Sur la N10
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Sur la N10
Voilà, c'est le premier texte que je poste parmi vous!
Il s'agit de la première partie d'une nouvelle. J'espère que la longueur du texte ne vous rebutera pas... j'ai plutôt vu des formes courtes sur ce forum. N'hésitez pas à me dire si il vaut mieux poster des "morceaux" plus cours!
On m’a raconté cette histoire au comptoir de chez Titi.
Un type avait pris l’habitude de s’offrir une pute tous les vendredis soirs, sur la nationale 10, celle qui relie Chartres à Rambouillet en une ligne droite morne et interminable. Sur 150 kilomètres, rien d’autre que des champs labourés, des poteaux télégraphiques et des pubs pour Conforama sur fond de ciel gris.
Il y a un coin bien précis, un des rares coins de cette foutue ligne droite bordée de quelques sapins shootés au Super sans plomb, où vous pouvez voir deux ou trois bagnoles rangées sur le bas côté, avec des petits stores aux vitres. C’est les prostituées de la N10. Il y en a peut-être d’autres plus loin sur cette route, mais dans le coin c’est ici que ça se passe. Les types que ça intéressent garent leurs voitures et viennent toquer à la vitre des prostituées, genre « Des ennuis avec votre voiture ma petite dame? ». Tu parles…ça fait des années que ça dure, en tout cas depuis que je suis dans la coin, c’est tout dire. Toujours le même scénario, toujours le même dialogue ; et ça semble convenir à tout le monde, même aux poulets faut croire, parce qu’ils ont toujours fermé les yeux. Allez savoir pourquoi…
Le type du vendredi soir s’appelait Seb Maury. Il n’avait pas eu besoin d’entendre parler de « l’aire de repos » de la N10, il savait ça depuis toujours, comme tous les gens qui ont grandi dans le coin, ou qui font ce trajet depuis un certain temps pour aller bosser. Seb était dans les deux cas. Il était vendeur au rayon lave-vaisselle de Darty à Coignères et il avait grandi à Maintenon, où son père tenait un garage qui marchait assez bien.
Jusqu’à l’age de 15ans, il a fait sa scolarité à Maintenon, qui possède une école primaire et un petit collège. Il avait sa bande de potes, mais ne faisait pas partie des meneurs, si vous voyez ce que je veux dire.
A 11 ans, il connaît son premier amour. Elle s’appelle Clémence, elle a toujours les cheveux attachés en queue de cheval et collectionne les jouets dans les œufs Kinder. Ok, ça on me l’a pas raconté, je l’invente sur le moment pour imager un peu le truc. De toute manière, je dois pas être très loin de la vérité, je la vois d’ici cette gamine. Les deux mômes passent leur temps à se promener main dans la main, le jeune Seb écrit ses premiers et derniers poèmes à l’eau de rose. Et puis au bout d’un moment, les parents de Clémence ne s’entendent plus et finissent par divorcer. Leur maison près de la mairie est vendue, et Clémence quitte brusquement le collège en cours d’année pour aller vivre avec sa mère, en Normandie je crois.
Seb redouble sa troisième , et entre au lycée. En cours, ça ne se passe pas très bien. C’est pas le genre casse-cou, à faire tout le temps des conneries pour se faire remarquer, mais il s’ennuie à l’école, vous voyez?
Il ne sait pas ce qu’il veut faire après le lycée, aucun métier ne l’intéresse en particulier, aucune étude, aucun apprentissage. En dehors des cours ( et parfois pendant ), il va chez ses potes pour fumer du shit et jouer à la console. Après plusieurs histoires brèves, il commence à sortir avec Jennifer, la demi-sœur d’un pote. Ils sont au même bahut, elle est cool, ça se passe bien.
Seb redouble la terminale, et trois semaines avant les épreuves du bac, Jennifer tombe enceinte. Au même moment, le grand frère de son pote Romain lui dit qu’ils recrutent en ce moment chez Darty. Lui-même bosse là-bas, il peut le faire embaucher à coup sûr. Ca tombe à pic pour Seb, qui vit l’enfer en ce moment à la maison: Ses parents sont furieux, ils ne comprennent pas comment il a pu être négligeant au point de mettre la gamine enceinte. Seb ne comprend pas trop non plus, à vrai dire. C’est Jen qui veut absolument garder ce bébé; et comme ses parents à elle menacent de la virer , elle lui met la pression pour qu’ils trouvent un endroit rien qu’à eux .
Quand le frère de Romain lui parle de ce job, Seb accepte illico. De son côté, Jennifer finit par avoir un gros clash avec ses parents. Sa mère la traite de pute, Jen lui met une baffe, tout le monde pleure et elle atterrit en urgence chez les parents de Seb. C’est pas de gaieté de cœur, mais comme la maison est assez grande, il décident de l’accueillir quelques temps. Il faut dire que la récente embauche de Seb les a un peu apaisés. L’idée, c’est d’héberger le jeune couple le temps qu’ils économisent assez pour louer un appartement vers Coignères, du côté de la zone industrielle, ou de décrocher un logement HLM.
Ca devient vite assez tendu à la maison. Jen est tout juste tolérée, et elle n’arrive pas à trouver un job à cause de son ventre qui s’arrondit. Elle ne sort plus, ne va plus chez ses amis car elle n’a pas de voiture ou de scooter à elle, et n’ose pas les inviter chez les parents de Seb. Du coup, elle s’accroche à lui dès qu’il rentre du boulot, lui reproche d’aller voir ses potes le soir pour jouer à BattleWar et de l’abandonner dans cette maison où personne ne lui parle.
C’est dans ce contexte que Seb décide un soir de s’arrêter au bord de la N10.
Il s'agit de la première partie d'une nouvelle. J'espère que la longueur du texte ne vous rebutera pas... j'ai plutôt vu des formes courtes sur ce forum. N'hésitez pas à me dire si il vaut mieux poster des "morceaux" plus cours!
On m’a raconté cette histoire au comptoir de chez Titi.
Un type avait pris l’habitude de s’offrir une pute tous les vendredis soirs, sur la nationale 10, celle qui relie Chartres à Rambouillet en une ligne droite morne et interminable. Sur 150 kilomètres, rien d’autre que des champs labourés, des poteaux télégraphiques et des pubs pour Conforama sur fond de ciel gris.
Il y a un coin bien précis, un des rares coins de cette foutue ligne droite bordée de quelques sapins shootés au Super sans plomb, où vous pouvez voir deux ou trois bagnoles rangées sur le bas côté, avec des petits stores aux vitres. C’est les prostituées de la N10. Il y en a peut-être d’autres plus loin sur cette route, mais dans le coin c’est ici que ça se passe. Les types que ça intéressent garent leurs voitures et viennent toquer à la vitre des prostituées, genre « Des ennuis avec votre voiture ma petite dame? ». Tu parles…ça fait des années que ça dure, en tout cas depuis que je suis dans la coin, c’est tout dire. Toujours le même scénario, toujours le même dialogue ; et ça semble convenir à tout le monde, même aux poulets faut croire, parce qu’ils ont toujours fermé les yeux. Allez savoir pourquoi…
Le type du vendredi soir s’appelait Seb Maury. Il n’avait pas eu besoin d’entendre parler de « l’aire de repos » de la N10, il savait ça depuis toujours, comme tous les gens qui ont grandi dans le coin, ou qui font ce trajet depuis un certain temps pour aller bosser. Seb était dans les deux cas. Il était vendeur au rayon lave-vaisselle de Darty à Coignères et il avait grandi à Maintenon, où son père tenait un garage qui marchait assez bien.
Jusqu’à l’age de 15ans, il a fait sa scolarité à Maintenon, qui possède une école primaire et un petit collège. Il avait sa bande de potes, mais ne faisait pas partie des meneurs, si vous voyez ce que je veux dire.
A 11 ans, il connaît son premier amour. Elle s’appelle Clémence, elle a toujours les cheveux attachés en queue de cheval et collectionne les jouets dans les œufs Kinder. Ok, ça on me l’a pas raconté, je l’invente sur le moment pour imager un peu le truc. De toute manière, je dois pas être très loin de la vérité, je la vois d’ici cette gamine. Les deux mômes passent leur temps à se promener main dans la main, le jeune Seb écrit ses premiers et derniers poèmes à l’eau de rose. Et puis au bout d’un moment, les parents de Clémence ne s’entendent plus et finissent par divorcer. Leur maison près de la mairie est vendue, et Clémence quitte brusquement le collège en cours d’année pour aller vivre avec sa mère, en Normandie je crois.
Seb redouble sa troisième , et entre au lycée. En cours, ça ne se passe pas très bien. C’est pas le genre casse-cou, à faire tout le temps des conneries pour se faire remarquer, mais il s’ennuie à l’école, vous voyez?
Il ne sait pas ce qu’il veut faire après le lycée, aucun métier ne l’intéresse en particulier, aucune étude, aucun apprentissage. En dehors des cours ( et parfois pendant ), il va chez ses potes pour fumer du shit et jouer à la console. Après plusieurs histoires brèves, il commence à sortir avec Jennifer, la demi-sœur d’un pote. Ils sont au même bahut, elle est cool, ça se passe bien.
Seb redouble la terminale, et trois semaines avant les épreuves du bac, Jennifer tombe enceinte. Au même moment, le grand frère de son pote Romain lui dit qu’ils recrutent en ce moment chez Darty. Lui-même bosse là-bas, il peut le faire embaucher à coup sûr. Ca tombe à pic pour Seb, qui vit l’enfer en ce moment à la maison: Ses parents sont furieux, ils ne comprennent pas comment il a pu être négligeant au point de mettre la gamine enceinte. Seb ne comprend pas trop non plus, à vrai dire. C’est Jen qui veut absolument garder ce bébé; et comme ses parents à elle menacent de la virer , elle lui met la pression pour qu’ils trouvent un endroit rien qu’à eux .
Quand le frère de Romain lui parle de ce job, Seb accepte illico. De son côté, Jennifer finit par avoir un gros clash avec ses parents. Sa mère la traite de pute, Jen lui met une baffe, tout le monde pleure et elle atterrit en urgence chez les parents de Seb. C’est pas de gaieté de cœur, mais comme la maison est assez grande, il décident de l’accueillir quelques temps. Il faut dire que la récente embauche de Seb les a un peu apaisés. L’idée, c’est d’héberger le jeune couple le temps qu’ils économisent assez pour louer un appartement vers Coignères, du côté de la zone industrielle, ou de décrocher un logement HLM.
Ca devient vite assez tendu à la maison. Jen est tout juste tolérée, et elle n’arrive pas à trouver un job à cause de son ventre qui s’arrondit. Elle ne sort plus, ne va plus chez ses amis car elle n’a pas de voiture ou de scooter à elle, et n’ose pas les inviter chez les parents de Seb. Du coup, elle s’accroche à lui dès qu’il rentre du boulot, lui reproche d’aller voir ses potes le soir pour jouer à BattleWar et de l’abandonner dans cette maison où personne ne lui parle.
C’est dans ce contexte que Seb décide un soir de s’arrêter au bord de la N10.

