Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
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Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
LE TRAIN DE 17h.25
— Allo, Jeannot, c’est toi ?
— Salut Bob, qu’est-ce qui t’amène ? Fais vite, j’ai du boulot.
— Me fais pas rire, tu dois avoir encore six enveloppes à coller d’ici ce soir, c’est quand même pas le bagne à la SNCF !
—Arrête tes conneries et dis-moi plutôt ce que tu veux.
—Je rigole, enfin, j’essaie, c’est pas méchant, faut bien vous asticoter un peu, vous, les fonctionnaires. Voilà, dis-moi, à quelle heure est annoncé le prochain train de marchandises ?
—Tu t’intéresses à nos activités, subitement ?
—Non…mais, je veux juste emmener Manu le voir passer, ça le distraira peut-être un moment.
—Comment y va le môme ? Toujours pareil je suppose ?
— Ah, ça, on ne peut pas s’attendre à la moindre amélioration, au contraire, mais on le sait depuis qu’il est né ; ça va faire huit ans que notre seul petit-fils est un légume.
—Dis pas des choses comme ça Bob, pas la peine d’en rajouter ; allez, courage. Attends ! Si tu tiens absolument à un « marchandises », tu as le 628 qui vient de Lyon et qui passe près de chez vous vers 17heures 25. Vous avez de la chance, il est exceptionnellement long, deux motrices et 42 wagons : vous en aurez pour votre argent, merci la SNCF. Sinon, pas avant demain…Ou alors l’express de…
—Non, pas de « voyageurs ». Merci, merci…17 heures 25, ok. Allez, ne force pas trop quand même, et… adieu Jeannot.
—Au revoir, ciao ! Tu me raconteras la fête de votre anniversaire de mariage ; quarante ans ! tu parles d’un bail ! embrasse Marie-Louise.
Ils raccrochèrent en même temps.
Robert, dit Bob, resta un moment songeur, la main sur le combiné …C’est vrai qu’au rez-de chaussée et sur la terrasse, les invités exprimaient bruyamment leur joie d’être réunis à cette occasion. Bob pourtant ne les entendait presque pas. Ils étaient une trentaine, sans compter les cinq musiciens, ses anciens collègues d’orchestre avec lesquels il avait joué pendant…, combien au juste, dix-sept ans, oui, dix-sept ans, ce jazz qu’il aimait passionnément, ce jazz à la fois traditionnel et sans cesse remis en forme au gré, et selon le talent, de ses interprètes. Combien de soirées avaient-ils connues avec ses joyeux compères ? Mariages, animations en stations de ski, passages au Jazz club, apéros, bistrots en goguette, estrades de foires…Une joie soudaine l’envahit, il sourit à ces souvenirs, mais écrasé par le poids du présent, il ne put retenir aussitôt un énorme soupir.
Tout avait commencé à la naissance d’Emmanuel. Le bébé s’était étranglé avec son propre cordon ombilical. Bien sûr le médecin-accoucheur était absent, l’infirmière-chef avait fait ce qu’elle pouvait, mais n’avait pas caché à Michel, son gendre qui avait tenu serrée la main d’Hélène pendant toute l’intervention, que « ça se présentait mal ».
—Je préfèrerais que le docteur Désandré soit ici, ça va être difficile ! J’ai bien des craintes pour l’enfant.
Le médecin arriva enfin, alors que le bébé inerte et bleuissant gisait dans l’espace des prématurés et qu’on s’agitait autour de lui.
Michel interpela, angoissé, le pédiatre qui, pour se déculpabiliser, le rabroua sèchement.
Et puis, et puis… il avait fallu accepter la suite : l’obstination du docteur à ramener à la vie ce nouveau-né et à l’y maintenir à tout prix, avait d’un seul coup fait basculer leur existence. Michel et leur fille Hélène, qui, dans un premier temps auraient accepté l’échec de cette maternité, s’étaient mis à aimer et à couver cet être endommagé, flétri, déformé. Mais à quel prix ! Hélène avait interrompu ses études en fac et consacrait la quasi-totalité de son temps à Manu – elle n’aimait pas ce diminutif qu’elle jugeait artificiel et faussement complaisant face à l’état de l’enfant. Michel avait refusé tous les postes qui l’auraient éloigné de sa famille. Avec Marie Louise ils s’étaient aussi voués à la cause devenue familiale : élever cet enfant dont le cerveau n’avait pas été irrigué pendant trop longtemps à la naissance et qui n’aurait pas survécu si…
—Bob, descend ! Qu’est-ce que tu fais là-haut tout seul ? Occupe-toi de nos invités.
—J’arrive Marie Lou, j’arrive. J’ai appelé Jeannot, tu sais bien.
Il descendit sur la terrasse encore bien ensoleillée. Les copains étaient heureux, le temps splendide, l’atmosphère chaleureuse. « C’est vraiment un bon jour », se dit-il. Il proposa une tournée de rosé de Provence et demanda aux musiciens de jouer un de ces standards sur lesquels ils aimaient improviser.
—Jouez-moi Indiana, ou Everybody, ou ce que vous voulez ! Après, il faudra songer à se séparer.
Pendant qu’ils s’installaient paresseusement, il fit signe à sa femme de le rejoindre à la cuisine :
—Viens m’aider à préparer le café.
Personne ne remarqua l'incongruité de la demande.
A peine furent-ils seuls, qu’ils se regardèrent intensément, se saisirent par les avant-bras.
—Bon, ça va être le moment ; tu es toujours d’accord, Marie Lou ?
Elle le serra violemment.
—Nous avons tout bien examiné, il n’y a pas d’autre solution Bob.
—Tu sauras… ?
—Mais oui, nous avons répété plusieurs fois.Ne t’en fais pas ; tu sais bien que c’est pour Hélène et Michel. Il faut qu’ils aient un avenir !…et aussi pour Emmanuel.
Et toi, ça va aller ?
Ils s’étreignirent, sans un mot se proclamèrent leur amour à la force du regard et sortirent rejoindre leurs invités. Marie Louise portait une poignée d’enveloppes qu’elle déposa sur la table basse de la terrasse :
