Madame Brumillon

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Madame Brumillon

Message  Poesita-Aestuat le Lun 23 Nov 2009 - 21:20

Sté­pha­nie Bru­mil­lon, née en Auver­gne, fai­sait par­tie de ces fem­mes âgées qui gar­dent en elles les pré­cep­tes aus­tè­res de leur jeu­nesse. De son défunt mari, elle ne par­lait qu’en levant ses yeux de bonne chré­tienne au ciel, comme pour prier le sei­gneur devant l’éta­lage de ses mal­heurs. C’était une vie de peine qui l’avait tué, et ce serait sans doute la même fin pour elle, disait-elle. Sa petite mine cris­pée, au-des­sus de laquelle ses che­veux redou­ta­ble­ment bien entre­te­nus dans leur can­deur, lais­saient qui­con­que la voyant au gro­tes­que de la situa­tion, car la beauté à cet âge-là, quoi qu’on y fasse, n’existe plus que dans le besoin de vanité, lui conférait mal­gré tout son fard et ses arti­fi­ces, un faciès péni­ble à sou­te­nir, de ceux dont on dit en pas­sant : « Il en faut pour­tant des comme ça. »
Et en effet, cette pau­vre dame se fût résu­mée à cette seule phrase si l’on n’eût point ajouté à sa morne des­crip­tion un carac­tère nou­veau, qui l’eût arra­ché à cette pitié pro­gres­si­ve­ment accor­dée par ceux qui ne la con­nais­saient que de vue, ou ceux qui, igno­rant sa malice retorse, n’avaient pas dès le début pris garde devant ce vilain petit canard capa­ble de meur­tre.

C’est ainsi que dans cha­que regard qu’elle por­tait, on voyait reluire quel­que rage dont la pro­ve­nance res­tait incon­nue. Sa folie n’avait aucune prise, elle nais­sait ainsi qu’une averse lors des gibou­lées prin­ta­niè­res.

Or il se trou­vait que dans sa grande mai­son de trois éta­ges, elle louait à prix d’or les cham­bres. Il lui eût paru inhu­main de gar­der tout ce luxe pour elle seule, sans qu’elle n’en fît pro­fi­ter les autres, et par la même, sa bourse avare, dont les même fils ser­rés cris­paient son visage hys­té­ri­que. Les éta­ges n’étant pas grands, et les famil­les qui y cré­chaient nom­breu­ses, elle avait refusé d’ins­tal­ler plus de cinq per­son­nes par étage. Cel­les-ci étaient trai­tées du mieux qu’elles pou­vaient l’être – et c’est peu dire sachant que c’était Mme Bru­mil­lon elle-même qui fai­sait le ser­vice et le ménage –, leur offrant par­fois de rares sou­ri­res dont la mal­veillance pour­tant ne trom­pait pas. Elle, veillait sur le rez-de-chaus­sée, où se trou­vaient les objets de valeur dont elle redou­tait à cha­que ins­tant le ravis­se­ment.

Très tôt, dès que son petit-fils Alexan­dre eut l’âge qui sub­sti­tue à l’amu­se­ment du bébé, la las­si­tude du gar­çon, elle le ren­voya.

C’est ainsi qu’un beau soir, arri­vant dans sa cham­bre, elle lui avait hurlé de faire sa valise, et que dans dix minu­tes il serait dehors, arguant qu’il n’aurait qu’à aller voir ses amis qu’il lui pré­fé­rait tant, au lieu de lui don­ner d’insup­por­ta­bles cor­vées, à son âge ingrat, et de dévo­rer tout son pain sans ne lui rap­por­ter aucun retour.

Le jeune homme, d’une quin­zaine d’années, pris dans l’étau d’une si forte peine, celle qu’impose l’amour indé­fec­ti­ble éprouvé pour ceux qui nous ont éle­vés, se refer­mant sur lui avec une con­fu­sion ter­ri­ble, n’avait rien dit, était resté devant sa coite lampe, à trem­bler comme dans un cau­che­mar, puis reve­nant à lui, il s’était empressé d’emme­ner ce qu’il pou­vait, ce qu’il aimait ; il vou­lait empor­ter éga­le­ment les sou­ve­nirs heu­reux, mais il eût pleuré à s’achar­ner davan­tage, car hélas, il n’y en avait point qui fus­sent tels.

