Le vieux mat
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Le vieux mat
Le vieux mat
La lumière jouait sur les surfaces patinées de l'instrument. Seuls quelques scintillements dorés se perdaient dans les regards, témoins éparses d'un lustre aujourd'hui presque éteint. Le temps avait fait son oeuvre. Il avait pourtant épargné la substance même de cet être de chair et de cuivre, cette essence qui ferait éternellement vibrer nos âmes : sa poésie. Le vieux mat. Un mythe du XXè siècle. Notre mythe.
Chaque fois je m'installais dans un coin, au fond de la salle. Là, je balayais la foule d'un unique mouvement de tête. J'observais les gens, leur disposition dans l'espace, leurs mouvements, leur comportement. Puis j'attendais. Je me laissais porter par les conversations, répondais quand mon avis était sollicité, commandais un verre, fumais. Et j'attendais encore. La rumeur languissante embrumait l'atmosphère, la fumée la rendait plus épaisse et l'alcool la réchauffait. Nous étions à l'étroit dans ce petit bar sans prétention, ancien caveau retapé par un barman criblé de dettes, essayant tant bien que mal d'échapper à la noyade. Nous étions à l'étroit, mais nous étions bien.
Le patron, que nous appelions tous L'Ancien, venait s'asseoir à ma table. Dix minutes pas plus, le temps d'échanger les nouvelles de la journée. Au bar, c'était le moment du libre service. Tout le monde le savait et, à dire la vérité, l'attendait. On se coulait à l'abri du bois poli, on manipulait avec précaution les instruments de L'Ancien et on laissait l'argent entre deux bouteilles de rhum artisanal, sous le miroir. Puis L'Ancien finissait par se lever. Il faisait craquer les jointures de ses doigts sur la table et, après m'avoir paternellement posé la main sur l'épaule, s'en retournait derrière ses tireuses à bière. Je lui souriais sereinement.
En milieu de soirée, un imperceptible changement traversait les corps. Une onde insensible que chacun éprouvait. Elle commençait par la nuque et se répandait le long de la colonne vertébrale. Les peaux frémissaient. Les mouvements s'arrêtaient. Les voix disparaissaient peu à peu jusqu'au silence total. Des pas résonnaient dans l'escalier de bois. Le vieux mat. Les pieds, les jambes, l'instrument dans son étui, le buste du vieil homme. Enfin la tête, surmontée d'un chapeau usé. Parvenu en bas de l'escalier, il saluait en soulevant son chapeau et fendait la foule, un sourire aux lèvres. L'Ancien et lui se serraient la main. Il se calait sur son tabouret, occupant son petit bout de scène attenant au bar, et préparait son instrument. Le vieux mat était en place. Nous attendions, immobiles.
La première note rendait la vie à tous ces êtres en suspension. L'homme-saxophone irradiait comme un astre. Son sourire et ses yeux plissés rassuraient. Son souffle ébouriffait nos coeurs. Beaucoup avaient les larmes aux yeux quand il jouait. Je n'y faisais pas exception. Le vieux mat. Un mythe parmi les hommes. Sa poésie émergeait languissante du pavillon, glissait de table en table, rebondissait mollement contre la pierre apparente, puis allait se lover dans les arcs de la voûte où elle prenait une résonance merveilleuse. Personne ne souffrait quand le vieux mat jouait. La tristesse, la douleur, les soucis, tout était adoucit par la délicatesse de sa poésie.
Un soir, la musique se tut. Le vieux mat s'était scindé. Personne n'aurait pu imaginer voir un jour cet impossible se produire. À la fin du dernier morceau, Old Chap avait ôté son harnais mais ne l'avait pas détaché de l'instrument. Lentement, il avait déposé son saxophone sur le bar de L'Ancien. Ce dernier était sorti de son abri de bois. Ils s'étaient étreints. Puis il s'était tourné vers nous. Pour la première fois, son éternel sourire fut emmêlé de larmes. Une nouvelle onde avait traversé nos coeurs. Et les larmes firent briller nos sourires. Old Chap avait fendu la foule, stoppant à ma table. Je m'étais levé. Nous nous étreignîmes avec douceur. « I'm just an old chap », avait-il murmuré. « Goodbye, my friend. »
Ce soir là, le vieux mat s'était scindé. Old Chap était parti. Nous sûmes qu'il ne reviendrait jamais.
La lumière jouait sur les surfaces patinées de l'instrument. Seuls quelques scintillements dorés se perdaient dans les regards, témoins éparses d'un ancien lustre aujourd'hui éteint. Mais la poésie avait fait son oeuvre : accroché au mur du caveau, le vieux mat éveillait encore nos regards. Nous conservions tous, quelque part, un sourire de l'homme-saxophone. Et malgré son départ, nos coeurs palpitaient encore de sa poésie. Tant que nous serions là, le vieux mat ne s'éteindrait jamais.