—Vous en prendrez chacun une, avant de partir, tout à l’heure ; on vous a mis un petit mot à chacun, pour vous remercier…et…aussi…enfin, vous verrez. L’enveloppe la plus grande sera pour vous deux, Hélène et Michel… Bon, alors, ce morceau, vous allez le jouer ? All of me? d’accord, va pour All of me.D’accord Bob?
—Je vais faire un tour avec Manu, jouez ce que vous voulez, je vous entendrai depuis la route, alors, pas de canards !
Manu gisait, informe, comme d’habitude dans sa chaise roulante, hébété, apparemment sans contact avec son entourage.
—On reviendra écouter la musique après, on va d’abord voir passer le train, tu veux ?
Question idiote, se dit-il, quoique…Il arrivait parfois à déceler une lueur très fugace dans le regard de son petit-fils, quand, pour le distraire, il sortait son cher saxo ténor de son étui et lui jouait quelques mesures de blues…
Taxi, le chien qui ne quittait presque jamais la compagnie d’Emmanuel, frétilla en le voyant préparer la chaise roulante. Il l’avait trouvé, abandonné à l’arrière d’un taxi, endormi dans un cabas glissé derrière le dos du chauffeur, avec un mot : « Je suis obligée de l’abandonner. Prenez-en soin. Je suis très triste. » C’était deux jours avant la naissance de Manu, et il s’était réjoui de cette trouvaille qui ferait le bonheur du bébé.
Il regarda sa montre :
—Encore 10 minutes. Non Taxi, tu vas rester ici, aujourd’hui nous allons nous promener seuls, entre hommes !
Le caniche poussa un soupir, se laissa choir sur le côté et fit semblant de se désintéresser des humains et de leur étrange comportement.
Bob entreprit la descente, sur la route qui menait au passage à niveau, à moins de cent mètres de la maison…Il fredonnait inconsciemment un chorus sur les harmonies que le puissant banjo de Jacquot faisait retentir…
Dans les lettres laissées sur la table, à l’intention de chacun, ils expliquaient tout, sans faire de « cinéma », sans apitoiement…Des regrets que les circonstances ne leur aient pas été plus favorables, des encouragements à Michel et Hélène…mais…Il avait insisté pour qu’une de ces enveloppes, adressée au docteur Désandré, contînt, sans aucun commentaire, une photo où ils figuraient tous les deux, encadrant le fauteuil de Manu…
Mais le train de marchandises, c’était l’idée de Marie Louise :
— C’n’est pas la peine d’ennuyer des dizaines de personnes avec nos soucis !
Il avait opiné ; comme souvent, elle avait raison.
Il l’imagina qui venait d’avaler le contenu d’un tube dont 2 ou 3 comprimés auraient suffi … Le trombone de Daniel attaquait la reprise de la deuxième collective par un puissant glissando…Le train arrivait…
Il n’eut qu’à ouvrir le portillon, et à s’élancer en poussant la chaise …
— Allo, Jeannot, c’est toi ?
— Salut Bob, qu’est-ce qui t’amène ? Fais vite, j’ai du boulot.
— Me fais pas rire, tu dois avoir encore six enveloppes à coller d’ici ce soir, c’est quand même pas le bagne à la SNCF !
—Arrête tes conneries et dis-moi plutôt ce que tu veux.
—Je rigole, enfin, j’essaie, c’est pas méchant, faut bien vous asticoter un peu, vous, les fonctionnaires. Voilà, dis-moi, à quelle heure est annoncé le prochain train de marchandises ?
—Tu t’intéresses à nos activités, subitement ?
—Non…mais, je veux juste emmener Manu le voir passer, ça le distraira peut-être un moment.
—Comment y va le môme ? Toujours pareil je suppose ?
— Ah, ça, on ne peut pas s’attendre à la moindre amélioration, au contraire, mais on le sait depuis qu’il est né ; ça va faire huit ans que notre seul petit-fils est un légume.
—Dis pas des choses comme ça Bob, pas la peine d’en rajouter ; allez, courage. Attends ! Si tu tiens absolument à un « marchandises », tu as le 628 qui vient de Lyon et qui passe près de chez vous vers 17heures 25. Vous avez de la chance, il est exceptionnellement long, deux motrices et 42 wagons : vous en aurez pour votre argent, merci la SNCF. Sinon, pas avant demain…Ou alors l’express de…
—Non, pas de « voyageurs ». Merci, merci…17 heures 25, ok. Allez, ne force pas trop quand même, et… adieu Jeannot.
—Au revoir, ciao ! Tu me raconteras la fête de votre anniversaire de mariage ; quarante ans ! tu parles d’un bail ! embrasse Marie-Louise.
Ils raccrochèrent en même temps.
Robert, dit Bob, resta un moment songeur, la main sur le combiné …C’est vrai qu’au rez-de chaussée et sur la terrasse, les invités exprimaient bruyamment leur joie d’être réunis à cette occasion. Bob pourtant ne les entendait presque pas. Ils étaient une trentaine, sans compter les cinq musiciens, ses anciens collègues d’orchestre avec lesquels il avait joué pendant…, combien au juste, dix-sept ans, oui, dix-sept ans, ce jazz qu’il aimait passionnément, ce jazz à la fois traditionnel et sans cesse remis en forme au gré, et selon le talent, de ses interprètes. Combien de soirées avaient-ils connues avec ses joyeux compères ? Mariages, animations en stations de ski, passages au Jazz club, apéros, bistrots en goguette, estrades de foires…Une joie soudaine l’envahit, il sourit à ces souvenirs, mais écrasé par le poids du présent, il ne put retenir aussitôt un énorme soupir.
Tout avait commencé à la naissance d’Emmanuel. Le bébé s’était étranglé avec son propre cordon ombilical. Bien sûr le médecin-accoucheur était absent, l’infirmière-chef avait fait ce qu’elle pouvait, mais n’avait pas caché à Michel, son gendre qui avait tenu serrée la main d’Hélène pendant toute l’intervention, que « ça se présentait mal ».
