Triptyque Yougoslave

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Triptyque Yougoslave

Message  Mano le Lun 31 Mar 2008 - 15:30

Masoch

Sous mes yeux,
Le sperme du soldat serbe souille
Les recoins secrets de corps prisonniers.

Sous mes yeux,
Le sperme du soldat serbe s'avale
Seule nourriture d'estomacs percés, affamés.

Sous mes yeux,
Le sperme du soldat serbe s'infiltre,
Se mélangeant aux sangs, les purifiants !?

Sous mes yeux,
Le sperme du soldat serbe s'échappe
Des fentes poisseuses des gisants.

Sous mes yeux,
Le sperme du soldat serbe serpente
Entre les amas broyés de chairs abandonnées.

Sous mes yeux,
Le sperme du soldat serbe se répand,
Se voulant tout puissant, insulte à mes idées.

Sous mes yeux,
Biens ouverts,
Devant la télé.

°°°

31 octobre 1991

Nous nous éloignions de Petrinja, un village croate à moitié détruit qui surplombait la ligne de front avec les Serbes dans une petite Yugo rouge. Le chauffeur était un journaliste espagnol d'une quarantaine d'années qui portait une moustache fournie et sombre, de longs cheveux bouclés, des lunettes à montures dorées et des longs doigts fins de dentiste. A sa droite était assise une photographe italienne dans sa trentaine, une cigarette qui n'avait pas de fin glissée entre les lèvres et deux sacs et quatre appareils photos en orbite tout autour d'elle.

Nous étions deux sur la petite banquette arrière : Mark, un "je n'ai jamais su quoi" anglais de vingt huit ans aux cheveux blonds et rasés, possédant un Bomber kaki et des bottes de combats ainsi qu'une solide expertise en matière militaire et moi, un jeune "je veux être" français de vingt et un ans. Si vous aviez ajouté un allemand nous aurions été un échantillon représentatif presque parfait de la Communauté Européenne. Un fait joyeusement commenté par les soldats croates que nous rencontrions, tellement satisfaits de voir des gens d'endroits si importants intéressés par leur combat.

Je voulais aider. Il fallait que je comprenne, peut-être que je me batte, au moins que je me sente proche de ses jeunes croates jeté dans la guerre du jour au lendemain. J'étais arrivé quelques jours plus tôt de Paris à Zagreb dans un semi remorque Mercedes, sans visa autres que mon sourire et ma bonne volonté. Et voilà que j'étais là, une soixantaine de kilomètres au sud de Zagreb, un univers au loin de mon appartement parisien. En très peu d'heures je venais de voir mes premiers cadavres, d'être en dessous de mes premières bombes et d'entendre mes premiers tirs d'armes automatiques. Les jeunes martyres croates que j'avais cru voir à la télévision s'avéraient être de rudes paysans avec de gros ventres d'hommes murs, des uniformes dépareillés et de solides odeurs de transpiration et haleines d'alcool. Néanmoins, j'essayais d'être rude moi même, les encourageants, leur disant que j'organiserais une exposition à la Sorbonne à mon retour afin de changer les mentalités françaises qui étaient pro-Serbes par tradition. Ils riaient beaucoup.

Nous étions tous silencieux dans la petite voiture, le moteur accompagnant nos pensées.

J'étais de retour sur le pont flottant du génie que nous avions traversé lentement par deux fois ; sous la silhouette échevelée de l'ancien pont métallique détruit par une attaque de Mig ; devant les deux canons anti-aériens datant de la Seconde Guerre Mondiale sous leurs filets camouflés et protégés par des sacs de sables à calligraphies chinoises.

De retour au village et au chemin de poussière qui le traversait ; aux cochons errants ; à la grange fumante des obus du matin ; aux maisons en bois désertées et à celle qu'ils appelaient celle du Serbe. La seule ayant eu des murs en parpaings, maintenant ouverte au vent, éventrée, ses meubles éparpillés tout autour.

De retour aux hommes et à leurs visages mal rasés et comment la photographe italienne leur avait demandé de prendre la pose pour elle :

-"Ayez l'air en colère ! Faites semblant de tirer ! Sautez dans la tranchée !"

Et comment ils s'étaient exécutés sans une seule question, probablement trop contents de voir une femme pour dire un mot. De retour à la Kalachnikov sombre et éraflée qu'ils avaient mis entre mes mains et combien elle était lourde et froide ; comment je leur avait rendu, l’abandonnant d’un simple « je ne veux pas » en même temps que tous mes rêves de soldat.

