Lucien, Edmond et Camille l'enragée
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Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Lucien, Edmond et Camille l'enragée.
Quand le coq, à midi chantera,
Le temps changera,
Ou de même, restera.
Un dicton né dans la région Sud Berry : (b-m)
Le temps changera,
Ou de même, restera.
Un dicton né dans la région Sud Berry : (b-m)
...Du langage des oiseaux nul ne sait interpréter les signaux. Personne ? Ou peut-être, seuls Lucien et Edmond.
...Jumeaux de naissance, ils vivaient dans la campagne berrichonne, très connue pour le passage des grues cendrées. Deux fois l'an, elles séjournaient le temps d'une étape de nuit, avant de poursuivre leur migration du Nord vers le Sud ou inversement, suivant la saison. Cette année-là, les grands oiseaux criards annonçant les beaux jours, déposèrent un colis sur le monticule asséché, formant île, au centre de l'étang des brandes. D'un linge serré, noué, émanait la tranquille intention de vie d'un poupon rosi par son voyage en altitude. Lucien et Edmond, en vadrouille comme chaque dimanche, découvrirent le paquet léger et le trouvèrent bien remuant.
Penchés au-dessus du bébé, ils s'amusèrent fièrement à imiter les chants des échassiers, variant leurs Krou Krou Krou, avec des Kraah Kraah Kraah et des Krouah Krouah Krouahha. Sans répondre, le nourrisson brillait des yeux, babillait, pointe de langue humide ornée de bave bulleuse.
...Toujours ensemble, les deux frères, complices s'aidaient en toutes choses.
Embarqués à bord de leur radeau sommaire, ils s'empressèrent de gagner leur demeure, avant que midi ne sonne au clocher du village des Armais. Issus d'une famille nombreuse, Lucien et Edmond étaient les derniers nés des enfants, élevés sous ce toit de chaume. La maison, dressée sur le plat, au bord de la pièce d'eau, aurait pu porter le nom de mansarde, si les compagnons bâtisseurs, ne s'étaient pas évertués à donner aux murs en torchis, un aspect chaud et lumineux révélé par la glaise provenant d'un trou de proximité devenue bâchasse, indispensable à l'abreuvement du bétail de la ferme.
...Les garçons déposèrent le colis, sur le perron de la maison, frappèrent contre la porte, se cachèrent derrière la haie. La mère ouvrit le fenestron, entendit les rires étouffés de ses petits garnements, cria à la soupe et s'en retourna sans rien avoir remarqué ce qui, doux et chaud, remuait vers l'entrée.
...Se taire ne dure qu'un temps. Lorsque la faim ranima ses brûlures, ce furent les cris qui cédèrent la place à la patience.
Ainsi donc, un nourrisson fraîchement emmailloté hurla comme biquet cherchant la tétée. La mère ne mit guère de temps à évaluer la situation, sermonna ses filous en les priant de se dépêcher à lui amener la chèvre blanche, nouvelle nourrice depuis l'aube. Et c'est directement dans la cuisine, que Lucien et Edmond, tinrent Blanquette, immobilisée au-dessus du plancher où braillait le petit homme. L'apprentissage se passa d'explications. Une tétine en bouche, étouffa aussitôt les pleurs de l'affamé.
... — Où l'avez-vous trouvé ?
...— Là-bas sur l'île.
...— Tout seul, comme ça ?
...— Oui, ce sont les grues qui l'ont déposé.
...— Comme il est beau. Regardez les enfants, il ...boit, il boit. Il avait faim ce drôle. C'est la ...Providence qui nous l'envoie. Je vais m'en ...occuper. On va l'appeler Camille ».
Quelques cuillères de miel calmèrent l'appétit du vorace.
...Voilà comment Camille entra dans la vie de Lucien et Edmond.
Le lecteur attentif remarquera la féminisation du prénom qui survint aussitôt après la surprise lors du premier change du bébé.
* * *
...Lucien et Edmond s'aimaient tendrement, adoptèrent leur nouvelle mascotte qui devint rapidement compagne de jeux, puis naturellement, compagne des balbutiements amoureux. À tour de rôle ils offrirent le miel brun qu'elle affectionnait et particulièrement celui plus fort, imprégné des saveurs d'automne.
...Un beau jour, teinté d'harmonie joyeuse, Camille se maria avec Lucien, épousant par la même occasion la compagnie d'Edmond, qui s'avéra vite devenir une lourde charge pour l'harmonie de son couple. Bravant la force des choses, elle voulut l'exclusivité de son mari en emménageant dans le village voisin des Armais. Elle se rendit compte de la réelle difficulté de séparation des deux compères. Une excuse malicieuse, un service urgent à rendre ou une course importante étaient autant de subterfuges habiles et de prétextes douteux, pour donner aux frères l'occasion de se retrouver.
Peu à peu, Camille s'enferma dans un mutisme profond, préférant rejeter Edmond, plutôt que de le voir rigoler avec son jumeau.
...Elle décida de les rendre ennemis de guerre.
...Ses combines ne manquaient pas d'imagination. Un jour, par exemple, elle prit le filet de pêche de son mari, en lâcha les poissons, et mit cela sur le compte d'Edmond. Devenue méchante, elle avait en elle la volonté de détruire leur liaison. Une autre fois, elle enflamma les brandes sèches de Lucien, et accusa Edmond qui avait, soi-disant, oublié sur le lieu du crime, sa besace, bien connue de tous.
...Envieuse, sa volonté de salir l'image de l'un ou de l'autre, ne parvint jamais à casser le lien qui unissait les deux frères, car à chaque fois, ils découvraient la responsable de ces actes lâches. Pourtant, ils ne prirent pas ombrage des manigances de leur petite demi-sœur, et au contraire, lui attribuèrent des degrés de réussite, en prenant le parti d'en rire.
...Furieuse la Camille, loin de calmer son envie de cesser ce jeu, en perdit le sommeil, cherchant à améliorer sa prochaine méchanceté. Le dégoût, qu'elle portait à Edmond, amplifia la haine ressentie pour Lucien, s'apercevant que la tendresse des deux complices les rapprochait à chaque mauvais coup d'elle.
...Alors, Camille décida d'en tuer un...