Lotelé- Nombre de messages: 14
Age: 42
Date d'inscription: 26/01/2012
Re: Le vieux mat
De l'ambiance, du style, des phrases courtes.
Une histoire simple mais originale.
Quelques répétitions un brin lancinantes. J'imagine que c'est pour créer l'ambiance. Mais trop de "poésie" (le mot) nuit à la poésie (du texte)
Je ne connaissais pas cette acception de "scinder".
Une histoire simple mais originale.
Quelques répétitions un brin lancinantes. J'imagine que c'est pour créer l'ambiance. Mais trop de "poésie" (le mot) nuit à la poésie (du texte)
Je ne connaissais pas cette acception de "scinder".

Tizef- Nombre de messages: 390
Age: 70
Localisation: Finistère
Date d'inscription: 09/10/2011

Etrange...
Etrange histoire que cette symbiose de l'homme ( chair ) et de l'instrument ( cuivre ). On a du mal à se le représenter, à imaginer se vie, qui doit être mystérieuse. Que fait-il, où est-il, en dehors de ses apparitions ? Existe-t-il en dehors de ce plan particulier, de ce champ qu'est la cave ?
Et, encore plus curieux, pourquoi tout-à-coup se "scinde"-t-il ? Que devient-il, une fois la partie métallique déposée sur le bar ?
Le vieux "mat", par opposition au brillant de l'instrument ? A moins qu'il ne s'agisse d'une expression argotique ? A Marseille, "le mat", cela veut dire le chat. Alors ?
Curieux texte, pas désagréable à lire, qui laisse une impression de désespoir, de nuit, de surréalisme.
Ubik.
Et, encore plus curieux, pourquoi tout-à-coup se "scinde"-t-il ? Que devient-il, une fois la partie métallique déposée sur le bar ?
Le vieux "mat", par opposition au brillant de l'instrument ? A moins qu'il ne s'agisse d'une expression argotique ? A Marseille, "le mat", cela veut dire le chat. Alors ?
Curieux texte, pas désagréable à lire, qui laisse une impression de désespoir, de nuit, de surréalisme.
Ubik.

ubikmagic- Nombre de messages: 945
Age: 50
Localisation: ... dans le sud, peuchère !
Date d'inscription: 13/12/2009

Re: Le vieux mat
Oh, punaise, Lotelé, tu ne peux pas savoir tout ce que tu as ramené en surface, pour moi, avec ce texte !
Pour en venir à l'écriture : à l'exception du premier paragraphe, que je trouve un peu sur-écrit, j'ai beaucoup admiré ta maîtrise des phrases qui établissent une atmosphère, un rythme, une mise en scène :
Merci pour cette histoire, si bellement évoquée.
Pour en venir à l'écriture : à l'exception du premier paragraphe, que je trouve un peu sur-écrit, j'ai beaucoup admiré ta maîtrise des phrases qui établissent une atmosphère, un rythme, une mise en scène :
C'est un lever de rideau !Les voix disparaissaient peu à peu jusqu'au silence total. Des pas résonnaient dans l'escalier de bois. Le vieux mat. Les pieds, les jambes, l'instrument dans son étui, le buste du vieil homme. Enfin la tête, surmontée d'un chapeau usé.
Merci pour cette histoire, si bellement évoquée.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Le vieux mat
Je suis assez imperméable au jazz, aux sons des cuivres, alors le sujet ne m'a pas passionné outre mesure. Néanmoins je suis parvenu au bout de l'histoire car l'écriture limpide m'a accroché. Par exemple cette phrase :"Sa poésie émergeait languissante du pavillon, glissait de table en table, rebondissait mollement contre la pierre apparente, puis allait se lover dans les arcs de la voûte où elle prenait une résonance merveilleuse."
Un premier texte qui promet des choses intéressantes pour la suite.
Un premier texte qui promet des choses intéressantes pour la suite.

