Poésie d'hier, nous serons oubliés
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Poésie d'hier, nous serons oubliés
quelques vers de poètes d'avant, de ces écrivaillons tombés dans l'oubli...
Victoire BABOIS ( 1760 - 1839)
(extrait de: "Oeuvres et Poésies diverses" de Madame Victoire Babois, troisième édition, tome II, Nepveu, libraire, passage des Panoramas, n.26. 1828, demi-reliure artisanale)
...
note de moije:
ces deux phrases sont seules, sans avant, ni après...
à chacun de donner un sens...?
Victoire BABOIS ( 1760 - 1839)
(extrait de: "Oeuvres et Poésies diverses" de Madame Victoire Babois, troisième édition, tome II, Nepveu, libraire, passage des Panoramas, n.26. 1828, demi-reliure artisanale)
DISTIQUE
Pour le portrait d'un enfant
On me prend pour l'Amour; comme lui se sais plaire;
J'ai sa grace, ses yeux, son sourire et sa mère.
Pour le portrait d'un enfant
On me prend pour l'Amour; comme lui se sais plaire;
J'ai sa grace, ses yeux, son sourire et sa mère.
...
note de moije:
ces deux phrases sont seules, sans avant, ni après...
à chacun de donner un sens...?

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
.... comme lui je sais plaire...

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Fernand DIVOIRE (1883-1951)
extrait de "Choix de poèmes, Paris Editions Eugène Figuière, (1930 env.)
...
... j'aime bien ce poème...
Orphée, comme d'hab, a des probèmes de desyntox... (non...te retourne pas !...)
et le poète lui donne un rôle de copain pilier de bar...
ou alors, si on s'amuse à lire se texte sous l'angle des feux de l'amour
là, c'est carrément immoral !
L'EAU MELEE AU VIN
Que la Fable soit le sourire peint
Qui masque la pensée austère.
Un jour, Orphée, on nommera tes chants Cratères,
Comme ces vases où l'eau claire
Est mêlée au vin.
Eau des sources, légère,
Qu'animent la profonde et vivante lumière
Les rythmes éternels et simples de la terre.
Tu n'y mêles qu'un peu de vin,
Qu'un peu du vin brûlant, lourd des secrets divins
Conquis par la sauvage audace de l'humain.
Le feu pur de ton vin dessécherait les bouches.
Le vin fermente en toi, farouche,
Lourd de secrets et de fureurs.
Vois se pencher la soif horrible des bacchantes
Vers ton coeur douloureux où le vin pur fermente.
Les hommes ne sont faits que pour la douce eau lente,
L'eau régulière, sans couleur,
L'eau qui tient dans leurs pots, l'eau lente.
Orphée, il faut oser leur enseigner le vin
Lourd de fureur humaine et de secrets divins.
Que la Fable soit le sourire peint
Qui masque la pensée austère.
Un jour, Orphée, on nommera tes chants Cratères,
Comme ces vases où l'eau claire
Est mêlée au vin.
Eau des sources, légère,
Qu'animent la profonde et vivante lumière
Les rythmes éternels et simples de la terre.
Tu n'y mêles qu'un peu de vin,
Qu'un peu du vin brûlant, lourd des secrets divins
Conquis par la sauvage audace de l'humain.
Le feu pur de ton vin dessécherait les bouches.
Le vin fermente en toi, farouche,
Lourd de secrets et de fureurs.
Vois se pencher la soif horrible des bacchantes
Vers ton coeur douloureux où le vin pur fermente.
Les hommes ne sont faits que pour la douce eau lente,
L'eau régulière, sans couleur,
L'eau qui tient dans leurs pots, l'eau lente.
Orphée, il faut oser leur enseigner le vin
Lourd de fureur humaine et de secrets divins.
extrait de "Choix de poèmes, Paris Editions Eugène Figuière, (1930 env.)
...
... j'aime bien ce poème...
Orphée, comme d'hab, a des probèmes de desyntox... (non...te retourne pas !...)
et le poète lui donne un rôle de copain pilier de bar...
ou alors, si on s'amuse à lire se texte sous l'angle des feux de l'amour
là, c'est carrément immoral !