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
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Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
...Pour mettre en exécution sa sentence punitive, Camille attendait le moment opportun. L'occasion rêvée se présenta dès le lendemain matin. Elle vit Edmond allongé au bord de l'étang, dormir d'un sommeil profond. Avec toute la perfidie silencieuse d'un serpent, elle le lia sans difficulté dans son filet de pêche de telle manière qu'il ne pourrait pas bouger le petit doigt en se réveillant.
...Ensuite, elle s'en retourna trouver Lucien et lui dit :
...« J’ai envie de préparer une boisson avec des noix ...vertes depuis bien longtemps. Viens avec moi et ...allons en cueillir quelques-unes »
...Le mari accepta, à mille lieues de soupçonner l 'ampleur du nouveau mauvais dessein de sa femme. Ils s'approchèrent du magnifique noyer centenaire dont les fruits semblaient convenir à ladite boisson. Sous les recommandations de Camille, il grimpa pour atteindre le sommet de l'arbre. Lucien ne pouvant pas la voir, elle prépara sa hache. Quand il s’arrêta pour commencer sa récolte, il s'aperçut qu'elle le talonnait de peu.
...Camille rassemblant ses forces, guidées par sa folie criminelle, lui porta un formidable coup de hache à la jambe, qui, tranchée nette, dégringola au pied de l'énorme tronc. Elle avait escompté qu'après ce coup effroyable, l'homme ne se maintiendrait pas dans l’arbre, effectuerait une chute mortelle. Que Nenni. Il ressenti en effet, une affreuse souffrance, mais ne tomba pas. Lucien reprit au contraire son ascension vers la cime aux branches fragiles. La femme grimpait derrière lui en hurlant :
...« Inutile de te sauver, tu ne m’échapperas pas. Je te rattraperai et te tuerai ! »
...Son mari, parvenu tout en haut de l'arbre, n’avait plus où aller. Les tiges étaient si minces que la moindre brise suffisait à les faire frémir. Elles ployaient déjà sous le poids des fruits ; qu'auraient-elles fait sous celui d’un homme ? Camille préparait déjà son arme, l'abattrait à nouveau avec la force abominable, nécessaire à couper la seconde jambe du condamné, lorsque ...se produisit... un phénomène extraordinaire : au dernier instant, Lucien s’éleva au dessus du noyer et, comme s’il avait été soulevé par une main salvatrice, deux grues l'emportèrent au sein du groupe migrateur, rassemblé en spirale pour utiliser sans se fatiguer, les courants ascendants.
...Fascinée, la criminelle ne pouvait en détacher le regard. Elle vit s’éloigner son homme, rétrécir et se perdre dans les nuages. Elle avait beau écarquiller les yeux, elle se rendait bien compte qu'il ne reviendrait pas. Le moment de stupéfaction passé, elle se dit :
...« Basta ! Personne ne le reverra et jamais on ne saura ce qui s’est passé. Je vais donc pouvoir me débarrasser de son frère sans difficulté. »
...Elle descendit du noyer, jeta la jambe dans l'étang le plus proche, se débarrassa de la hache couverte de sang, sous un buisson, et, comme si de rien n’était, retourna chez elle.
...Quelques instants après, Edmond entra dans sa maison et demanda :
...« Où est mon frère ?
...— C'est toi qui devrais le savoir. Vous êtes ...toujours à traîner ensemble, répondit brutalement ...Camille. Où courais-tu encore, vilain ?
...— Je me suis endormi en pêchant et me suis si ...bien empêtré dans mon filet, qu'il a fallu l'aide d'un ...voisin pour me sortir de ce piège.
...— Allez va ! Tu vois bien que j'ai du travail. Si tu ...revois Lucien avant moi, dis-lui de rentrer du ...bois. »
...Bien que les paroles de sa belle-sœur, eussent un goût de menterie, Edmond hésitait. Il n'était pas d'usage à l'un comme à l'autre, de partir sans s'en parler au préalable. Un brin inquiet, affûté par le souvenir de ses précédents coupables agissements, il décida de partir à la recherche de son frère. Il erra tout l’après-midi, s'enquit de lui auprès des voisins, porta sa quête jusqu'au grand chemin, et c'est tête basse qu'il revint bredouille. Dans la soirée, il trouva et reconnut la hache de Lucien et vit sur le tranchant des traces de sang humain. Découragé autant que dépité, il s’assit, seul, devant son modeste indice, se torturant l’esprit pour essayer de deviner quel crime affreux avait bien pu être commis. Écoutant les claquements de becs des oiseaux migrateurs, il leva la tête :
...« Krouah Krou Krou, Kraah Kraah Kraah, Krouah ...Krouah Krouahha » criaient les grues par milliers. Le dessin formé par les oiseaux traçait la silhouette familière de son frère, son frère qui n'était pas de chair et de sang, mais qui n'avait plus qu'une seule jambe. Il entendit, venant du ciel, une voix très basse, qu’il reconnut aussitôt :
...« Crois en moi, crois en toi , crois en nous, je ne ...suis pas mort Edmond.
...— Pourquoi voles-tu là-haut Lucien ? Qui t'a coupé ...la jambe ? »
Son jumeau lui fit un récit fidèle de ce qui s’était passé et termina par ces mots :
...« Camille est devenue une méchante femme, ...dépourvue de tout sentiment humain. Nous lui ...avons toujours tout pardonné, mais elle a conçu ...pour nous une haine si farouche qu’elle a voulu me ......tuer, en premier… et je ne ...serais pas surpris qu'elle veuille, toi aussi, te ...supprimer.
...— Lucien, je me vengerai de son crime, je te le ...jure !
...— Crois en moi, crois en toi, crois en nous, » furent les derniers mots échangés, noyés dans le vacarme des claquements de becs.
...Dès le lendemain, s’offrit à Edmond l’occasion de tenir sa promesse. Il s’aperçut, par hasard, qu'un essaim d'abeilles sauvages avait élu domicile dans le tronc creux d'un châtaignier. Il se rappela aussitôt à quel point sa belle-sœur était friande de miel. Dans le bois, il découpa soigneusement un trou assez grand pour qu’une personne puisse y passer et cacha à proximité la partie qu’il avait enlevée.
