Voile à l'horizon
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Voile à l'horizon
− J’en veux un !
− Voyons, ne sois pas sotte, c’est sympa comme ça, mais tu sais … on s’en lasse… ça devient vite contraignant…Tu es encore bien jeune !
− J’en veux un.
Elle l’eut.
Un peu grand, déjà dressé.
Très beau.
Basané.
Irréprochable sur le plan de la propreté. Toujours disponible.
Sa mère, tout en déplorant ce qu’elle considérait comme une erreur, avait au moins veillé à ce qu’il fût de race.
Elle lui fit faire des costumes somptueux, tant pour la ville (de la cagoule, ouverte seulement aux yeux et au nez, partaient des pans de plastique multicolores qui dissimulaient habilement les formes et parvenaient même à brouiller tout repère concernant la taille - petits chefs d’œuvre d’un couturier en vogue) que pour ses soirées privées, où elle aimait à l’exhiber devant un public choisi d’amies, parfois accompagnées de leur toy, cagoulé ou non selon leur degré de tolérance.
Lih n’était pas le meilleur danseur, certes, mais de son enthousiasme émanait un charme légèrement comique qui avait le don d’attendrir les dames, lesquelles brûlaient de jouer à la maman avec ce toy si séduisant.
Ses prestations avaient toujours beaucoup de succès.
Les spectatrices glissaient dans l’élastique du slip des billets qu’ Adimia veillait à récolter
Non par avarice − elle n’avait aucune notion de ce que cela pouvait bien être, n’ayant jamais eu à limiter ses envies − ni même en raison de son don naturel pour les affaires. Non, par simple prudence : elle avait déjà entendu parler de toys qui amassaient ainsi un pécule et disparaissaient un beau jour, sans se soucier de leur propriétaire.
Elle reconnaissait toutefois que plusieurs de ses amies traitaient leur toy avec une certaine dureté qu’elle-même ne s’autorisait pas.
Elle préférait se faire aimer.
Lih en donnait toutes les apparences : toujours prêt à lui faire honneur, toujours soigneux, coquet, adorablement aguicheur envers les visiteuses, il semblait vouer un véritable culte à sa maîtresse.
Mais on n’est jamais trop prudente avec les toys.
Malgré son très jeune âge, Adimia faisait preuve d’une grande maturité d’esprit.
Pas comme sa cousine Ferna qui s’était laissée aller à tomber amoureuse de Righi, un toy pourtant moins séduisant que Lih et qui s’octroyait des libertés insupportables : Righi se permettait de critiquer les dames, refusait de danser pour elles, émettait des avis lors des conversations et rackettait Ferna d’une manière éhontée.
Plusieurs fois Adimia avait envisagé d’en parler à sa tante, mais Ferna la suppliait de ne rien dire avec tellement de détresse dans la voix qu’Adimia s’était bornée à lui faire jurer de ne pas se laisser dégrader par ce toy insolent et d’en prendre un autre.
Ferna avait promis. Bien que de quatre ans plus âgée qu’Adimia, elle se laissait volontiers dominer par celle-ci.
Elles décidèrent d’aller ensemble choisir le nouveau toy de Ferna.
Les ventes avaient lieu sur une esplanade qui surplombait la ville, un plateau pierreux bordé d’une falaise jaune.
− Mais c’est immense !
− Tu ne connaissais pas ?
− Non ! C’est ma mère qui a sélectionné Lih, sur catalogue, je crois. Et toi, tu as choisis Righi toi-même ?
− Oui, pour mes dix-huit ans, ma mère m’a donné 100 000 draammas et m’a laissée ici pour faire la transaction toute seule. Elle pense que seule l’expérience permet de se former. Mais elle m’a fait remarquer que je l’avais payé trop cher…
Les deux jeunes filles avançaient sur une allée bordée d’enclos à demi couverts. Des écriteaux portaient mention de l’origine des toys qui y demeuraient, la traçabilité étant de rigueur depuis peu.
La direction suivait un ordre très marketing pour les parquer : d’abord les promotions, ceux qui, sans grande originalité, présentaient pourtant un attrait susceptible de convenir à la majorité des clientes ( 20 à 25 ans, pas de disgrâce physique, taille et corpulence moyenne.)
Les prix étaient attractifs et il y avait fréquemment des opérations publicitaires sur ce genre d’article.
Puis venaient les beaux spécimens, rangés par classe d’âge et enfin les « spécialités ».
− Regarde celui-ci …
− Voyons, Ferna, il est trop jeune ! Tu n’es pas capable de finir le dressage toi-même, il en a bien encore pour deux ans !
Il était possible d’acquérir un beau toy enfant pour un prix extrêmement modeste. Mais la garantie n’était assurée qu’à partir de quinze ans, compte tenu de l’impossibilité d’évaluer le devenir d’un toy en cours de dressage et celui-ci n’était achevé que vers quatorze ans.