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Pierre JOUVET (auteur Nivernais)
Extrait de FABLES ET POESIES, Nevers, Imprimerie Chassaing, 1928.
LA CONTESSE DE FALBALAS
La comtesse de Falbalas,
Le corps droit comme un échalas,
Le nez cambré sous la voilette
Humait la fraïcheur du matin.
De sa gracieuse toilette
Elle admirait le beau satin.
A quelques pas, sous la charmille,
Elle aperçoit une chenille
Rampant à l'ombre d'une fleur.
"Fi! quelle horreur!"
S'écria-t-elle,
En se couvrant de son ombrelle.
"Baptiste! Vite, éloignez de ces lieux
Un monstre qui se plait à m'offenser les yeux!
Faites en sorte que, surtout, je ne le voie!
Or, la chenille était un ver-à-soie.
LA CONTESSE DE FALBALAS
La comtesse de Falbalas,
Le corps droit comme un échalas,
Le nez cambré sous la voilette
Humait la fraïcheur du matin.
De sa gracieuse toilette
Elle admirait le beau satin.
A quelques pas, sous la charmille,
Elle aperçoit une chenille
Rampant à l'ombre d'une fleur.
"Fi! quelle horreur!"
S'écria-t-elle,
En se couvrant de son ombrelle.
"Baptiste! Vite, éloignez de ces lieux
Un monstre qui se plait à m'offenser les yeux!
Faites en sorte que, surtout, je ne le voie!
Or, la chenille était un ver-à-soie.

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Marc de PAPILLON DE LASPHRISE (1555-1599)
Lui, n'est pas oublié, juste de beaucoup mal connu.....
Marc de PAPILLON DE LASPHRISE (1555-1599)
et rien que son nom est un poème ...
Cousinons la cousine, elle est cointe et jolie,
Elle aime à cousiner, et ne refuse rien
Au cousin cousinant, qui la cousine bien,
Car il a bouche à cour, et la chambre garnie.
En si beau cousinage un cousin ne s'ennuie,
Ce n'est que sucre et miel, ce n'est qu'humble entretien,
Il ne manque d'attraits, de faveurs, de moyen,
Tant qu'il peut cousiner sa cousine s'amie.
Cousinons donc, cousins, un chacun à son tour,
Cousinant à rangette on cousine en amour,
Que chaque cousineux en cousinant s'assemble !
Mais non, nobles cousins, fuyons ce coeur paillard,
Laissons le cousiner au cousin grand pendard,
Car au cheval Séjan la cousine ressemble.
....
Marc de PAPILLON DE LASPHRISE (1555-1599)
et rien que son nom est un poème ...
Cousinons la cousine, elle est cointe et jolie,
Elle aime à cousiner, et ne refuse rien
Au cousin cousinant, qui la cousine bien,
Car il a bouche à cour, et la chambre garnie.
En si beau cousinage un cousin ne s'ennuie,
Ce n'est que sucre et miel, ce n'est qu'humble entretien,
Il ne manque d'attraits, de faveurs, de moyen,
Tant qu'il peut cousiner sa cousine s'amie.
Cousinons donc, cousins, un chacun à son tour,
Cousinant à rangette on cousine en amour,
Que chaque cousineux en cousinant s'assemble !
Mais non, nobles cousins, fuyons ce coeur paillard,
Laissons le cousiner au cousin grand pendard,
Car au cheval Séjan la cousine ressemble.
....

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
bof, le texte jalonne les blogs pouet'ados. J'aurais préféré un texte de toi sur le cheval, en questions.
Tu remarqueras la fin de la phrase qui te donne des contraintes.
Tu remarqueras la fin de la phrase qui te donne des contraintes.

pandaworks- Nombre de messages: 11396
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Paul MARIETON (1862-1911)
Ah! Vous n'êtes jamais tout entières fidèles!
Le baptême, pour vous, c'est le dernier amour,
Et chaque fois renaître aux amours éternelles
C'est être chaque fois l'enfant du premier jour
(Saevus Amor, LE LIVRE DE MELANCOLIE, Alphonse Lemerre éditeur 1896)
... dans ce quatrain, j'aime un je ne sais pas quoi de mal défini, la compréhension de l'ensemble pouvant, à mon sens, être totalement différente pour chacun, suivant sa culture, sa morale persoje, sa religion ou pas, sa vie sexuelle, affective ...
Le baptême, pour vous, c'est le dernier amour,
Et chaque fois renaître aux amours éternelles
C'est être chaque fois l'enfant du premier jour
(Saevus Amor, LE LIVRE DE MELANCOLIE, Alphonse Lemerre éditeur 1896)
... dans ce quatrain, j'aime un je ne sais pas quoi de mal défini, la compréhension de l'ensemble pouvant, à mon sens, être totalement différente pour chacun, suivant sa culture, sa morale persoje, sa religion ou pas, sa vie sexuelle, affective ...