—Je préfèrerais que le docteur Désandré soit ici, ça va être difficile ! J’ai bien des craintes pour l’enfant.
Le médecin arriva enfin, alors que le bébé inerte et bleuissant gisait dans l’espace des prématurés et qu’on s’agitait autour de lui.
Michel interpela, angoissé, le pédiatre qui, pour se déculpabiliser, le rabroua sèchement.
Et puis, et puis… il avait fallu accepter la suite : l’obstination du docteur à ramener à la vie ce nouveau-né et à l’y maintenir à tout prix, avait d’un seul coup fait basculer leur existence. Michel et leur fille Hélène, qui, dans un premier temps auraient accepté l’échec de cette maternité, s’étaient mis à aimer et à couver cet être endommagé, flétri, déformé. Mais à quel prix ! Hélène avait interrompu ses études en fac et consacrait la quasi-totalité de son temps à Manu – elle n’aimait pas ce diminutif qu’elle jugeait artificiel et faussement complaisant face à l’état de l’enfant. Michel avait refusé tous les postes qui l’auraient éloigné de sa famille. Avec Marie Louise ils s’étaient aussi voués à la cause devenue familiale : élever cet enfant dont le cerveau n’avait pas été irrigué pendant trop longtemps à la naissance et qui n’aurait pas survécu si…
—Bob, descend ! Qu’est-ce que tu fais là-haut tout seul ? Occupe-toi de nos invités.
—J’arrive Marie Lou, j’arrive. J’ai appelé Jeannot, tu sais bien.
Il descendit sur la terrasse encore bien ensoleillée. Les copains étaient heureux, le temps splendide, l’atmosphère chaleureuse. « C’est vraiment un bon jour », se dit-il. Il proposa une tournée de rosé de Provence et demanda aux musiciens de jouer un de ces standards sur lesquels ils aimaient improviser.
—Jouez-moi Indiana, ou Everybody, ou ce que vous voulez ! Après, il faudra songer à se séparer.
Pendant qu’ils s’installaient paresseusement, il fit signe à sa femme de le rejoindre à la cuisine :
—Viens m’aider à préparer le café.
Personne ne remarqua l'incongruité de la demande.
A peine furent-ils seuls, qu’ils se regardèrent intensément, se saisirent par les avant-bras.
—Bon, ça va être le moment ; tu es toujours d’accord, Marie Lou ?
Elle le serra violemment.
—Nous avons tout bien examiné, il n’y a pas d’autre solution Bob.
—Tu sauras… ?
—Mais oui, nous avons répété plusieurs fois.Ne t’en fais pas ; tu sais bien que c’est pour Hélène et Michel. Il faut qu’ils aient un avenir !…et aussi pour Emmanuel.
Et toi, ça va aller ?
Ils s’étreignirent, sans un mot se proclamèrent leur amour à la force du regard et sortirent rejoindre leurs invités. Marie Louise portait une poignée d’enveloppes qu’elle déposa sur la table basse de la terrasse :
—Vous en prendrez chacun une, avant de partir, tout à l’heure ; on vous a mis un petit mot à chacun, pour vous remercier…et…aussi…enfin, vous verrez. L’enveloppe la plus grande sera pour vous deux, Hélène et Michel… Bon, alors, ce morceau, vous allez le jouer ? All of me? d’accord, va pour All of me.D’accord Bob?
—Je vais faire un tour avec Manu, jouez ce que vous voulez, je vous entendrai depuis la route, alors, pas de canards !
Manu gisait, informe, comme d’habitude dans sa chaise roulante, hébété, apparemment sans contact avec son entourage.
—On reviendra écouter la musique après, on va d’abord voir passer le train, tu veux ?
Question idiote, se dit-il, quoique…Il arrivait parfois à déceler une lueur très fugace dans le regard de son petit-fils, quand, pour le distraire, il sortait son cher saxo ténor de son étui et lui jouait quelques mesures de blues…
Taxi, le chien qui ne quittait presque jamais la compagnie d’Emmanuel, frétilla en le voyant préparer la chaise roulante. Il l’avait trouvé, abandonné à l’arrière d’un taxi, endormi dans un cabas glissé derrière le dos du chauffeur, avec un mot : « Je suis obligée de l’abandonner. Prenez-en soin. Je suis très triste. » C’était deux jours avant la naissance de Manu, et il s’était réjoui de cette trouvaille qui ferait le bonheur du bébé.
Il regarda sa montre :
—Encore 10 minutes. Non Taxi, tu vas rester ici, aujourd’hui nous allons nous promener seuls, entre hommes !
Le caniche poussa un soupir, se laissa choir sur le côté et fit semblant de se désintéresser des humains et de leur étrange comportement.
Bob entreprit la descente, sur la route qui menait au passage à niveau, à moins de cent mètres de la maison…Il fredonnait inconsciemment un chorus sur les harmonies que le puissant banjo de Jacquot faisait retentir…
Dans les lettres laissées sur la table, à l’intention de chacun, ils expliquaient tout, sans faire de « cinéma », sans apitoiement…Des regrets que les circonstances ne leur aient pas été plus favorables, des encouragements à Michel et Hélène…mais…Il avait insisté pour qu’une de ces enveloppes, adressée au docteur Désandré, contînt, sans aucun commentaire, une photo où ils figuraient tous les deux, encadrant le fauteuil de Manu…
Mais le train de marchandises, c’était l’idée de Marie Louise :
— C’n’est pas la peine d’ennuyer des dizaines de personnes avec nos soucis !
Il avait opiné ; comme souvent, elle avait raison.
Il l’imagina qui venait d’avaler le contenu d’un tube dont 2 ou 3 comprimés auraient suffi … Le trombone de Daniel attaquait la reprise de la deuxième collective par un puissant glissando…Le train arrivait…
Il n’eut qu’à ouvrir le portillon, et à s’élancer en poussant la chaise …

