Les sybarites - essai

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les sybarites - essai

Message  mathilde3517 le Jeu 20 Nov 2008 - 0:53

Salut à tous !

"Les sybarites" aboutiront-elles à quelque chose ?
Ce texte est-il le début d'un long récit ou quelques pensées perdues sur papier ? J'ai un message à faire passer depuis longtemps : Mon problème est de poser les bons mots dessus.
"Les sybarites" sont un embryon, pour l'instant, de ma vision personnelle de la vie et du sens qu'on lui octroie. Le bonheur existe-t-il ? Du moins l'homme est-il en mesure de le connaître ? Ces questions pourraient servir de problématique. J'aimerais rédiger une histoire assez pessimiste, celle de la décadence progressive d'un héros qui à trop vouloir être heureux finirait totalement désillusionné. Pas mal d'intrigues me viennent à l'esprit autour de ce sujet. Voici donc un "début", du moins un aperçu de "l'âme" de mon éventuel récit.
Je ne prétends pas "bien écrire" notamment en raison de mon jeune âge (17 ans). Mais j'aime ça, et mon objectif n'est pas forcément de vous impressionner mais d'entrer en communication avec vous à travers ces quelques lignes. Votre avis m'est important et toute critique m'apparaît comme constructive.

Bonne lecture et merci pour votre intérêt !



Les Sybarites


Il est fascinant d’observer cette ferveur que les gens ont à s’aimer les uns les autres dans un but foncièrement pragmatique. L’amitié est une machination ; un leurre occultant les vices de l’homme, à savoir son égoïsme et son arrogance. Prôner l’amour pour blanchir les maux de l’humanité, nous tenons là un principe universel ; Et voici ce qui nous guide et nous caractérise - nos desseins sont le fruit avarié de nôtre hypocrisie. Nous sommes tous ni plus ni moins les tristes victimes d’une société corrompue qui s’emploie à détruire toute marque d’espoir ou pire : De bonheur.

J’étais heureuse.
Je croyais l’être. Faire parti de ces guignols limités et sans ambition qui se contentent de peu, de rien. Qui profitent de la vie en elle-même, de petits détails insignifiants qu’on aurait tendance et surtout intérêt à oublier. Il n’était pas rare que je regarde le ciel en murmurant mièvrement un sincère : « merci ». Pourquoi ? Je ne sais pas. Pour moi. Pour exister. Pour tout.
Pour rien.
Inutile de préciser que je n’aurais échangé ma piètre vie pour rien au monde. J’étais la genèse de tout ce dont j’avais toujours rêvé. Quand j’étais petite, lorsque l’on me proposait un voeu, j’avais pour usage de souhaiter du haut de mes petites illusions douceâtres le bonheur éternel. J’imaginais que s’il y avait un but ultime à la vie, c’était la quête du bien-être. Être heureux encourait tous les espoirs du monde. Je considérais que toutes nos actions, bonnes ou mauvaises (notions de toute façon trop subjectives pour la globalité dont relevait la question) étaient régies par une recherche perpétuelle et universelle de la félicité. Ainsi je connu du moins m’en persuadais-je le bonheur pendant plusieurs années, dans toute sa simplicité, sa facilité, sa duplicité sans en espérer plus, ni moins, ne serait-ce que l’immuabilité des choses que je savais néanmoins impossible.

J’étais bien sûr amoureuse.
Je ne parle pas ici de cette passion dévastatrice, de cette forme d’adoration suicidaire qui à la fois régie les lois les plus subtiles de l’attraction et pimente notre sinistre quotidien dans une vague destructrice de désespoir, de honte, de vie, de joie ; L’Amour, cette prodigieuse et écœurante explosion de sentiments étalés ostensiblement et sans vergogne au monde entier.
Moi, j’avais la tendresse. Le calme. Le réconfort. Une paire de bras dans lesquels me blottir. Quelqu’un pour m’écouter, me rassurer, me flatter, me baiser, me faire la conversation. La béquille idéale pour rester debout dans ce monde de brutes sadiques arrogantes et vicieuses. Je préférais l’ami indolent à l’amant insolent. Une fin sans suite à des perturbations fortuites. Une imputrescible sécurité travestie sous les traits d’une spontanéité insidieuse.

Outre cette placide relation, j’aimais les gens. Sincèrement. Je me plaisais à pénétrer les âmes les plus viles dans l’espoir d’y trouver une lueur de bonté – J’en discernais une à chaque fois. J’étais la quintessence même de l’ingénuité : Heureuse, confiante et pleine de croyances et d’appétence. Je m’accomplissais chaque jour avec délectation, je savourais chaque instant, je raffolais de chaque minute. Tout m’enchantait. Je jouissais d’une vie sans encombres. Je ne réfléchissais pas trop, au moins je ne me noyais pas dans de vaines et nuisibles pensées.