...Puis, il alla trouver Camille et lui dit :
...« Mon frère a disparu. Mes recherches m'ont c...onduite vers un arbre...
...— . . . Et alors ?
...— J’y ai découvert, une grande quantité de miel. ...Tu ne voudrais pas aller le récolter ? Moi… Ça ne ...me dit trop rien… j'ai des carpes à vider. . .
...— Si, je veux aller le ramasser ? Pardi, oui. Je ne ...vais pas manquer cela, surtout s’il y en a autant que tu le dis ! » Répondit la belle-sœur soulagée et tout affriandée.
...Elle pria le jeune homme de la conduire, se chargea de la grande jatte sortie de sa remise. Elle se pressait sans cesser de le hâter pour que personne ne les devance et ils furent bientôt rendus. Edmond montra, l'emplacement en disant :
...« Tu vois ? C’est là. Enfumons-les, tu pourras ...remplir ton récipient à ras bord.
Comme la femme hésitait un peu, il insista.
...— Si tu ne me crois pas, je vais y aller le ...premier. »
...Il cassa une longue perche et l'introduisit dans l’arbre. Il ressortit l’instant d’après, sa branche tout engluée de miel brun doré. Celui-ci était si onctueux que la belle-sœur sentit la gourmandise lui monter à la bouche. Et, sans plus d’hésitation, elle entra dans la cavité, emportant sa jatte.
...C’est ce qu’attendait Edmond. Il jeta une grosse pierre aux abeilles, les excita de son bâton, boucha soigneusement l’ouverture du tronc avec sle bois qu’il avait préparé et l’ajusta assez solidement que même le taureau, d’un coup de sa puissante corne, n’aurait pu en venir à bout. Puis il se retourna sans plus se soucier des gémissements déchirants de Camille, non plus que du bourdonnement des abeilles sauvages en folie, trouvant sur place, chair fraîche à boursouffler.
...Quand tomba la nuit, son frère Lucien lui apparut de nouveau sous la forme d'une grue reposant sur une patte.
...« Je sais que tu m’as vengé et tu as agi selon la ...justice ! » Déclara-t-il à son Edmond qui le contemplait...
...Puis il continua, mais, à chaque mot, sa voix s’affaiblissait et ne fut bientôt qu’un simple murmure :
...— Je vais t’offrir une récompense : sache que, ...lorsque tu me verras atterrir sur les étangs, le ...lendemain, vous aurez du beau temps. »
...Peut-être ajouta-t-il d’autres paroles, peut-être n’en ajouta-t-il pas, la brise du soir emporta son murmure et plus jamais sa voix ne frappa une oreille humaine.
...Seule cette attente des vagues ondulantes tout en V majestueuses, aujourd’hui encore, rapporte le souvenir de Lucien dans le ciel.
...Mais deux autres choses empêchent que les Berrichons n’oublient jamais son souvenir. Depuis ce jour, ils savent que ce que l’on prend pour les craquements et les crissements du vieil arbre, ce sont les plaintes de la mauvaise femme qui est enfermée à jamais.
...Et ils savent aussi que, s’ils aperçoivent au ciel, le vol des grands oiseaux, une période douce ou froide va commencer.
...Ça s'est passé comme ça pour Lucien, Edmond et Camille. (bertrand-môgendre)
...Ensuite, elle s'en retourna trouver Lucien et lui dit :
...« J’ai envie de préparer une boisson avec des noix ...vertes depuis bien longtemps. Viens avec moi et ...allons en cueillir quelques-unes »
...Le mari accepta, à mille lieues de soupçonner l 'ampleur du nouveau mauvais dessein de sa femme. Ils s'approchèrent du magnifique noyer centenaire dont les fruits semblaient convenir à ladite boisson. Sous les recommandations de Camille, il grimpa pour atteindre le sommet de l'arbre. Lucien ne pouvant pas la voir, elle prépara sa hache. Quand il s’arrêta pour commencer sa récolte, il s'aperçut qu'elle le talonnait de peu.
...Camille rassemblant ses forces, guidées par sa folie criminelle, lui porta un formidable coup de hache à la jambe, qui, tranchée nette, dégringola au pied de l'énorme tronc. Elle avait escompté qu'après ce coup effroyable, l'homme ne se maintiendrait pas dans l’arbre, effectuerait une chute mortelle. Que Nenni. Il ressenti en effet, une affreuse souffrance, mais ne tomba pas. Lucien reprit au contraire son ascension vers la cime aux branches fragiles. La femme grimpait derrière lui en hurlant :
...« Inutile de te sauver, tu ne m’échapperas pas. Je te rattraperai et te tuerai ! »
...Son mari, parvenu tout en haut de l'arbre, n’avait plus où aller. Les tiges étaient si minces que la moindre brise suffisait à les faire frémir. Elles ployaient déjà sous le poids des fruits ; qu'auraient-elles fait sous celui d’un homme ? Camille préparait déjà son arme, l'abattrait à nouveau avec la force abominable, nécessaire à couper la seconde jambe du condamné, lorsque ...se produisit... un phénomène extraordinaire : au dernier instant, Lucien s’éleva au dessus du noyer et, comme s’il avait été soulevé par une main salvatrice, deux grues l'emportèrent au sein du groupe migrateur, rassemblé en spirale pour utiliser sans se fatiguer, les courants ascendants.
...Fascinée, la criminelle ne pouvait en détacher le regard. Elle vit s’éloigner son homme, rétrécir et se perdre dans les nuages. Elle avait beau écarquiller les yeux, elle se rendait bien compte qu'il ne reviendrait pas. Le moment de stupéfaction passé, elle se dit :
...« Basta ! Personne ne le reverra et jamais on ne saura ce qui s’est passé. Je vais donc pouvoir me débarrasser de son frère sans difficulté. »
...Elle descendit du noyer, jeta la jambe dans l'étang le plus proche, se débarrassa de la hache couverte de sang, sous un buisson, et, comme si de rien n’était, retourna chez elle.
...Quelques instants après, Edmond entra dans sa maison et demanda :
