A Lamartine
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A Lamartine
Je croule sous ton poids, bon ou fatal génie,
Lorsque, lisant tes vers, j’en palpe l’harmonie,
Comme on palpe un fruit pour voir s’il est bien mûr :
J’ai goûté ta grandeur, maintenant j’en suis sûr.
« Je caresse tes pages sages,
Le parfum qu’exhalent leurs flots,
Le satin qu’offrent tes rivages,
Quand on en atteint les échos ;
La lune y casse ses œufs blancs,
Dans les cieux, semblables aux bancs
Sur lesquels on s’assoit le soir,
Lorsque notre cœur, solitaire,
Moribond que tant voudraient taire,
Vient promener son désespoir. »
Souvent, devant chez moi, pleure le paysage,
Et je vois, au-dessus, ton céleste visage,
De son teint bienveillant, prier, baigné des vents,
Pour nous, pauvres mortels, et pauvres indigents.
Le suc ambré d’un vin, qu’on goûterait au soir,
Lorsqu’on voit les vallons tremper leur désespoir,
Et que, dans l’onde pure, en toiles oniriques,
Se mêlent aux reflets tes vers mélancoliques ;
Ces soirs où tes raisins, de tant d’années muris,
S’épanchant dans nos cœurs, y trouvent leurs abris,
Je brandis tes écrits aux étoiles vaillantes,
Apaisant ma folie de leurs lames saillantes !
Cynthia a bien souvent, de sa pâle chlorose,
Eté seule lumière au jardin de ma rose,
Et pourtant la beauté, comme religion,
S’exalta, par ton luth, en toute passion,
Quand je lus tes pensées, imprégnées dans leurs pages,
Et que leur mélodie modulait les rivages,
Et d’eux, tirant la flûte, et cueillant aux fraisiers
Des fruits frais, fredonnait la douceur des baisers.
Lorsque, lisant tes vers, j’en palpe l’harmonie,
Comme on palpe un fruit pour voir s’il est bien mûr :
J’ai goûté ta grandeur, maintenant j’en suis sûr.
« Je caresse tes pages sages,
Le parfum qu’exhalent leurs flots,
Le satin qu’offrent tes rivages,
Quand on en atteint les échos ;
La lune y casse ses œufs blancs,
Dans les cieux, semblables aux bancs
Sur lesquels on s’assoit le soir,
Lorsque notre cœur, solitaire,
Moribond que tant voudraient taire,
Vient promener son désespoir. »
Souvent, devant chez moi, pleure le paysage,
Et je vois, au-dessus, ton céleste visage,
De son teint bienveillant, prier, baigné des vents,
Pour nous, pauvres mortels, et pauvres indigents.
Le suc ambré d’un vin, qu’on goûterait au soir,
Lorsqu’on voit les vallons tremper leur désespoir,
Et que, dans l’onde pure, en toiles oniriques,
Se mêlent aux reflets tes vers mélancoliques ;
Ces soirs où tes raisins, de tant d’années muris,
S’épanchant dans nos cœurs, y trouvent leurs abris,
Je brandis tes écrits aux étoiles vaillantes,
Apaisant ma folie de leurs lames saillantes !
Cynthia a bien souvent, de sa pâle chlorose,
Eté seule lumière au jardin de ma rose,
Et pourtant la beauté, comme religion,
S’exalta, par ton luth, en toute passion,
Quand je lus tes pensées, imprégnées dans leurs pages,
Et que leur mélodie modulait les rivages,
Et d’eux, tirant la flûte, et cueillant aux fraisiers
Des fruits frais, fredonnait la douceur des baisers.
Poesita-Aestuat- Nombre de messages: 72
Age: 17
Date d'inscription: 14/11/2009
Re: A Lamartine
un bel hommage.
Votre écriture poétique témoigne d'une remarquable assimilation des règles de la prosodie classique.
j'ai noté quelques vers de très belle facture :
Et maintenant ?
Accepteriez-vous de nous jouer un morceau plus moderne ?
Votre écriture poétique témoigne d'une remarquable assimilation des règles de la prosodie classique.
j'ai noté quelques vers de très belle facture :
Lorsque, lisant tes vers, j’en palpe l’harmonie,
Comme on palpe un fruit pour voir s’il est bien mûr :
Comme on palpe un fruit pour voir s’il est bien mûr :
Souvent, devant chez moi, pleure le paysage,
Je brandis tes écrits aux étoiles vaillantes,
Apaisant ma folie de leurs lames saillantes
Je brandis tes écrits aux étoiles vaillantes,
Apaisant ma folie de leurs lames saillantes
Et maintenant ?
Accepteriez-vous de nous jouer un morceau plus moderne ?