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Auguste-Marie (Théophile) DONDEY dit PHILOTEE O'NEDDY (1811-1875)
Extrait, je crois... de Feu et Flamme, la Nuit Seconde, Névralgie... Dondey-Dupré édit. 1833
Oh ! si, comme une fée amante de la brise,
La MORT sur un nuage avec mollesse assise,
Descendant jusqu'à moi du haut de l'horizon,
Venait pour piédestal élire ce balcon !...
Mon oeil s'arrêterait ardent sur son oeil vide,
Je l'emprisonnerais dans une étreinte avide,
Et, le sang tout en feu, j'oserais apposer
Sur sa bouche de glace un délicat baiser !
..................................Philotée O'NEDDY (1811-1875)
Oh ! si, comme une fée amante de la brise,
La MORT sur un nuage avec mollesse assise,
Descendant jusqu'à moi du haut de l'horizon,
Venait pour piédestal élire ce balcon !...
Mon oeil s'arrêterait ardent sur son oeil vide,
Je l'emprisonnerais dans une étreinte avide,
Et, le sang tout en feu, j'oserais apposer
Sur sa bouche de glace un délicat baiser !
..................................Philotée O'NEDDY (1811-1875)

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
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Date d'inscription: 08/09/2011

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Merci Frédéric pour cette riche idée. Je serai volontiers, de temps en temps, rat de cette bibliothèque.
Un sonnet italien de Zorzi Baffo (1694-1768) que je viens de découvrir avec délectation:
Quel gran speculativo de Platon,
Credendo de far cosa molto bona,
Che fuse cara all'omo, e anca alla Dona,
Volea delle Mugier la communion;
E mi savare ancuo d'altra opinion,
Che gnanca questa no saria cogiona,
Che credo piasevare a ogni persona,
De far de matrimonio prohibizion;
Zà da quello, che bedo zorno, e notte,
Della gran libertà, dall'allegria
Le Donne maridae tutti le fotte;
Manco mal in sta forma ghe saria,
Che le Donne fusse tutti rotte;
La leze almanco no se romperia.
Traduction approximative:
Platon, ce grand penseur, croyant faire une excellente chose, qui devait plaire aux hommes et aux femmes, dem
Un sonnet italien de Zorzi Baffo (1694-1768) que je viens de découvrir avec délectation:
Quel gran speculativo de Platon,
Credendo de far cosa molto bona,
Che fuse cara all'omo, e anca alla Dona,
Volea delle Mugier la communion;
E mi savare ancuo d'altra opinion,
Che gnanca questa no saria cogiona,
Che credo piasevare a ogni persona,
De far de matrimonio prohibizion;
Zà da quello, che bedo zorno, e notte,
Della gran libertà, dall'allegria
Le Donne maridae tutti le fotte;
Manco mal in sta forma ghe saria,
Che le Donne fusse tutti rotte;
La leze almanco no se romperia.
Traduction approximative:
Platon, ce grand penseur, croyant faire une excellente chose, qui devait plaire aux hommes et aux femmes, dem

Damy- Nombre de messages: 1441
Age: 62
Localisation: Landes
Date d'inscription: 05/08/2010

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
demandait que les femmes participassent à tous les droits.
Moi, je suis d'un autre avis, dont, je crois, personne ne se moquera, et qui conviendrait à tout le monde: ce serait de prohiber le mariage;
Attendu que, jour et nuit, je vois que chacun se donne, en toute liberté, le plaisir de foutre les femmes mariées.
La réalisation de ce projet aurait cet avantage que, si l'on violait toutes les femmes, du moins on ne violerait pas la loi.
Moi, je suis d'un autre avis, dont, je crois, personne ne se moquera, et qui conviendrait à tout le monde: ce serait de prohiber le mariage;
Attendu que, jour et nuit, je vois que chacun se donne, en toute liberté, le plaisir de foutre les femmes mariées.
La réalisation de ce projet aurait cet avantage que, si l'on violait toutes les femmes, du moins on ne violerait pas la loi.

