La part de gâteau
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La part de gâteau
6h04. On se lève. Direction la cuisine, petites tartines beurrées, et une douche pendant que le café refroidit. J’enfile un t-shirt, un pull, un pantalon. Je monte dans la voiture et m’allume une cigarette, allume la radio.
Il pleut dehors, de la neige fondue, il fait nuit, pendant que j’éclaire et que j’ai les yeux collés au pare-brise, une sorte de capote glaciaire flotte au-dessus de ma tête. Une auréole antarctique.
En conduisant, je m’insurge contre cette chose qui flotte au dessus de ma tête. Je la regarde dans le rétroviseur et me vois bien auréolé par ce truc bizarre. Pas moyen de s’en défaire. Je ziguezague, zigzag, j’essaie d’oublier. Je fixe à nouveau la route.
Puis peu à peu le jour se lève. Je commence à être troublé par la vue-vision que j’ai des autres gens. Je roule, fume, regarde, fume, roule, fume, regarde, fume, appuie, regarde, fume.
« info…dzing dzong…vieux solo rock’n’roll…ahhh…»
Des heures passent comme ça. Il reste maintenant assez d’essence, si je m’arrête ici, pour rentrer chez moi ensuite.
Je m’arrête.
Dans ce café sacré.
A l’enseigne en forme de croix multiples, composée floue de symboles religieux divers. Nombreux. De dieux.
Qu’ils entrent par les poches de mon esprit.
A l’intérieur.
Cigarette éteinte, je commande un express-eau. La serveuse est cette plus belle serveuse que je n’ai jamais vue. Et le petit biscuit qui maintenant croustille sous mes dents est le plus délicieux des délicieux biscuits.
Le café est vide cependant. Je suis absolument le seul client et craque sous mes dents ce biscuit que je mâche langoureusement, qui a maintenant fondu.
A présent c’est de la neige qui tombe dehors.
Il neige pendant que les dieux dorment, c’est ça ? C’est ça hein ?
Je ne voulais pas parler d’eux mais ils me collent à la peau et le lieu semble approprié.
-Vous reprenez quelque chose ?
Ils semblent si bon de croire…euh…que je ne sais même plus s’ils existent. Et si je les ai bien comptés…s’il est possible de les compter, de compter, de compter, de compter.
Ils poussent partout…ne sont nulle part.
-Ouhouh, monsieur ? (se fait entendre une voix angélique.)
-Oui mettez-moi un café, et un biscuit.
Je ne l’avais pas remarqué avant, il semble si bon de croire mais…me demande la serveuse à la voix angélique, lui réponds-je, oui je veux bien du café, du café, répété-je intérieurement, oui, serveuse que je vois maintenant très clairement et dont je n’avais pas vu qu’elle était drapée d’un tissu de soie sur lequel est écrit : Le café est bu ici comme l’on boit un élixir.
L’horloge sonne 11h.
Ding dong, la porte s’ouvre.
La maison se remplit Du brouhaha, c’est ce qu’il se passe lorsqu’un endroit prend vie. Des enfants masqués. Des prêcheurs multiformes, comme symboles ambulant, tétra-ésotérique…
Des voix qui semblent pourtant absentes, ou suis-je fatigué. Des courants d’air qui me font frissonner, des visages, et de la neige sur leur vêtement. Comme par un petit noël.
Soudainement je ne crois plus en rien. Bip. Toc toc. C’est...je m’y attendais…inévitable.
Entre temps La serveuse est allée derrière le comptoir. Flap.
Je l’entends marmonner. Et la regarde ensuite revenant.
Parlant des choses. Ding.
-Voilà votre café et un biscuit.
-Merci, fais-je sincèrement.
Ding dong.
Une femme en soutane fait son entrée, couverte de neige, décorée comme un sapin, et s’assied à quelques mètres de moi. Devant. Elle regarde autour d’elle, scrute les alentours, comme pour vérifier que tout est sa place.