De retour au mur invisible de l'odeur de la mort. Une des maisons avait un cadavre à l'intérieur, un cadavre vieux de quatre jours, et je ne pouvais croire à quel point l'odeur était épaisse. Je pouvais la sentir sur ma peau, la qualité de l'air différait d'un pas à un autre. Aéré et frais d’un côté, saturé et doucereux de chair en décomposition de l’autre. Oui, doucereux !

De retour aux soldats quittant le village pour le front dans des camions bâchés verts avec l'inscription Agro-coop Zagreb inscrite sur leurs portes à l'intérieur d'une fleur rose et à la manière dont un petit tourbillon de poussière a continué à tourner sur lui même un instant alors que le dernier camion venait de disparaître dans le premier virage, en bas dans les bois.

Mes trois compagnons discutaient du chemin à prendre pour rentrer à Zagreb quand soudain, juste en face de nous, à côté d'une petite maison blanche, il y eut un tank. Pas un tank comme le peu que j'avais vu avant, un tank artisanal ! Quelque chose entre une boite de conserve carrée et un Combi Voklswagen, avec une tourelle munie d'une mitrailleuse lourde sur le toit et des dents de requins peintes à l'avant. Une illustration parfaite du dérisoire de la situation des Croates. J'ai demandé au journaliste espagnol de s'arrêter. D'abord il n'a pas voulu, pressé de rentrer à l'Hôtel Continental, mais comme la photographe italienne était de mon avis il a changé le sien.

Près du tank se trouvait une BMW camouflée à la main avec quatre hommes à l'intérieur. Etant le seul du groupe à posséder une accréditation officielle du gouvernement croate, j'étais celui qui étais chargé des premiers contacts avec les soldats que nous rencontrions. Dans mon mauvais anglais je leur ai expliqué que nous voulions prendre des photos. Ils étaient jeunes, mon âge, avec des uniformes flambants neufs. Dans leur mauvais anglais ils ont répondu "no problem". Ils sont sortis de leur voiture, mes compagnons de la leur.

Nous avons commencé à nous serrer les mains, des mots maladroits et des sourires timides avançant à nos lèvres. C'étaient des étudiants envoyés sur le front pour la première fois. La photographe italienne était déjà en action, j'ai décidé de l'imiter. Une voix forte est sortie de la maison. Un petit homme en habit de combat faisait de grand signes dans ma direction, en hurlant comme de colère. Je ne pouvait comprendre un seul mot de ce qu'il disait mais je lui ai fait signe en retour d'un pouce vers le haut :

-"It's O.K. ! Photo ! Photo ! It's O.K. !"

Apparemment, ça ne l'était pas. Il a balancé au loin le bol et la fourchette qu'il avait dans la main puis s'est rapidement avancé vers moi sans s'arrêter un instant de crier. J'ai baissé mon appareil photo. J'ai sorti mon accréditation de mon blouson de cuir, la dépliant avec confiance avant de la lui tendre. Il l'a attrapée, froissée en boule et jetée sans même un regard, ses yeux bleus accrochés dans les miens. Acier. Puis il a agrippé l'appareil photo, l'alcool et l'oignon qui s’échappaient de sa bouche me frappants droit dans le nez. Je l'ai repoussé fermement du plat de ma main et ses doigts ont glissé, laissant des marques huileuses sur le boîtier noir. Il m'a regardé l'air un peu perdu. Ils me regardaient tous l'air un peu perdu.

J'ai récupéré l'accréditation sur le sol et fais marche arrière. J'étais en colère. Je n'avais pas eu le temps de photographier le tank et je ne l'aurais pas fait s'il ne le voulait pas. Les autres impressions sur la pellicules n'étaient pas les siennes. J'étais un ami. Les Serbes étaient les ennemis, pas moi ! La photographe italienne fut la première à réagir, me demandant si j'allais bien. Il a commencé à lui crier de dessus. Sans un mot elle a ouvert son appareil et a lentement déroulé la pellicule devant lui. Je ne le croyais pas, comment pouvait-elle faire cela ? N'était-elle pas journaliste, une pro ?

Tout le monde s'est mis à parler en même temps et j'ai profité de l'instant pour me faufiler dans la voiture en espérant qu'il m'oublierait. Mais il a ouvert la portière et a essayé de m'extraire du siège arrière. Je l'ai regardé droit dans les yeux, lui ordonnant d'arrêter. Il a reculé. Je suis sorti de la voiture. J'ai expliqué en quelques mots d’anglais aux étudiants que je ne donnerais pas ma pellicule car je n'avais pris aucune photo de l'endroit. Ils étaient compréhensifs mais impuissants. Le gros homme était leur sergent et il était irascible quand saoul. Soudain, il a trottiné de retour vers de la maison sans arrêter de vociférer en me désignant du doigt.

Ce n'était pas une Kalachnikov qu'il tenait lorsqu'il est revenu mais une espèce de tromblon dont il a enfoncé le canon évasé dans mon ventre. Froid dur du métal, claquement sec et vibrations de l'armement du chien dans mes boyaux. Silence. J'ai doucement ouvert le boîtier de mon appareil, clic du plastique, et lui ai donné le film sans un geste de plus. Après tout est allé vite. Ralenti des images. Le journaliste espagnol m'a raccompagné à la voiture, Mark et la demoiselle italienne étaient déjà assis, et nous sommes partis. J'ai tourné la tête, la vitre arrière un cadre, dedans un des jeunes soldats en train de jeter furieusement son casque au sol et les trois autres en train d'entourer le sergent dans de grands mouvements de mains vides. Lui, le fusil baissé, ses yeux dans les miens, souriait.

Nous n'avons pas dit un mot pendant un long moment. La première à parler fût la photographe italienne. Elle me demandait mon adresse à Paris pour m'envoyer les photos car le film qu'elle avait déroulé était vierge. C'était une pro, une vraie. J'ai poliment refusé et elle n'a pas insisté. Puis, j'ai commencé à trembler. Trois jours plus tard je suis rentré en France en réalisant, pour ma plus grande surprise, que les trains n’avaient jamais cessé de fonctionner.

Mes amis mon accueillis en héros. Tant de fêtes, d’alcool et d’appartements parisiens ! Et là-bas, tout ce que je n’ai pas été.

°°°

Lettre occidentale à une jeune charogne bosniaque

Ecran. Je ne vois plus que les appâts rances,
Les atours faisandés de tes chairs avariées,
Flasque, morne, je t'imagine sucrée.
Comme je t'aime, je t'entre,
Puante.

Je me colle à tes plaies,
Tes blessures, tes chairs mâchées,
Tant et si bien que tu disparais
Sous moi, mon étreinte,
Ma puissance.

Moi, superbe, riche, développé,
Encore en vie, je t'ignorais,
Devant toi, morte, je pâlie,
Charnier,
Charnier de mes envies.

Mano

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  bertrand-môgendre le Lun 31 Mar 2008 - 16:20

un aventage incontestable dû aux écrits du forum : voyager.
De Marennes à Cancale y'a des moribons qui ralent (Desnos)...Elle me plait ta charogne bosniaque, sujette aux appâts rances.
A retenir, à retenir.
Ton soldat volontaire avait-il posé son casque bleu, sur sa tête ?
De toutes manières, ton reportage est bien réalisé.
Questions vérifications, pour moi, les vérités historiques varient selon la personne qui les promulgue. Donc je te fais confiance.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Sahkti le Mar 1 Avr 2008 - 18:22

Haaa, Mano, j'aime ce que tu as fait là, ce découpage de l'horreur en trois parties et cet accent mis sur une poésie qui illustre bien toute la vulgarité et l'atrocité de ce conflit. Parce que tu as donné de la puissance à tes mots, plaçant les plus laids là où il fallait pour exprimer l'innommable. J'ai aimé, également, ce faux entracte constitué par le récit central, celui d'une autre absurdité, qui pourrait ressembler à un répit mais n'est qu'une facette supplémentaire, voire complémentaire, de ce conflit évitable et pourtant entretenu. Par eux, par nous, par tout le monde.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Mano le Jeu 3 Avr 2008 - 10:10

Cela aurait aussi pu s'intituler "Trois esquisses pour un portrait de l'auteur en jeune homme" à la manière d'un tableau de Francis Bacon.

Le côté tryptique c'est plus comme un retable avec ses deux panneaux à refermer sur la fresque centrale.

Pour ce qui est des "vérités historiques", je ne parle qu'ici que d'un ressenti personnel à une époque donnée. Il n'y a pas de prétentions à faire leçon ou écriture de l'Histoire.

Merci de vos passages.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Zou le Jeu 3 Avr 2008 - 10:21

Tu as vraiment l'art de nous captiver tout entier, tête et tripes, Mano et ça c'est bonheur.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  souris le Jeu 3 Avr 2008 - 13:14

Je devrais imprimer ce texte pour mon frère qui fait des jeux de guéguerre ayant pour cadre l’ex Yougoslavie.
Ton texte, pour moi, c’est un peu du M. G. Dantes en mieux écrit.
Moi, je lui avais écris un texte à mon frère, mais il l’a même pas lu.
C’était avant les élections pestilentielles.
J’y vois un lien, mais juge plutôt :

Dans mon téléviseur

Dans mon téléviseur
Des types crient des horreurs
Et moi comme un couillon
Je ne coupe pas le son.