muzzo- Nombre de messages: 408
Age: 77
Localisation: Va savoir...!
Date d'inscription: 13/07/2008
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Une très bonne idée, mais j'ai eu l'impression que le texte "s'étalait" un peu trop dessus ; j'ai compris très vite ce qu'allaient faire les grands-parents, aussi ai-je eu une impression de remplissage pendant un petit tiers du texte, vers le milieu.
Sinon, une bonne écriture je trouve, sans chichis.
Sinon, une bonne écriture je trouve, sans chichis.

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Je ne vais pas être originale en disant que le récit est bien mené, qu'il évite l'écueil de l'attendrissement outrancier ou de la mièvrerie, le narrateur relatant les évènements passés et présents avec une forme de détachement (salvateur, sûrement) ; ce qui n'empêche pas le lecteur de se sentir touché par cette histoire.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Je n'ai pas accroché à ce texte. J'ai trouvé les dialogues trop plats et la mise en place de l'action maladroite, trop apparente.

Kilis- Nombre de messages: 5679
Age: 66
Localisation: "Nageur", Charles Matton
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Muzzo le sujet est fort, difficile à transcrire sans quelques maladresses. Il me semble que la rédaction de la première partie mériterait une bonne refonte. Je n'ai pas été attiré.
Par contre l'entrée en scène du train et du garçon handicapé, j'ai deviné ce qui se passerait. Cousu de fil blanc.
T'est-il possible de maintenir une tension en dissimulant la trame de ton histoire ?
Difficile hein ? D'un autre côté je préfère que tu essaies. Personnellement, j'en serais incapable.
Pourqoi les enveloppes, au moment de leur départ et pas plus tard ?
Par contre l'entrée en scène du train et du garçon handicapé, j'ai deviné ce qui se passerait. Cousu de fil blanc.
T'est-il possible de maintenir une tension en dissimulant la trame de ton histoire ?
Difficile hein ? D'un autre côté je préfère que tu essaies. Personnellement, j'en serais incapable.
Pourqoi les enveloppes, au moment de leur départ et pas plus tard ?