...« Où est mon frère ?
...— C'est toi qui devrais le savoir. Vous êtes ...toujours à traîner ensemble, répondit brutalement ...Camille. Où courais-tu encore, vilain ?
...— Je me suis endormi en pêchant et me suis si ...bien empêtré dans mon filet, qu'il a fallu l'aide d'un ...voisin pour me sortir de ce piège.
...— Allez va ! Tu vois bien que j'ai du travail. Si tu ...revois Lucien avant moi, dis-lui de rentrer du ...bois. »
...Bien que les paroles de sa belle-sœur, eussent un goût de menterie, Edmond hésitait. Il n'était pas d'usage à l'un comme à l'autre, de partir sans s'en parler au préalable. Un brin inquiet, affûté par le souvenir de ses précédents coupables agissements, il décida de partir à la recherche de son frère. Il erra tout l’après-midi, s'enquit de lui auprès des voisins, porta sa quête jusqu'au grand chemin, et c'est tête basse qu'il revint bredouille. Dans la soirée, il trouva et reconnut la hache de Lucien et vit sur le tranchant des traces de sang humain. Découragé autant que dépité, il s’assit, seul, devant son modeste indice, se torturant l’esprit pour essayer de deviner quel crime affreux avait bien pu être commis. Écoutant les claquements de becs des oiseaux migrateurs, il leva la tête :
...« Krouah Krou Krou, Kraah Kraah Kraah, Krouah ...Krouah Krouahha » criaient les grues par milliers. Le dessin formé par les oiseaux traçait la silhouette familière de son frère, son frère qui n'était pas de chair et de sang, mais qui n'avait plus qu'une seule jambe. Il entendit, venant du ciel, une voix très basse, qu’il reconnut aussitôt :
...« Crois en moi, crois en toi , crois en nous, je ne ...suis pas mort Edmond.
...— Pourquoi voles-tu là-haut Lucien ? Qui t'a coupé ...la jambe ? »
Son jumeau lui fit un récit fidèle de ce qui s’était passé et termina par ces mots :
...« Camille est devenue une méchante femme, ...dépourvue de tout sentiment humain. Nous lui ...avons toujours tout pardonné, mais elle a conçu ...pour nous une haine si farouche qu’elle a voulu me ......tuer, en premier… et je ne ...serais pas surpris qu'elle veuille, toi aussi, te ...supprimer.
...— Lucien, je me vengerai de son crime, je te le ...jure !
...— Crois en moi, crois en toi, crois en nous, » furent les derniers mots échangés, noyés dans le vacarme des claquements de becs.
...Dès le lendemain, s’offrit à Edmond l’occasion de tenir sa promesse. Il s’aperçut, par hasard, qu'un essaim d'abeilles sauvages avait élu domicile dans le tronc creux d'un châtaignier. Il se rappela aussitôt à quel point sa belle-sœur était friande de miel. Dans le bois, il découpa soigneusement un trou assez grand pour qu’une personne puisse y passer et cacha à proximité la partie qu’il avait enlevée.
...Puis, il alla trouver Camille et lui dit :
...« Mon frère a disparu. Mes recherches m'ont c...onduite vers un arbre...
...— . . . Et alors ?
...— J’y ai découvert, une grande quantité de miel. ...Tu ne voudrais pas aller le récolter ? Moi… Ça ne ...me dit trop rien… j'ai des carpes à vider. . .
...— Si, je veux aller le ramasser ? Pardi, oui. Je ne ...vais pas manquer cela, surtout s’il y en a autant que tu le dis ! » Répondit la belle-sœur soulagée et tout affriandée.
...Elle pria le jeune homme de la conduire, se chargea de la grande jatte sortie de sa remise. Elle se pressait sans cesser de le hâter pour que personne ne les devance et ils furent bientôt rendus. Edmond montra, l'emplacement en disant :
...« Tu vois ? C’est là. Enfumons-les, tu pourras ...remplir ton récipient à ras bord.
Comme la femme hésitait un peu, il insista.
...— Si tu ne me crois pas, je vais y aller le ...premier. »
...Il cassa une longue perche et l'introduisit dans l’arbre. Il ressortit l’instant d’après, sa branche tout engluée de miel brun doré. Celui-ci était si onctueux que la belle-sœur sentit la gourmandise lui monter à la bouche. Et, sans plus d’hésitation, elle entra dans la cavité, emportant sa jatte.
...C’est ce qu’attendait Edmond. Il jeta une grosse pierre aux abeilles, les excita de son bâton, boucha soigneusement l’ouverture du tronc avec sle bois qu’il avait préparé et l’ajusta assez solidement que même le taureau, d’un coup de sa puissante corne, n’aurait pu en venir à bout. Puis il se retourna sans plus se soucier des gémissements déchirants de Camille, non plus que du bourdonnement des abeilles sauvages en folie, trouvant sur place, chair fraîche à boursouffler.
...Quand tomba la nuit, son frère Lucien lui apparut de nouveau sous la forme d'une grue reposant sur une patte.
...« Je sais que tu m’as vengé et tu as agi selon la ...justice ! » Déclara-t-il à son Edmond qui le contemplait...
...Puis il continua, mais, à chaque mot, sa voix s’affaiblissait et ne fut bientôt qu’un simple murmure :
...— Je vais t’offrir une récompense : sache que, ...lorsque tu me verras atterrir sur les étangs, le ...lendemain, vous aurez du beau temps. »
...Peut-être ajouta-t-il d’autres paroles, peut-être n’en ajouta-t-il pas, la brise du soir emporta son murmure et plus jamais sa voix ne frappa une oreille humaine.
...Seule cette attente des vagues ondulantes tout en V majestueuses, aujourd’hui encore, rapporte le souvenir de Lucien dans le ciel.
...Mais deux autres choses empêchent que les Berrichons n’oublient jamais son souvenir. Depuis ce jour, ils savent que ce que l’on prend pour les craquements et les crissements du vieil arbre, ce sont les plaintes de la mauvaise femme qui est enfermée à jamais.
...Et ils savent aussi que, s’ils aperçoivent au ciel, le vol des grands oiseaux, une période douce ou froide va commencer.
...Ça s'est passé comme ça pour Lucien, Edmond et Camille. (bertrand-môgendre)