− Tu as raison, mais il est tellement beau !
− La beauté n’est pas tout dit Adimia avec une solennité comique.
Elles rirent. L’odeur qui montait des enclos les euphorisait.
Adimia ne pouvait s’empêcher d’être fascinée par ces agglomérats de corps paradant devant elles. Certains dansaient, mimant des scènes de soumission, d’autres plus inhibés demeuraient dans leur coin, ne répondant qu’aux injonctions qu’on leur faisait de s’avancer.
Elle en repéra un, tout frêle, dont les yeux la suppliaient et eut un instant la tentation de le sauver de ce marché si triste. Mais le prix indiqué lui semblait exagéré ; il était d’une ethnie peu prisée et elle se raisonna : à côté de Lih, il ferait vraiment pâle figure !
Ferna venait de fixer son choix sur un très beau spécimen, extraordinairement grand. Quelque chose de métallique dans son regard déplaisait à Adimia, mais Ferna se tortillait de plaisir à l’idée d’acquérir Vori,
− Un toy originaire du Nord, tu connais beaucoup de nos amies qui en ont ? Personne, pas même Illina ! Et tu as vu ses muscles ? Et ces yeux clairs ! Je lui ferai faire une cagoule noire avec des fentes très étroites, sinon on va me le voler !
Adimia, qui était persuasive, réussit à obtenir un rabais substantiel et tandis que sa cousine signait les papiers, elle continua vers les enclos du fond, curieuse de contempler les
« spécialités ». Pas grand-chose d’alléchant en dépit des points d’exclamations qui ponctuaient les annonces ! Un lot bien convenu…
Elle allait faire demi-tour lorsqu’un visuel lui sauta au visage : « androgyne »
Adimia n’était pas sûre de la signification du terme et s’approcha pour déchiffrer les informations complémentaires. Le toy était allongé sur des chiffons bariolés, dans une pose alanguie, les yeux clos. On aurait juré une fille.
La colère fit reculer Adimia. Une fille ! On osait ....Mais cet emportement céda vite à la raison : c’était impossible !
Elle s’approcha au plus près pour détailler le toy :
De longs ongles. Roses, et joliment bombés. Les lèvres étaient roses également, d’un ton subtilement plus soutenu. Un blush léger ombrait les pommettes avec discrétion..
La frange épaisse arrivait au ras des sourcils, lisse et d’un rare blond argenté. La bouche semblait sourire, avec sa lèvre supérieure un peu courte, aux coins relevés. Les cils bruns reposaient sur l’arrondi de la joue, creusant une ombre sur la peau claire. Chose plus surprenante encore, de petits seins s’offraient fièrement aux regards des acheteurs. Mais le sexe ne faisait cependant pas de doute : ce n’était pas une fille.
La violence de la convoitise qui s’était emparée d’Adimia eut l’effet paradoxal de la faire fuir.
Sa cousine prenait possession de son toy, énervée et ravie et Adimia ne put lui parler de son trouble.
− Tu as vu comme il est fort ? Il me portera quand nous irons à la mer ! Et tu sais, une chance : il comprend notre langue, mais il parait qu’il ne la parle pas ! C’est bien : je déteste les jérémiades de Righi, il me soûle littéralement quand il n’est pas content…
Je vais passer chez Amal, pour lui faire faire une cagoule. Il attire vraiment trop l’attention ! Et il a l’air d’aimer ça…
− Il faudra que tu te méfies, Ferna. Tu as déjà un toy insolent, il ne faudrait pas que celui-ci te déshonore … Ne lui laisse pas trop de liberté, ne le laisse pas sortir !
− Mais j’ai envie de le montrer ! Les amies vont en crever d’envie. Et toi, tu as vu des choses intéressantes ?
L’image de l’androgyne la traversa, brûlante.
− Non. Les spécialités sont vraiment pour les pervers ! Et tu as pris le seul toy vraiment beau !
En elle quelque chose souriait.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
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Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Voile à l'horizon
Quel curieux texte, vraiment ! J'ai aimé tout ce que ce texte m'évoque, de façon assez diffuse ; une fois encore, plusieurs interprétations me semblent se tenir. Je choisis d'être littéral et d'y voir une critique du consumérisme contemporain et de ses dérives, sous la forme d'une petite fable bien balancée où déshumanisation et voyeurisme se télescopent.
Toutefois, je dois l'admettre, j'ai trouvé l'écriture un poil moins maîtrisée que d'habitude par endroits, peut-être parce que je n'étais pas dans de bonnes dispositions de lecture.