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
Age: 56
Localisation: à vau-le-vent
Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Pour ma part, je n’ai deviné le dénouement qu’à la moitié du texte.
La dernière phrase est peut-être de trop (j’aurais terminé par « Le train arrivait »), mais sinon j’ai bien accroché.
La dernière phrase est peut-être de trop (j’aurais terminé par « Le train arrivait »), mais sinon j’ai bien accroché.

Halicante- Nombre de messages: 1799
Age: 42
Localisation: Ici et maintenant.
Date d'inscription: 25/05/2008

Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
C'est prévisible, il y a de grosses ficelles. je n'ai pas franchement accroché

Tristan- Nombre de messages: 2982
Age: 24
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 24/06/2007

Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
J'ai compris ce qui allait se passer lorsque le grand père parle avec sa femme. Mais je n'ai pas trouvé cela gênant qu'il y ait encore plein de texte après. C'est tellement énorme ce projet que j'ai continué à lire, toujours accrochée à l'histoire.
Moi aussi, j'arrêterais bien le texte à "le train arrivait". Je crois que tout le monde est capable de comprendre. Même moi j'ai compris, alors...
Ce qui m'a gênée, au début, c'étaient les commentaires sur les gens de la SNCF. Du genre, les fonctionnaires, tous pareils... Justement, je croyais que le texte allait parler de ça, et qu'on allait suivre l'histoire du copain.
Moi aussi, j'arrêterais bien le texte à "le train arrivait". Je crois que tout le monde est capable de comprendre. Même moi j'ai compris, alors...
Ce qui m'a gênée, au début, c'étaient les commentaires sur les gens de la SNCF. Du genre, les fonctionnaires, tous pareils... Justement, je croyais que le texte allait parler de ça, et qu'on allait suivre l'histoire du copain.