C’est le cas.
Elle commande un café. La serveuse lui ramène aussitôt.
Maintenant cette femme me regarde. Elle sourit, je suis bien à ma place.
Dong. Elle me regarde, ses mains sont jointes, comme si elle priait.
Elle garde cette position, et lorsque la serveuse lui amène café sur café elle ne les regarde ni elle ni les cafés. Ils finissent tous par refroidir. Plus de fumée sous son nez.
GRrrrllllllL…
Je finis mon biscuit. J’ai encore faim.
Je commande un gâteau.
-Il en reste encore un, seulement un, appuie la serveuse, vous avez de la chance. Je vais le couper en plusieurs parts, vous pourrez ainsi le partager avec les autres clients.
-Ah oui ? Et vous y croyez ?
-A quoi ? fait-elle lentement.
-Aux autres Ecritures.
-D’accord, j’ai compris, vous êtes un de ces buveurs de café qui fait chier, contentez-vous de le boire pendant qu’il est encore chaud. Je vous ramène une part de gâteau et vais dire au cuisinier d’en préparer d’autres.
Pourtant je suis dans un café multi-religieux, c’est ça non, me dis-je, pourquoi elle m’emmerde alors, pourquoi elle m’emmerde et pourquoi je m’énerve ?
Un gars entre, avec une tronche défaite. Il s’assied à côté de la femme qui a les mains jointes. Venant la troubler. Non, ils se connaissent. Elle coupe court à ses rêveries, je suppose, et ils se mettent à parler l’un à l’autre, en gloussant toutes les 10 secondes. En gloussant, en gloussant, me dis-je, en gloussant comme des instruments du ciel.
Puis.
-Il se la met dans le gosier ! hurle la femme, en me regardant avaler la part de gâteau.
-Il se la met ! répète l’homme.
-Vous y croyez ? fais-je à voix haute.
-Nous y croyons, font-ils simultanément, tellement qu’on n’arrête pas de prier, et dans toutes les positions.
-Vous devriez essayer la méditation zen.
L’horloge sonne à 14h.
Et ce qu’il se passa en fin d’après-midi.
L’homme commande un jus d’ananas.
Il le boit d’une traite.
Puis il se mit à changer. Des milliers d’yeux apparurent sur son visage, il s’y opposa par des mots injurieux. « Casse-toi malédiction ! »
Le temps se coupe.
Il neige encore plus fort dehors.
Des enfants se sont mis à danser sans musique au milieu du café, jusqu’à ce qu’un homme accoudé à un juke-box leur ait mis une chanson de « Religious-K », mélange de chants musulmans et catholiques sur fond de réclames publicitaires.
Puis sans raison, la femme reprend la parole, revenant sur l’action de son ami.
-Excusez mon ami, dit-elle, il met au distraire une grande importance, il adore faire des tours.
Elle lui prend sa part de gâteau (la musique continue, les enfants dansent.). Et lui crie dans les oreilles comme s’il était malentendant :
- C’est La mâle-Addiction !
-Arrête de hurler ! Rends-moi ma part de gâteau.
-Tu n’as pas le droit de le manger !
-Tu m’aimes ? (J’aperçois l’homme accoudé au juke-box zieutant malicieusement les enfants.)
-Oui, c’est pour ça que je dis ça, Je suis accroc à toi, tu es trop mignon. Et tu ne mangeras pas ce bout de gâteau car je t’aime. Car je t’aime ! répète-t-elle durement.
Pendant ce temps Un prêtre se fiche d’eux. On voit son visage sur la gauche dans le hublot de la porte des toilettes, à quelques mètres. (Et l’homme désaccoudé du juke-box marche vers les enfants.)
Les deux se figent, font semblant de ne pas avoir vu le prêtre, se regardent en souriant. (Ils ne font pas attention à l’homme, il est derrière eux, précisément décalé légèrement derrière eux, dis-je latéralement en tendant le bras droit vers la gauche.)