Damy- Nombre de messages: 1441
Age: 62
Localisation: Landes
Date d'inscription: 05/08/2010

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
heu... Frédéric, j'ai mal pitonné les boutons, aussi me suggère-t-on de préciser que "je" n'est pas moi mais bien le poète. Absit reverentia vero !

Damy- Nombre de messages: 1441
Age: 62
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" le vent" de EMILE VERHAEREN lu par Mary MARQUET
LE VENT, POEME DE EMILE VERHAEREN lu par MARY MARQUET.... à mon sens, un univers poétique hors d'age, mais d'un intérêt surprenant....
lien vers un podcast de France Musique
.... écouter l'extrait de l'emission entre 01.26.50 et 01.28.25 (environ)
ce qui est dommage c'est que le podcast ne va pas rester... si quelqu'un a cette version ou si quelqu'un peut enregistrer et mettre en lien...
..... c'est impressionnant: de la poésie scandée, au limites du chant... superbe !!!
http://sites.radiofrance.fr/francemusique/_c/php/emission/popupMP3.php?e=65000054&d=440000395
lien vers un podcast de France Musique
.... écouter l'extrait de l'emission entre 01.26.50 et 01.28.25 (environ)
ce qui est dommage c'est que le podcast ne va pas rester... si quelqu'un a cette version ou si quelqu'un peut enregistrer et mettre en lien...
..... c'est impressionnant: de la poésie scandée, au limites du chant... superbe !!!
http://sites.radiofrance.fr/francemusique/_c/php/emission/popupMP3.php?e=65000054&d=440000395

Frédéric Prunier- Nombre de messages: 1199
Age: 50
Localisation: MONTLUCON
Date d'inscription: 08/09/2011

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
si j'arrive vivant a 1:26 sur un serveur de radio-France d'ici c'est que la médecine à découvert le filtre d'immortalité, mais merci Fred de l'initiative. D'ailleurs il serait grand temps en poésie, d'ouvrir un fils lectures-audio pour y poster les travaux que vous trouvez passionnés ou les vôtres. Le multimédia plait au jeunes, à la fois formateur et ludique...

pandaworks- Nombre de messages: 11396
Age: 21
Localisation: http://yycafe-asia.com/
Date d'inscription: 25/06/2007

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Yaka demandé ; un jeune poète récite un de ses poèmes :

aseptans- Nombre de messages: 432
Age: 54
Localisation: hier encore demain
Date d'inscription: 10/03/2012
Jean Pellerin (1885-1921)
Manger le pianiste ? Entrer dans le Pleyel ?
Que va faire la dame énorme ? L'on murmure...
Elle râcle sa gorge et bombe son armure :
La dame va chanter. Un œil fixant le ciel
- L'autre suit le papier, secours artificiel -
Elle chante. Mais quoi ? Le printemps ? La ramure ?
Ses rancœurs d'incomprise et de femme trop mûre ?
Qu'importe ! C'est très beau, très long, substantiel.
La note de la fin monte, s'assied, s'impose.
Le buffet se prépare aux assauts de la pause.
« Après, le concerto ?... - Mais oui, deux clavecins. »
Des applaudissements à la dame bien sage...
Et l'on n'entendra pas le bruit que font les seins
Clapotant dans la vasque immense du corsage.

Tizef- Nombre de messages: 390
Age: 70
Localisation: Finistère
Date d'inscription: 09/10/2011

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
L'auteur, comme Francis Carco était un éminent représentant de "l'école fantaisiste"
Je trouve comme fantaisie et poésie riment à merveille.
Je trouve comme fantaisie et poésie riment à merveille.

Tizef- Nombre de messages: 390
Age: 70
Localisation: Finistère
Date d'inscription: 09/10/2011

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Apollinaire démolit la croyance selon laquelle on n'est jamais mieux servi que par soi-même :-)))
En passant il démolit aussi son magnifique poème.
En passant il démolit aussi son magnifique poème.