Hellian- Nombre de messages: 1922
Age: 62
Localisation: Normandie
Date d'inscription: 14/02/2009
Re: A Lamartine
Oui Hellian il s'agit de tout ce qu'il y a de plus classique... Je rends également mon hommage par la forme.
Ne t'inquiète pas, je vais tenter le moderne. Mais avant tout, j'estime qu'il me faut acquérir une vraie fluidité avec les vers classiques, pour qu'il me soit adroit d'essayer d'autres formes.
Merci à toi
Poesita
PS : en plus j'ai une réelle nostalgie pour les alexandrins^^
Ne t'inquiète pas, je vais tenter le moderne. Mais avant tout, j'estime qu'il me faut acquérir une vraie fluidité avec les vers classiques, pour qu'il me soit adroit d'essayer d'autres formes.
Merci à toi
Poesita
PS : en plus j'ai une réelle nostalgie pour les alexandrins^^
Poesita-Aestuat- Nombre de messages: 72
Age: 17
Date d'inscription: 14/11/2009
Re: A Lamartine
15 ans et déjà nostalgique!
Tu as raison. Je partage ton avis sur la méthode de croissance.
Souvent, ce sont les musiciens issus du conservatoire classique qui font les meilleurs jazzmen.
Tu as raison. Je partage ton avis sur la méthode de croissance.
Souvent, ce sont les musiciens issus du conservatoire classique qui font les meilleurs jazzmen.

Hellian- Nombre de messages: 1922
Age: 62
Localisation: Normandie
Date d'inscription: 14/02/2009
A Lamartine
Quel excellent poème qui rend hommage à Lamartine !
J'admire ton aisance à manier les alexandrins. Le classicisme convient tout-à-fait au fond du sujet, à savoir la grandeur de ce poète. Je pense que le même texte écrit en vers libres aurait moins bien collé.
Bravo !
J'admire ton aisance à manier les alexandrins. Le classicisme convient tout-à-fait au fond du sujet, à savoir la grandeur de ce poète. Je pense que le même texte écrit en vers libres aurait moins bien collé.
Bravo !

opaline- Nombre de messages: 167
Age: 53
Localisation: Besançon
Date d'inscription: 16/07/2009
Re: A Lamartine
Oui, une belle allure classique !
« tes raisins, de tant d’années mûris »
« tes raisins, de tant d’années mûris »

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: A Lamartine
Bonjour Poesita-Aestuat,
j'ai aimé votre poème, je le trouve musical et bien écrit ; je vous signale néanmoins une ou deux petites choses qui m'ont interpellé...
Mais à part ces quelques petites remarques, j'ai beaucoup apprécié...
j'ai aimé votre poème, je le trouve musical et bien écrit ; je vous signale néanmoins une ou deux petites choses qui m'ont interpellé...
Vous avez ici un vers de 11 pieds, palpe un compte pour deux pieds et non trois je pense...Comme on palpe un fruit pour voir s’il est bien mûr :
je ne suis pas à tout prix contre le hiatus, mais je trouve que quand il est double, ça fait beaucoup et ça se voit, en plus de ne pas être très harmonique : "on en a"Quand on en atteint les échos ;
je trouve le "Cynthia a" pas très joli non plus...Cynthia a bien souvent, de sa pâle chlorose,
et un dernier pour la route ; "modulait les" ça fait un peu laid, non ?Et que leur mélodie modulait les rivages,
Mais à part ces quelques petites remarques, j'ai beaucoup apprécié...

Peter Pan- Nombre de messages: 3699
Age: 36
Localisation: Pays des rêves et de l'imaginaire
Date d'inscription: 16/04/2009
Re: A Lamartine
Y a pas à dire, je trouve que ça a de l'allure, même si cette rime très forte m'ennuie un peu.
Dommage pour la répétition de palpe dans la première strophe.
Dommage également la "pauvreté" de certaines associations telles mûr et sûr, ou soir et désespoir, solitaire et taire. Non seulement, cela accentue la présence très forte des rimes mais cela en fait aussi ressortir le côté mécanique, presque mécanique. Du coup, le poème se retrouve enfermé dans quelque chose qui l'empêche de laisser pleinement exploser sa puissance.
Ceci mis à part, j'aime beaucoup l'allure classique de l'ensemble et cette maîtrise de la technique, plus que très bien menée.
Dommage pour la répétition de palpe dans la première strophe.
Dommage également la "pauvreté" de certaines associations telles mûr et sûr, ou soir et désespoir, solitaire et taire. Non seulement, cela accentue la présence très forte des rimes mais cela en fait aussi ressortir le côté mécanique, presque mécanique. Du coup, le poème se retrouve enfermé dans quelque chose qui l'empêche de laisser pleinement exploser sa puissance.
Ceci mis à part, j'aime beaucoup l'allure classique de l'ensemble et cette maîtrise de la technique, plus que très bien menée.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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