Elle lâche une respiration et reprend :
-Allez, Je te charrie en disant ça, tu peux le manger.
L’horloge n’a pas sonné à 19h.
La serveuse annonce que des gâteaux tout frais sont disponibles. (L’homme danse avec les enfants, la musique est très forte.)
J’en commande.
Avale.
Commande.
Avale.
Et commande.
Tant, (Et le prêtre a disparu.) que finalement :
-Je dégueule ! Hurlant. J’en peux plus de ces choses que j’ai mangées. Aujourd’hui, Je dégueule ! C’est comme un caillou qui essaie de rentrer en moi. La part de gâteau Qui bousille ma chair. Ahhhhh !
Puis Je me mets à insulter tout le monde pour soulager ma douleur. Et rien ! Et Rien ! Et comme souvent dans ce genre de situation, c’est même pire. J’hurle de douleur, je menace de mort la femme et l’homme, d’une mort immédiate.
Je m’insurge contre le prêtre qui a disparu, me mets à danser en transe quelques instants avec les enfants. Un long instant. Très long. Et ils scandent :
-Tu es fou ! Tu es fou ! Tous ensembles, tournant autour de moi, aidés par l’homme et la femme. Tu es fou !
Le prêtre même réapparait. Endormi dans les toilettes jusqu’alors.
J’ai l’air fou, j’en suis persuadé. Ils le disent. Je sue comme un âne. Mal au ventre. Seul. Mais Eux ?! À eux leurs yeux nagent. Leurs yeux à eux nagent et leurs sourires ? Écarquillés ! Oui ! Séchés ! J’en suis sûr ! J’en suis sûr, et Je n’en peux plus, et je n’en peux plus, plus de crier, plus de pleurer, plus de la peur. La peur ! J’en suis sûr !
Je vomis, vomis, vomis, et m’étale, et ils rient, les enfants nagent, le prêtre finit par soupirer, la musique par s’éteindre, le couple par s’en aller, puis moi complètement vidé et la nuit commençant à tomber, par retourner chez moi. Sans dire adieu. Sans payer.
***
L’auréole a disparu.
***
L’essence fut suffisante, comme prévu.
Je me suis allongé, j’ai fermé les yeux et me suis endormi paisiblement, sans penser à quelque chose, « à rien ».
Il pleut dehors, de la neige fondue, il fait nuit, pendant que j’éclaire et que j’ai les yeux collés au pare-brise, une sorte de capote glaciaire flotte au-dessus de ma tête. Une auréole antarctique.
En conduisant, je m’insurge contre cette chose qui flotte au dessus de ma tête. Je la regarde dans le rétroviseur et me vois bien auréolé par ce truc bizarre. Pas moyen de s’en défaire. Je ziguezague, zigzag, j’essaie d’oublier. Je fixe à nouveau la route.
Puis peu à peu le jour se lève. Je commence à être troublé par la vue-vision que j’ai des autres gens. Je roule, fume, regarde, fume, roule, fume, regarde, fume, appuie, regarde, fume.
« info…dzing dzong…vieux solo rock’n’roll…ahhh…»
Des heures passent comme ça. Il reste maintenant assez d’essence, si je m’arrête ici, pour rentrer chez moi ensuite.
Je m’arrête.
Dans ce café sacré.
A l’enseigne en forme de croix multiples, composée floue de symboles religieux divers. Nombreux. De dieux.
Qu’ils entrent par les poches de mon esprit.
A l’intérieur.
Cigarette éteinte, je commande un express-eau. La serveuse est cette plus belle serveuse que je n’ai jamais vue. Et le petit biscuit qui maintenant croustille sous mes dents est le plus délicieux des délicieux biscuits.
Le café est vide cependant. Je suis absolument le seul client et craque sous mes dents ce biscuit que je mâche langoureusement, qui a maintenant fondu.
A présent c’est de la neige qui tombe dehors.
Il neige pendant que les dieux dorment, c’est ça ? C’est ça hein ?
Je ne voulais pas parler d’eux mais ils me collent à la peau et le lieu semble approprié.