Voici une correction rien que pour toi :
– « mais tu sais … » : pas d'espace avant les points de suspension ;
– « contraignant…Tu » : mais espace après ! ;
– « - petits chefs d’œuvre d’un couturier en vogue » : pour l'incise, il convient d'employer un tiret demi-cadratin « – » (Alt + 0150) ou, plus emphatiquement, un cadratin « — » (Alt + 0151). Par ailleurs, je trouve cette inclusion d'une incise dans la parenthèse un tantinet maladroite, versant presque dans la synchise ;
– « accompagnées de leur toy » : « toy » en italique, à première vue (mot étranger non naturalisé) ;
– « avec ce toy si séduisant » : idem ;
– « des billets qu’ Adimia veillait » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « à récolter
Non par » : pourquoi ce retour à la ligne et cette majuscule ? ;
– « elle avait déjà entendu parler de toys » : « toys » en italique, a priori ;
– « traitaient leur toy avec une certaine dureté » : idem ;
– « trop prudente avec les toys » : idem ;
– « un toy pourtant moins séduisant » : idem ;
– « par ce toy insolent » : idem ;
– « choisir le nouveau toy de Ferna » : idem ;
– « portaient mention de l’origine des toys » : « toys » en italique ;
– « ( 20 à 25 ans, pas de disgrâce physique » : pas d'espace avant la parenthèse et écriture des nombres en toutes lettres ;
– « moyenne.) » : point en dehors de la parenthèse ;
– « sur ce genre d’article » : « articles » ;
– « Regarde celui-ci … » : pas d'espace avant les points de suspension ;
– « un beau toy enfant » : « toy » en italique ? ;
– « le devenir d’un toy » : idem ;
– « n’est pas tout dit Adimia » : virgule ou point d'exclamation après « tout » ;
– « dont les yeux la suppliaient et eut un instant » : je mettrais une virgule après « suppliaient » ;
– « d’acquérir Vori, » : point ou à la rigueur deux-points, mais pas virgule ;
– « Un toy originaire » : « toy » en italique ;
– « de contempler les
« spécialités » » : pas de retour à la ligne ;
– « « androgyne » » : majuscule et point ;
– « Le toy était allongé » : italique ;
– « On osait ....Mais » : les points de suspension « … », collés au dernier mot de la phrase, sont au nombre de trois et accessibles à partir de la combinaison Alt + 0133 sur le pavé numérique ;
– « pour détailler le toy » : italique ;
– « d’un ton subtilement plus soutenu » : quelque chose me dérange dans la tournure, je ne la trouve pas d'une grande habileté ;
– « Un blush léger ombrait » : « blush » en italique, a priori ;
– « avec discrétion.. » : « … » (Alt + 0133) ;
– « prenait possession de son toy » : italique ;
– « énervée et ravie et Adimia et » : virgule après « Adimia » ;
– « mais il parait qu’il ne la parle pas » : « il paraît », traditionnellement ;
– « Tu as déjà un toy insolent » : italique ;
– « celui-ci te déshonore … » : pas d'espace avant les points de suspension ;
– « tu as pris le seul toy vraiment beau » : italique, donc.
Toutefois, je dois l'admettre, j'ai trouvé l'écriture un poil moins maîtrisée que d'habitude par endroits, peut-être parce que je n'étais pas dans de bonnes dispositions de lecture.
Voici une correction rien que pour toi :
– « mais tu sais … » : pas d'espace avant les points de suspension ;
– « contraignant…Tu » : mais espace après ! ;
– « - petits chefs d’œuvre d’un couturier en vogue » : pour l'incise, il convient d'employer un tiret demi-cadratin « – » (Alt + 0150) ou, plus emphatiquement, un cadratin « — » (Alt + 0151). Par ailleurs, je trouve cette inclusion d'une incise dans la parenthèse un tantinet maladroite, versant presque dans la synchise ;
– « accompagnées de leur toy » : « toy » en italique, à première vue (mot étranger non naturalisé) ;
– « avec ce toy si séduisant » : idem ;
– « des billets qu’ Adimia veillait » : pas d'espace après l'apostrophe ;
– « à récolter
Non par » : pourquoi ce retour à la ligne et cette majuscule ? ;
– « elle avait déjà entendu parler de toys » : « toys » en italique, a priori ;
– « traitaient leur toy avec une certaine dureté » : idem ;
– « trop prudente avec les toys » : idem ;
– « un toy pourtant moins séduisant » : idem ;
– « par ce toy insolent » : idem ;
– « choisir le nouveau toy de Ferna » : idem ;
– « portaient mention de l’origine des toys » : « toys » en italique ;
– « ( 20 à 25 ans, pas de disgrâce physique » : pas d'espace avant la parenthèse et écriture des nombres en toutes lettres ;
– « moyenne.) » : point en dehors de la parenthèse ;
– « sur ce genre d’article » : « articles » ;
– « Regarde celui-ci … » : pas d'espace avant les points de suspension ;
– « un beau toy enfant » : « toy » en italique ? ;
– « le devenir d’un toy » : idem ;
– « n’est pas tout dit Adimia » : virgule ou point d'exclamation après « tout » ;
– « dont les yeux la suppliaient et eut un instant » : je mettrais une virgule après « suppliaient » ;
