Madame Brumillon
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Madame Brumillon
Stéphanie Brumillon, née en Auvergne, faisait partie de ces femmes âgées qui gardent en elles les préceptes austères de leur jeunesse. De son défunt mari, elle ne parlait qu’en levant ses yeux de bonne chrétienne au ciel, comme pour prier le seigneur devant l’étalage de ses malheurs. C’était une vie de peine qui l’avait tué, et ce serait sans doute la même fin pour elle, disait-elle. Sa petite mine crispée, au-dessus de laquelle ses cheveux redoutablement bien entretenus dans leur candeur, laissaient quiconque la voyant au grotesque de la situation, car la beauté à cet âge-là, quoi qu’on y fasse, n’existe plus que dans le besoin de vanité, lui conférait malgré tout son fard et ses artifices, un faciès pénible à soutenir, de ceux dont on dit en passant : « Il en faut pourtant des comme ça. »
Et en effet, cette pauvre dame se fût résumée à cette seule phrase si l’on n’eût point ajouté à sa morne description un caractère nouveau, qui l’eût arraché à cette pitié progressivement accordée par ceux qui ne la connaissaient que de vue, ou ceux qui, ignorant sa malice retorse, n’avaient pas dès le début pris garde devant ce vilain petit canard capable de meurtre.
C’est ainsi que dans chaque regard qu’elle portait, on voyait reluire quelque rage dont la provenance restait inconnue. Sa folie n’avait aucune prise, elle naissait ainsi qu’une averse lors des giboulées printanières.
Or il se trouvait que dans sa grande maison de trois étages, elle louait à prix d’or les chambres. Il lui eût paru inhumain de garder tout ce luxe pour elle seule, sans qu’elle n’en fît profiter les autres, et par la même, sa bourse avare, dont les même fils serrés crispaient son visage hystérique. Les étages n’étant pas grands, et les familles qui y créchaient nombreuses, elle avait refusé d’installer plus de cinq personnes par étage. Celles-ci étaient traitées du mieux qu’elles pouvaient l’être – et c’est peu dire sachant que c’était Mme Brumillon elle-même qui faisait le service et le ménage –, leur offrant parfois de rares sourires dont la malveillance pourtant ne trompait pas. Elle, veillait sur le rez-de-chaussée, où se trouvaient les objets de valeur dont elle redoutait à chaque instant le ravissement.
Très tôt, dès que son petit-fils Alexandre eut l’âge qui substitue à l’amusement du bébé, la lassitude du garçon, elle le renvoya.
C’est ainsi qu’un beau soir, arrivant dans sa chambre, elle lui avait hurlé de faire sa valise, et que dans dix minutes il serait dehors, arguant qu’il n’aurait qu’à aller voir ses amis qu’il lui préférait tant, au lieu de lui donner d’insupportables corvées, à son âge ingrat, et de dévorer tout son pain sans ne lui rapporter aucun retour.
Le jeune homme, d’une quinzaine d’années, pris dans l’étau d’une si forte peine, celle qu’impose l’amour indéfectible éprouvé pour ceux qui nous ont élevés, se refermant sur lui avec une confusion terrible, n’avait rien dit, était resté devant sa coite lampe, à trembler comme dans un cauchemar, puis revenant à lui, il s’était empressé d’emmener ce qu’il pouvait, ce qu’il aimait ; il voulait emporter également les souvenirs heureux, mais il eût pleuré à s’acharner davantage, car hélas, il n’y en avait point qui fussent tels.
Les parents d’Alexandre, eux, morts précipités dans un ravin avec leur attelage de quatre chevaux, qui s’étaient emballés pour une raison inconnue, alors que leur fils n’avait qu’un an, avaient amené la terrible question du « qui allait s’occuper d’Alexandre ». Sa main forcée par la conjoncture, la mégère n’avait pas pu refuser, et avait même dû s’empresser de le recueillir pour ne point paraître abjecte, ce que sa vanité n’avait toujours pas pardonné. Peut-être même venait-elle de prendre sa vengeance, elle, qu’elle avait attendue comme un messie.
Débarrassée du garnement qui la délestait chaque jour de ses provisions, et dont l’amour l’étouffait tant elle était incapable elle-même d’en donner en retour, elle sourit, dans le rictus impérieux de sa sombre face. « Qu’il aille voir ailleurs, si j’y suis, ce méchant bougre ! » affirma-t-elle en riant, la gorge déployée, ce qui, incroyable, n’avait pas dû se produire depuis la mort de son époux.
Ce soir, elle avait sans doute choqué les consciences de tous, car ce n’étaient pas les maigres cloisons lambrissées ou encore les quelques mètres les séparant de leur hôte qui avaient empêché aux pensionnaires d’être saisis par le drame d’une telle scène, qui quelques minutes après qu’Alexandre eût débarrassé le plancher poussiéreux du rez-de-chaussée à grands coups de pieds dans le derrière, avaient cru voir encore les larmes couler devant les violences insensibles des cris injustement, terriblement, odieusement proférés. Folcoche, ainsi qu’elle fut surnommée, n’avait pas prévu qu’éliminant Alexandre, ceux qui la nourrissaient du prix du pensionnat l’éliminerait à leur tour.