-Vous reprenez quelque chose ?
Ils semblent si bon de croire…euh…que je ne sais même plus s’ils existent. Et si je les ai bien comptés…s’il est possible de les compter, de compter, de compter, de compter.
Ils poussent partout…ne sont nulle part.
-Ouhouh, monsieur ? (se fait entendre une voix angélique.)
-Oui mettez-moi un café, et un biscuit.
Je ne l’avais pas remarqué avant, il semble si bon de croire mais…me demande la serveuse à la voix angélique, lui réponds-je, oui je veux bien du café, du café, répété-je intérieurement, oui, serveuse que je vois maintenant très clairement et dont je n’avais pas vu qu’elle était drapée d’un tissu de soie sur lequel est écrit : Le café est bu ici comme l’on boit un élixir.
L’horloge sonne 11h.
Ding dong, la porte s’ouvre.
La maison se remplit Du brouhaha, c’est ce qu’il se passe lorsqu’un endroit prend vie. Des enfants masqués. Des prêcheurs multiformes, comme symboles ambulant, tétra-ésotérique…
Des voix qui semblent pourtant absentes, ou suis-je fatigué. Des courants d’air qui me font frissonner, des visages, et de la neige sur leur vêtement. Comme par un petit noël.
Soudainement je ne crois plus en rien. Bip. Toc toc. C’est...je m’y attendais…inévitable.
Entre temps La serveuse est allée derrière le comptoir. Flap.
Je l’entends marmonner. Et la regarde ensuite revenant.
Parlant des choses. Ding.
-Voilà votre café et un biscuit.
-Merci, fais-je sincèrement.
Ding dong.
Une femme en soutane fait son entrée, couverte de neige, décorée comme un sapin, et s’assied à quelques mètres de moi. Devant. Elle regarde autour d’elle, scrute les alentours, comme pour vérifier que tout est sa place.
C’est le cas.
Elle commande un café. La serveuse lui ramène aussitôt.
Maintenant cette femme me regarde. Elle sourit, je suis bien à ma place.
Dong. Elle me regarde, ses mains sont jointes, comme si elle priait.
Elle garde cette position, et lorsque la serveuse lui amène café sur café elle ne les regarde ni elle ni les cafés. Ils finissent tous par refroidir. Plus de fumée sous son nez.
GRrrrllllllL…
Je finis mon biscuit. J’ai encore faim.
Je commande un gâteau.
-Il en reste encore un, seulement un, appuie la serveuse, vous avez de la chance. Je vais le couper en plusieurs parts, vous pourrez ainsi le partager avec les autres clients.
-Ah oui ? Et vous y croyez ?
-A quoi ? fait-elle lentement.
-Aux autres Ecritures.
-D’accord, j’ai compris, vous êtes un de ces buveurs de café qui fait chier, contentez-vous de le boire pendant qu’il est encore chaud. Je vous ramène une part de gâteau et vais dire au cuisinier d’en préparer d’autres.
Pourtant je suis dans un café multi-religieux, c’est ça non, me dis-je, pourquoi elle m’emmerde alors, pourquoi elle m’emmerde et pourquoi je m’énerve ?
Un gars entre, avec une tronche défaite. Il s’assied à côté de la femme qui a les mains jointes. Venant la troubler. Non, ils se connaissent. Elle coupe court à ses rêveries, je suppose, et ils se mettent à parler l’un à l’autre, en gloussant toutes les 10 secondes. En gloussant, en gloussant, me dis-je, en gloussant comme des instruments du ciel.
Puis.
-Il se la met dans le gosier ! hurle la femme, en me regardant avaler la part de gâteau.
-Il se la met ! répète l’homme.
-Vous y croyez ? fais-je à voix haute.
-Nous y croyons, font-ils simultanément, tellement qu’on n’arrête pas de prier, et dans toutes les positions.
-Vous devriez essayer la méditation zen.
L’horloge sonne à 14h.
Et ce qu’il se passa en fin d’après-midi.
L’homme commande un jus d’ananas.