Jano- Nombre de messages: 461
Age: 42
Localisation: Pyrénées Atlantiques
Date d'inscription: 06/01/2009
Re: Le vieux mat
Bonsoir,
Si tu le dis ... d'une manière au demeurant très soignée et très raffinée ...
Amicalement,
midnightrambler
Si tu le dis ... d'une manière au demeurant très soignée et très raffinée ...
Amicalement,
midnightrambler

midnightrambler- Nombre de messages: 1093
Age: 59
Localisation: NORMANDIE laclefdeschamps66@hotmail.fr
Date d'inscription: 10/01/2010
Re: Le vieux mat
J'aime beaucoup le propos mais j'ai eu du mal cependant à aller au bout car je trouve le ton de ton texte assez monocorde, tout en descriptif. Or j'eusse aimé que (comme en jazz?) s'il soit nécessaire de revenir au thème de base de façon régulière voire lancinante, il puisse y avoir aussi des échappées belles, des dilatations du temps, des accélérations du souffle, des soupirs, des divagations, des appartés, des fantaisies, que sais-je ?
J'imagine une plongée dans la réalité de la scène, dans la tête du narrateur sans scaphandrier, avec des dialogues donc , des exclamations, des sursauts émotionnels, qu'on entende la musique, qu'on sente l'odeur des cigarettes.
C'est remarquablement écrit mais maybe un petit peu trop sage. J'admire comme j' admire un objet plaisant en vitrine, mais moi je veux savoir ce que ça fait de s'emparer du truc, de l'acheter ou de le voler.
Et je pense que tu as le potentiel pour me faire ressentir ça.
J'imagine une plongée dans la réalité de la scène, dans la tête du narrateur sans scaphandrier, avec des dialogues donc , des exclamations, des sursauts émotionnels, qu'on entende la musique, qu'on sente l'odeur des cigarettes.
C'est remarquablement écrit mais maybe un petit peu trop sage. J'admire comme j' admire un objet plaisant en vitrine, mais moi je veux savoir ce que ça fait de s'emparer du truc, de l'acheter ou de le voler.
Et je pense que tu as le potentiel pour me faire ressentir ça.