– « d’acquérir Vori, » : point ou à la rigueur deux-points, mais pas virgule ;
– « Un toy originaire » : « toy » en italique ;
– « de contempler les
« spécialités » » : pas de retour à la ligne ;
– « « androgyne » » : majuscule et point ;
– « Le toy était allongé » : italique ;
– « On osait ....Mais » : les points de suspension « … », collés au dernier mot de la phrase, sont au nombre de trois et accessibles à partir de la combinaison Alt + 0133 sur le pavé numérique ;
– « pour détailler le toy » : italique ;
– « d’un ton subtilement plus soutenu » : quelque chose me dérange dans la tournure, je ne la trouve pas d'une grande habileté ;
– « Un blush léger ombrait » : « blush » en italique, a priori ;
– « avec discrétion.. » : « … » (Alt + 0133) ;
– « prenait possession de son toy » : italique ;
– « énervée et ravie et Adimia et » : virgule après « Adimia » ;
– « mais il parait qu’il ne la parle pas » : « il paraît », traditionnellement ;
– « Tu as déjà un toy insolent » : italique ;
– « celui-ci te déshonore … » : pas d'espace avant les points de suspension ;
– « tu as pris le seul toy vraiment beau » : italique, donc.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Voile à l'horizon
Comme j'utilise le bloc-notes de Windows, j'oublie systématiquement de mettre en italique ce qui doit l'être ici… Il faut donc imaginer qu'« a priori » l'est.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
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Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Voile à l'horizon
Mais c'est érotico-sulfureux ! :-)
J'ai noté le parallèle avec l'engouement des enfants capricieux qui réclament à corps et à cris un chien, et à qui on répond que c'est contraignant, et qu'il faut savoir le dresser.
J'y ai vu aussi le phénomène récent de mode qui veut que l'on s'affuble d'un partenaire plus jeune que soi.
Et surtout, j'y ai vu une belle revanche féministe : celle de faire porter une cagoule pour garder jalousement son bien, comme d'autres voilent leurs conquètes.
J'ai noté le parallèle avec l'engouement des enfants capricieux qui réclament à corps et à cris un chien, et à qui on répond que c'est contraignant, et qu'il faut savoir le dresser.
J'y ai vu aussi le phénomène récent de mode qui veut que l'on s'affuble d'un partenaire plus jeune que soi.
Et surtout, j'y ai vu une belle revanche féministe : celle de faire porter une cagoule pour garder jalousement son bien, comme d'autres voilent leurs conquètes.
Iris- Nombre de messages: 444
Age: 49
Date d'inscription: 17/08/2011
Re: Voile à l'horizon
très amusant et d'une belle écriture qui sert l'étrangeté
Peut-être un peu longuet au mitan du texte ?
cela me rappelle ton texte sur l'enfant-pierre, cette façon de détourner les choses les plus "évidentes" (avoir un compagnon, un amant, un enfant) : un sillon ?
Peut-être un peu longuet au mitan du texte ?
cela me rappelle ton texte sur l'enfant-pierre, cette façon de détourner les choses les plus "évidentes" (avoir un compagnon, un amant, un enfant) : un sillon ?

Janis- Nombre de messages: 5036
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Suite ou pas ?
En fait, si on oublie le jargon qui donne un côté science-fictif à la scène, celle-ci pourrait se passer à l'ancienne, sur un marché aux esclaves. Mais on a pris soin de saupoudrer le discours d'éléments d'insécurité et d'érotisme, ce qui fait qu'on se dit, bon, on est dans un univers fictif, une spéculation, dont les tenants et aboutissants se révèleront à mesure.
Et c'est là le hic : du coup, on attend une éventuelle suite, avec des rebondissements. Y aura-t-il suite ?
Rien à dire sur le style. Le fond me dérange plus, mais avec un tel thème, c'est le contraire qui serait étonnant.
A voir... Suite ou pas ?
Ubik.
Et c'est là le hic : du coup, on attend une éventuelle suite, avec des rebondissements. Y aura-t-il suite ?
Rien à dire sur le style. Le fond me dérange plus, mais avec un tel thème, c'est le contraire qui serait étonnant.
A voir... Suite ou pas ?
Ubik.

ubikmagic- Nombre de messages: 946
Age: 50
Localisation: ... dans le sud, peuchère !
Date d'inscription: 13/12/2009

Re: Voile à l'horizon
Oui, j'ai pensé aussi à un marché aux esclaves.
Iris- Nombre de messages: 444
Age: 49
Date d'inscription: 17/08/2011
Re: Voile à l'horizon
Oh, coline la coquine...! :-)

igloo26- Nombre de messages: 213
Age: 40
Localisation: délocalisée
Date d'inscription: 18/01/2012
Re: Voile à l'horizon
Plutôt enjoué ce toy...;-)

Ba- Nombre de messages: 3023
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: Voile à l'horizon
Un texte plein de malice qui me fait croire que tu assouvis quelques fantasmes ou règles des comptes avec la gente masculine. Quoi de plus délicieux en effet pour une femme que de tenir la virilité en laisse !