Silex- Nombre de messages: 13
Age: 31
Date d'inscription: 12/12/2008
Re: Sur la N10
Un bon début qui donne envie de connaître la suite ! Je trouve l'histoire prenante, servie par une écriture efficace, sans chichis mais pas simplette, évocatrice. Les personnages sont croqués en quelques mots, on s'y croit.
Bref, que du bon pour moi, et j'espère en lire encore...
"quelques sapins shootés au Super sans plomb", vraiment bien !
Bienvenue sur Vos Ecrits, à très bientôt j'espère.
Bref, que du bon pour moi, et j'espère en lire encore...
"quelques sapins shootés au Super sans plomb", vraiment bien !
Bienvenue sur Vos Ecrits, à très bientôt j'espère.

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Sur la N10
Le texte se laisse tout à fait lire. L'intrigue est bien amorcée.
Personnellement, je ne vois pas d'intérêt à :
L'intervention de l'auteur là, c'est un décalé sans intérêt de mon avis.
C'est un détail. Quelques petites choses à réécrire peut-être mais sinon, j'attends la suite !!
Akinorev31
Personnellement, je ne vois pas d'intérêt à :
Ok, ça on me l’a pas raconté, je l’invente sur le moment pour imager un peu le truc. De toute manière, je dois pas être très loin de la vérité, je la vois d’ici cette gamine.
L'intervention de l'auteur là, c'est un décalé sans intérêt de mon avis.
C'est un détail. Quelques petites choses à réécrire peut-être mais sinon, j'attends la suite !!
Akinorev31

Akinorev31- Nombre de messages: 167
Age: 57
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 24/11/2008