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
Age: 56
Localisation: à vau-le-vent
Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Ils sont méchants comme ça les Berrichons ? Conteurs prolixes en tout cas !
J'ai relevé des petites choses, pas pu m'en empêcher :
J'ai relevé des petites choses, pas pu m'en empêcher :
et s'en retourna sans rien avoir remarqué ce qui, doux et chaud, remuait vers l'entrée. => Je crois que le rien est en trop
Pour mettre en exécution => je dirais à
Il ressentit en effet
Mes recherches m'ont conduit vers un arbre

Easter(Island)- Nombre de messages: 12093
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Bertrand... comment as-tu pu faire évoluer cette petite chose tombée du ciel, ce petit être entouré d'une telle aura de merveilleux, porteur de mille douces espérances, vers un personnage aussi sombre, aussi méchant, à l'âme aussi laide... ?
je m'attendais à un conte de fée et je me retrouve face à une horrible mégère... pire encore !
tss tss tss
je m'attendais à un conte de fée et je me retrouve face à une horrible mégère... pire encore !
tss tss tss

Reginelle- Nombre de messages: 1763
Age: 61
Localisation: à l'ombre d'un cerisier
Date d'inscription: 07/03/2008
Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
.
Ah quoi ça sert de se casser le tronc de noyer si c'est pour que tout le monde puisse se dépêtrer des filets et se transformer en grue, le combat était truqué d'avance ! ☺☺☺
Quelques remarques :
Lucien et Edmond s'aimaient tendrement, adoptèrent leur nouvelle mascotte qui devint
Le changement de temps est gênant, voire incorrect. Tu ne voulais pas écrire plutôt : Lucien et Edmond qui s'aimaient tendrement, adoptèrent...
l'ampleur du nouveau mauvais dessein de sa femme.
un peu lourd, je trouve
affûté par le souvenir de ses précédents coupables agissements
lourde aussi cette succession d'adjectifs
je te le ...jure !
je ne comprends pas tous ces blancs qu'il y a partout
Mon frère a disparu. Mes recherches m'ont c...onduite vers un arbre...
conduit, non ?
que même le taureau, d’un coup de sa puissante corne, n’aurait pu en venir à bout
as-tu parlé d'un taureau auparavant ? Dans la négative,
un article indéfini : un taureau, serait peut-être plus approprié.
.
Ah quoi ça sert de se casser le tronc de noyer si c'est pour que tout le monde puisse se dépêtrer des filets et se transformer en grue, le combat était truqué d'avance ! ☺☺☺
Quelques remarques :
Lucien et Edmond s'aimaient tendrement, adoptèrent leur nouvelle mascotte qui devint
Le changement de temps est gênant, voire incorrect. Tu ne voulais pas écrire plutôt : Lucien et Edmond qui s'aimaient tendrement, adoptèrent...
l'ampleur du nouveau mauvais dessein de sa femme.
un peu lourd, je trouve
affûté par le souvenir de ses précédents coupables agissements
lourde aussi cette succession d'adjectifs
je te le ...jure !
je ne comprends pas tous ces blancs qu'il y a partout
Mon frère a disparu. Mes recherches m'ont c...onduite vers un arbre...
conduit, non ?
que même le taureau, d’un coup de sa puissante corne, n’aurait pu en venir à bout
as-tu parlé d'un taureau auparavant ? Dans la négative,
un article indéfini : un taureau, serait peut-être plus approprié.
.