C'est vivant, finement décrit, mais beaucoup de questions restent en suspens et nuisent à la compréhension. Par exemple on ne sait pas si la société d'Adimia est exclusivement féminine. Si oui, est-ce que ça veut dire que ce sont aussi les femmes qui capturent et vendent les toys ? Etonnant, sauf si c'est des guerrières genre amazones.
Ou alors les mâles ne sont pas totalement éradiqués, mais dans ce cas il faudrait préciser leur place dans la société d'Adimia.
En tout cas il y a matière à faire un bon roman SF.
C'est vivant, finement décrit, mais beaucoup de questions restent en suspens et nuisent à la compréhension. Par exemple on ne sait pas si la société d'Adimia est exclusivement féminine. Si oui, est-ce que ça veut dire que ce sont aussi les femmes qui capturent et vendent les toys ? Etonnant, sauf si c'est des guerrières genre amazones.
Ou alors les mâles ne sont pas totalement éradiqués, mais dans ce cas il faudrait préciser leur place dans la société d'Adimia.
En tout cas il y a matière à faire un bon roman SF.

Jano- Nombre de messages: 461
Age: 42
Localisation: Pyrénées Atlantiques
Date d'inscription: 06/01/2009
Re: Voile à l'horizon
Je vais être honnête avec toi, hein, Coline. Sinon, quand je te ferai des compliments tu ne me croiras pas. Je n'ai pas aimé ce texte.
Ni le fond, que je trouve au-dessous de ce que tu inventes d'habitude. Désolée, ça n'a pas fonctionné pour moi.
Ni le traitement: quitte à vouloir y aller, je t'aurais vu plus mordante, plus crue. Du coup, ce que tu veux faire passer est trop "doux", se perd, surtout avec le changement de thème relatif à l'androgyne. Il y a des passages trop délayés, à mon sens, comme celui-ci: " Plusieurs fois Adimia avait envisagé d’en parler à sa tante... Elles décidèrent d’aller ensemble choisir le nouveau toy de Ferna", ou celui-ci: "Adimia, qui était persuasive... Un lot bien convenu…"
Ce n'est qu'un avis, très subjectif, d'une personne qui a passé l'après-midi à faire les soldes avec 3 filles pré-ados...
pff, et demain t'es MC... parfois je devrais me taire, moi...
Ni le fond, que je trouve au-dessous de ce que tu inventes d'habitude. Désolée, ça n'a pas fonctionné pour moi.
Ni le traitement: quitte à vouloir y aller, je t'aurais vu plus mordante, plus crue. Du coup, ce que tu veux faire passer est trop "doux", se perd, surtout avec le changement de thème relatif à l'androgyne. Il y a des passages trop délayés, à mon sens, comme celui-ci: " Plusieurs fois Adimia avait envisagé d’en parler à sa tante... Elles décidèrent d’aller ensemble choisir le nouveau toy de Ferna", ou celui-ci: "Adimia, qui était persuasive... Un lot bien convenu…"
Ce n'est qu'un avis, très subjectif, d'une personne qui a passé l'après-midi à faire les soldes avec 3 filles pré-ados...
pff, et demain t'es MC... parfois je devrais me taire, moi...
Lizzie- Nombre de messages: 444
Age: 45
Localisation: Face à vous, quelle question !
Date d'inscription: 30/01/2011
Re: Voile à l'horizon
Je peux difficilement répondre à ta question, coline (cf. « Discussions sur nos textes ») ; mon sentiment d'hier s'est atténué à la relecture. Je note quelques points qui me dérangent vraiment :
– « Elle lui fit faire des costumes somptueux, tant pour la ville (de la cagoule, ouverte seulement aux yeux et au nez, partaient des pans de plastique multicolores qui dissimulaient habilement les formes et parvenaient même à brouiller tout repère concernant la taille - petits chefs d’œuvre d’un couturier en vogue) que pour ses soirées » : la phrase me paraît trop chargée, difficile à suivre ;
– « s’était bornée à lui faire jurer de ne pas se laisser dégrader par ce toy insolent et d’en prendre un autre » : pour moi, la construction est lourde ;
– « rangés par classe d’âge et enfin les « spécialités » » : j'ai oublié de mentionner qu'il manquait une virgule après « âge » et « enfin » ;
– « « énervée et ravie et Adimia et » : je corrige ma correction précédente. La virgule est évidemment à placer après « ravie ».
Disons que je ne t'ai pas retrouvée entièrement dans ce texte, certaines phrases m'ont paru bien longues, inutilement souvent, alors que j'ai l'habitude d'une écriture plus tirée au cordeau avec toi, plus incisive, et, aussi et surtout, un peu moins explicative.
Cela étant, j'ai aimé ce texte et certains procédés d'écriture retiennent mon attention, témoignent d'une belle maîtrise :
« − J’en veux un.