Rebecca- Nombre de messages: 8055
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Le vieux mat
Le "témoins éparses" (au lieu de "épars", "témoin" étant masculin) du début de texte a, c’est idiot, momentanément perturbé ma lecture, toutefois je suis heureuse d’avoir poursuivi. J'ai connu des soirées comme tu les décris ici, un endroit tout semblable, alors ton texte, en faisant resurgir les souvenirs, me touche beaucoup, je le trouve tout en délicatesse, écrit sur la pointe des pieds.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12089
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Le vieux mat
Oui, une écriture sensible, qui emporte. Je continuerai à vous suivre avec intérêt.
Quelques remarques :
– « témoins éparses » : « épars » ;
– « avait fait son oeuvre » : « œuvre » (ligature, Alt + 0156) ;
– « mythe du XXè siècle » : « XXe siècle » (avec « e » en exposant de préférence) ;
– « le moment du libre service » : « libre-service » (trait d'union) ;
– « souffle ébouriffait nos coeurs » : « cœurs » (ligature) ;
– « tout était adoucit » : « adouci » ;
– « traversé nos coeurs » : « cœurs » ;
– « I'm just an old chap » : en italique ;
– « Goodbye, my friend » : pareil ;
– « Ce soir là » : « soir-là » (trait d'union) ;
– « témoins éparses » : « épars », donc ;
– « fait son oeuvre » : « œuvre » ;
– « nos coeurs palpitaient » : « cœurs ».
Quelques remarques :
– « témoins éparses » : « épars » ;
– « avait fait son oeuvre » : « œuvre » (ligature, Alt + 0156) ;
– « mythe du XXè siècle » : « XXe siècle » (avec « e » en exposant de préférence) ;
– « le moment du libre service » : « libre-service » (trait d'union) ;
– « souffle ébouriffait nos coeurs » : « cœurs » (ligature) ;
– « tout était adoucit » : « adouci » ;
– « traversé nos coeurs » : « cœurs » ;
– « I'm just an old chap » : en italique ;
– « Goodbye, my friend » : pareil ;
– « Ce soir là » : « soir-là » (trait d'union) ;
– « témoins éparses » : « épars », donc ;
– « fait son oeuvre » : « œuvre » ;
– « nos coeurs palpitaient » : « cœurs ».
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Le vieux mat
Je vous remercie pour tous ces commentaires. C'est très plaisant à lire quand c'est bien fait.
Tizef => en lisant ton commentaire, puis en relisant le texte, je crois que tu as raison. Trop d'occurences du mot « poésie ». Je vais essayer de le remanier et d'en réduire l'apparition.
Ubikmagic => Outre le fait que ton pseudonyme me fait sourire (non par moquerie mais je le trouve drôle), tes questions m'amusent aussi. Pourquoi donc ? Parce qu'elles soulèvent l'essence même de ce texte : j'ai voulu créer une atmosphère versant par petites touches dans le surréalisme, créer une frontière difficilement traçable. En l'écrivant, j'ai souhaité laisser la plus grande marge de manoeuvre possible à l'imagination et au ressenti. C'est pourquoi je me suis astreint à essayer d'écrire l'émotion. Le vieux mat ? Tu peux l'imaginer comme bon te semble, tout comme sa vie. L'important est de rester dans un univers vacillant entre réel et "surréel". Également, pourquoi se scinde-t-il ? Encore une fois, l'explication t'appartient.
En fait, dans ce texte, tu peux ne chercher aucune explication et décider de laisser le sentiment seul s'exprimer à travers l'espace ficitonnel que tu t'es créé à la lecture. Ton imagination se débride ainsi à souhait et tu peux te laisser transporter par tes émotions.
Le vieux mat : « mat » se rapporte en effet ici à l'absence de brillant, à la teinte de l'usure. C'est à mon sens une belle expression du temps, le temps qui patine, qui transforme et qui donne un charme à travers l'aspect vieilli, parfois dégradé, des choses. C'est un nom que j'ai trouvé parfait car j'imaginais l'homme assez vieux. Par ailleurs, je l'imaginais aussi la peau noire. Mais cela n'engage que moi.
Coline => Je crois que tu as raison, ce premier paragraphe me titillait un peu aussi. Je vais essayer de le remanier légèrement pour casser certaines constructions syntaxiques un peu trop solennelles. Je suis ravi d'avoir partagé à travers ce texte une émotion qui fut, pour moi aussi, très forte.
Jano => Même pas le saxophone ? Un peu ? Tout petit peu ? (La douceur de Stan Getz...) Je peux le comprendre bien sûr. Quoi qu'il en soit merci pour ce commentaire positif.
Midnightrambler => merci également. Je ne pensais pas être raffiné, ce qualificatif me plaît.
Rebecca => Cette vision du texte (et du jazz) peut être très intéressante à développer (d'ailleurs je m'y pencherai probablement maintenant que tu m'en donnes l'idée). Néanmoins, elle ne correspond pas du tout à celle que j'avais en écrivant. La dilatation du temps et l'envolée du souffle se vivent à travers la délicatesse du vieux mat, et au sein même de l'atmosphère languissante de la micro-société intemporelle peuplant ce bar. J'ai voulu ce texte tout en douceur, je l'ai écrit en pensant le bien être. Je voulais que ce texte soit l'expression d'un sourire heureux et serein.
Je ne dirais pas qu'il est « sage », je dirais simplement qu'il exprime une sorte de joie immuable. C'est aussi une manière d'apprécier les choses, sans nécessairement les vivre dans la dimension "funk" ou "bebop" du jazz.
Easter => Je suis très heureux d'avoir pu partager une émotion commune. J'ai en effet écrit ce texte sur la pointe des pieds : le souffle du vieux mat m'arrachait presque de l'attraction terrestre.
Alex => Grand amateur d'un français bien orthographié, je n'ai cependant pas de pavé numérique (seul défaut du 15 pouces). C'est donc par flemme de chercher dans les caractères spéciaux que je choisis délibérément de passer la ligature à la trappe. D'autre part, je ne comprends pas pourquoi je devrais écrire des dialogues en italique. Les guillemets remplissent leur rôle à merveille et sont même la convention typographique ordinaire quand l'écrivain intègre un élément parlé dans une narration continue. Du reste, mea culpa.
Je te remercie en tout cas pour cette précision dans la traque aux erreurs, cela ne peut que m'aider à m'améliorer. Heureux que mon texte t'ait plu, également.
Tizef => en lisant ton commentaire, puis en relisant le texte, je crois que tu as raison. Trop d'occurences du mot « poésie ». Je vais essayer de le remanier et d'en réduire l'apparition.
Ubikmagic => Outre le fait que ton pseudonyme me fait sourire (non par moquerie mais je le trouve drôle), tes questions m'amusent aussi. Pourquoi donc ? Parce qu'elles soulèvent l'essence même de ce texte : j'ai voulu créer une atmosphère versant par petites touches dans le surréalisme, créer une frontière difficilement traçable. En l'écrivant, j'ai souhaité laisser la plus grande marge de manoeuvre possible à l'imagination et au ressenti. C'est pourquoi je me suis astreint à essayer d'écrire l'émotion. Le vieux mat ? Tu peux l'imaginer comme bon te semble, tout comme sa vie. L'important est de rester dans un univers vacillant entre réel et "surréel". Également, pourquoi se scinde-t-il ? Encore une fois, l'explication t'appartient.
En fait, dans ce texte, tu peux ne chercher aucune explication et décider de laisser le sentiment seul s'exprimer à travers l'espace ficitonnel que tu t'es créé à la lecture. Ton imagination se débride ainsi à souhait et tu peux te laisser transporter par tes émotions.
Le vieux mat : « mat » se rapporte en effet ici à l'absence de brillant, à la teinte de l'usure. C'est à mon sens une belle expression du temps, le temps qui patine, qui transforme et qui donne un charme à travers l'aspect vieilli, parfois dégradé, des choses. C'est un nom que j'ai trouvé parfait car j'imaginais l'homme assez vieux. Par ailleurs, je l'imaginais aussi la peau noire. Mais cela n'engage que moi.
Coline => Je crois que tu as raison, ce premier paragraphe me titillait un peu aussi. Je vais essayer de le remanier légèrement pour casser certaines constructions syntaxiques un peu trop solennelles. Je suis ravi d'avoir partagé à travers ce texte une émotion qui fut, pour moi aussi, très forte.
Jano => Même pas le saxophone ? Un peu ? Tout petit peu ? (La douceur de Stan Getz...) Je peux le comprendre bien sûr. Quoi qu'il en soit merci pour ce commentaire positif.
Midnightrambler => merci également. Je ne pensais pas être raffiné, ce qualificatif me plaît.
Rebecca => Cette vision du texte (et du jazz) peut être très intéressante à développer (d'ailleurs je m'y pencherai probablement maintenant que tu m'en donnes l'idée). Néanmoins, elle ne correspond pas du tout à celle que j'avais en écrivant. La dilatation du temps et l'envolée du souffle se vivent à travers la délicatesse du vieux mat, et au sein même de l'atmosphère languissante de la micro-société intemporelle peuplant ce bar. J'ai voulu ce texte tout en douceur, je l'ai écrit en pensant le bien être. Je voulais que ce texte soit l'expression d'un sourire heureux et serein.
Je ne dirais pas qu'il est « sage », je dirais simplement qu'il exprime une sorte de joie immuable. C'est aussi une manière d'apprécier les choses, sans nécessairement les vivre dans la dimension "funk" ou "bebop" du jazz.
Easter => Je suis très heureux d'avoir pu partager une émotion commune. J'ai en effet écrit ce texte sur la pointe des pieds : le souffle du vieux mat m'arrachait presque de l'attraction terrestre.
Alex => Grand amateur d'un français bien orthographié, je n'ai cependant pas de pavé numérique (seul défaut du 15 pouces). C'est donc par flemme de chercher dans les caractères spéciaux que je choisis délibérément de passer la ligature à la trappe. D'autre part, je ne comprends pas pourquoi je devrais écrire des dialogues en italique. Les guillemets remplissent leur rôle à merveille et sont même la convention typographique ordinaire quand l'écrivain intègre un élément parlé dans une narration continue. Du reste, mea culpa.
Je te remercie en tout cas pour cette précision dans la traque aux erreurs, cela ne peut que m'aider à m'améliorer. Heureux que mon texte t'ait plu, également.