apoutsiak- Nombre de messages: 1228
Age: 51
Localisation: Chantilly - Oise - France
Date d'inscription: 18/01/2008

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Apoutsiak, je corrige toutes les fautes que tu as justement relevé.
Dans la ferme il y a le bouc, le taureau, le bélier ; mais tu as raison, le lecteur n'est pas censé le savoir.
Réginelle, tu ne savais pas que je détestais les contes de fées ? (ça c'est fait).
Je leur préfère la vraie vie.
Island, à propos de la première phrase relevée, il me manquait le
"de" ...s'en retourna sans rien avoir remarqué de ce qui, doux et chaud, remuait vers l'entrée.
Je note toutes tes remarques.
Dans la ferme il y a le bouc, le taureau, le bélier ; mais tu as raison, le lecteur n'est pas censé le savoir.
Réginelle, tu ne savais pas que je détestais les contes de fées ? (ça c'est fait).
Je leur préfère la vraie vie.
Island, à propos de la première phrase relevée, il me manquait le
"de" ...s'en retourna sans rien avoir remarqué de ce qui, doux et chaud, remuait vers l'entrée.
Je note toutes tes remarques.

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
Age: 56
Localisation: à vau-le-vent
Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Elle est affreuse, cette Camille, Bertrand, tu as bien campé ce personnage de mégère, c'est une vraie enragée, en effet. A l'inverse, ces grues cendrées, qui font office de cigognes livreuses de bébés, sont bien sympathiques, même si, en l'occurrence, elles déposent un cadeau empoisonné, c'est le cas de le dire, un vrai poison. Mais après tout, un facteur n'est pas censé savoir qu'il glisse une lettre d'insultes dans votre boîte à lettres.
J'accroche bien à ton univers berrichon. Malgré le côté assez sombre, tu m'as beaucoup amusé avec l'histoire de ces deux jumeaux si attachés l'un à l'autre, et si on ne peut pas dire que tout est bien qui finit bien (ça, on le réserve pour les contes de fées que tu détestes), la fin est telle qu'elle devait être, puisque la méchante est punie. Na ! Bien fait ! ;-)
J'accroche bien à ton univers berrichon. Malgré le côté assez sombre, tu m'as beaucoup amusé avec l'histoire de ces deux jumeaux si attachés l'un à l'autre, et si on ne peut pas dire que tout est bien qui finit bien (ça, on le réserve pour les contes de fées que tu détestes), la fin est telle qu'elle devait être, puisque la méchante est punie. Na ! Bien fait ! ;-)

Woody- Nombre de messages: 57
Age: 46
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 24/05/2008
Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Reginelle a écrit :
Nous n'avons pas dû lire les mêmes contes, alors. ^)^ Quant à moi, des mégères chez les princesses, les p'tits pois et les grands méchants loups, j'en ai eu mon compte ! Les contes de fée sont, bien souvent, des histoires horrifiques. Il n'y a qu'à lire la seconde partie de " La Belle au bois dormant ", la plupart des contes d'Andersen, la fin de la méchante reine de " Blanche neige " ( chez les Grimm ) et de nombreux autres contes pour se dire que les princesses chantantes, arborant robes-chantilly et vivant heureuses avec beaucoup de p'tits lardons, ça n'existe que chez Disney et consors.
Tout ça pour dire, B-M, que ton conte est très réussi !
J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et le relirais, sans doute, prochainement.
je m'attendais à un conte de fée et je me retrouve face à une horrible mégère... pire encore !
Nous n'avons pas dû lire les mêmes contes, alors. ^)^ Quant à moi, des mégères chez les princesses, les p'tits pois et les grands méchants loups, j'en ai eu mon compte ! Les contes de fée sont, bien souvent, des histoires horrifiques. Il n'y a qu'à lire la seconde partie de " La Belle au bois dormant ", la plupart des contes d'Andersen, la fin de la méchante reine de " Blanche neige " ( chez les Grimm ) et de nombreux autres contes pour se dire que les princesses chantantes, arborant robes-chantilly et vivant heureuses avec beaucoup de p'tits lardons, ça n'existe que chez Disney et consors.
Tout ça pour dire, B-M, que ton conte est très réussi !
J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et le relirais, sans doute, prochainement.