Re: Sur la N10
Merci pour vos commentaires! Voici la suite. Pas besoin de créer un autre sujet, non? Excusez ma gaucherie, c'est la première fois que je m'inscrit sur un forum..
C’est dans ce contexte que Seb décide un soir de s’arrêter au bord de la N10.
La première fois, il a dût se dire que ça serait la seule, mais finalement c’est devenu une habitude, son truc à lui du vendredi soir. Il a juste raconté à la maison qu’on lui avait proposé de faire une heure sup’ ce jour-là.
Il prend toujours la même, celle de la première fois. Elle a dans les trente cinq ans, peut-être un peu plus. Une blonde un peu charnue. Il ne sait pas comment elle s’appelle. Elle fait son business dans un vieux break marron. Non pas qu’il soit particulièrement attaché à elle, mais il sent qu’il n’aurait pas le courage d’aller taper encore une fois à la vitre d’une de ces bagnoles. Et puis, ça ne lui déplait pas cette espèce de fidélité à la pute; maintenant, elle sait ce qu’il préfère, il n’est plus obligé d’expliquer. Un peu le même charme que d’être un vieil habitué dans un bar qu’on aime bien.
Seulement, un soir, au moment de garer la voiture sur le bas côté, Seb s’aperçoit que le break marron n’est pas là. C’est la première fois que ça arrive, il ne sait pas quoi faire. Seb gare sa voiture, laisse le moteur tourner, le temps de réfléchir un peu à la situation. Où est-ce qu’elle a bien pu aller? Elle a changé de coin, où peut-être qu’elle est juste malade? Peut-être qu’elle a suivit un client chez lui, ou qu’ils sont allés faire ça à l’hôtel. Il y a un Formule 1 à la sortie de Coignères, juste après l’Hippopotamus... Bon, en tout cas, lui, ça ne lui dit pas ce qu’il va faire. Si il retourne chez lui, il va falloir qu’il explique pourquoi il rentre de bonne heure , et de toute façon il n’a pas envie d’enchaîner Darty et Jen, comme ça, en fin de semaine, sans un sas de décompression. Seb jette un œil dehors, par-dessus le tableau de bord. Il sait d’avance ce qu’il va voir. Il y a deux autres voitures appartenant à des putes, toujours les même, en plus du break marron: Une Mégane vert foncé, et une vieille camionnette blanche, comme en ont les agriculteurs dans la région. Seb coupe le moteur de sa voiture.
Il y a un espèce de code entre les prostituées et les clients: Si la voiture est garée le nez vers la route, ça veut dire que la pute est disponible. Une Volvo gris métallisé est garée un peu plus loin. La Mégane tourne le dos à la route. La camionnette, en revanche, est garée dans l’autre sens. Ce qui signifie: « open ». Seb triture son porte-clés.
Si il commence à tirer son coup à droite à gauche, il ne sera plus le mec qui voit une autre femme de temps en temps, juste pour le sexe, il deviendra « un client à putes »! Et si il devenait accro? Jusqu’à maintenant, bien qu’il passa tous les jours devant, l’idée ne l’avait jamais effleuré de s’arrêter un autre jour de la semaine. C’est à peine si il jetait un coup d’œil distrait sur le bas côté en tapant les beat de radioFG, les deux mains sur le volant. En dehors du vendredi, il n’y pensait jamais, ni au boulot, ni à la maison. Qu’est-ce qui se passerait si il n’arrivait plus à se contenter du vendredi?
Il avait entendu dire qu’on pouvait devenir accro au sexe, et surtout aux prostituées et au porno. Chez Darty, il y a des ragots qui circulent sur un type du rayon fours et micro-ondes . Le mec avait claqué toutes ses économies chez les putes. Quand il n'avait plus eu un rond, il s'était rabattu sur les magazines porno et les sites de cul, et il s'était tellement branlé qu'il avait choppé un tendinite aux deux poignets. Pendant un mois, il était venu au boulot les bras bandés. Et puis le mec a du se confier à la mauvaise personne, parce qu’ensuite aucun collègue ne pouvait lui serrer la main sans se marrer, et certains même refusaient de lui serrer la main. Pour couronner le tout, le gérant l'a convoqué dans son bureau, pour lui expliquer qu'à cause des bandages on avait l'impression qu'il avait essayé de se trancher les veines, et que ça le faisait pas vraiment pour un commercial. L'histoire ne dit pas si le type a été obligé de s'expliquer, mais Seb ne voulait surtout pas risquer d'en arriver là. Point barre.
Il pourrait peut-être attendre que le break revienne avec sa blonde habituelle? Au pire, si elle ne revient pas, il rentrera bredouille dans le temps règlementaire. Oui, mais si il reste ici et qu'un mec le prend pour un gigolo et vient toquer à sa vitre? Ca il ne pourrait pas le supporter, il lui mettrait direct un pain dans la gueule. Bonjour les embrouilles...
Tandis que le gamin cogite dans sa voiture, le temps s'écoule avec lenteur ; le ciel gris, opaque et nuageux, prend la couleur ardoise d'un week-end pourri, terne et venteux. Les nuages fouettés par le vent gonflent en forme de gros poings musculeux qui s'accumulent lentement, emplissant l'horizon. L'horizon ici est immense voyez ; par chez nous tout est tellement plat et dégagé qu'on peut apercevoir un clocher de village à 15 kilomètres devant soi. Et tout un coup, Seb se rappelle un soir de 14 juillet, où il n'avait pas pu aller au terrain de foot de la commune pour voir le feu d'artifice car il avait eu une otite. Il devait avoir sept ou huit ans. Il était resté seul à la maison pendant que ses parents accompagnaient son grand frère là bas avec les gens de Maintenon, comme ça se fait chaque année dans tous les villages de la région. Il s était assis dans son lit, et s'était mis à pleurer de frustration quand les premières détonations avaient éclaté. Mais au bout d'une minute, il avait cessé de pleurer et redressé lentement la tête. La pétarade continuait au loin. Il était sorti de sa chambre, avait monté les marches menant au grenier. Il n'y avait pas de lumière dans le vieil escalier, et chaque pied posé faisait naître une protestation grinçante. La clef était toujours sur la porte, il était entré, s'était frayé un chemin parmi les cartons et les meubles poussiéreux jusque sous le vieux vasistas plein de toiles d'araignées. Là, il avait poussé une lourde chaise sous la fenêtre, empilé quelques toiles de jute et s'était hissé jusqu'au rebord.
Et là, quel spectacle! En face de lui s'étendait la vaste plaine céréalière, et de là il pouvait voir éclater en même temps tous les feux d'artifices des villages à des kilomètres à la ronde. A sa droite, une pluie d'or, là-bas, une gigantesque explosion rose , des flashs de toutes les couleurs l'environnaient, ça sentait la fumée et le ciel était illuminé comme en plein jour.
Il était resté là, petit bonhomme en pyjama et chaussons spiderman agrippé au rebord de fenêtre, à regarder le spectacle scandé par le bruit des crépitements et des détonations, et il s'était senti le roi du monde. C'était comme si tous ces feux d'artifices avaient été lancés rien que pour lui. Une formidable exaltation l'avait rempli, un sentiment de liberté totale. A ce moment tout lui avait semblé merveilleux, la vie était merveilleuse, tout était possible.