Du premier étage, les Dussotier qui ne faisaient qu’escale dans cette maison lugubre, étaient descendus, faisant jaillir l’esclandre.
- A-t-on jamais vu parler ainsi à un enfant ! Que vous a-t-il fait ! Est-il seulement responsable de vivre et de respirer ? lui lança monsieur Dussotier.
La vieille dame ne s’y attendait pas, et ne sachant dans son tort que leur répondre, elle leur sourit dédaigneusement, faisant s’étaler sur sa figure rogue ce mépris condescendant qu’on impose aux pauvres esprits.
C’était de trop, les Jourdain et monsieur Pamelin, eux-mêmes arrachés à leur sommeil par la dispute, s’étaient imaginés pour se rendre compte de la catastrophe, que cela fût arrivé à leurs filles ou leurs fils, et saisis d’émoi, ils avaient descendu l’escalier chancelant sous leurs pas agacés, qui puait une misère à laquelle ils n’avaient pu s’habituer que dans l’obligation de trouver un gîte pendant leur voyage.
Lâchant leur verve sur la petite femme vile et sarcastique, ils lui lancèrent à leur tour des injures.
- Eh bien ! Madame ! Répondez donc si vous croyez vos bassesses légitimes ! Celui qui parle à un enfant comme ça est-il seulement digne de s’en occuper ? C’est ainsi qu’on forme la méchanceté dans les esprits madame, en réprimandant sans raison, d’une manière ignoble, hurla madame Jourdain.
Ne répondant jusqu’alors que dans ses yeux de fouine aux brûlantes invectives, elle rompit le silence, à la stupéfaction grandissante de tous.
- Mêlez-vous donc de vos affaires, j’en ai élevés d’autres avant vous !
Elle n’osa pas en dire plus, surprise d’effroi devant la fureur qu’on lui opposait chez elle. Pathétiquement, elle alla s’asseoir sur une chaise, qui se trémoussa sous le gros corps l’oppressant.
De là, la friction des humeurs se ralentit. On ne fit plus que bougonner, les clients firent leur bagage et quittèrent la maison malsaine, confortés dans leur amitié commune par cette épreuve.
Amis de longues dates, les Dussotier, les Jourdain, et le père Pamelin – dont la famille se faisait une joie du départ quoiqu’ils l’aimassent bien dans sa bonhomie simpliste – organisaient toujours ensemble pendant leurs vacances un voyage qui les amusât.
René Dussotier, grand homme costaud, était le père de la famille, et il traitait son épouse, Michèle, malgré son visage des plus communs, comme on eût traité Didon ; il voyait depuis leurs dix années de vie commune en elle quelque trésor qui ne s’entravait jamais des traits de la lassitude. Cette qualité qu’elle voyait en lui la faisait rire, et elle s’en étonnait tous les jours d’ailleurs, comme s’embarquant à chaque instant avec lui pour Cythère. De leur union n’était née qu’une seule enfant, Lydie, dont la beauté était telle qu’on s’étonnait en l’admirant de la laideur des parents ; d’un an moins âgée qu’Alexandre, elle possédait tout comme ses géniteurs un sang bouillonnant, sans que cela ne l’empêchât de souffrir la compassion, l’amour ou la pitié. C’était d’ailleurs cette bienveillance même qui faisait, alliée à sa force morale hors norme, d’elle une fille fort bien considérée et dont on était fière dans toute la famille. Le dimanche, après qu’ils fussent allés à l’église, elle passait la soirée, parfois même une partie de la nuit, à distribuer devant le parvis les sourires et les pains à la confection desquels elle avait mis tout son cœur, la veille.
Chez les Jourdain, au contraire, le couple s’était lassé, mais se respectait, et avait sans doute substitué à la passion du premier amour une amitié profonde. Roger et Marie élevaient leurs deux fils, Jacques et Martin, frères jumeaux, de dix ans, qui n’avaient pas compris pourquoi ils avaient brusquement quitté la maison chaude pour se retrouver au dehors, mais qui respectaient leurs parents et les suivaient sans questionner. La famille des quatre vivaient bien, quoique moins riche que la précédente, et Roger, énervé de la façon dont la mégère qu’il haïssait dans son silence avait congédié Alexandre, garçon avec lequel il s’était entretenu avec plaisir, et en qui il trouvait une gentillesse impressionnante au regard de cette seule famille – si on pouvait appeler cela ainsi – qui l’avait élevé, n’avait pas pu résister de suivre les autres, et de dire ce qu’il avait sur le cœur à Mme Brumillon. Sa femme et ses enfants, étaient alors quoique silencieux, en parfait accord avec lui.
Enfin monsieur Paul Pamelin était un gros bonhomme, qui dans sa jeunesse avait par on ne sait quel envoûtement entraîné une femme et obtenu d’elle qu’elle lui fît sept enfants resplendissants. Il vivait dans le luxe que son métier lui prodiguait, et sa famille qui l’aimait gentiment sans le voir trop souvent, préférait passer d’autres vacances que les siennes, car le vagabondage ainsi qu’ils nommaient ses voyages avec les Dussotier et les Jourdain, ne les intéressait pas, et ils préféraient de loin profiter des quelques jours sans embarras qu’ils avaient à mener des vies de roi, se levant aux heures qui leur plaisaient, se couchant de même, s’exaltant dans leurs amours pour la littérature, le luxe d’un sapin de Noël, ainsi que d’une maison chaude aux tables trop nourries de victuailles, dont le nombre et la richesse impressionnaient. Très casaniers, ils ne s’étaient pas complu à suivre Paul, qui aimait toujours batifoler au lieu de sentir le calme chaud de la cheminée, agrémenté de celui du poulet frit, le réchauffer. Ce n’était pas pour autant qu’ils s’étaient disputés ; ils faisaient tout pour éviter les discordes, et ils préféraient concilier les goûts de chacun dans le calme et l’aplomb qu’ils chérissaient, plutôt que de voir éclater leur unité filiale, dont ils avaient conscience de l’importance suprême.
Alexandre n’avait pas fui très loin, et s’était arrêté sur le perron d’un appartement de la même rue, à une vingtaine de mètres de la chaumière de sa grand-mère. Il eût tout donné pour ne pas être contraint de venir frapper, dans quelques heures, au carreau, d’attendre que la vieille se décidât à lui ouvrir en échange de coups et de regards acérés pareils à des couteaux remuant ses entrailles de honte et de larmes chaudes. Mais il s’était résigné très vite, puisque de toute façon il n’eût pas su où vivre ailleurs ; celui qui est élevé en enfer sait-il seulement comment le quitter ? Cette dame était sa seule famille, et quand la colère serait retombée en lui, il se consolerait du fait que dans quelques heures, elle se déciderait sans doute à lui rouvrir.
Les huit clients de sa grand-mère dont il n’avait pas compris le départ, s’étaient empressés vers lui en l’apercevant.
Ils discutèrent un moment. Confus qu’ils eussent tous décidé d’interrompre leur voyage à cause de polémiques étrangères, Alexandre blêmit en pensant à ce que sa grand-mère dirait, s'il rentrait tout à l'heure. Monsieur Jourdain, foudroyé par sa femme lorsque celle-ci eut compris qu’il était encore transcendé de son esprit philanthrope, s’était retenu de proposer au jeune homme de l’héberger le temps que sa grand-mère eût repris ses esprits.
Lydie, sans broncher, se demanda si elle pourrait dormir au chaud chez Paul, qui leur avait promis de les héberger pour ce soir en attendant de reprendre le voyage, car c’était lui qui possédait une maison la moins éloignée de leur position, en pensant que quelqu’un de plus dormirait ce soir dans un manteau de neige, et peut-être même allait devoir subsister dans le froid de l’hiver, dehors, sans rien ni personne.
Il n’était pourtant plus dans l’intention d’aucun de continuer à s’apitoyer davantage. René, Michèle, Roger, Marie, et Paul, cotisèrent de quoi lui permettre de manger et de dormir pour deux ou trois jours, lui remirent l’argent, puis passèrent leur chemin.
Lydie lança un dernier coup d’œil inquiet par dessus son épaule au jeune homme, tandis que Stéphanie, regardant par la fenêtre de sa cuisine, le balais empoigné fermement dans l'étau de sa grosse main rustique, n’avait lâché aucun détail de cette scène hilarante. Cela faisait donc une bonne raison pour qu’elle cédât à lui ouvrir, quand il reviendrait avec l’argent de ceux qui avaient oublié de la payer.
Et en effet, cette pauvre dame se fût résumée à cette seule phrase si l’on n’eût point ajouté à sa morne description un caractère nouveau, qui l’eût arraché à cette pitié progressivement accordée par ceux qui ne la connaissaient que de vue, ou ceux qui, ignorant sa malice retorse, n’avaient pas dès le début pris garde devant ce vilain petit canard capable de meurtre.
C’est ainsi que dans chaque regard qu’elle portait, on voyait reluire quelque rage dont la provenance restait inconnue. Sa folie n’avait aucune prise, elle naissait ainsi qu’une averse lors des giboulées printanières.
Or il se trouvait que dans sa grande maison de trois étages, elle louait à prix d’or les chambres. Il lui eût paru inhumain de garder tout ce luxe pour elle seule, sans qu’elle n’en fît profiter les autres, et par la même, sa bourse avare, dont les même fils serrés crispaient son visage hystérique. Les étages n’étant pas grands, et les familles qui y créchaient nombreuses, elle avait refusé d’installer plus de cinq personnes par étage. Celles-ci étaient traitées du mieux qu’elles pouvaient l’être – et c’est peu dire sachant que c’était Mme Brumillon elle-même qui faisait le service et le ménage –, leur offrant parfois de rares sourires dont la malveillance pourtant ne trompait pas. Elle, veillait sur le rez-de-chaussée, où se trouvaient les objets de valeur dont elle redoutait à chaque instant le ravissement.
Très tôt, dès que son petit-fils Alexandre eut l’âge qui substitue à l’amusement du bébé, la lassitude du garçon, elle le renvoya.
C’est ainsi qu’un beau soir, arrivant dans sa chambre, elle lui avait hurlé de faire sa valise, et que dans dix minutes il serait dehors, arguant qu’il n’aurait qu’à aller voir ses amis qu’il lui préférait tant, au lieu de lui donner d’insupportables corvées, à son âge ingrat, et de dévorer tout son pain sans ne lui rapporter aucun retour.
Le jeune homme, d’une quinzaine d’années, pris dans l’étau d’une si forte peine, celle qu’impose l’amour indéfectible éprouvé pour ceux qui nous ont élevés, se refermant sur lui avec une confusion terrible, n’avait rien dit, était resté devant sa coite lampe, à trembler comme dans un cauchemar, puis revenant à lui, il s’était empressé d’emmener ce qu’il pouvait, ce qu’il aimait ; il voulait emporter également les souvenirs heureux, mais il eût pleuré à s’acharner davantage, car hélas, il n’y en avait point qui fussent tels.
Les parents d’Alexandre, eux, morts précipités dans un ravin avec leur attelage de quatre chevaux, qui s’étaient emballés pour une raison inconnue, alors que leur fils n’avait qu’un an, avaient amené la terrible question du « qui allait s’occuper d’Alexandre ». Sa main forcée par la conjoncture, la mégère n’avait pas pu refuser, et avait même dû s’empresser de le recueillir pour ne point paraître abjecte, ce que sa vanité n’avait toujours pas pardonné. Peut-être même venait-elle de prendre sa vengeance, elle, qu’elle avait attendue comme un messie.
Débarrassée du garnement qui la délestait chaque jour de ses provisions, et dont l’amour l’étouffait tant elle était incapable elle-même d’en donner en retour, elle sourit, dans le rictus impérieux de sa sombre face. « Qu’il aille voir ailleurs, si j’y suis, ce méchant bougre ! » affirma-t-elle en riant, la gorge déployée, ce qui, incroyable, n’avait pas dû se produire depuis la mort de son époux.
Ce soir, elle avait sans doute choqué les consciences de tous, car ce n’étaient pas les maigres cloisons lambrissées ou encore les quelques mètres les séparant de leur hôte qui avaient empêché aux pensionnaires d’être saisis par le drame d’une telle scène, qui quelques minutes après qu’Alexandre eût débarrassé le plancher poussiéreux du rez-de-chaussée à grands coups de pieds dans le derrière, avaient cru voir encore les larmes couler devant les violences insensibles des cris injustement, terriblement, odieusement proférés. Folcoche, ainsi qu’elle fut surnommée, n’avait pas prévu qu’éliminant Alexandre, ceux qui la nourrissaient du prix du pensionnat l’éliminerait à leur tour.
Du premier étage, les Dussotier qui ne faisaient qu’escale dans cette maison lugubre, étaient descendus, faisant jaillir l’esclandre.
- A-t-on jamais vu parler ainsi à un enfant ! Que vous a-t-il fait ! Est-il seulement responsable de vivre et de respirer ? lui lança monsieur Dussotier.
La vieille dame ne s’y attendait pas, et ne sachant dans son tort que leur répondre, elle leur sourit dédaigneusement, faisant s’étaler sur sa figure rogue ce mépris condescendant qu’on impose aux pauvres esprits.
C’était de trop, les Jourdain et monsieur Pamelin, eux-mêmes arrachés à leur sommeil par la dispute, s’étaient imaginés pour se rendre compte de la catastrophe, que cela fût arrivé à leurs filles ou leurs fils, et saisis d’émoi, ils avaient descendu l’escalier chancelant sous leurs pas agacés, qui puait une misère à laquelle ils n’avaient pu s’habituer que dans l’obligation de trouver un gîte pendant leur voyage.
Lâchant leur verve sur la petite femme vile et sarcastique, ils lui lancèrent à leur tour des injures.
- Eh bien ! Madame ! Répondez donc si vous croyez vos bassesses légitimes ! Celui qui parle à un enfant comme ça est-il seulement digne de s’en occuper ? C’est ainsi qu’on forme la méchanceté dans les esprits madame, en réprimandant sans raison, d’une manière ignoble, hurla madame Jourdain.
Ne répondant jusqu’alors que dans ses yeux de fouine aux brûlantes invectives, elle rompit le silence, à la stupéfaction grandissante de tous.
- Mêlez-vous donc de vos affaires, j’en ai élevés d’autres avant vous !
Elle n’osa pas en dire plus, surprise d’effroi devant la fureur qu’on lui opposait chez elle. Pathétiquement, elle alla s’asseoir sur une chaise, qui se trémoussa sous le gros corps l’oppressant.
De là, la friction des humeurs se ralentit. On ne fit plus que bougonner, les clients firent leur bagage et quittèrent la maison malsaine, confortés dans leur amitié commune par cette épreuve.
Amis de longues dates, les Dussotier, les Jourdain, et le père Pamelin – dont la famille se faisait une joie du départ quoiqu’ils l’aimassent bien dans sa bonhomie simpliste – organisaient toujours ensemble pendant leurs vacances un voyage qui les amusât.
René Dussotier, grand homme costaud, était le père de la famille, et il traitait son épouse, Michèle, malgré son visage des plus communs, comme on eût traité Didon ; il voyait depuis leurs dix années de vie commune en elle quelque trésor qui ne s’entravait jamais des traits de la lassitude. Cette qualité qu’elle voyait en lui la faisait rire, et elle s’en étonnait tous les jours d’ailleurs, comme s’embarquant à chaque instant avec lui pour Cythère. De leur union n’était née qu’une seule enfant, Lydie, dont la beauté était telle qu’on s’étonnait en l’admirant de la laideur des parents ; d’un an moins âgée qu’Alexandre, elle possédait tout comme ses géniteurs un sang bouillonnant, sans que cela ne l’empêchât de souffrir la compassion, l’amour ou la pitié. C’était d’ailleurs cette bienveillance même qui faisait, alliée à sa force morale hors norme, d’elle une fille fort bien considérée et dont on était fière dans toute la famille. Le dimanche, après qu’ils fussent allés à l’église, elle passait la soirée, parfois même une partie de la nuit, à distribuer devant le parvis les sourires et les pains à la confection desquels elle avait mis tout son cœur, la veille.
Chez les Jourdain, au contraire, le couple s’était lassé, mais se respectait, et avait sans doute substitué à la passion du premier amour une amitié profonde. Roger et Marie élevaient leurs deux fils, Jacques et Martin, frères jumeaux, de dix ans, qui n’avaient pas compris pourquoi ils avaient brusquement quitté la maison chaude pour se retrouver au dehors, mais qui respectaient leurs parents et les suivaient sans questionner. La famille des quatre vivaient bien, quoique moins riche que la précédente, et Roger, énervé de la façon dont la mégère qu’il haïssait dans son silence avait congédié Alexandre, garçon avec lequel il s’était entretenu avec plaisir, et en qui il trouvait une gentillesse impressionnante au regard de cette seule famille – si on pouvait appeler cela ainsi – qui l’avait élevé, n’avait pas pu résister de suivre les autres, et de dire ce qu’il avait sur le cœur à Mme Brumillon. Sa femme et ses enfants, étaient alors quoique silencieux, en parfait accord avec lui.
Enfin monsieur Paul Pamelin était un gros bonhomme, qui dans sa jeunesse avait par on ne sait quel envoûtement entraîné une femme et obtenu d’elle qu’elle lui fît sept enfants resplendissants. Il vivait dans le luxe que son métier lui prodiguait, et sa famille qui l’aimait gentiment sans le voir trop souvent, préférait passer d’autres vacances que les siennes, car le vagabondage ainsi qu’ils nommaient ses voyages avec les Dussotier et les Jourdain, ne les intéressait pas, et ils préféraient de loin profiter des quelques jours sans embarras qu’ils avaient à mener des vies de roi, se levant aux heures qui leur plaisaient, se couchant de même, s’exaltant dans leurs amours pour la littérature, le luxe d’un sapin de Noël, ainsi que d’une maison chaude aux tables trop nourries de victuailles, dont le nombre et la richesse impressionnaient. Très casaniers, ils ne s’étaient pas complu à suivre Paul, qui aimait toujours batifoler au lieu de sentir le calme chaud de la cheminée, agrémenté de celui du poulet frit, le réchauffer. Ce n’était pas pour autant qu’ils s’étaient disputés ; ils faisaient tout pour éviter les discordes, et ils préféraient concilier les goûts de chacun dans le calme et l’aplomb qu’ils chérissaient, plutôt que de voir éclater leur unité filiale, dont ils avaient conscience de l’importance suprême.
Alexandre n’avait pas fui très loin, et s’était arrêté sur le perron d’un appartement de la même rue, à une vingtaine de mètres de la chaumière de sa grand-mère. Il eût tout donné pour ne pas être contraint de venir frapper, dans quelques heures, au carreau, d’attendre que la vieille se décidât à lui ouvrir en échange de coups et de regards acérés pareils à des couteaux remuant ses entrailles de honte et de larmes chaudes. Mais il s’était résigné très vite, puisque de toute façon il n’eût pas su où vivre ailleurs ; celui qui est élevé en enfer sait-il seulement comment le quitter ? Cette dame était sa seule famille, et quand la colère serait retombée en lui, il se consolerait du fait que dans quelques heures, elle se déciderait sans doute à lui rouvrir.
Les huit clients de sa grand-mère dont il n’avait pas compris le départ, s’étaient empressés vers lui en l’apercevant.
Ils discutèrent un moment. Confus qu’ils eussent tous décidé d’interrompre leur voyage à cause de polémiques étrangères, Alexandre blêmit en pensant à ce que sa grand-mère dirait, s'il rentrait tout à l'heure. Monsieur Jourdain, foudroyé par sa femme lorsque celle-ci eut compris qu’il était encore transcendé de son esprit philanthrope, s’était retenu de proposer au jeune homme de l’héberger le temps que sa grand-mère eût repris ses esprits.
Lydie, sans broncher, se demanda si elle pourrait dormir au chaud chez Paul, qui leur avait promis de les héberger pour ce soir en attendant de reprendre le voyage, car c’était lui qui possédait une maison la moins éloignée de leur position, en pensant que quelqu’un de plus dormirait ce soir dans un manteau de neige, et peut-être même allait devoir subsister dans le froid de l’hiver, dehors, sans rien ni personne.
Il n’était pourtant plus dans l’intention d’aucun de continuer à s’apitoyer davantage. René, Michèle, Roger, Marie, et Paul, cotisèrent de quoi lui permettre de manger et de dormir pour deux ou trois jours, lui remirent l’argent, puis passèrent leur chemin.
Lydie lança un dernier coup d’œil inquiet par dessus son épaule au jeune homme, tandis que Stéphanie, regardant par la fenêtre de sa cuisine, le balais empoigné fermement dans l'étau de sa grosse main rustique, n’avait lâché aucun détail de cette scène hilarante. Cela faisait donc une bonne raison pour qu’elle cédât à lui ouvrir, quand il reviendrait avec l’argent de ceux qui avaient oublié de la payer.
Poesita-Aestuat- Nombre de messages: 72
Age: 17
Date d'inscription: 14/11/2009
Re: Madame Brumillon
J'aime beaucoup ce début, cruel, aux personnages bien dessinés, malgré quelques maladresses d'écriture que je signale ci-dessous. Mais, à mon sens, manque une précision : les personnes qu'héberge la mégère sont en vacances, c'est bien ça ? J'avais au début l'impression qu'ils logeaient à l'année chez elle, en pension, quoi, mais comme il s'agit de personnes aisées et que vous expliquez pourquoi ils se retrouvent tous ensemble pour les vacances...
Mes remarques :
« comme pour prier le Sei¬gneur (je pense, pour une bonne catholique) »
« lais¬saient qui¬con¬que la voyant au gro¬tes¬que de la situa¬tion » : pas pigé ce que voulait dire ce bout de phrase
« Sa folie n’avait aucune prise, elle nais¬sait ainsi qu’une averse lors des gibou¬lées prin¬ta¬niè-res. » : j’aime beaucoup !
« et (je pense qu’une virgule ici serait bienvenue) par là-même, sa bourse »
« de dévo¬rer tout son pain sans ne (à mon avis, le « ne » explétif ici nuit) lui rap¬por¬ter aucun retour »
« dont l’amour l’étouf¬fait tant elle était inca¬pa¬ble elle-même d’en don¬ner en retour » : ça aussi, très bien
« qui avaient empê¬ché les pen¬sion¬nai¬res d’être sai¬sis par le drame d’une telle scène, qui quel¬ques minu¬tes après qu’Alexan¬dre » : je trouve lourde la suite de deux relatives introduites par « qui »
« ceux qui la nour¬ris¬saient du prix du pen¬sion¬nat l’éli¬mi¬ne¬raient à leur tour »
« elle pos¬sé¬dait tout comme ses géni¬teurs un sang bouillon¬nant, sans que cela ne (je trouve que le « ne » explétif embrouille le sens ici) l’empê¬chât de souf¬frir (quel est le sens de « souffrir » ici ? en théorie, vous dites que Lydie ne supporte pas la compassion, l’amour ou la pitié, et cela m’étonne) la com¬pas¬sion, l’amour ou la pitié »
« dont on était fier dans toute la famille »
« pour se retrou¬ver au-dehors »
« qu’il haïs¬sait dans son silence » : l’expression me paraî inutilement alambiquée
« n’avait pas pu résis¬ter à sui¬vre les autres, et à dire »
« Sa femme et ses enfants, étaient alors (je trouve qu’il pourrait être intéressant de déplacer la virgule avant « étaient alors » juste après) quoi¬que silen¬cieux, »
« sa famille qui l’aimait gen¬ti¬ment sans le voir trop sou¬vent, (ici, je trouve qu’il serait intéressant de mettre en incise « qui l’aimait gen¬ti¬ment sans le voir trop sou¬vent », en introduisant une virgule avant) pré¬fé¬rait pas¬ser d’autres vacan¬ces »
« dont ils avaient cons¬cience de l’impor¬tance suprême » : je trouve la construction maladroite bien que, je crois, correcte, il est toujours délicat de placer à la fois un « dont » et un « de »
« le balai (et non « balais ») empoigné fermement »
Mes remarques :
« comme pour prier le Sei¬gneur (je pense, pour une bonne catholique) »
« lais¬saient qui¬con¬que la voyant au gro¬tes¬que de la situa¬tion » : pas pigé ce que voulait dire ce bout de phrase
« Sa folie n’avait aucune prise, elle nais¬sait ainsi qu’une averse lors des gibou¬lées prin¬ta¬niè-res. » : j’aime beaucoup !
« et (je pense qu’une virgule ici serait bienvenue) par là-même, sa bourse »
« de dévo¬rer tout son pain sans ne (à mon avis, le « ne » explétif ici nuit) lui rap¬por¬ter aucun retour »
« dont l’amour l’étouf¬fait tant elle était inca¬pa¬ble elle-même d’en don¬ner en retour » : ça aussi, très bien
« qui avaient empê¬ché les pen¬sion¬nai¬res d’être sai¬sis par le drame d’une telle scène, qui quel¬ques minu¬tes après qu’Alexan¬dre » : je trouve lourde la suite de deux relatives introduites par « qui »
« ceux qui la nour¬ris¬saient du prix du pen¬sion¬nat l’éli¬mi¬ne¬raient à leur tour »
« elle pos¬sé¬dait tout comme ses géni¬teurs un sang bouillon¬nant, sans que cela ne (je trouve que le « ne » explétif embrouille le sens ici) l’empê¬chât de souf¬frir (quel est le sens de « souffrir » ici ? en théorie, vous dites que Lydie ne supporte pas la compassion, l’amour ou la pitié, et cela m’étonne) la com¬pas¬sion, l’amour ou la pitié »
« dont on était fier dans toute la famille »
« pour se retrou¬ver au-dehors »
« qu’il haïs¬sait dans son silence » : l’expression me paraî inutilement alambiquée
« n’avait pas pu résis¬ter à sui¬vre les autres, et à dire »
« Sa femme et ses enfants, étaient alors (je trouve qu’il pourrait être intéressant de déplacer la virgule avant « étaient alors » juste après) quoi¬que silen¬cieux, »
« sa famille qui l’aimait gen¬ti¬ment sans le voir trop sou¬vent, (ici, je trouve qu’il serait intéressant de mettre en incise « qui l’aimait gen¬ti¬ment sans le voir trop sou¬vent », en introduisant une virgule avant) pré¬fé¬rait pas¬ser d’autres vacan¬ces »
« dont ils avaient cons¬cience de l’impor¬tance suprême » : je trouve la construction maladroite bien que, je crois, correcte, il est toujours délicat de placer à la fois un « dont » et un « de »
« le balai (et non « balais ») empoigné fermement »

socque- Nombre de messages: 6570
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Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Madame Brumillon
Même remarque que socque : on n'est pas sûr si les gens dont il est question ici sont "locataires" ou "clients" :
Sinon, je ne suis pas conquise, je trouve le portrait de Folocoche tout comme la situation décrite versent dans la caricature, cela se retrouve même dans le vocabulaire (la "chaumière") ; et puis j'ai du mal avec cette écriture à circonvolutions. Je verrai pour la suite, puisque suite il y aura j'imagine.
Les huit clients de sa grand-mère dont il n’avait pas compris le départ,
Sinon, je ne suis pas conquise, je trouve le portrait de Folocoche tout comme la situation décrite versent dans la caricature, cela se retrouve même dans le vocabulaire (la "chaumière") ; et puis j'ai du mal avec cette écriture à circonvolutions. Je verrai pour la suite, puisque suite il y aura j'imagine.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
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Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Madame Brumillon
Fait un peu mal au cœur , ce texte avec très peu de commentaires.
Pour ma part, j'ai été fauché par le désuet par exemple : des giboulées et par l'intello : Cythère. Il faudrait un peu moderniser ce style , pour un lectorat plus large, à mon sens.
Pour ma part, j'ai été fauché par le désuet par exemple : des giboulées et par l'intello : Cythère. Il faudrait un peu moderniser ce style , pour un lectorat plus large, à mon sens.

pandaworks- Nombre de messages: 11396
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Localisation: http://yycafe-asia.com/
Date d'inscription: 25/06/2007

Re: Madame Brumillon
Ce texte me fait penser à ce que j'écris parfois quand je veux épater la galerie... et en général, ça n'atteint pas son but !
J'aimerais que tu respires un grand coup, et que tu nous refasses ça plus "librement", en supprimant ce qui fait raide et en n'abusant pas des négations. Tu peux sûrement faire mieux !
J'aimerais que tu respires un grand coup, et que tu nous refasses ça plus "librement", en supprimant ce qui fait raide et en n'abusant pas des négations. Tu peux sûrement faire mieux !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
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Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Madame Brumillon
Avant de donner une réflexion plus globale sur l'écrit présenté ici, je voudrais déjà le lire et le regarder peu à peu.
Des passages me gênent, tel Et en effet qui, dans le second paragraphe, semble être celui d'un écolier, ou encore et ce serait sans doute la même fin pour elle, disait-elle qui me semble maladroit, notamment par la redondance de "elle".
Là où le problème se pose le plus fortement, c'est lorsqu'on voit ce vilain petit canard capable de meurtre. qui sort complètement du style. On passe d'un style normal à tendance soutenu à du complet vulgaire, ce qui, personnellement, m'a choqué.
Le troisième paragraphe, lui me semble trop petit, alors qu'on aimerait en savoir plus, voir ces giboulées de rages, dont l'idée est assez jolie et plaisante.
Je ne comprends pas non plus la raison du "or" dans le quatrième paragraphe.
Une faute se trouve, à la fin du cinquième paragraphe si je ne m'abuse "sans ne lui rapporter aucun retour"
car la double négation ne paraît pas pertinente, sans rien lui rapporter en retour, sans lui rapporter quelque retour, ne lui rapportant aucun retour etc...
le "eux" du cinquième paragraphe me semble également de trop, par rapport à qui ? S'il n'y a de rapport à personne, alors inutile de dire "eux"
De même, cette phrase "Peut-être même venait-elle de prendre sa vengeance, elle, qu’elle avait attendue comme un messie." me semble posséder un problème avec son trop grand nombre de "elle" qui renvoient à deux choses différentes, embrouillant le lecteur.
Le à grands coups de pieds dans le derrière, est également de trop, ou plutôt, d'un registre en deça du reste.
Encore un peu après, quoique là ce soit discutable le terme vil dans sur la petite femme vile et sarcastique, paraît totalement à côté, désuet, et donc donne un côté comique à la phrase.
L'arrivée des familles est un peu téléphoner, les mettre en rang les uns derrière les autres fait un peu générique de film, ce qui, personnellement, me gêne également; On dirait que tu as voulu parler d'eux, et que, ne sachant comment les introduire, tu les a placé là.
Pour le reste, j'apprécie assez l'atmosphère rude et rugueuse, et c'est assez onirique au sens élevé du terme. ça mériterait nettement une réécriture.
Des passages me gênent, tel Et en effet qui, dans le second paragraphe, semble être celui d'un écolier, ou encore et ce serait sans doute la même fin pour elle, disait-elle qui me semble maladroit, notamment par la redondance de "elle".
Là où le problème se pose le plus fortement, c'est lorsqu'on voit ce vilain petit canard capable de meurtre. qui sort complètement du style. On passe d'un style normal à tendance soutenu à du complet vulgaire, ce qui, personnellement, m'a choqué.
Le troisième paragraphe, lui me semble trop petit, alors qu'on aimerait en savoir plus, voir ces giboulées de rages, dont l'idée est assez jolie et plaisante.
Je ne comprends pas non plus la raison du "or" dans le quatrième paragraphe.
Une faute se trouve, à la fin du cinquième paragraphe si je ne m'abuse "sans ne lui rapporter aucun retour"
car la double négation ne paraît pas pertinente, sans rien lui rapporter en retour, sans lui rapporter quelque retour, ne lui rapportant aucun retour etc...
le "eux" du cinquième paragraphe me semble également de trop, par rapport à qui ? S'il n'y a de rapport à personne, alors inutile de dire "eux"
De même, cette phrase "Peut-être même venait-elle de prendre sa vengeance, elle, qu’elle avait attendue comme un messie." me semble posséder un problème avec son trop grand nombre de "elle" qui renvoient à deux choses différentes, embrouillant le lecteur.
Le à grands coups de pieds dans le derrière, est également de trop, ou plutôt, d'un registre en deça du reste.
Encore un peu après, quoique là ce soit discutable le terme vil dans sur la petite femme vile et sarcastique, paraît totalement à côté, désuet, et donc donne un côté comique à la phrase.
L'arrivée des familles est un peu téléphoner, les mettre en rang les uns derrière les autres fait un peu générique de film, ce qui, personnellement, me gêne également; On dirait que tu as voulu parler d'eux, et que, ne sachant comment les introduire, tu les a placé là.
Pour le reste, j'apprécie assez l'atmosphère rude et rugueuse, et c'est assez onirique au sens élevé du terme. ça mériterait nettement une réécriture.

casdenor- Nombre de messages: 28
Age: 24
Date d'inscription: 05/11/2009

Re: Madame Brumillon
Dans l'ensemble, j'aime beaucoup cette manière de raconter l'histoire, même si de ci de là, il y a quelques lourdeurs ou maladresses. Peut-être est-ce dans la façon de narrer les détails qu'il y aurait matière à retravailler. Je pense par exemple à Silène qui noie ses longs textes de précision et jamais (à mes yeux en tout cas) ce n'est lourd. Ici, ça me semble hésitant, ne sachant trop quelle carte jouer, beaucoup ou peu de détails. Alors tant qu'à faire, autant y aller franco mais tenter de fluidifier tout cela pour un en faire un long fleuve intranquille. D'autant plus que l'impertinence, certes légère mais présente, du propos s'y prêterait sans sourciller. Et que la suite est attendue :-)

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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