Elle l’eut. » ou la dernière phrase, pour ne citer qu'elles, font leur petit effet.
– « Elle lui fit faire des costumes somptueux, tant pour la ville (de la cagoule, ouverte seulement aux yeux et au nez, partaient des pans de plastique multicolores qui dissimulaient habilement les formes et parvenaient même à brouiller tout repère concernant la taille - petits chefs d’œuvre d’un couturier en vogue) que pour ses soirées » : la phrase me paraît trop chargée, difficile à suivre ;
– « s’était bornée à lui faire jurer de ne pas se laisser dégrader par ce toy insolent et d’en prendre un autre » : pour moi, la construction est lourde ;
– « rangés par classe d’âge et enfin les « spécialités » » : j'ai oublié de mentionner qu'il manquait une virgule après « âge » et « enfin » ;
– « « énervée et ravie et Adimia et » : je corrige ma correction précédente. La virgule est évidemment à placer après « ravie ».
Disons que je ne t'ai pas retrouvée entièrement dans ce texte, certaines phrases m'ont paru bien longues, inutilement souvent, alors que j'ai l'habitude d'une écriture plus tirée au cordeau avec toi, plus incisive, et, aussi et surtout, un peu moins explicative.
Cela étant, j'ai aimé ce texte et certains procédés d'écriture retiennent mon attention, témoignent d'une belle maîtrise :
« − J’en veux un.
Elle l’eut. » ou la dernière phrase, pour ne citer qu'elles, font leur petit effet.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Voile à l'horizon
Un sujet et un objet surprenant et intéressant puisqu'il nous plonge dans des abymes de rélexion politique, métaphysique et sociologique. Cependant c'est vrai que le traitement est un peu trop bavard. Ce qui limite un peu et c'est dommage l'impact de ce texte que j'imaginerai moins délayé, moins explicatif, plus sec, bien que le contraste entre l'étrangeté des images et la banalité orchestrée des dialogues soit intéressant d'un point de vue littéraire.
J'imagine que ça doit être possible en réduisant la masse des informations de renforcer l'aspect OVNI de cette nouvelle, tout en en accentuant la pertinence... ça le mérite largement.
J'imagine que ça doit être possible en réduisant la masse des informations de renforcer l'aspect OVNI de cette nouvelle, tout en en accentuant la pertinence... ça le mérite largement.

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Voile à l'horizon
J'arrive un peu tard pour commenter Coline, bien qu'ayant lu le texte à son arrivée.
Sur le coup, j 'étais un peu perplexe, d'où mon silence. Depuis j'ai lu les divers commentaires et n'ai rien à ajouter, tout a été dit. C'est bien le marché aux esclaves qui m'est venu en tête d'emblée ; ça me rappelle aussi un film ou un livre mais je n'arrive fichtre pas à mettre le doigt dessus.
Sur le coup, j 'étais un peu perplexe, d'où mon silence. Depuis j'ai lu les divers commentaires et n'ai rien à ajouter, tout a été dit. C'est bien le marché aux esclaves qui m'est venu en tête d'emblée ; ça me rappelle aussi un film ou un livre mais je n'arrive fichtre pas à mettre le doigt dessus.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12092
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Voile à l'horizon
Dans un monde fictif, les femmes ont pris la position des hommes, et les hommes celle des femmes. L’homme objet est substitué à la femme objet, le matriarcat au patriarcat, la domination féminine à la domination masculine. Le deuxième sexe est devenu le premier, il n’est plus féminin, mais masculin. Rien n’a changé pourtant dans le rapport entre les sexes, seuls les rôles sont inversés. Si les femmes désormais ne sont plus des poupées, les hommes sont des « toys ».
Le rapport des sexes, bien qu’inversé au profit des femmes, reste un rapport de possessivité. Les hommes sont à posséder. Ils n’ont d’autre devenir possible que celui d’être la possession d’une femme.
Leur statut est celui d’une marchandise ; objet d’échange, l’homme-jouet peut s’acheter ou se vendre. Non reconnu dans sa dignité de personne humaine, il est exclusivement un instrument au service du pouvoir féminin et un objet de désir, y compris du désir capricieux des jeunes femmes : « J’en veux un ! ».
Le statut qui lui est accordé dans ce monde imaginaire se rapproche de celui par lequel notre société considère l’animal domestique.
Le vocabulaire utilisé le montre, qui est celui que l’on utilise pour désigner plus particulièrement le chien.
Ainsi le toy n’est pas éduqué et instruit, mais « dressé ». Il est le fidèle compagnon de ces dames, un toutou fidèle pour les dames au pouvoir, ou leurs enfants, exclusivement les filles. Il faut s’occuper de lui, comme l’on s’occupe d’un animal, c’est pourquoi il peut vite devenir pour une jeune femme « contraignant » : il faut en prendre soin, le dresser, le sortir, et même s’assurer de sa « propreté ». Lih, le toy de l’une des jeunes femmes du récit a pour particularités appréciées d’être « déjà dressé », «irréprochable sur le plan de la propreté », et même de « race ».