C’est dans ce contexte que Seb décide un soir de s’arrêter au bord de la N10.
La première fois, il a dût se dire que ça serait la seule, mais finalement c’est devenu une habitude, son truc à lui du vendredi soir. Il a juste raconté à la maison qu’on lui avait proposé de faire une heure sup’ ce jour-là.
Il prend toujours la même, celle de la première fois. Elle a dans les trente cinq ans, peut-être un peu plus. Une blonde un peu charnue. Il ne sait pas comment elle s’appelle. Elle fait son business dans un vieux break marron. Non pas qu’il soit particulièrement attaché à elle, mais il sent qu’il n’aurait pas le courage d’aller taper encore une fois à la vitre d’une de ces bagnoles. Et puis, ça ne lui déplait pas cette espèce de fidélité à la pute; maintenant, elle sait ce qu’il préfère, il n’est plus obligé d’expliquer. Un peu le même charme que d’être un vieil habitué dans un bar qu’on aime bien.
Seulement, un soir, au moment de garer la voiture sur le bas côté, Seb s’aperçoit que le break marron n’est pas là. C’est la première fois que ça arrive, il ne sait pas quoi faire. Seb gare sa voiture, laisse le moteur tourner, le temps de réfléchir un peu à la situation. Où est-ce qu’elle a bien pu aller? Elle a changé de coin, où peut-être qu’elle est juste malade? Peut-être qu’elle a suivit un client chez lui, ou qu’ils sont allés faire ça à l’hôtel. Il y a un Formule 1 à la sortie de Coignères, juste après l’Hippopotamus... Bon, en tout cas, lui, ça ne lui dit pas ce qu’il va faire. Si il retourne chez lui, il va falloir qu’il explique pourquoi il rentre de bonne heure , et de toute façon il n’a pas envie d’enchaîner Darty et Jen, comme ça, en fin de semaine, sans un sas de décompression. Seb jette un œil dehors, par-dessus le tableau de bord. Il sait d’avance ce qu’il va voir. Il y a deux autres voitures appartenant à des putes, toujours les même, en plus du break marron: Une Mégane vert foncé, et une vieille camionnette blanche, comme en ont les agriculteurs dans la région. Seb coupe le moteur de sa voiture.
Il y a un espèce de code entre les prostituées et les clients: Si la voiture est garée le nez vers la route, ça veut dire que la pute est disponible. Une Volvo gris métallisé est garée un peu plus loin. La Mégane tourne le dos à la route. La camionnette, en revanche, est garée dans l’autre sens. Ce qui signifie: « open ». Seb triture son porte-clés.
Si il commence à tirer son coup à droite à gauche, il ne sera plus le mec qui voit une autre femme de temps en temps, juste pour le sexe, il deviendra « un client à putes »! Et si il devenait accro? Jusqu’à maintenant, bien qu’il passa tous les jours devant, l’idée ne l’avait jamais effleuré de s’arrêter un autre jour de la semaine. C’est à peine si il jetait un coup d’œil distrait sur le bas côté en tapant les beat de radioFG, les deux mains sur le volant. En dehors du vendredi, il n’y pensait jamais, ni au boulot, ni à la maison. Qu’est-ce qui se passerait si il n’arrivait plus à se contenter du vendredi?
Il avait entendu dire qu’on pouvait devenir accro au sexe, et surtout aux prostituées et au porno. Chez Darty, il y a des ragots qui circulent sur un type du rayon fours et micro-ondes . Le mec avait claqué toutes ses économies chez les putes. Quand il n'avait plus eu un rond, il s'était rabattu sur les magazines porno et les sites de cul, et il s'était tellement branlé qu'il avait choppé un tendinite aux deux poignets. Pendant un mois, il était venu au boulot les bras bandés. Et puis le mec a du se confier à la mauvaise personne, parce qu’ensuite aucun collègue ne pouvait lui serrer la main sans se marrer, et certains même refusaient de lui serrer la main. Pour couronner le tout, le gérant l'a convoqué dans son bureau, pour lui expliquer qu'à cause des bandages on avait l'impression qu'il avait essayé de se trancher les veines, et que ça le faisait pas vraiment pour un commercial. L'histoire ne dit pas si le type a été obligé de s'expliquer, mais Seb ne voulait surtout pas risquer d'en arriver là. Point barre.
Il pourrait peut-être attendre que le break revienne avec sa blonde habituelle? Au pire, si elle ne revient pas, il rentrera bredouille dans le temps règlementaire. Oui, mais si il reste ici et qu'un mec le prend pour un gigolo et vient toquer à sa vitre? Ca il ne pourrait pas le supporter, il lui mettrait direct un pain dans la gueule. Bonjour les embrouilles...
Tandis que le gamin cogite dans sa voiture, le temps s'écoule avec lenteur ; le ciel gris, opaque et nuageux, prend la couleur ardoise d'un week-end pourri, terne et venteux. Les nuages fouettés par le vent gonflent en forme de gros poings musculeux qui s'accumulent lentement, emplissant l'horizon. L'horizon ici est immense voyez ; par chez nous tout est tellement plat et dégagé qu'on peut apercevoir un clocher de village à 15 kilomètres devant soi. Et tout un coup, Seb se rappelle un soir de 14 juillet, où il n'avait pas pu aller au terrain de foot de la commune pour voir le feu d'artifice car il avait eu une otite. Il devait avoir sept ou huit ans. Il était resté seul à la maison pendant que ses parents accompagnaient son grand frère là bas avec les gens de Maintenon, comme ça se fait chaque année dans tous les villages de la région. Il s était assis dans son lit, et s'était mis à pleurer de frustration quand les premières détonations avaient éclaté. Mais au bout d'une minute, il avait cessé de pleurer et redressé lentement la tête. La pétarade continuait au loin. Il était sorti de sa chambre, avait monté les marches menant au grenier. Il n'y avait pas de lumière dans le vieil escalier, et chaque pied posé faisait naître une protestation grinçante. La clef était toujours sur la porte, il était entré, s'était frayé un chemin parmi les cartons et les meubles poussiéreux jusque sous le vieux vasistas plein de toiles d'araignées. Là, il avait poussé une lourde chaise sous la fenêtre, empilé quelques toiles de jute et s'était hissé jusqu'au rebord.
Et là, quel spectacle! En face de lui s'étendait la vaste plaine céréalière, et de là il pouvait voir éclater en même temps tous les feux d'artifices des villages à des kilomètres à la ronde. A sa droite, une pluie d'or, là-bas, une gigantesque explosion rose , des flashs de toutes les couleurs l'environnaient, ça sentait la fumée et le ciel était illuminé comme en plein jour.
Il était resté là, petit bonhomme en pyjama et chaussons spiderman agrippé au rebord de fenêtre, à regarder le spectacle scandé par le bruit des crépitements et des détonations, et il s'était senti le roi du monde. C'était comme si tous ces feux d'artifices avaient été lancés rien que pour lui. Une formidable exaltation l'avait rempli, un sentiment de liberté totale. A ce moment tout lui avait semblé merveilleux, la vie était merveilleuse, tout était possible.