Les sondes font monter la vapeur
Les ondes sont un bon émetteur
Et mon cerveau est ramollo.

Dans mon téléviseur
Des types cultivent la peur
Et moi comme un bouffon
Je croque dans un oignon.

Les rondes alimentent la terreur
Le monde devient équarrisseur
Et mon cerveau un numéro.

Dans mon téléviseur
Des types sont en fureur
Et moi comme un dindon
J'glougloute ah bah dis don(c).

La blonde parle dans le récepteur
L'immonde se répand en douceur
Et mon cerveau zappe le chaos.

souris

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  souris le Jeu 3 Avr 2008 - 13:17

Dantec, mais c'est pas ça qui compte...

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  mentor le Jeu 3 Avr 2008 - 22:24

souris a écrit:Dans mon téléviseur

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Des types crient des horreurs
Et moi comme un couillon
Je ne coupe pas le son.

Les sondes font monter la vapeur
Les ondes sont un bon émetteur
Et mon cerveau est ramollo.

Dans mon téléviseur
Des types cultivent la peur
Et moi comme un bouffon
Je croque dans un oignon.

Les rondes alimentent la terreur
Le monde devient équarrisseur
Et mon cerveau un numéro.

Dans mon téléviseur
Des types sont en fureur
Et moi comme un dindon
J'glougloute ah bah dis don(c).

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Souris, t'as oublié d'avoir 15 ans ! ;-)

Crée donc un nouveau sujet rien que pour ce texte, il est grand

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Orakei le Jeu 3 Avr 2008 - 22:59

Grand texte, sérieux, bien fait, presque clinique. J'aurais aimé écrire le deuxième partie du triptyque.
Si ce n'est l'odeur d'alcool et d'oignon dans la bouche de l'indigène (il y a d'autre moyen plus originaux d'évoquer la mauvaise odeur, c'est un détail infime, la seule fausse note ).
Bravo Mano !

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Orakei le Jeu 3 Avr 2008 - 23:01

Souris, oui ! Ton texte est génial !

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  souris le Ven 4 Avr 2008 - 8:13

Très bientôt 16 et j’ai un environnement familial et amical très stimulant.
En plus je ne suis pas blonde et comme dit mon grand quasi frère (37 ans) : elle percute vite la frangine.
Merci mentor, merci orakei, c’est gentil d’avoir aimé mon texte, mais je l’ai écrit l’année dernière et autant rester dans l’actu. Ce sera juste entre nous.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Mano le Ven 4 Avr 2008 - 12:07

souris a écrit:Je devrais imprimer ce texte pour mon frère qui fait des jeux de guéguerre ayant pour cadre l’ex Yougoslavie.
Ton texte, pour moi, c’est un peu du M. G. Dantes en mieux écrit.
Moi, je lui avais écris un texte à mon frère, mais il l’a même pas lu.
C’était avant les élections pestilentielles.
J’y vois un lien, mais juge plutôt :

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Des types crient des horreurs
Et moi comme un couillon
Je ne coupe pas le son.

Les sondes font monter la vapeur
Les ondes sont un bon émetteur
Et mon cerveau est ramollo.

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Des types cultivent la peur
Et moi comme un bouffon
Je croque dans un oignon.

Les rondes alimentent la terreur
Le monde devient équarrisseur
Et mon cerveau un numéro.

Dans mon téléviseur
Des types sont en fureur
Et moi comme un dindon
J'glougloute ah bah dis don(c).

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Et mon cerveau zappe le chaos.


Super souris. J'aime quand les textes se téléscopent comme ça.
Cependant tu auras noté que le texte central ne se passe pas derrière un écran mais sur place et qu'un des thèmes du triptyque et de la difficulté du passage à l'acte. Que faire sur place, réellement ? Cela a-t-il plus de sens ?

Pour ton frère, tant qu'il n'a pas de bave blanche qui lui coule le long du menton et les yeux qui se révulsent, les jeux vidéos ne sont pas trop dangeureux. Bon, il peut rester scotché pendant des heures à sa manette, perdre sa femme et son boulot mais cela n'est que du dégat colatéral... Tant que le système nerveux central tient il y a une chance de survie.