Il le boit d’une traite.
Puis il se mit à changer. Des milliers d’yeux apparurent sur son visage, il s’y opposa par des mots injurieux. « Casse-toi malédiction ! »
Le temps se coupe.
Il neige encore plus fort dehors.
Des enfants se sont mis à danser sans musique au milieu du café, jusqu’à ce qu’un homme accoudé à un juke-box leur ait mis une chanson de « Religious-K », mélange de chants musulmans et catholiques sur fond de réclames publicitaires.
Puis sans raison, la femme reprend la parole, revenant sur l’action de son ami.
-Excusez mon ami, dit-elle, il met au distraire une grande importance, il adore faire des tours.
Elle lui prend sa part de gâteau (la musique continue, les enfants dansent.). Et lui crie dans les oreilles comme s’il était malentendant :
- C’est La mâle-Addiction !
-Arrête de hurler ! Rends-moi ma part de gâteau.
-Tu n’as pas le droit de le manger !
-Tu m’aimes ? (J’aperçois l’homme accoudé au juke-box zieutant malicieusement les enfants.)
-Oui, c’est pour ça que je dis ça, Je suis accroc à toi, tu es trop mignon. Et tu ne mangeras pas ce bout de gâteau car je t’aime. Car je t’aime ! répète-t-elle durement.
Pendant ce temps Un prêtre se fiche d’eux. On voit son visage sur la gauche dans le hublot de la porte des toilettes, à quelques mètres. (Et l’homme désaccoudé du juke-box marche vers les enfants.)
Les deux se figent, font semblant de ne pas avoir vu le prêtre, se regardent en souriant. (Ils ne font pas attention à l’homme, il est derrière eux, précisément décalé légèrement derrière eux, dis-je latéralement en tendant le bras droit vers la gauche.)
Elle lâche une respiration et reprend :
-Allez, Je te charrie en disant ça, tu peux le manger.
L’horloge n’a pas sonné à 19h.
La serveuse annonce que des gâteaux tout frais sont disponibles. (L’homme danse avec les enfants, la musique est très forte.)
J’en commande.
Avale.
Commande.
Avale.
Et commande.
Tant, (Et le prêtre a disparu.) que finalement :
-Je dégueule ! Hurlant. J’en peux plus de ces choses que j’ai mangées. Aujourd’hui, Je dégueule ! C’est comme un caillou qui essaie de rentrer en moi. La part de gâteau Qui bousille ma chair. Ahhhhh !
Puis Je me mets à insulter tout le monde pour soulager ma douleur. Et rien ! Et Rien ! Et comme souvent dans ce genre de situation, c’est même pire. J’hurle de douleur, je menace de mort la femme et l’homme, d’une mort immédiate.
Je m’insurge contre le prêtre qui a disparu, me mets à danser en transe quelques instants avec les enfants. Un long instant. Très long. Et ils scandent :
-Tu es fou ! Tu es fou ! Tous ensembles, tournant autour de moi, aidés par l’homme et la femme. Tu es fou !
Le prêtre même réapparait. Endormi dans les toilettes jusqu’alors.
J’ai l’air fou, j’en suis persuadé. Ils le disent. Je sue comme un âne. Mal au ventre. Seul. Mais Eux ?! À eux leurs yeux nagent. Leurs yeux à eux nagent et leurs sourires ? Écarquillés ! Oui ! Séchés ! J’en suis sûr ! J’en suis sûr, et Je n’en peux plus, et je n’en peux plus, plus de crier, plus de pleurer, plus de la peur. La peur ! J’en suis sûr !
Je vomis, vomis, vomis, et m’étale, et ils rient, les enfants nagent, le prêtre finit par soupirer, la musique par s’éteindre, le couple par s’en aller, puis moi complètement vidé et la nuit commençant à tomber, par retourner chez moi. Sans dire adieu. Sans payer.
***
L’auréole a disparu.
***
L’essence fut suffisante, comme prévu.
Je me suis allongé, j’ai fermé les yeux et me suis endormi paisiblement, sans penser à quelque chose, « à rien ».