Silex- Nombre de messages: 13
Age: 31
Date d'inscription: 12/12/2008
Re: Sur la N10
j'ai lu le début. Dans ce que je n'aime pas : l'aspect trop "factuel" et rapide du texte. On dirait que tu te presses pour raconter l'histoire.
Dans ce que j'aime : le caractère "oral", qui rend le tout vivant.
Mais c'est un bon texte
Dans ce que j'aime : le caractère "oral", qui rend le tout vivant.
Mais c'est un bon texte

Tristan- Nombre de messages: 2982
Age: 24
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 24/06/2007

Re: Sur la N10
En effet Tristan, je vois que ce que tu veux dire par "factuel". Je voulais traduire l'état d'esprit du narrateur, qui en fin de compte est assez pressé de poser les bases de son histoire pour entrer dans la suite qui l'intéresse plus. Mais c'est vrai que c'est un peu maladroit.

Silex- Nombre de messages: 13
Age: 31
Date d'inscription: 12/12/2008
Re: Sur la N10
Pour commencer soit le bienvenu.
Pour le texte, pas mal de détails dont je ne vois pas l'intérêt :lieu, le garage qui marchait assez bien… à moins qu'ils ne soient relayés dans le reste de la nouvelle. Sinon, beaucoup de choses racontées comme des évidences mais sans mettre le lecteur dans le bain " Jennifer finit par avoir un gros clash avec ses parents. Sa mère la traite de pute, Jen lui met une baffe, tout le monde pleure et elle atterrit en urgence chez les parents de Seb " je ne la vie pas cette scène, je la lis comme un énoncé des faits et pour ce qui est du ressenti : oualou. Pour résumer en m'appuyant sur ce bout de récit "Jennifer finit par avoir un gros clash " de quel ordre, comment ? "Sa mère la traite de pute" pour qu'une mère fasse ça il en faut pas mal, ou est-ce un mot qu'elle emploie quotidiennement, à propos de tout, à propos de rien ? Quelle sont ses rapports avec sa fille ? " tout le monde pleure et elle atterrit en urgence chez les parents de Seb" pourquoi ce choix-là plutôt qu'un autre, que se passe-t-il sous sa caboche ? Et les parents de Seb, pourquoi acceptent-t-ils ? Le cheminement de l'acceptation, de quel ordre est-il ? Quel rôle joue leur fils dans l'acceptation ? Pour résumé, c'est emballé, mais c'est pas pesé. Les personnages n'ont là pas de tessiture, pas d'esprit mais pas de corps non plus. Ce que je veux dire c'est qu'ici, me semble être plutôt dans du fait-divers raconté de façon neutre, quasi journalistique, que dans une démarche littéraire qui induit que l'auteur positionne un angle de vue particulier, unique…
Pour le texte, pas mal de détails dont je ne vois pas l'intérêt :lieu, le garage qui marchait assez bien… à moins qu'ils ne soient relayés dans le reste de la nouvelle. Sinon, beaucoup de choses racontées comme des évidences mais sans mettre le lecteur dans le bain " Jennifer finit par avoir un gros clash avec ses parents. Sa mère la traite de pute, Jen lui met une baffe, tout le monde pleure et elle atterrit en urgence chez les parents de Seb " je ne la vie pas cette scène, je la lis comme un énoncé des faits et pour ce qui est du ressenti : oualou. Pour résumer en m'appuyant sur ce bout de récit "Jennifer finit par avoir un gros clash " de quel ordre, comment ? "Sa mère la traite de pute" pour qu'une mère fasse ça il en faut pas mal, ou est-ce un mot qu'elle emploie quotidiennement, à propos de tout, à propos de rien ? Quelle sont ses rapports avec sa fille ? " tout le monde pleure et elle atterrit en urgence chez les parents de Seb" pourquoi ce choix-là plutôt qu'un autre, que se passe-t-il sous sa caboche ? Et les parents de Seb, pourquoi acceptent-t-ils ? Le cheminement de l'acceptation, de quel ordre est-il ? Quel rôle joue leur fils dans l'acceptation ? Pour résumé, c'est emballé, mais c'est pas pesé. Les personnages n'ont là pas de tessiture, pas d'esprit mais pas de corps non plus. Ce que je veux dire c'est qu'ici, me semble être plutôt dans du fait-divers raconté de façon neutre, quasi journalistique, que dans une démarche littéraire qui induit que l'auteur positionne un angle de vue particulier, unique…
Yali- Nombre de messages: 7685
Age: 47
Date d'inscription: 12/12/2005

Re: Sur la N10
La suite continue à m'intéresser, j'en redemande !
Je pense qu'il y a un problème de concordance des temps à un moment, je ne vois pas ce qu'un plus-que-parfait ("Il avait entendu dire qu’on pouvait") vient faire dans un texte au présent...
Je pense qu'il y a un problème de concordance des temps à un moment, je ne vois pas ce qu'un plus-que-parfait ("Il avait entendu dire qu’on pouvait") vient faire dans un texte au présent...