Anne Veillac- Nombre de messages: 568
Age: 47
Localisation: a.veillac@laposte.net
Date d'inscription: 22/03/2008

Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Je n'ai pas vraiment accroché. L'écriture est bonne, sans conteste, mais...
Un petit truc : " Michel interpela, angoissé, le pédiatre qui, pour se déculpabiliser, le rabroua sèchement. "
Le passé simple crée une rupture dans ce passage ( suivant la naissance de Manu ), je me suis demandée ce qu'il faisait là tout d'un coup.
Un petit truc : " Michel interpela, angoissé, le pédiatre qui, pour se déculpabiliser, le rabroua sèchement. "
Le passé simple crée une rupture dans ce passage ( suivant la naissance de Manu ), je me suis demandée ce qu'il faisait là tout d'un coup.

Lucy- Nombre de messages: 2629
Age: 34
Date d'inscription: 31/03/2008
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
J'ai repensé à ce texte, à ce que tu y racontes.
Je ne sais pas si tu vas me répondre, peut-être pas, mais pourquoi est-ce que ça s'appelle histoire vraie ou presque ? Ce serait intéressant de le savoir pour savoir ce que tu es prêt(e) à changer ou que tu dois absolument garder.
Je me suis posée des questions sur la personnalité du grand-père et sur l'histoire des enveloppes. Ca m'a paru bizarre toutes ces enveloppes, envoyées à tous les invités. Soit le grand-père commet un acte de folie et l'histoire des enveloppes est crédible. Mais alors, il faudrait que le lecteur sente la folie du grand-père. Ou bien, il agit en connaissance de cause, très sûr de lui, mais alors pourquoi ces enveloppes ? Et même, par rapport aux parents de l'enfant handicapés... Pourquoi les prévenir finalement ? Et ce grand-père, pense-t-il à la suite pour lui ? Il peut aller en prison. Les autres peuvent lui en vouloir.
Je ne sais pas si tu vas me répondre, peut-être pas, mais pourquoi est-ce que ça s'appelle histoire vraie ou presque ? Ce serait intéressant de le savoir pour savoir ce que tu es prêt(e) à changer ou que tu dois absolument garder.
Je me suis posée des questions sur la personnalité du grand-père et sur l'histoire des enveloppes. Ca m'a paru bizarre toutes ces enveloppes, envoyées à tous les invités. Soit le grand-père commet un acte de folie et l'histoire des enveloppes est crédible. Mais alors, il faudrait que le lecteur sente la folie du grand-père. Ou bien, il agit en connaissance de cause, très sûr de lui, mais alors pourquoi ces enveloppes ? Et même, par rapport aux parents de l'enfant handicapés... Pourquoi les prévenir finalement ? Et ce grand-père, pense-t-il à la suite pour lui ? Il peut aller en prison. Les autres peuvent lui en vouloir.

Anne Veillac- Nombre de messages: 568
Age: 47
Localisation: a.veillac@laposte.net
Date d'inscription: 22/03/2008

Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Anne Veillac a écrit:J'ai repensé à ce texte, à ce que tu y racontes.
Je ne sais pas si tu vas me répondre, peut-être pas, mais pourquoi est-ce que ça s'appelle histoire vraie ou presque ? Ce serait intéressant de le savoir pour savoir ce que tu es prêt(e) à changer ou que tu dois absolument garder.
Je me suis posée des questions sur la personnalité du grand-père et sur l'histoire des enveloppes. Ca m'a paru bizarre toutes ces enveloppes, envoyées à tous les invités. Soit le grand-père commet un acte de folie et l'histoire des enveloppes est crédible. Mais alors, il faudrait que le lecteur sente la folie du grand-père. Ou bien, il agit en connaissance de cause, très sûr de lui, mais alors pourquoi ces enveloppes ? Et même, par rapport aux parents de l'enfant handicapés... Pourquoi les prévenir finalement ? Et ce grand-père, pense-t-il à la suite pour lui ? Il peut aller en prison. Les autres peuvent lui en vouloir.
C'est une histoire en grande partie vraie, sauf pour les grands-parents, qui m'avaient laissé entrevoir leur projet, mais qui sont morts "naturellement", sans avoir pu le mettre à exécution.L'enfant est également mort, et les parents tentent de revivre.
Avant de "partir", ils disent leur amour à ceux qu'ils quittent, et peut-être s'excuse-t-il de leur geste destiné à délivrer les parents et l'enfant.
Je ne pense pas qu'il puisse alors être inculpé de quoi que ce soit après son suicide. C'est un acte de folie dicté par l'amour, la rage impuissante...Mais c'est un acte parfaitement raisonné, voulu, choisi. Chacun peut, et doit, imaginer ce que contiennent ces enveloppes-passerelles entre eux qui s'en vont et ceux qui vont rester.

muzzo- Nombre de messages: 408
Age: 77
Localisation: Va savoir...!
Date d'inscription: 13/07/2008
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Le dialogue ne me paraît pas très naturel, il sonne un peu surjoué par moments.
Robert, dit Bob: La précision me paraît superflue.
Tout est également très condensé, sans aérations, mais cela est essentiellement dû à ta mise en page. Tu devrais insérer des espaces, des coupures, notamment pour distinguer les époques.
Dans la partie consacrée à la naissance de l'enfant et son handicap, tu tombes un brin dans le pathos, ça pourrait être allégé, on comprend bien ce qui se passe et la gravité de ce drame sans qu'il soit besoin de le appeler de la sorte.
D'ailleurs, de manière générale, je trouve que tu expliques et détailles trop, tu ne laisses planer aucun doute et le lecteur n'a rien à imaginer ou presque, tout est là. Dommage, tout de même.
La chute est attendue mais c'est une bonne idée. Elle aurait été davantage mise en valeur si tu avais allégé ton texte d'une foule de détails, ça l'aurait rendue encore plus percutante dans sa cruauté.
Robert, dit Bob: La précision me paraît superflue.
Tout est également très condensé, sans aérations, mais cela est essentiellement dû à ta mise en page. Tu devrais insérer des espaces, des coupures, notamment pour distinguer les époques.
Dans la partie consacrée à la naissance de l'enfant et son handicap, tu tombes un brin dans le pathos, ça pourrait être allégé, on comprend bien ce qui se passe et la gravité de ce drame sans qu'il soit besoin de le appeler de la sorte.
D'ailleurs, de manière générale, je trouve que tu expliques et détailles trop, tu ne laisses planer aucun doute et le lecteur n'a rien à imaginer ou presque, tout est là. Dommage, tout de même.
La chute est attendue mais c'est une bonne idée. Elle aurait été davantage mise en valeur si tu avais allégé ton texte d'une foule de détails, ça l'aurait rendue encore plus percutante dans sa cruauté.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Merci pour vos commentaires. Je n'avais pas l'intention d'écrire un texte à suspense, mais plutôt un journal du déroulement des faits, tels qu'ils auraient dû, peu ou prou, se dérouler; un peu comme un commentateur familier qui ferait revivre ces instants. C'est vrai que quand on écrit et qu'on poste un texte on est dans un certain état d'esprit et on s'imagine que les lecteurs le partagent automatiquement.
Pour le moment , j'observe une pause, la lecture ne manquant pas sur V.E; il faudra que je fasse comme Sakti et que j'enregistre les textes pour les lire tranquillement.
Pour le moment , j'observe une pause, la lecture ne manquant pas sur V.E; il faudra que je fasse comme Sakti et que j'enregistre les textes pour les lire tranquillement.

muzzo- Nombre de messages: 408
Age: 77
Localisation: Va savoir...!
Date d'inscription: 13/07/2008
Re: Itinéraire tronqué (histoire vraie ou presque)
Bien mené, agréable à lire, mais j'ai aussi regretté de comprendre dès les premières lignes.

Evanescent- Nombre de messages: 2401
Age: 20
Localisation: À nous deux, maintenant.
Date d'inscription: 03/07/2008
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