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
poésie de raymond carver, mon auteur fétiche :
Boire en roulant
C'est le mois d'août et en six mois
je n'ai pas lu un livre
sauf un machin intitulé La Retraite de Moscou
pr Caulaincourt.
N'empêche je suis heureux de rouler en voiture avec mon frère
en buvant de l'Old Crow à même la bouteille.
Nous n'allons nulle part,
nous roulons simplement.
Si je fermais les yeux un seul instant
je serai perdu pourtant
je me coucherais volontiers sur le bord de cette route
pour y dormir jusuq'à la fin des temps.
Mon frère me donne un coup de coude.
D'une minute à l'autre il va arriver quelque chose
et
Demandeur d'emploi
J'ai toujours eu envie de truite de ruisseau
au petit déjeuner.
Soudain je découvre un nouveau sentier
vers la chute d'eau.
Je presse le pas,
réveille toi,
dit ma femme,
tu rêves.
Mais quand j'essaye de me lever,
la maison bascule.
Moi je rêve ?
Il est midi, dit-elle.
Mes souliers neufs attendent près de la porte.
Ils brillent.
Boire en roulant
C'est le mois d'août et en six mois
je n'ai pas lu un livre
sauf un machin intitulé La Retraite de Moscou
pr Caulaincourt.
N'empêche je suis heureux de rouler en voiture avec mon frère
en buvant de l'Old Crow à même la bouteille.
Nous n'allons nulle part,
nous roulons simplement.
Si je fermais les yeux un seul instant
je serai perdu pourtant
je me coucherais volontiers sur le bord de cette route
pour y dormir jusuq'à la fin des temps.
Mon frère me donne un coup de coude.
D'une minute à l'autre il va arriver quelque chose
et
Demandeur d'emploi
J'ai toujours eu envie de truite de ruisseau
au petit déjeuner.
Soudain je découvre un nouveau sentier
vers la chute d'eau.
Je presse le pas,
réveille toi,
dit ma femme,
tu rêves.
Mais quand j'essaye de me lever,
la maison bascule.
Moi je rêve ?
Il est midi, dit-elle.
Mes souliers neufs attendent près de la porte.
Ils brillent.