Lucy- Nombre de messages: 2628
Age: 34
Date d'inscription: 31/03/2008
Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Salut B-M
Assez gore, ton conte berrichon. La campagne, c'est pas toujours prés en fleurs, jolis agnelets frisés et douces bergères au coeur tendre. Tu mêles assez diaboliquement fantastique animalier et réalisme social pour produire une histoire forte au déroulement linéaire, avec une chute qui se pique de parodier la fameuse "sagesse paysanne". Plutôt réussi, dans le genre, d'autant que tu déploies une large palette de vocabulaire tout à fait adapté à ce style de récit. Mais là, je suppose que c'est l'expérience qui parle...
Plusieurs remarques cependant. Une générale : je suis parfois décontenancé par l'emploi des virgules, qui souvent hachent ta phrase au point d'en rendre la compréhension malaisée.
Et puis ceci :
"La maison...aurait pu porter le nom de mansarde..."
Ne faut-il pas lire masure ? (si mes souvenirs sont exacts, une mansarde est une pièce sous les combles)
"Se taire ne dure qu'un temps"
Un peu lourd, les deux infinitifs qui se suivent. Pourquoi pas "se taire n'a qu'un temps" ?
"...la Camille, loin de calmer son envie de cesser le jeu..."
Double négation : on comprend l'inverse de ce que tu veux dire. Il vaudrait mieux écrire : "...loin de calmer son envie de poursuivre le jeu..."
"...et l'ajusta assez solidement que même le taureau"
Hum...tournure surprenante. Soit "...assez solidement pour que même le taureau"...ou plus simplement "...si solidement que même le taureau..."
Enfin dans l'épilogue :
"...Mais deux choses empêchent que les berrichons n'oublient jamais son souvenir..."
Encore une double négation.
Deux solutions :
"...empêchent que les berrichons oublient jamais son souvenir..."
ou, plus élégant selon moi :
"...empêchent les berrichons de jamais oublier son souvenir..."
Voilà. :0)
Assez gore, ton conte berrichon. La campagne, c'est pas toujours prés en fleurs, jolis agnelets frisés et douces bergères au coeur tendre. Tu mêles assez diaboliquement fantastique animalier et réalisme social pour produire une histoire forte au déroulement linéaire, avec une chute qui se pique de parodier la fameuse "sagesse paysanne". Plutôt réussi, dans le genre, d'autant que tu déploies une large palette de vocabulaire tout à fait adapté à ce style de récit. Mais là, je suppose que c'est l'expérience qui parle...
Plusieurs remarques cependant. Une générale : je suis parfois décontenancé par l'emploi des virgules, qui souvent hachent ta phrase au point d'en rendre la compréhension malaisée.
Et puis ceci :
"La maison...aurait pu porter le nom de mansarde..."
Ne faut-il pas lire masure ? (si mes souvenirs sont exacts, une mansarde est une pièce sous les combles)
"Se taire ne dure qu'un temps"
Un peu lourd, les deux infinitifs qui se suivent. Pourquoi pas "se taire n'a qu'un temps" ?
"...la Camille, loin de calmer son envie de cesser le jeu..."
Double négation : on comprend l'inverse de ce que tu veux dire. Il vaudrait mieux écrire : "...loin de calmer son envie de poursuivre le jeu..."
"...et l'ajusta assez solidement que même le taureau"
Hum...tournure surprenante. Soit "...assez solidement pour que même le taureau"...ou plus simplement "...si solidement que même le taureau..."
Enfin dans l'épilogue :
"...Mais deux choses empêchent que les berrichons n'oublient jamais son souvenir..."
Encore une double négation.
Deux solutions :
"...empêchent que les berrichons oublient jamais son souvenir..."
ou, plus élégant selon moi :
"...empêchent les berrichons de jamais oublier son souvenir..."
Voilà. :0)

Gobu- Nombre de messages: 1287
Age: 58
Date d'inscription: 18/06/2007
Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Ça plane entre le Maupassant et le gore à la Hitchock : c'est du B.Mogendre.
Une réussite complète. Je n'ai pas envie d'y farfouiller.
Une réussite complète. Je n'ai pas envie d'y farfouiller.

pandaworks- Nombre de messages: 11396
Age: 21
Localisation: http://yycafe-asia.com/
Date d'inscription: 25/06/2007

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
texte corrigé .
Merci aux lecteurs
Merci aux lecteurs

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
Age: 56
Localisation: à vau-le-vent
Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Ca m'a fait penser (un peu) à du Outretemps cette fresque berrichonne, du Outretemps ou du Genevoix, mais c'est du B-Mô et ses enragés
Quelle style, chapeau !
Quelle style, chapeau !