J’aurais sûrement pu ne jamais sortir de cette exquise torpeur. M’y enliser plus profondément encore et, qui sait, peut-être effleurer voire embrasser mon idéal de bonheur. Mais l’homme fait état de sa triste nature en ce sens qu’il ne se contente de rien. D’où l’approche de toute forme de quiétude absolue comme fictive, utopique :
Les désirs restent des fantasmes et ne doivent en rien être atteints ; Et cette aspiration mène inéluctablement à la désillusion. De ce fait, être heureux serait un concept imaginaire destiné à nous préserver – nous préserver de quoi au juste ?
Une chose est sûre : Nous courrons vers l’illusion.

mathilde3517

Nombre de messages: 14
Age: 21
Date d'inscription: 20/11/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les sybarites - essai

Message  socque le Jeu 20 Nov 2008 - 6:48

Sur le fond, je trouve les idées hélas rebattues, n'apportant pas d'éclairage nouveau à la problématique, mais l'écriture me semble assurée, efficace, agréable. J'ai aimé lire ce texte malgré mes réserves sur son message.

Bravo pour : "Une imputrescible sécurité", l'expression est vraiment bien trouvée !

socque

Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les sybarites - essai

Message  Roz-gingembre le Jeu 20 Nov 2008 - 7:45

Indubitablement bien écrit.
Mais que de certitudes ! Non seulement elles sont fortement établies mais surtout elles sont multipliées dans ce texte : sur l'amour, le bonheur, l'amitié, le monde même.
Je lirais certainement la suite pour voir où tout cela nous emmène.
Et puis je suis curieuse de voir ce qui sera décliné sur les bases de ces certitudes. Tu parles de récit puis de héros, comment viendra la fiction? sous quels traits?

Roz-gingembre

Nombre de messages: 1094
Age: 49
Date d'inscription: 14/11/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les sybarites - essai

Message  Easter(Island) le Jeu 20 Nov 2008 - 9:42

Oui c'est bien écrit et c'est un plus. Classique, un peu précieux. Presque sans faute (ça compte à mes yeux !). Je n'aime pas vraiment le ton qui essaie de faire léger en pratiquant une forme de dérision qui ne me convainc pas, mais je comprends que tu n'aies peut-être pas le choix de faire autrement.
L'introduction est longue, si tu ne rentres pas très vite dans le vif du sujet ça va commencer à sérieusement patiner. Et puis il faudra alors faire attention au ton du récit, à ne pas rester dans cette espèce de monologue, de réflexion généraliste et bien personnelle à la fois.

Easter(Island)

Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://lesmusesatremplin.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les sybarites - essai

Message  mathilde3517 le Jeu 20 Nov 2008 - 19:16

Avant tout merci pour vos réponses, elles me sont précieuses.

En effet je ne compte pas rester dans ce type de monologue, le récit en soi commencerait véritablement après.
Ces pensées peuvent paraître arrêtées, voire prétentieuses. Peut-être un peu trop virulentes. Mais c'est tout le personnage que je souhaite construire. Je m'explique :

Je retrace l'histoire d'une adolescente de mon âge. Si je devais résumer en gros l'intrigue, celle-ci se limiterait au schéma classique : Je rêve d'un certain type de vie - J'atteins mes buts - Je suis désillusionnée - Dans un éclair de lucidité je fous tout en l'air.
Cette intrigue peut paraître totalement vide et sans personnalité. Mais c'est justement le défi. Utiliser ce fil conducteur pour donner vie à des pensées pouvant être très vite ennuyeuses. Mon personnage est désappointé, d'où l'ardeur de ses opinions. L'histoire permettra de comprendre les causes profondes de cet état. Si je devais utiliser trois mots-clé pour qualifier ce récit : Bonheur, illusions et corruption. La protagoniste tombe dans un piège mortel : Le désir (au sens large). Elle ne s'en relèvera pas, en éternelle insatisfaite. J'ai l'intention de la plonger au cœur d'un complot monté par ses homologues, une machination qui la poussera au vice suprême : le sadisme. Elle était l'incarnation de l'innocence même, dont résultera le mal absolu. En bref : la recherche du plaisir l'a corrompue d'où le titre : Les sybarites.

Je dois paraître un peu floue. Désolée, mes idées ne sont pas encore tout à fait claires pour moi-même ! Mais je sens que ça se construit et que ça peut aboutir à quelque chose d'intéressant.

Bonne soirée à tous !

mathilde3517

Nombre de messages: 14
Age: 21
Date d'inscription: 20/11/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les sybarites - essai

Message  Sahkti le Lun 8 Déc 2008 - 10:44

J'ai vu que tu avais posté une version corrigée avec suite, je vais aller y jeter un coup d'oeil avant de commenter.

Sahkti

Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum