êtres, dans leur tissu, leur velours et leur soie.
Je dirai la vie dans une éloquence de vagues et de vent,
fleurie des mots de terre et des noms du ciel,
des brins de verbe et des grains de sons
mélodieux,
selon des grammaires blondes, ensoleillées,
de toutes poésies illuminées.
Je dirai les figures de l’aube, les épithètes de lumière en chaque lueur, en chaque splendeur.
Je te dirai les perles biseautées en fleurs d’océan,
les sombres fossés où ne pas verser, les ravines à ne pas approcher.
Je les épellerai tous, un par un, les antonymes du temps qui passe,
te dirai l’invariable des fidélités à jamais, la source de l’existence intarissable.
Eperdument j’écrirai, toujours à fleur de mots, au vif saisi dans la chair de nos voix, ce qui vibre encore, ce qui frémit à la pointe de la vie, tout ce qui n’est pas mort.
Je t’écrirai tous les mots, une lettre.
J’aurai trouvé la phrase longue, si longue, sans point final.
La phrase que rien ne pourra terminer, la phrase en suite perpétuelle vers les horizons sans fond jamais atteints,
jamais éteints.
Ce sera une lettre sans début ni fin,
dans le toujours commencé des paroles, dans l’indéfini de l’écrit.
Ce sera une lettre saturée de signes, indicateurs de la joie qui vient, enseignes de la marée qui monte, symboles éclairs en longueur d’éternité.
Ce sera une lettre belle et douce, une lettre pour toi.
Un jour, je t’écrirai.
J’irai loin, par des chemins de lecture,
sur parchemins, sur vélins,
sur papiers glacés, ou bien enluminés,
d’aventures en écritures,
j’irai loin, jusqu’au bout des phrases, jusqu’aux extrêmes,
à bout de page, à bout d’âme,
glaner les noms, cueillir les mots,
les paroles jamais vues, jamais parcourues, jamais lues.
Et je t’écrirai.
Un courrier.
Une lettre.
J’irai délivrer les mots des ciels silencieux,
entre points étoilés et virgules de lunes,
les libérer,
toutes les paroles enchaînées derrière les gorges nouées,
étouffées sous les émotions, les effusions,
les délier,
ces voix retenues dans les portions de vie feuilletées de songes.
Je t’écrirai une lettre avec ces mots-là, inusités et beaux.
Je t’écrirai toujours en fin de nuit, en fin des temps vides, au matin de chaque instant, de chaque moment neuf élancé vers des horizons inexplorés, limpides et lumineux, si beaux, si bleus.
Un jour, je t’écrirai quelques mots, une lettre.
Un jour, tu me répondras, peut-être.
Dans la voix de ceux qui ne sont plus, dans leurs chants, dans leurs mots fragiles, leurs appels, leurs faiblesses et leurs tendresses, dans les petits riens à dire le surplus de l’existence, avec des notes claires, détachées, jouées sur toutes les gammes de l’enfance,
de la vie en son extrême inconstance,
de la vie en perpétuelle mouvance,
je me glisserai, et te dirai,
je t’écrirai,
pénétré par les voix brisées en restauration, en fusion de sens, et tant d’amertume surmontée,
pétri de ces voix déchirées et recousues dans le fil des mots, par ces paroles éteintes, mortes, ranimées à la lueur des phrases envoûtantes,
flamboyantes,
rougies dans l’intense des existences incandescentes,
un jour je t’écrirai les rivières de flammes, celles qui traversent les pages blanches, noircissent leur neige, font apparaître ainsi, après leur fonte, tous les paysages de la vie.
Voilà, voilà, comment je te dirai :
Je dirai les paroles trouvées dans la texture du monde, dans la trame du fond des êtres, dans leur tissu, leur velours et leur soie.
Je dirai la vie dans une éloquence de vagues et de vent,
fleurie des mots de terre et des noms du ciel,
des brins de verbe et des grains de sons
mélodieux,
selon des grammaires blondes, ensoleillées,
de toutes poésies illuminées.
Je dirai les figures de l’aube, les épithètes de lumière en chaque lueur, en chaque splendeur.
Je te dirai les perles biseautées en fleurs d’océan,
les sombres fossés où ne pas verser, les ravines à ne pas approcher.
Je les épellerai tous, un par un, les antonymes du temps qui passe,
te dirai l’invariable des fidélités à jamais, la source de l’existence intarissable.
Eperdument j’écrirai, toujours à fleur de mots, au vif saisi dans la chair de nos voix, ce qui vibre encore, ce qui frémit à la pointe de la vie, tout ce qui n’est pas mort.
Je t’écrirai tous les mots, une lettre.
J’aurai trouvé la phrase longue, si longue, sans point final.
La phrase que rien ne pourra terminer, la phrase en suite perpétuelle vers les horizons sans fond jamais atteints,
jamais éteints.
Ce sera une lettre sans début ni fin,
dans le toujours commencé des paroles, dans l’indéfini de l’écrit.
Ce sera une lettre saturée de signes, indicateurs de la joie qui vient, enseignes de la marée qui monte, symboles éclairs en longueur d’éternité.
Ce sera une lettre belle et douce, une lettre pour toi.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: Un jour, une lettre
J'ai voyagé dans ces mots, cette lettre, si joliment conjuguée au futur et qui se lit au présent, voyage immobile dans la mouvance des sentiments, comme une promesse de respecter à la lettre ce qu'il y a tant à dire et à transmettre.
Merci pour ce très joli moment de lecture, Louis.
Merci pour ce très joli moment de lecture, Louis.