socque- Nombre de messages: 6570
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Re: Sur la N10
[/quote]je ne vois pas ce qu'un plus-que-parfait ("Il avait entendu dire qu’on pouvait") vient faire dans un texte au présent...
Je crois que c'est parce que je ne suis pas au clair avec ce narrateur que j'installe au début, ça m'enduis d'erreur si tu vois ce que je veux dire ; )!
Bon ben puisque tu en redemandes...suite et fin (provisoire).
A ce moment tout lui avait semblé merveilleux, la vie était merveilleuse, tout était possible.
VVVVRRROOUUUUM.... L'appel d'air provoqué par le passage d'un énorme camion sur la route secoue la petite Panda de Seb, le ramenant à la situation présente. Il réalise soudain que le temps s'est écoulé, que lentement, la lumière du jour a fait place à une sorte de voile plus foncé, gris et bleu, laissant les contours des choses moins nets, moins francs. A quelques mètres de lui, figée dans sa blancheur crue, comme en attente, la vieille camionnette a pris des airs fantomatiques. Il regarde sa montre, se penche en dessous du pare-brise, observe le ciel qui s'est encore obscurcit; puis d'une seule impulsion, retire les clés du tableau de bord, sort de la voiture et claque la portière. Immédiatement, une énorme rafale de vent froid le gifle, s'engouffre dans ses vêtements, ses cheveux, sous ses paupières, et quelques gouttes de pluie glacées viennent se fracasser sur sa joue comme une grêle de petites pierres.
Il verrouille le voiture, fait quelques pas décidés en direction de la camionnette, s'arrête, hésite à nouveau; mais le vent lui ressert une énorme bourrade, le projetant presque contre la portière blanche et rouillée du vieux fourgon. Il n'y a pas de stores aux fenêtres, mais on a tendu une espèce de papier calque sur les vitres avec du scotch à cartons. Seb frappe deux coups, assez fort. Rien ne se passe. Il pleut carrément à présent, par accoups, des grêles de gouttes glacées flanquées par le vent. Le gamin se tortille, lève le poing pour toquer à nouveau quand la portière avant du coté passager s' entrouvre, dévoilant une main de femme. Seb s'engouffre à l'intérieur. Il claque la portière, se faufile entre les deux sièges et se retrouve à l'arrière de la camionnette.
Demie obscurité, une voix lui demande ce qu'il veut. Ils négocient la passe. Il ne la distingue pas bien,elle est peut-être un peu plus jeune que l‘autre; un corps blanc, osseux, des cheveux bruns en bataille. Il jette un coup d'oeil furtif autour de lui, et constate avec étonnement que l'intérieur du véhicule a été aménagé comme une petite maison, ou plutôt une sorte de cabane.Quelques coussins fatigués sont éparpillés sur un grand plaid qui recouvre le plancher du camion. A droite et à gauche, quelques petits photophores jettent leur clarté borgne sur ce qui semble être un paquet de gâteaux et un tas de vêtements .Le jeune femme enlève sa robe, et sans un regard pour Seb, défait les boutons de son jean et commence à le sucer. Il aime voir la fille sucer, ça l'excite plus. D'un geste, il repousse les cheveux emmêlés sur le front de le pute. Il faut moins d’une fraction de seconde à son cerveau pour opérer un copié-collé avec la petite fille qu’il a connu à onze ans . C'est Clémence.
Seb est tétanisé. Pas un seul instant, il ne lui vient à l’esprit qu’il se trompe peut-être, que cette pâle figure aux traits vagues n’est pas le visage de son premier et unique amour. Il ne peut détacher ses yeux de la jeune prostituée, qui après un bref regard, c’est remise au travail. Pour le moment, il semble qu’elle ne l’ait pas reconnu. Une terreur aigue saisit le gamin, son corps tout entier se rigidifie comme de la pierre, une panique froide, liquide gagne sa nuque, son esprit foudroyé est incapable d‘analyser la vérité qui s‘offre à ses yeux. Il faut qu’il sorte de ce cauchemar. Dans un immense effort de volonté, Seb parvient à s‘imaginer jetant rapidement les billets avant qu’elle le reconnaisse et se détournant d’elle, quittant cette affreux endroit, oubliant son existence, effaçant tout simplement cet épisode inconcevable de sa vie... mais c’est déjà trop tard. Son immobilité persistante a attiré l’attention de la jeune femme, qui, sans s’arrêter de sucer, lève à nouveau la tête vers Seb. Leurs regards s’accrochent, Seb , comme hypnotisé, s’offrant totalement à ces yeux prudents qui le fixent cependant avec curiosité. Le temps est suspendu. Impuissant, seb voit le regard de la jeune femme changer. Elle arrête sa besogne, redresse lentement la tête, et ce geste agit sur le gamin comme une libération. Il se relève d’un bond, si brusquement que sa tête heurte avec violence le plafond du fourgon, mais son esprit forcené n’en a même pas conscience. « Attends! » entend-t-il dans son dos. Un coup de fouet ne l’aurait pas mieux galvanisé. En deux enjambées, Seb Maurin est dans sa voiture, la portière claquée il ne sait comment, les clés dans le contact il ne sait comment, la voiture miaulant disparaissant dans un crissement de graviers.
Et là...j'hésite. A la base, je voulais terminer comme ça, mais je sens qu'il manque peut-être quelque chose. Un retour sur notre narrateur du début par exemple?
Suggestions bienvenues mesdames et messieurs!
Je crois que c'est parce que je ne suis pas au clair avec ce narrateur que j'installe au début, ça m'enduis d'erreur si tu vois ce que je veux dire ; )!
Bon ben puisque tu en redemandes...suite et fin (provisoire).
A ce moment tout lui avait semblé merveilleux, la vie était merveilleuse, tout était possible.
VVVVRRROOUUUUM.... L'appel d'air provoqué par le passage d'un énorme camion sur la route secoue la petite Panda de Seb, le ramenant à la situation présente. Il réalise soudain que le temps s'est écoulé, que lentement, la lumière du jour a fait place à une sorte de voile plus foncé, gris et bleu, laissant les contours des choses moins nets, moins francs. A quelques mètres de lui, figée dans sa blancheur crue, comme en attente, la vieille camionnette a pris des airs fantomatiques. Il regarde sa montre, se penche en dessous du pare-brise, observe le ciel qui s'est encore obscurcit; puis d'une seule impulsion, retire les clés du tableau de bord, sort de la voiture et claque la portière. Immédiatement, une énorme rafale de vent froid le gifle, s'engouffre dans ses vêtements, ses cheveux, sous ses paupières, et quelques gouttes de pluie glacées viennent se fracasser sur sa joue comme une grêle de petites pierres.
Il verrouille le voiture, fait quelques pas décidés en direction de la camionnette, s'arrête, hésite à nouveau; mais le vent lui ressert une énorme bourrade, le projetant presque contre la portière blanche et rouillée du vieux fourgon. Il n'y a pas de stores aux fenêtres, mais on a tendu une espèce de papier calque sur les vitres avec du scotch à cartons. Seb frappe deux coups, assez fort. Rien ne se passe. Il pleut carrément à présent, par accoups, des grêles de gouttes glacées flanquées par le vent. Le gamin se tortille, lève le poing pour toquer à nouveau quand la portière avant du coté passager s' entrouvre, dévoilant une main de femme. Seb s'engouffre à l'intérieur. Il claque la portière, se faufile entre les deux sièges et se retrouve à l'arrière de la camionnette.
Demie obscurité, une voix lui demande ce qu'il veut. Ils négocient la passe. Il ne la distingue pas bien,elle est peut-être un peu plus jeune que l‘autre; un corps blanc, osseux, des cheveux bruns en bataille. Il jette un coup d'oeil furtif autour de lui, et constate avec étonnement que l'intérieur du véhicule a été aménagé comme une petite maison, ou plutôt une sorte de cabane.Quelques coussins fatigués sont éparpillés sur un grand plaid qui recouvre le plancher du camion. A droite et à gauche, quelques petits photophores jettent leur clarté borgne sur ce qui semble être un paquet de gâteaux et un tas de vêtements .Le jeune femme enlève sa robe, et sans un regard pour Seb, défait les boutons de son jean et commence à le sucer. Il aime voir la fille sucer, ça l'excite plus. D'un geste, il repousse les cheveux emmêlés sur le front de le pute. Il faut moins d’une fraction de seconde à son cerveau pour opérer un copié-collé avec la petite fille qu’il a connu à onze ans . C'est Clémence.
Seb est tétanisé. Pas un seul instant, il ne lui vient à l’esprit qu’il se trompe peut-être, que cette pâle figure aux traits vagues n’est pas le visage de son premier et unique amour. Il ne peut détacher ses yeux de la jeune prostituée, qui après un bref regard, c’est remise au travail. Pour le moment, il semble qu’elle ne l’ait pas reconnu. Une terreur aigue saisit le gamin, son corps tout entier se rigidifie comme de la pierre, une panique froide, liquide gagne sa nuque, son esprit foudroyé est incapable d‘analyser la vérité qui s‘offre à ses yeux. Il faut qu’il sorte de ce cauchemar. Dans un immense effort de volonté, Seb parvient à s‘imaginer jetant rapidement les billets avant qu’elle le reconnaisse et se détournant d’elle, quittant cette affreux endroit, oubliant son existence, effaçant tout simplement cet épisode inconcevable de sa vie... mais c’est déjà trop tard. Son immobilité persistante a attiré l’attention de la jeune femme, qui, sans s’arrêter de sucer, lève à nouveau la tête vers Seb. Leurs regards s’accrochent, Seb , comme hypnotisé, s’offrant totalement à ces yeux prudents qui le fixent cependant avec curiosité. Le temps est suspendu. Impuissant, seb voit le regard de la jeune femme changer. Elle arrête sa besogne, redresse lentement la tête, et ce geste agit sur le gamin comme une libération. Il se relève d’un bond, si brusquement que sa tête heurte avec violence le plafond du fourgon, mais son esprit forcené n’en a même pas conscience. « Attends! » entend-t-il dans son dos. Un coup de fouet ne l’aurait pas mieux galvanisé. En deux enjambées, Seb Maurin est dans sa voiture, la portière claquée il ne sait comment, les clés dans le contact il ne sait comment, la voiture miaulant disparaissant dans un crissement de graviers.
Et là...j'hésite. A la base, je voulais terminer comme ça, mais je sens qu'il manque peut-être quelque chose. Un retour sur notre narrateur du début par exemple?
Suggestions bienvenues mesdames et messieurs!