Couscous- Nombre de messages: 59
Age: 27
Localisation: Saint Amand les Eaux
Date d'inscription: 15/01/2007

Re: La part de gâteau
.
A peu près jusqu'à "L’horloge sonne à 14h.", j'ai beaucoup aimé l'univers singulier, qui m'a fait pensé à Vian dans l'Automne à Pékin. Dans cette première partie, j'aime l'écriture inventive, les personnages, ce qui se passe dans le café, et puis ensuite, je trouve que la magie se perd.
J'ai ri du bon humour de ce passage : "Il se la met dans le gosier... et dans toutes les positions." (en trouvant de trop "la méditation zen" qui nous ramène trop à un monde classique et cliché). Mais après, la deuxième partie commence et tu n'as pas trouvé, à mon sens, de bons ingrédients pour faire monter la bonne mayonnaise du début. La mâle-addiction liée aux gâteaux, la déclaration d'amour, la danse des enfants, la manière de se morfaler les gâteaux, de vomir, surtout, qui prend toute la fin et qui empêche de peaufiner la relation des personnages, le sens de cet univers. C'est bien dommage, car au début, je me régalais bien.
Quelques remarques :
comme symboles ambulant, tétra-ésotérique…
comme symboles ambulants, tétra-ésotériques…
Des voix qui semblent pourtant absentes, ou suis-je fatigué.
ou suis-je fatigué ?
et de la neige sur leur vêtement.
Leurs vêtements (ce serait mieux, car ils sont différents, j'imagine)
Soudainement je ne crois plus en rien.
Soudain serait plus vif, mieux dans l'action
Entre temps
Entre-temps
L’horloge sonne à 14h.
Et ce qu’il se passa en fin d’après-midi.
L’homme commande un jus d’ananas.
Je ne comprends pas ce changement de temps, ni ce qu'il se passe, si tu parles de ce que tu viens de dire ou ce que tu t'apprêtes à dire, ce n'est pas clair.
.
A peu près jusqu'à "L’horloge sonne à 14h.", j'ai beaucoup aimé l'univers singulier, qui m'a fait pensé à Vian dans l'Automne à Pékin. Dans cette première partie, j'aime l'écriture inventive, les personnages, ce qui se passe dans le café, et puis ensuite, je trouve que la magie se perd.
J'ai ri du bon humour de ce passage : "Il se la met dans le gosier... et dans toutes les positions." (en trouvant de trop "la méditation zen" qui nous ramène trop à un monde classique et cliché). Mais après, la deuxième partie commence et tu n'as pas trouvé, à mon sens, de bons ingrédients pour faire monter la bonne mayonnaise du début. La mâle-addiction liée aux gâteaux, la déclaration d'amour, la danse des enfants, la manière de se morfaler les gâteaux, de vomir, surtout, qui prend toute la fin et qui empêche de peaufiner la relation des personnages, le sens de cet univers. C'est bien dommage, car au début, je me régalais bien.
Quelques remarques :
comme symboles ambulant, tétra-ésotérique…
comme symboles ambulants, tétra-ésotériques…
Des voix qui semblent pourtant absentes, ou suis-je fatigué.
ou suis-je fatigué ?
et de la neige sur leur vêtement.
Leurs vêtements (ce serait mieux, car ils sont différents, j'imagine)
Soudainement je ne crois plus en rien.
Soudain serait plus vif, mieux dans l'action
Entre temps
Entre-temps
L’horloge sonne à 14h.
Et ce qu’il se passa en fin d’après-midi.
L’homme commande un jus d’ananas.
Je ne comprends pas ce changement de temps, ni ce qu'il se passe, si tu parles de ce que tu viens de dire ou ce que tu t'apprêtes à dire, ce n'est pas clair.
.