Lotelé- Nombre de messages: 14
Age: 42
Date d'inscription: 26/01/2012
Re: Le vieux mat
Nous ne nous sommes pas compris. S'il convenait d'écrire I'm just an old chap en italique, c'est parce que la phrase n'est pas écrite en français : tout mot étranger non naturalisé est censé être typographié en italique, normalement. Bien sûr – je confirme vos propos – les guillemets suffisent à indiquer les parties dialoguées, cela va de soi.
En ce qui concerne les caractères spéciaux, ne vous en faîtes plus ! Vous avez désormais la solution : il vous suffira, si vous le souhaitez, de les copier à partir de mon profil.
En ce qui concerne les caractères spéciaux, ne vous en faîtes plus ! Vous avez désormais la solution : il vous suffira, si vous le souhaitez, de les copier à partir de mon profil.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Le vieux mat
« Faites ». :-)
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Le vieux mat
Je ne me souviens pas avoir vu cette pratique dans des dialogues, mais je n'ai pas la science infuse ni une mémoire infaillible. Je n'avais pas du tout pensé à utiliser ton profil pour les caractères spéciaux. Toutefois, lorsque j'écris, je n'ai pas systématiquement accès à internet ou je n'écris pas avec une page de VE laissée ouverte. Mais je conserve cette possibilité dans un coin. Sait-on jamais.

Lotelé- Nombre de messages: 14
Age: 42
Date d'inscription: 26/01/2012
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