Silex- Nombre de messages: 13
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Date d'inscription: 12/12/2008
Re: Sur la N10
…Pour résumé, c'est emballé, mais c'est pas pesé. Les personnages n'ont là pas de tessiture, pas d'esprit mais pas de corps non plus. Ce que je veux dire c'est qu'ici, me semble être plutôt dans du fait-divers raconté de façon neutre, quasi journalistique, que dans une démarche littéraire qui induit que l'auteur positionne un angle de vue particulier, unique
Je vois ce que tu veux dire. Ca se rapproche du coté trop "factuel" pointé par Tristan... Je vais y réfléchir. Merci de m'avoir lu!

Silex- Nombre de messages: 13
Age: 31
Date d'inscription: 12/12/2008
Re: Sur la N10
En effet, s'arrêter là-dessus serait un peu raide (si j'ose dire). Je ne suis pas sûre qu'une coda avec le narrateur apporterait grand-chose, moi je verrais plutôt une conclusion sur le protagoniste après : quelque chose a changé en lui suite à cette rencontre, qui se manifeste d'une manière ou d'une autre...
Le coup de l'immobilité de Seb qui alerte la fille pendant qu'elle lui fait un pompier, ça m'étonne un peu : comment serait-il censé bouger au cours de l'opération ?
Enfin, il y a quelques fautes parsemées dans l'ensemble du texte, je vous signale celles de la troisième partie :
"le ciel qui s'est encore obscurci" (pas de "t" à la fin du participe passé "obscurci")
"Il verrouille la voiture" (faute de frappe)
"Il pleut carrément à présent, par à-coups"
"Demi-obscurité" (et non "Demie obscurité")
"la petite fille qu’il a connue"
"qui après un bref regard, s’est remise au travail"
"Une terreur aigue" (enfin, peut-être que ça a changé avec la dernière réforme de l'orthographe instituée il y a une vngtaine d'années)
"quittant cet affreux endroit" (et non "cette")
Le coup de l'immobilité de Seb qui alerte la fille pendant qu'elle lui fait un pompier, ça m'étonne un peu : comment serait-il censé bouger au cours de l'opération ?
Enfin, il y a quelques fautes parsemées dans l'ensemble du texte, je vous signale celles de la troisième partie :
"le ciel qui s'est encore obscurci" (pas de "t" à la fin du participe passé "obscurci")
"Il verrouille la voiture" (faute de frappe)
"Il pleut carrément à présent, par à-coups"
"Demi-obscurité" (et non "Demie obscurité")
"la petite fille qu’il a connue"
"qui après un bref regard, s’est remise au travail"
"Une terreur aigue" (enfin, peut-être que ça a changé avec la dernière réforme de l'orthographe instituée il y a une vngtaine d'années)
"quittant cet affreux endroit" (et non "cette")

socque- Nombre de messages: 6570
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Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Sur la N10
Je voulais dire : "Une terreur aiguë"

socque- Nombre de messages: 6570
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Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Sur la N10
Merci Socque! Je vais plancher sur cette fin...

Silex- Nombre de messages: 13
Age: 31
Date d'inscription: 12/12/2008
Re: Sur la N10
Je n'ai lu que la première partie, je reviendrais pour la suite.
C'est pas mal, en tout cas ça mérite qu'on s'y arrête. Je te parlerais donc du premier texte.
Le début est bien écrit, se lit facilement, une ambiance se créée. Mais très vite les phrases deviennent moins longues plus cassées, l'histoire aussi on dirait. Le problème est que justement ça va un peu trop vite à mon gout.
Quoiqu'il en soit, il y a matière et tu as une façon d'écrire intéressante
Bienvenu!
C'est pas mal, en tout cas ça mérite qu'on s'y arrête. Je te parlerais donc du premier texte.
Le début est bien écrit, se lit facilement, une ambiance se créée. Mais très vite les phrases deviennent moins longues plus cassées, l'histoire aussi on dirait. Le problème est que justement ça va un peu trop vite à mon gout.
Quoiqu'il en soit, il y a matière et tu as une façon d'écrire intéressante
Bienvenu!

Roz-gingembre- Nombre de messages: 1094
Age: 49
Date d'inscription: 14/11/2008
Re: Sur la N10
J’aime beaucoup, surtout pour le potentiel. Tu sais raconter une histoire.
Le narrateur me pose problème.
Non. Ce n’est pas tant le narrateur, que le fait qu’il raconte une histoire qu’il aurait entendu au bar.
Ça ne colle pas.
Au bar, on lui aurait dit :
- Attends ! J’en ai une bonne ! Tu connais, machin ? Tu vois les putes sur la N10 ! Ben, machin, il a l’habitude de s’y arrêter pour se taper une blondasse, toujours la même, et la semaine dernière elle n’y était pas…
Et je vois mal comment cette histoire (ponctuée à la chute de rires gras, de « t’imagines sa tête », de « putain les boules »…) pourrait devenir ce récit détaillé.
Pour le côté « factuel » que mes camarades ont relevé, c’est un choix narratif qui ne me dérange pas… ça donne un rythme, un ton, qui correspond bien à l’anecdote.
(dans « Eureka street » de Robert MCliam Wilson, l’auteur alterne la narration à la première personne, et le récit à la troisième, pour conter l’histoire d’un ami, et ça marche très bien (pas grand-chose à voir avec ton histoire, mais je ne rate pas une occasion de parler de ce bouquin que tout le monde devrait avoir lu))
La chute est brutale et aurait besoin d’être retravaillée.
Par rapport à ta construction, il est évident que le narrateur doit conclure, donner la fin, sa fin.
En attendant, bienvenue.
(Encore rien à voir, mais, je me suis marié à bleury, pas très loin du lieu de ton histoire, une dizaine de véliens étaient invités, ils sont arrivés très en retard… me demande, après t’avoir lu, si ils ne se seraient pas arrêtés sur la N10. ça expliquerait tout)
Le narrateur me pose problème.
Non. Ce n’est pas tant le narrateur, que le fait qu’il raconte une histoire qu’il aurait entendu au bar.
Ça ne colle pas.
Au bar, on lui aurait dit :
- Attends ! J’en ai une bonne ! Tu connais, machin ? Tu vois les putes sur la N10 ! Ben, machin, il a l’habitude de s’y arrêter pour se taper une blondasse, toujours la même, et la semaine dernière elle n’y était pas…
Et je vois mal comment cette histoire (ponctuée à la chute de rires gras, de « t’imagines sa tête », de « putain les boules »…) pourrait devenir ce récit détaillé.
Pour le côté « factuel » que mes camarades ont relevé, c’est un choix narratif qui ne me dérange pas… ça donne un rythme, un ton, qui correspond bien à l’anecdote.
(dans « Eureka street » de Robert MCliam Wilson, l’auteur alterne la narration à la première personne, et le récit à la troisième, pour conter l’histoire d’un ami, et ça marche très bien (pas grand-chose à voir avec ton histoire, mais je ne rate pas une occasion de parler de ce bouquin que tout le monde devrait avoir lu))
La chute est brutale et aurait besoin d’être retravaillée.
Par rapport à ta construction, il est évident que le narrateur doit conclure, donner la fin, sa fin.
En attendant, bienvenue.
(Encore rien à voir, mais, je me suis marié à bleury, pas très loin du lieu de ton histoire, une dizaine de véliens étaient invités, ils sont arrivés très en retard… me demande, après t’avoir lu, si ils ne se seraient pas arrêtés sur la N10. ça expliquerait tout)
grieg- Nombre de messages: 5939
Localisation: plus très loin
Date d'inscription: 13/12/2005
Re: Sur la N10
sur le fond c'est bien analysé presque naturaliste, toi, tu t'es frotté à cette vie là.. en tous cas tu la décris à la manière d'un ethnologue, c'est con mais j'aimerai que ça finisse bien..