Janis- Nombre de messages: 5034
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
J'aime bien ce qu'il fait Raymond.
Un autre jeune poète méconnu qui a commis quelques poèmes pas piqués des hannetons, dont le fabuleux "Nina", où éclate ce vers sublime :
"Je suis las de ces morts vivant au cimetière". Il avait 19 ans quand il a écrit ça, et il s'appelait Emile Zola.
Nina
Ami, te souviens-tu de la tombe noircie,
Tout au bord d’une allée, à demi sous les fleurs,
Qui nous retint longtemps et nous laissa rêveurs.
Le marbre en est rongé par les vents et la pluie.
Elle songe dans l’herbe et, discrète, se tait,
Souriante et sereine au blond soleil de mai.
Elle songe dans l’herbe, et, de sa rêverie,
La tombe chastement, à ceux qui passent là,
Ne livre que le nom effacé de Nina.
Ah! garde ton secret, pauvre petite pierre,
Et laisse se vanter tes orgueilleuses sœurs
De couvrir de leur marbre une illustre poussière:
Ton silence en dit plus que leurs regrets menteurs.
Je suis las de ces morts vivant au cimetière
Et pleurés en public par de bruyants sanglots.
J’aime à trouver en toi la pudeur des tombeaux.
On la nommait Nina, la pâle ensevelie.
Dis, combien de baisers lui donna le printemps ?
Dans quel rêve s’est-elle à jamais endormie ?
Qui fit-elle souffrir ? qui pleure ses quinze ans ?
On ne sait. L’enfant dort sous les fleurs, et la terre
Lui fait de mousse verte un pudique suaire,
Et, lorsqu’on l’interroge, à voix basse répond :
« On la nommait Nina, je ne sais que son nom. »
Eh bien! c’en est assez pour le cœur du poète.
Un nom gai sur la lèvre et parfumé d’amour
Suffit pour le sourire et le rêve d’un jour.
La mort n’a que seize ans, quand la tombe est muette.
D’hier elle est couchée, et son front virginal
Porte encore au cercueil la couronne du bal.
Laisse-moi te ravir ta blanche fiancée,
Dalle froide où Nina berce son long sommeil.
Je veux jusqu’au matin attendre, à son réveil,
Le rire du salut sur sa lèvre glacée;
Laisse-moi l’évoquer, l’aimer selon mon cœur,
Lui donner blonds cheveux, œil noir, mignonne bouche,
Et, la faisant lever à demi sur sa couche,
Au front laisse-la-moi baiser comme une sœur.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ami, te souviens-tu, nous la rêvâmes belle,
Et depuis, bien souvent, sans jamais parler d’elle,
Nos regards se sont dit, dans un dernier regret :
« Si je l’avais connue, oh ! Ninette vivrait ! »
Un autre jeune poète méconnu qui a commis quelques poèmes pas piqués des hannetons, dont le fabuleux "Nina", où éclate ce vers sublime :
"Je suis las de ces morts vivant au cimetière". Il avait 19 ans quand il a écrit ça, et il s'appelait Emile Zola.
Nina
Ami, te souviens-tu de la tombe noircie,
Tout au bord d’une allée, à demi sous les fleurs,
Qui nous retint longtemps et nous laissa rêveurs.
Le marbre en est rongé par les vents et la pluie.
Elle songe dans l’herbe et, discrète, se tait,
Souriante et sereine au blond soleil de mai.
Elle songe dans l’herbe, et, de sa rêverie,
La tombe chastement, à ceux qui passent là,
Ne livre que le nom effacé de Nina.
Ah! garde ton secret, pauvre petite pierre,
Et laisse se vanter tes orgueilleuses sœurs
De couvrir de leur marbre une illustre poussière:
Ton silence en dit plus que leurs regrets menteurs.
Je suis las de ces morts vivant au cimetière
Et pleurés en public par de bruyants sanglots.
J’aime à trouver en toi la pudeur des tombeaux.
On la nommait Nina, la pâle ensevelie.
Dis, combien de baisers lui donna le printemps ?
Dans quel rêve s’est-elle à jamais endormie ?
Qui fit-elle souffrir ? qui pleure ses quinze ans ?
On ne sait. L’enfant dort sous les fleurs, et la terre
Lui fait de mousse verte un pudique suaire,
Et, lorsqu’on l’interroge, à voix basse répond :
« On la nommait Nina, je ne sais que son nom. »
Eh bien! c’en est assez pour le cœur du poète.
Un nom gai sur la lèvre et parfumé d’amour
Suffit pour le sourire et le rêve d’un jour.
La mort n’a que seize ans, quand la tombe est muette.
D’hier elle est couchée, et son front virginal
Porte encore au cercueil la couronne du bal.
Laisse-moi te ravir ta blanche fiancée,
Dalle froide où Nina berce son long sommeil.
Je veux jusqu’au matin attendre, à son réveil,
Le rire du salut sur sa lèvre glacée;
Laisse-moi l’évoquer, l’aimer selon mon cœur,
Lui donner blonds cheveux, œil noir, mignonne bouche,
Et, la faisant lever à demi sur sa couche,
Au front laisse-la-moi baiser comme une sœur.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ami, te souviens-tu, nous la rêvâmes belle,
Et depuis, bien souvent, sans jamais parler d’elle,
Nos regards se sont dit, dans un dernier regret :
« Si je l’avais connue, oh ! Ninette vivrait ! »