L’homme-jouet est une possession ostentatoire, on aime l’exhiber, comme l’on exhibe sa voiture de luxe, sa montre en or, ou sa villa. On affiche son rang social en faisant pavaner son toy paré des toilettes les plus coûteuses, « elle lui fit faire des costumes somptueux ».
Il faut à la fois que le toy soit vu, admiré, désiré, et aussi, paradoxalement, caché. En effet, les « toys » portent des cagoules, qui masquent leur visage, et parfois des prolongements de ces cagoules qui dissimulent taille et formes corporelles : « des pans de plastique multicolores (…) dissimulaient habilement les formes et parvenaient même à brouiller tout repère concernant la taille ». Comment ne pas voir dans cet affublement des toys l’équivalent masculin, soit du niqab, soit de la burqa ?
L’ambiguïté dans laquelle se trouvaient placées les femmes, paraître séduisantes, mais devant faire preuve de retenue ; être à la fois visibles et invisibles ; se montrer, et se cacher ; dévoiler et voiler, se trouve désormais du côté masculin.
S’il faut dissimuler le toy, en même temps que l’exhiber, à en « faire crever de jalousie ses amies », c’est, selon l’un des personnages, pour éviter le vol, « Je lui ferai faire une cagoule noire avec des fentes très étroites, sinon on va me le voler ! ». Le toy doit jouer son rôle d’ostentation, mais par là-même, il se prête au désir avide, cupide, envieux et possessif des autres femmes, et peut devenir objet de luttes, de conflits, de vol. Il faut donc, pour éviter ces violences, le voiler.
Les toys sont, en effet, des objets de désir. Jouets, ils jouent le rôle plus particulier de sextoys. Leurs principales qualités sont dans leur « charme » et leur « séduction ». Bien sûr on peut toutefois tomber amoureux des toys, comme les hommes autrefois étaient amoureux des femmes.
Réduits à des marchandises, ils sont des esclaves au service du désir féminin. Il y a un marché des toys où l’on peut faire son choix, des catalogues, non plus féminins mais masculins, où l’on peut passer commande. L’acte d’achat n’est plus lié à la publicité qui met en scène des femmes désirables, mais à la présentation masculine. On ne se paye plus une nana, mais un toy.
Le monde fictif ainsi dépeint n’est que le miroir inversé de notre monde. Le titre « Horizon voilé » laisse penser qu’il s’agit d’un futur imaginaire. Mais ce futur ne comporte rien de nouveau, les rôles entre hommes et femmes sont juste inversés, il est toujours « voilé », porteur de voiles, mais aussi trouble, obscur, obscurantiste. Le futur ne semble que reproduire le passé, dans une simple inversion du sexisme.
Ce texte vise, me semble-t-il, à faire prendre conscience de la condition inacceptable des femmes dans le monde machiste dominé par les hommes en leur disant : la situation des toys est révoltante, vous le voyez bien ! mais elle n’est que l’image, tout aussi révoltante, de la condition féminine dans les sociétés traditionnelles.
Le texte s’adresse aussi aux femmes pour leur dire : le féminisme n’a pas pour revendication celle de prendre la place des hommes et de se comporter comme eux. Ce sont les rapports de domination entre les sexes qu’il faut abolir, et non pas simplement inverser.
Le texte est efficace par le trouble qu’il produit à sa lecture. Les idées qu’il cherche à transmettre ne sont pas, elles, véritablement voilées, mais assez claires. Le texte met l’accent sur les aspects du sexisme traditionnel, les plus révoltants, les plus extrêmes, mais par là-même, et c’est un reproche que l’on peut faire au texte, il voile les nouveaux rapports intervenus dans la société occidentale entre les hommes et les femmes. Plus exactement, il ne les dévoile pas suffisamment, car il y est tout de même fait allusion, mais seulement allusion, dans le trouble éprouvé par Adimia face au toy androgyne.
Un texte intéressant, Coline, à ta façon, gênante, troublante et efficace.
Le rapport des sexes, bien qu’inversé au profit des femmes, reste un rapport de possessivité. Les hommes sont à posséder. Ils n’ont d’autre devenir possible que celui d’être la possession d’une femme.
Leur statut est celui d’une marchandise ; objet d’échange, l’homme-jouet peut s’acheter ou se vendre. Non reconnu dans sa dignité de personne humaine, il est exclusivement un instrument au service du pouvoir féminin et un objet de désir, y compris du désir capricieux des jeunes femmes : « J’en veux un ! ».
Le statut qui lui est accordé dans ce monde imaginaire se rapproche de celui par lequel notre société considère l’animal domestique.
Le vocabulaire utilisé le montre, qui est celui que l’on utilise pour désigner plus particulièrement le chien.