Pour ce qui est de Dantec, je ne crois pas avoir un meilleur style, merci quand même... (ceci-dit le dernier que j'ai lu m'a vraiment énérvé par tant de systématisme) pourtant j'avais vraiment aimé la Sirène Rouge à sa sortie ( c'est bien vu de me parler de lui car j'ai écrit les deux poèmes à cette époque) et les Racines du mal.

Orakei : désolé mais ce mec puait l'oignon et l'alcool... il était en train de manger. Faut pas l'écrire ? Ne pas le dire n'est-ce pas commencer la fiction ? Je ne sais pas. En tout cas au milieu de tout ça c'est cette odeur qui est restée et quand j'y repense elle revient...

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Krystelle le Dim 6 Avr 2008 - 12:48

Le coeur du triptyque me convainc davantage que les poèmes qui l'encadrent parce qu'il me semble que racontés simplement, sobrement, les évènements et la manière dont ils sont vécus acquièrent ici plus de poids.
C'est ce qui me plait dans ton texte central : pas de fioritures, pas d'excès dans l'horreur, pas de lieux communs ni personnages stéréotypés etc... Du coup, ces lignes sont très efficaces.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  lol47 le Dim 6 Avr 2008 - 13:21

Ce sabre-
S’herbe le sabre _ Mano.

Polyphonie /merde ! Mon père va mourir !

Polyphonie/ merde ! Je ne ferai plus jamais l’amour…à une femme enceinte-
Co’Mon ex…

Alors, De Profundis je mate, les petites rappeuses en short serré à leurs entournures.

J’herbe le sabre _Mano.

Tu entends_ Mano ? Je dé_ s’arbre, je dé_ serbe, je m’arbre puis je chante, puis je me tais.

Let me know, Mano.
M’arc_bouter et me faire mal, me sabrer, je clame, je slamme, je rappe, je dérape.

Je tombe, je creuse, je suis tombé.
Tombé dans le trou que j’ai creusé.

Creuset des mots Rockn’Roll, des mondes parallèles, du triptyque Yougoslave.
Oui je slave les mots pour parcourir l’ennui,
Pour courir vers la mort,
Yougoslave,
Slave_ la vie, esclave la vie !

Je me parfume -perfume ?-
Me perfuse, l’injection est vitale.
Solidaire des animaux solitaires, des animaux crevés.

De Profundis_Mano, tu m’entends ?

Keishia chante, danse.
Elle est jolie dans son pull serré.

Tu sais_ Mano, Comme un samourai qui fait couler une larme de sabre !
Un samourai, sans tréma.

Concluant le triptyque,
Sentant monter, la clameur, alors je slamme comme,
Un gosse,
Un yougoslave !
De Sarajevo à La Havane, j’écris, je décrypte , je baise les mots,
Dans le charnier désertique,
Des profondeurs De Profundis_ Mano…



A_ MANO.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Mano le Jeu 6 Nov 2008 - 9:17

Je viens seulement de t'entendre !!!!

Merci.

Mano

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Kilis le Jeu 6 Nov 2008 - 10:32

J'ai particulièrement apprécié le texte central. Suis d'accord avec Chris, ta manière de relater les événements est très efficace. Et j'aime beaucoup la réflexion finale:
"Mes amis m'ont accueillis en héros. Tant de fêtes, d’alcool et d’appartements parisiens ! Et là-bas, tout ce que je n’ai pas été."

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  coline Dé le Jeu 6 Nov 2008 - 11:53

Merci Pili, d'avoir fait remonter ces textes !
Je ne me sens pas de taille à commenter. Juste merci.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  coline Dé le Jeu 6 Nov 2008 - 11:55

Pardon, c'est Mano qui a fait remonter alors doublement merci, Mano.

coline Dé

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Easter(Island) le Jeu 6 Nov 2008 - 12:12

Même si les poèmes sont réussis, je préfère le texte central si habile à démythifier la guerre. C'est bien écrit, sobre et très fort à la fois.

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  mentor le Ven 7 Nov 2008 - 17:58

Souris ? Elle devient quoi notre petite Souris de bientôt 16 ans ?
Tiens, et en plus ça fait remonter le beau texte de Mano ;-)

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Re: Triptyque Yougoslave

Message  Lucy le Lun 10 Nov 2008 - 20:49

Excellent, ce triptyque.

Du coup, je retrouve le poème de Lol par la même occasion.

J'aimerais revoir cette télésuite anglaise qui suivait des casques bleus impuissants dans l'enfer de cette guerre. Les images flottent encore sous mes paupières. Puissantes et inoubliables.

Lucy

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