aseptans- Nombre de messages: 432
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Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
De Théophile de Viau (1590-1626)
Ode
Un Corbeau devant moi croasse,
Une ombre offusque mes regards,
Deux belettes et deux renards
Traversent l'endroit où je passe :
Les pieds faillent à mon cheval,
Mon laquais tombe du haut mal,
J'entends craqueter le tonnerre,
Un esprit se présente à moi,
J'ois Charon qui m'appelle à soi,
Je vois le centre de la terre.
Ce ruisseau remonte en sa source,
Un bœuf gravit sur un clocher,
Le sang coule de ce rocher,
Un aspic s'accouple d'une ourse,
Sur le haut d'une vieille tour
Un serpent déchire un vautour,
Le feu brûle dedans la glace,
Le Soleil est devenu noir,
Je vois la Lune qui va choir,
Cet arbre est sorti de sa place.
Ode
Un Corbeau devant moi croasse,
Une ombre offusque mes regards,
Deux belettes et deux renards
Traversent l'endroit où je passe :
Les pieds faillent à mon cheval,
Mon laquais tombe du haut mal,
J'entends craqueter le tonnerre,
Un esprit se présente à moi,
J'ois Charon qui m'appelle à soi,
Je vois le centre de la terre.
Ce ruisseau remonte en sa source,
Un bœuf gravit sur un clocher,
Le sang coule de ce rocher,
Un aspic s'accouple d'une ourse,
Sur le haut d'une vieille tour
Un serpent déchire un vautour,
Le feu brûle dedans la glace,
Le Soleil est devenu noir,
Je vois la Lune qui va choir,
Cet arbre est sorti de sa place.
Iris- Nombre de messages: 442
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Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
J'aimais bien à un moment Jules Supervielle, Le forçat innocent et Les amis inconnus...
Les Suiveurs
La chèvre suit le cheval
Et le chien-loup suit la chèvre.
Le poète dans son ombre
Porte chèvre, chien, cheval
Et deux ou trois animaux
Qui n'ont pas encor de nom
Attendant pour prendre corps
Que souffle un vent favorable.
Les Suiveurs
La chèvre suit le cheval
Et le chien-loup suit la chèvre.
Le poète dans son ombre
Porte chèvre, chien, cheval
Et deux ou trois animaux
Qui n'ont pas encor de nom
Attendant pour prendre corps
Que souffle un vent favorable.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12092
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Marina Tsvétaïeva aussi, et la poésie exaltée de L'offense lyrique :
Il me plaît que vous ne soyez pas fou de moi,
Il me plaît de ne pas être folle de vous,
Et que jamais le lourd globe terrestre
Ne fuie au-dessous de nos pieds.
Il me plaît de pouvoir être ridicule —
Troublée — et de ne pas jouer sur les mots,
Et de ne pas souffrir d'une faiblesse étouffante
Lorsque nos deux manches se frôlent.
Je vous remercie de tout mon coeur, et de mes mains
De tant m'aimer — sans le savoir vous-même ! — :
Et pour la tranquillité de mes nuits,
Pour la rareté des rencontres aux heures du soir,
Pour les promenades au clair de lune
Que nous n'avons pas faites, et pour le soleil,
Qui ne brille pas au-dessus de nous et
Je vous remercie de ne pas être — hélas ! — fou de moi,
Et de ne pas être — hélas ! — folle de vous !
Il me plaît que vous ne soyez pas fou de moi,
Il me plaît de ne pas être folle de vous,
Et que jamais le lourd globe terrestre
Ne fuie au-dessous de nos pieds.
Il me plaît de pouvoir être ridicule —
Troublée — et de ne pas jouer sur les mots,
Et de ne pas souffrir d'une faiblesse étouffante
Lorsque nos deux manches se frôlent.
Je vous remercie de tout mon coeur, et de mes mains
De tant m'aimer — sans le savoir vous-même ! — :
Et pour la tranquillité de mes nuits,
Pour la rareté des rencontres aux heures du soir,
Pour les promenades au clair de lune
Que nous n'avons pas faites, et pour le soleil,
Qui ne brille pas au-dessus de nous et
Je vous remercie de ne pas être — hélas ! — fou de moi,
Et de ne pas être — hélas ! — folle de vous !