mentor- Nombre de messages: 19017
Age: 33
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – — -
Date d'inscription: 12/12/2005

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
C'est un conte bien ficelé, où le merveilleux paraît couler de source. Par contre, j'ai un peu de mal avec la "morale"... en tant que femme, peut-être ? Il faut la chercher pour trouver la guerre, paraît-il ;-)

presqu'île- Nombre de messages: 40
Age: 32
Localisation: any-where-out-of-the-world
Date d'inscription: 22/05/2008

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
presqu'ile, j'espère que tu n'as pas trouvé de morale, sinon j'ai tout faut.
Peux-tu me préciser ton impression, c'est très important pour mi d'en connaitre l'origine.
La seule piste à exploiter serait, sans doute, l'apparition des grands échassiers se reposant tranquille sur une patte, donnant prétexte au frangin, de se remémorer le souvenir d'un être cher.
Merci mentor pour Genevoix et sa verve bucolico-généreuse ; celui dont les écrits d'aventures ne furent jamais plus admirables que racontés par un individu enfermé. L'homme est respectable, remarquable, inimitable.
Déjà pandaworks subodorait quelques vagues rapprochements d'avec Maupassant et Hitchcock remixés (ros références vous font honneur).
Gobu, je prends tout venant de toi.
Peux-tu me préciser ton impression, c'est très important pour mi d'en connaitre l'origine.
La seule piste à exploiter serait, sans doute, l'apparition des grands échassiers se reposant tranquille sur une patte, donnant prétexte au frangin, de se remémorer le souvenir d'un être cher.
Merci mentor pour Genevoix et sa verve bucolico-généreuse ; celui dont les écrits d'aventures ne furent jamais plus admirables que racontés par un individu enfermé. L'homme est respectable, remarquable, inimitable.
Déjà pandaworks subodorait quelques vagues rapprochements d'avec Maupassant et Hitchcock remixés (ros références vous font honneur).
Gobu, je prends tout venant de toi.

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
Age: 56
Localisation: à vau-le-vent
Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Rien de grave ! Simplement l’opposition entre les gentils qui veulent vivre en paix leur complicité ancienne, et la méchante jalouse et exclusive qu’on punit à la fin ! Alors qu'elle n'avait que la mauvaise place, la pôvrette!
Ceci dit, il y a fort à parier que si tu nous avais présenté deux gentilles sœurs et un méchant qui les sépare, je n’aurais pas réagi… Il y a fort à parier aussi que les deux sœurs en question, elles, se seraient battues fort proprement…sourire’
Ceci dit, il y a fort à parier que si tu nous avais présenté deux gentilles sœurs et un méchant qui les sépare, je n’aurais pas réagi… Il y a fort à parier aussi que les deux sœurs en question, elles, se seraient battues fort proprement…sourire’

presqu'île- Nombre de messages: 40
Age: 32
Localisation: any-where-out-of-the-world
Date d'inscription: 22/05/2008

Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
Hé hé j'aime bien les histoires un peu méchantes et cruelles! :-)
Pas envie d'entrer dans le détail technique ou orthographique, il y a assez de personnes qui le font... je resterai donc sur une impression générale très positive. J'ai pris du plaisir à te lire et à voir évoluer cette petite peste.
Juste un regret: j'ai par moments l'impression que cela va trop vite. C'est un texte qui pourrait y gagner en longueur, dans les détails, l'épanchement narratif, l'introspection psychologique... bref, il y a de quoi faire et j'aurais aimé pouvoir entrer davantage encore dans la tête de chacun.
Quoi qu'il en soit, c'est un texte réussi BM!
Pas envie d'entrer dans le détail technique ou orthographique, il y a assez de personnes qui le font... je resterai donc sur une impression générale très positive. J'ai pris du plaisir à te lire et à voir évoluer cette petite peste.
Juste un regret: j'ai par moments l'impression que cela va trop vite. C'est un texte qui pourrait y gagner en longueur, dans les détails, l'épanchement narratif, l'introspection psychologique... bref, il y a de quoi faire et j'aurais aimé pouvoir entrer davantage encore dans la tête de chacun.
Quoi qu'il en soit, c'est un texte réussi BM!

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Lucien, Edmond et Camille l'enragée
J’ai beaucoup aimé ce conte cruel, moi aussi. Quelques détails :
J’ai trouvé un peu rapide le passage entre le moment où Camille est recueillie et celui où elle se marie.
« Un beau jour, teinté d'harmonie joyeuse, Camille se maria avec Lucien, épousant par la même occasion la compagnie d'Edmond, qui s'avéra vite devenir une lourde charge pour l'harmonie de son couple. » : la répétition alourdit peut-être un peu la phrase.
Sinon, merci pour cette histoire jouissive !
J’ai trouvé un peu rapide le passage entre le moment où Camille est recueillie et celui où elle se marie.
« Un beau jour, teinté d'harmonie joyeuse, Camille se maria avec Lucien, épousant par la même occasion la compagnie d'Edmond, qui s'avéra vite devenir une lourde charge pour l'harmonie de son couple. » : la répétition alourdit peut-être un peu la phrase.
Sinon, merci pour cette histoire jouissive !

Halicante- Nombre de messages: 1799
Age: 42
Localisation: Ici et maintenant.
Date d'inscription: 25/05/2008

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