Phylisse- Nombre de messages: 338
Age: 50
Localisation: Provence
Date d'inscription: 05/05/2011
Re: Un jour, une lettre
Pas convaincu par cette promesse d'écriture...
je retiens : les rivières de flammes, celles qui traversent les pages blanches, noircissent leur neige, font apparaître ainsi, après leur fonte, tous les paysages de la vie.
je retiens : les rivières de flammes, celles qui traversent les pages blanches, noircissent leur neige, font apparaître ainsi, après leur fonte, tous les paysages de la vie.

Jean Lê- Nombre de messages: 409
Age: 53
Localisation: Bretagne
Date d'inscription: 22/11/2010
Re: Un jour, une lettre
Je voudrais être celle qui revevra cette lettre, Louis.
Il ne manque rien c'est de la belle littérature.
C'est beau, c'est bien ciselé..
Il ne manque rien c'est de la belle littérature.
C'est beau, c'est bien ciselé..
Maryse- Nombre de messages: 661
Age: 68
Date d'inscription: 22/09/2010
Re: Un jour, une lettre
Tout le texte se dévide pour aboutir à l'essentiel :
Une promesse de vie éternelle de l'amour.
C'est utopique et émouvant, Louis !
J’aurai trouvé la phrase longue, si longue, sans point final.
La phrase que rien ne pourra terminer, la phrase en suite perpétuelle vers les horizons sans fond jamais atteints,
jamais éteints.
Ce sera une lettre sans début ni fin,
dans le toujours commencé des paroles, dans l’indéfini de l’écrit. (...)Ce sera une lettre belle et douce, une lettre pour toi.
Une promesse de vie éternelle de l'amour.
C'est utopique et émouvant, Louis !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Un jour, une lettre
Courage, écris la...
J'aime.
J'aime.

Terrains Vagues- Nombre de messages: 295
Age: 45
Date d'inscription: 10/09/2011
Re: Un jour, une lettre
Pourvu qu'elle la lise sous le couvert des mots...

Ba- Nombre de messages: 3023
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: Un jour, une lettre
C'est vrai que c'est beau et sensible, comme tout ce que tu écris ici, mais pour moi cette fois c'est dommage, on voit trop la structure, la colonne vertébrale, le système du texte.
Et à mon goût, c'est trop général comme sentiments, il me manque du concret, de l'incarnation.
Et à mon goût, c'est trop général comme sentiments, il me manque du concret, de l'incarnation.