apoutsiak- Nombre de messages: 1228
Age: 51
Localisation: Chantilly - Oise - France
Date d'inscription: 18/01/2008

Re: La part de gâteau
Pas mal ce texte, c'est agréable, amusant, et ça met mal à l'aise en même temps. Il y a un petit côté William Burroughs, en moins bourrin

Tristan- Nombre de messages: 2982
Age: 24
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 24/06/2007

Re: La part de gâteau
J'ai énormément aimé ce texte jusqu'à "il y a de la neige qui tombe dehors". J'ai beaucoup aimé le style d'écriture. J'ai vraiment aimé l'ambiance.
Et puis, ensuite, j'ai décroché. J'ai trouvé le texte trop abstrait, trop surréaliste.
Et puis, ensuite, j'ai décroché. J'ai trouvé le texte trop abstrait, trop surréaliste.

Anne Veillac- Nombre de messages: 568
Age: 47
Localisation: a.veillac@laposte.net
Date d'inscription: 22/03/2008

Re: La part de gâteau
pour être bizarre c'est bizarre
mon explication : la fumette de trop au saut du lit, et voilà que le reste de la journée se passe dans le nuage de la fumée toxique
faut jamais abuser des bonnes choses ;-)
l'écriture, le style, la forme, me plaisent bien
mon explication : la fumette de trop au saut du lit, et voilà que le reste de la journée se passe dans le nuage de la fumée toxique
faut jamais abuser des bonnes choses ;-)
l'écriture, le style, la forme, me plaisent bien

mentor- Nombre de messages: 19017
Age: 33
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – — -
Date d'inscription: 12/12/2005

Re: La part de gâteau
Merci pour les commentaires !
pour Apoutsiak et Anne Veillac, vous avez soulevé le point que je redoutais, j'avais eu du mal à trouver une fin, alors il est possible que je me sois un peu laissé aller, et je pense que je vais la retravailler sérieusement. D'ailleurs c'est en cours ;-)
pour Apoutsiak et Anne Veillac, vous avez soulevé le point que je redoutais, j'avais eu du mal à trouver une fin, alors il est possible que je me sois un peu laissé aller, et je pense que je vais la retravailler sérieusement. D'ailleurs c'est en cours ;-)

Couscous- Nombre de messages: 59
Age: 27
Localisation: Saint Amand les Eaux
Date d'inscription: 15/01/2007

Re: La part de gâteau
Ils mettent quoi dans le gâteau ?

Easter(Island)- Nombre de messages: 12093
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: La part de gâteau
J’aime la bizarrerie de ce texte. Objet Vivant Non Identifié. Ou comment un regard décalé permet de voir le monde -surréaliste. Quelques soucis de construction dans la deuxième moitié, effectivement, mais en même temps, la forme mime un peu ce qui est dit, ici.

presqu'île- Nombre de messages: 40
Age: 32
Localisation: any-where-out-of-the-world
Date d'inscription: 22/05/2008

Re: La part de gâteau
Un texte étrange que j'aime bien, beaucoup même, couscous.
Particulièrement apprécié les monologues, les réflexions un brin absurdes et ce regard décalé sur le monde. Avis perso, je trouve que ça se gâte un peu lorsque d'autres personnes font irruption et que les échanges partent dans tous les sens. C'est comme si le quotidien prenait le dessus sur l'ésotérique et je trouve ça dommage. Mais dans l'ensemble, j'aime l'atmosphère et la manière dont tu fais évoluer le récit.
Juste un détail technique: tu dis au début que les heures passent et nous sautons en effet de 6.04 à 11 heures sans vraiment nous en rendre compte. Puis plus tard, il est 14 heures. Idem, on ne se rend pas compte de tout ce temps qui s'écoule, mais il me semble tout de même que cette longueur horaire est plus palpable dans la seconde partie qu'au tout début.
Particulièrement apprécié les monologues, les réflexions un brin absurdes et ce regard décalé sur le monde. Avis perso, je trouve que ça se gâte un peu lorsque d'autres personnes font irruption et que les échanges partent dans tous les sens. C'est comme si le quotidien prenait le dessus sur l'ésotérique et je trouve ça dommage. Mais dans l'ensemble, j'aime l'atmosphère et la manière dont tu fais évoluer le récit.
Juste un détail technique: tu dis au début que les heures passent et nous sautons en effet de 6.04 à 11 heures sans vraiment nous en rendre compte. Puis plus tard, il est 14 heures. Idem, on ne se rend pas compte de tout ce temps qui s'écoule, mais il me semble tout de même que cette longueur horaire est plus palpable dans la seconde partie qu'au tout début.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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