loic- Nombre de messages: 1241
Age: 53
Localisation: auray
Date d'inscription: 11/11/2008

Re: Sur la N10
Bien aimé. Et sutout pour le potentiel, comme dit grieg.
J'ai apprécié le ton, le rythme de ton texte. Ce qu'il engendre comme images. Tu sais embarquer ton lecteur.
Je vais en rester là, pour ce premier texte posté, à rien que des compliments.
Bien sûr qu'il y a d'autres choses à dire ou à redire, mais j'ai pas envie. Au prochain texte...
La bienvenue à toi, Silex.
J'ai apprécié le ton, le rythme de ton texte. Ce qu'il engendre comme images. Tu sais embarquer ton lecteur.
Je vais en rester là, pour ce premier texte posté, à rien que des compliments.
Bien sûr qu'il y a d'autres choses à dire ou à redire, mais j'ai pas envie. Au prochain texte...
La bienvenue à toi, Silex.

Kilis- Nombre de messages: 5679
Age: 66
Localisation: "Nageur", Charles Matton
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Sur la N10
Ne méprisez la sensibilité de personne. la sensibilité de chacun c'est son génie. (Beaudelaire)
Continue !
Continue !
Meetoc- Nombre de messages: 14
Age: 92
Date d'inscription: 06/12/2008
Re: Sur la N10
Bien sûr qu'il était beau, mais sans E Meetoc, stplé !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Sur la N10
coline Dé a écrit:Bien sûr qu'il était beau, mais sans E Meetoc, stplé !
Pardon (Baudlair ;-)))
Meetoc- Nombre de messages: 14
Age: 92
Date d'inscription: 06/12/2008
Re: Sur la N10
Tout lu d'un coup. Je me suis laissé entraîner par le ton surtout. Vif, alerte.
On ne s'embarrasse pas de détails mais ça ne manque pas. J'attends maintenant la fin révisée. A mon avis elle devrait être brève, pour rester dans le même esprit.
On ne s'embarrasse pas de détails mais ça ne manque pas. J'attends maintenant la fin révisée. A mon avis elle devrait être brève, pour rester dans le même esprit.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Sur la N10
Tu passes un peu trop vite à mon goût sur certains éléments, prenant à peine le temps de poser personnages et décors. Tout se succède rapidement, pas simple de s'accrocher à quelque chose. Il y a des détails qui me paraissent inintéressants, d'autres manquent. La base ne me paraît pas mauvaise mais mériterait d'être affinée.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Sur la N10
Evidemment, je lis une fois de plus les comments après coup et il y a une suite...
Je reste sur mon idée de détails parfois superflus et d'inégalité dans le traitement de l'ensemble. Tu t'attardes trop sur certaines choses, pas assez sur d'autres; ça serait pas mal de trouver un rythme plus régulier, surtout sur du long format.
Tu devrais également laisser une petite place pour le lecteur, qu'il puisse disposer de temps pour s'imprégner des personnages, pour imaginer des trucs, pour s'approprier un peu beaucoup l'histoire, mais tu ne lui en laisses pas réellement l'occasion.
Pourtant, l'histoire est bonne, il y a quelque chose à en tirer mais je pense que la façon de la raconter n'est peut-être pas la meilleure. Trop de distance ou pas assez dans la narration, quelque chose fonctionne moyennement. Triture un peu tout ça ! :-)
Je reste sur mon idée de détails parfois superflus et d'inégalité dans le traitement de l'ensemble. Tu t'attardes trop sur certaines choses, pas assez sur d'autres; ça serait pas mal de trouver un rythme plus régulier, surtout sur du long format.
Tu devrais également laisser une petite place pour le lecteur, qu'il puisse disposer de temps pour s'imprégner des personnages, pour imaginer des trucs, pour s'approprier un peu beaucoup l'histoire, mais tu ne lui en laisses pas réellement l'occasion.
Pourtant, l'histoire est bonne, il y a quelque chose à en tirer mais je pense que la façon de la raconter n'est peut-être pas la meilleure. Trop de distance ou pas assez dans la narration, quelque chose fonctionne moyennement. Triture un peu tout ça ! :-)

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Sur la N10
J'ai toujours aimé la N10. Pas pour les mêmes raisons que Seb plutôt parce que Blaise Cendrars la fait commencer à Paris et finir en Patagonie. Bref, j'ai bien accroché au texte. J'aime le côté naturaliste. Je n'ai absolument pas été surpris par la chûte que j'ai vu venir dès la présentation de Clémence. A mon avis tu peux retravailler ça pour ajouter des détails qui la perdent un peu. Il faut à la fois qu'elle soit importante dans sa vie mais qu'on ne se doute pas qu'on va la retrouver à la fin. Plutôt que de la faire disparaitre d'un coup peut-être peux-tu suggérer qu'elle habite dans un patelin plus loin, qu'il a eu deux ou troi snouvelles et puis plus rien. Peut-être que tu peux présenter aussi un peu plus en détail une autre fille entre elle et Jen pour noyer le poisson.
Pour ce qui est de la chûte elle-même, je laisserai l'action aller jusqu'au bout. Le gars ne rien dire et partir et puis revenir, hésiter entre les putes la fois d'après. Replonger avec Clémence sans rien dire, avec toujours cette même question en tête, l'a-t-elle reconnu ? Prends ton temps. Joue avec nous et nos nerfs. Peut-être qu'une conversation, un geste montre cette reconnaissance. Peut-être qu'elle le juge mal d'aller aux putes ? En l'état actuel des choses tu laisses beaucoup de portes ouvertes, il faut que tu en fermes quelques unes, sans nous enfermer pourtant...
En tout cas, j'ai passé un bon moment à te lire et suis curieux de voir le résultat. N'hésite pas à tout reprendre depuis le début. A ré-ouvrir ton texte. Tu as la matière brute, sculpte la. Prends ton temps.
Pour ce qui est de la chûte elle-même, je laisserai l'action aller jusqu'au bout. Le gars ne rien dire et partir et puis revenir, hésiter entre les putes la fois d'après. Replonger avec Clémence sans rien dire, avec toujours cette même question en tête, l'a-t-elle reconnu ? Prends ton temps. Joue avec nous et nos nerfs. Peut-être qu'une conversation, un geste montre cette reconnaissance. Peut-être qu'elle le juge mal d'aller aux putes ? En l'état actuel des choses tu laisses beaucoup de portes ouvertes, il faut que tu en fermes quelques unes, sans nous enfermer pourtant...
En tout cas, j'ai passé un bon moment à te lire et suis curieux de voir le résultat. N'hésite pas à tout reprendre depuis le début. A ré-ouvrir ton texte. Tu as la matière brute, sculpte la. Prends ton temps.

Mano- Nombre de messages: 243
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Localisation: hyères
Date d'inscription: 17/01/2008
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