Janis- Nombre de messages: 5028
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Un jour, une lettre
« ces voix retenues dans les portions de vie feuilletées de songes »
Rien que cette bribe de phrase déjà me fait planer et rêver...
« pénétré par les voix brisées en restauration, en fusion de sens, et tant d’amertume surmontée,
pétri de ces voix déchirées et recousues dans le fil des mots, par ces paroles éteintes, mortes, ranimées à la lueur des phrases »
Ça me parle! Normal les voix sont faites pour ça , parler, même quand elles sont brisées, même quand elles se taisent de ne pouvoir exprimer l’indicible
« Je dirai les paroles trouvées dans la texture du monde, dans la trame du fond des êtres, dans leur tissu, leur velours et leur soie »
Ne s’agit-il pas là de l’utopie de l’écriture, ce après quoi nous courons tous quand nous écrivons, avoir la fibre de l’écriture n’est-ce pas chercher à tisser avec des mots ce dont nous sommes faits, ce qui nous relie au monde ? Joliment exprimé.
« Je dirai la vie dans une éloquence de vagues et de vent,
fleurie des mots de terre et des noms du ciel,
des brins de verbe et des grains de sons
mélodieux,
selon des grammaires blondes, ensoleillées,
de toutes poésies illuminées »
C’est ce que tu fais dans un grand nombre de tes textes, Louis.
En résumé, ce texte me touche beaucoup, dans ce qu’il dit de l’acte d’écrire et de rêver et d’offrir.
Rien que cette bribe de phrase déjà me fait planer et rêver...
« pénétré par les voix brisées en restauration, en fusion de sens, et tant d’amertume surmontée,
pétri de ces voix déchirées et recousues dans le fil des mots, par ces paroles éteintes, mortes, ranimées à la lueur des phrases »
Ça me parle! Normal les voix sont faites pour ça , parler, même quand elles sont brisées, même quand elles se taisent de ne pouvoir exprimer l’indicible
« Je dirai les paroles trouvées dans la texture du monde, dans la trame du fond des êtres, dans leur tissu, leur velours et leur soie »
Ne s’agit-il pas là de l’utopie de l’écriture, ce après quoi nous courons tous quand nous écrivons, avoir la fibre de l’écriture n’est-ce pas chercher à tisser avec des mots ce dont nous sommes faits, ce qui nous relie au monde ? Joliment exprimé.
« Je dirai la vie dans une éloquence de vagues et de vent,
fleurie des mots de terre et des noms du ciel,
des brins de verbe et des grains de sons
mélodieux,
selon des grammaires blondes, ensoleillées,
de toutes poésies illuminées »
C’est ce que tu fais dans un grand nombre de tes textes, Louis.
En résumé, ce texte me touche beaucoup, dans ce qu’il dit de l’acte d’écrire et de rêver et d’offrir.

Rebecca- Nombre de messages: 8055
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Un jour, une lettre
perso j'aime pas mé cé parce que j'ai un coeur sec.
non parce que tout de même, le mec il passe son temps à écrire qu'il vous écrira, mais pour ce qui est de vous écrire, niet .
le bougre, il fait durer le plaisir et s'en met plein les fouilles.
non parce que tout de même, le mec il passe son temps à écrire qu'il vous écrira, mais pour ce qui est de vous écrire, niet .
le bougre, il fait durer le plaisir et s'en met plein les fouilles.
hi wen- Nombre de messages: 340
Age: 15
Date d'inscription: 07/01/2011
Re: Un jour, une lettre
Pas gagnée à la cause non plus. Trop effet beau parleur pour moi. Paroles paroles paroles...

Easter(Island)- Nombre de messages: 12089
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Un jour, une lettre
Marrant, dès les premiers mots j'ai été envahit du "Lorsque tu me liras" de Ferré
Lecture parasitée par l'émotion donc, mais ça m'a paru très bon.
Lecture parasitée par l'émotion donc, mais ça m'a paru très bon.
Whithak- Nombre de messages: 14
Age: 21
Localisation: Poissy
Date d'inscription: 28/12/2011
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