Ainsi le toy n’est pas éduqué et instruit, mais « dressé ». Il est le fidèle compagnon de ces dames, un toutou fidèle pour les dames au pouvoir, ou leurs enfants, exclusivement les filles. Il faut s’occuper de lui, comme l’on s’occupe d’un animal, c’est pourquoi il peut vite devenir pour une jeune femme « contraignant » : il faut en prendre soin, le dresser, le sortir, et même s’assurer de sa « propreté ». Lih, le toy de l’une des jeunes femmes du récit a pour particularités appréciées d’être « déjà dressé », «irréprochable sur le plan de la propreté », et même de « race ».
L’homme-jouet est une possession ostentatoire, on aime l’exhiber, comme l’on exhibe sa voiture de luxe, sa montre en or, ou sa villa. On affiche son rang social en faisant pavaner son toy paré des toilettes les plus coûteuses, « elle lui fit faire des costumes somptueux ».
Il faut à la fois que le toy soit vu, admiré, désiré, et aussi, paradoxalement, caché. En effet, les « toys » portent des cagoules, qui masquent leur visage, et parfois des prolongements de ces cagoules qui dissimulent taille et formes corporelles : « des pans de plastique multicolores (…) dissimulaient habilement les formes et parvenaient même à brouiller tout repère concernant la taille ». Comment ne pas voir dans cet affublement des toys l’équivalent masculin, soit du niqab, soit de la burqa ?
L’ambiguïté dans laquelle se trouvaient placées les femmes, paraître séduisantes, mais devant faire preuve de retenue ; être à la fois visibles et invisibles ; se montrer, et se cacher ; dévoiler et voiler, se trouve désormais du côté masculin.
S’il faut dissimuler le toy, en même temps que l’exhiber, à en « faire crever de jalousie ses amies », c’est, selon l’un des personnages, pour éviter le vol, « Je lui ferai faire une cagoule noire avec des fentes très étroites, sinon on va me le voler ! ». Le toy doit jouer son rôle d’ostentation, mais par là-même, il se prête au désir avide, cupide, envieux et possessif des autres femmes, et peut devenir objet de luttes, de conflits, de vol. Il faut donc, pour éviter ces violences, le voiler.
Les toys sont, en effet, des objets de désir. Jouets, ils jouent le rôle plus particulier de sextoys. Leurs principales qualités sont dans leur « charme » et leur « séduction ». Bien sûr on peut toutefois tomber amoureux des toys, comme les hommes autrefois étaient amoureux des femmes.
Réduits à des marchandises, ils sont des esclaves au service du désir féminin. Il y a un marché des toys où l’on peut faire son choix, des catalogues, non plus féminins mais masculins, où l’on peut passer commande. L’acte d’achat n’est plus lié à la publicité qui met en scène des femmes désirables, mais à la présentation masculine. On ne se paye plus une nana, mais un toy.
Le monde fictif ainsi dépeint n’est que le miroir inversé de notre monde. Le titre « Horizon voilé » laisse penser qu’il s’agit d’un futur imaginaire. Mais ce futur ne comporte rien de nouveau, les rôles entre hommes et femmes sont juste inversés, il est toujours « voilé », porteur de voiles, mais aussi trouble, obscur, obscurantiste. Le futur ne semble que reproduire le passé, dans une simple inversion du sexisme.
Ce texte vise, me semble-t-il, à faire prendre conscience de la condition inacceptable des femmes dans le monde machiste dominé par les hommes en leur disant : la situation des toys est révoltante, vous le voyez bien ! mais elle n’est que l’image, tout aussi révoltante, de la condition féminine dans les sociétés traditionnelles.
Le texte s’adresse aussi aux femmes pour leur dire : le féminisme n’a pas pour revendication celle de prendre la place des hommes et de se comporter comme eux. Ce sont les rapports de domination entre les sexes qu’il faut abolir, et non pas simplement inverser.
Le texte est efficace par le trouble qu’il produit à sa lecture. Les idées qu’il cherche à transmettre ne sont pas, elles, véritablement voilées, mais assez claires. Le texte met l’accent sur les aspects du sexisme traditionnel, les plus révoltants, les plus extrêmes, mais par là-même, et c’est un reproche que l’on peut faire au texte, il voile les nouveaux rapports intervenus dans la société occidentale entre les hommes et les femmes. Plus exactement, il ne les dévoile pas suffisamment, car il y est tout de même fait allusion, mais seulement allusion, dans le trouble éprouvé par Adimia face au toy androgyne.
Un texte intéressant, Coline, à ta façon, gênante, troublante et efficace.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: Voile à l'horizon
J'ai pas envie de me poser plus de questions que ça. J'ai trouvé ça fichtrement bien écrit, un brin dérangeant, amusant. Ça suffit à mon plaisir de lecteur.
Yali- Nombre de messages: 7685
Age: 47
Date d'inscription: 12/12/2005

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