Easter(Island)- Nombre de messages: 12092
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Adieu
Connais-tu cet endroit unique, désert, ravagé,
que le temps a voulu effacer pour l'éternité ?
Le siècle dur use sans fin la nouveauté du neuf ;
il abandonne à chaque étape, un reste de foyer.
Trois pierres noires, là… c'est tout… un lieu de campement…
mais l'hippodrome d'Al-Walid a sombré tout entier,
sauf quelques piquets de tente enfoncés au ras du sol ;
tout à disparu, éparpillé, sauf un bout de corde.
Oui, tu es seul, aujourd'hui, affaibli par le désir,
tel un homme assailli par les accès brusques de fièvre.
ô Mayya ! Tes lèvres par un orfèvre ciselées,
après le sommeil, et ton corps, tendre rameau brisé !
Je revois les deux prunelles, un cou gracile et blanc ;
je revois les flancs alanguis où affleure le sang,
uniques, affolant la poursuite au mépris des gazelles…
nous tuant sans pitié sous le blâme et la réprimande.
Elle a vu ma pâleur, elle a vu mes rides multiples,
après les injures du temps et du siècle superbe,
dépouillant tout mon corps de sa frondaison de jeunesse ;
feuilles mortes, quand on agite un rameau nu, qui tombent…
ou plutôt j'ai rompu l'étreinte, acceptant le refus,
et la sœur des Banou-Labîd en a été surprise.
Tant, qu'elle ma fuit et qu'elle a fuit mon frère Mas'oud.
Elle vit deux hommes prêts pour un voyage lointain,
qui prenaient pour vêtements les ténèbres de la nuit,
traînant loin sur le sable deux longues robes ouatées…
DHOU'L-ROUMMAH
mort en 735
Connais-tu cet endroit unique, désert, ravagé,
que le temps a voulu effacer pour l'éternité ?
Le siècle dur use sans fin la nouveauté du neuf ;
il abandonne à chaque étape, un reste de foyer.
Trois pierres noires, là… c'est tout… un lieu de campement…
mais l'hippodrome d'Al-Walid a sombré tout entier,
sauf quelques piquets de tente enfoncés au ras du sol ;
tout à disparu, éparpillé, sauf un bout de corde.
Oui, tu es seul, aujourd'hui, affaibli par le désir,
tel un homme assailli par les accès brusques de fièvre.
ô Mayya ! Tes lèvres par un orfèvre ciselées,
après le sommeil, et ton corps, tendre rameau brisé !
Je revois les deux prunelles, un cou gracile et blanc ;
je revois les flancs alanguis où affleure le sang,
uniques, affolant la poursuite au mépris des gazelles…
nous tuant sans pitié sous le blâme et la réprimande.
Elle a vu ma pâleur, elle a vu mes rides multiples,
après les injures du temps et du siècle superbe,
dépouillant tout mon corps de sa frondaison de jeunesse ;
feuilles mortes, quand on agite un rameau nu, qui tombent…
ou plutôt j'ai rompu l'étreinte, acceptant le refus,
et la sœur des Banou-Labîd en a été surprise.
Tant, qu'elle ma fuit et qu'elle a fuit mon frère Mas'oud.
Elle vit deux hommes prêts pour un voyage lointain,
qui prenaient pour vêtements les ténèbres de la nuit,
traînant loin sur le sable deux longues robes ouatées…
DHOU'L-ROUMMAH
mort en 735

Jean Lê- Nombre de messages: 409
Age: 53
Localisation: Bretagne
Date d'inscription: 22/11/2010
Re: Poésie d'hier, nous serons oubliés
Clément Marot (1497-1544).
A un poète ignorant
Qu'on mène aux champs ce coquardeau,
Lequel gâte (quand il compose)
Raison, mesure, texte et glose,
Soit en ballade ou en rondeau.
Il n'a cervelle ne cerveau.
C'est pourquoi si haut crier j'ose :
" Qu'on mène aux champs ce coquardeau. "
S'il veut rien faire de nouveau,
Qu'il œuvre hardiment en prose
(J'entends s'il en sait quelque chose) :
Car en rime ce n'est qu'un veau,
Qu'on mène aux champs.
A un poète ignorant
Qu'on mène aux champs ce coquardeau,
Lequel gâte (quand il compose)
Raison, mesure, texte et glose,
Soit en ballade ou en rondeau.
Il n'a cervelle ne cerveau.
C'est pourquoi si haut crier j'ose :
" Qu'on mène aux champs ce coquardeau. "
S'il veut rien faire de nouveau,
Qu'il œuvre hardiment en prose
(J'entends s'il en sait quelque chose) :
Car en rime ce n'est qu'un veau,
Qu'on mène aux champs.

aseptans- Nombre de messages: 432
Age: 54
Localisation: hier encore demain
Date d'inscription: 10/03/2012
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