Les parents d’Alexan­dre, eux, morts pré­ci­pi­tés dans un ravin avec leur atte­lage de qua­tre che­vaux, qui s’étaient embal­lés pour une rai­son incon­nue, alors que leur fils n’avait qu’un an, avaient amené la ter­ri­ble ques­tion du « qui allait s’occu­per d’Alexan­dre ». Sa main for­cée par la con­jonc­ture, la mégère n’avait pas pu refu­ser, et avait même dû s’empres­ser de le recueillir pour ne point paraî­tre abjecte, ce que sa vanité n’avait tou­jours pas par­donné. Peut-être même venait-elle de pren­dre sa ven­geance, elle, qu’elle avait atten­due comme un mes­sie.

Débar­ras­sée du gar­ne­ment qui la déles­tait cha­que jour de ses pro­vi­sions, et dont l’amour l’étouf­fait tant elle était inca­pa­ble elle-même d’en don­ner en retour, elle sou­rit, dans le ric­tus impé­rieux de sa som­bre face. « Qu’il aille voir ailleurs, si j’y suis, ce méchant bou­gre ! » affirma-t-elle en riant, la gorge déployée, ce qui, incroya­ble, n’avait pas dû se pro­duire depuis la mort de son époux.

Ce soir, elle avait sans doute cho­qué les cons­cien­ces de tous, car ce n’étaient pas les mai­gres cloi­sons lam­bris­sées ou encore les quel­ques mètres les sépa­rant de leur hôte qui avaient empê­ché aux pen­sion­nai­res d’être sai­sis par le drame d’une telle scène, qui quel­ques minu­tes après qu’Alexan­dre eût débar­rassé le plan­cher pous­sié­reux du rez-de-chaus­sée à grands coups de pieds dans le der­rière, avaient cru voir encore les lar­mes cou­ler devant les vio­len­ces insen­si­bles des cris injus­te­ment, ter­ri­ble­ment, odieu­se­ment pro­fé­rés. Fol­co­che, ainsi qu’elle fut sur­nom­mée, n’avait pas prévu qu’éli­mi­nant Alexan­dre, ceux qui la nour­ris­saient du prix du pen­sion­nat l’éli­mi­ne­rait à leur tour.

Du pre­mier étage, les Dus­so­tier qui ne fai­saient qu’escale dans cette mai­son lugu­bre, étaient des­cen­dus, fai­sant jaillir l’esclan­dre.

- A-t-on jamais vu par­ler ainsi à un enfant ! Que vous a-t-il fait ! Est-il seu­le­ment res­pon­sa­ble de vivre et de res­pi­rer ? lui lança mon­sieur Dus­so­tier.

La vieille dame ne s’y atten­dait pas, et ne sachant dans son tort que leur répon­dre, elle leur sou­rit dédai­gneu­se­ment, fai­sant s’éta­ler sur sa figure rogue ce mépris con­des­cen­dant qu’on impose aux pau­vres esprits.

C’était de trop, les Jour­dain et mon­sieur Pame­lin, eux-mêmes arra­chés à leur som­meil par la dis­pute, s’étaient ima­gi­nés pour se ren­dre compte de la catas­tro­phe, que cela fût arrivé à leurs filles ou leurs fils, et sai­sis d’émoi, ils avaient des­cendu l’esca­lier chan­ce­lant sous leurs pas aga­cés, qui puait une misère à laquelle ils n’avaient pu s’habi­tuer que dans l’obli­ga­tion de trou­ver un gîte pen­dant leur voyage.

Lâchant leur verve sur la petite femme vile et sar­cas­ti­que, ils lui lan­cè­rent à leur tour des inju­res.

- Eh bien ! Madame ! Répon­dez donc si vous croyez vos bas­ses­ses légi­ti­mes ! Celui qui parle à un enfant comme ça est-il seu­le­ment digne de s’en occu­per ? C’est ainsi qu’on forme la méchan­ceté dans les esprits madame, en répri­man­dant sans rai­son, d’une manière igno­ble, hurla madame Jour­dain.

Ne répon­dant jusqu’alors que dans ses yeux de fouine aux brû­lan­tes invec­ti­ves, elle rom­pit le silence, à la stu­pé­fac­tion gran­dis­sante de tous.

- Mêlez-vous donc de vos affai­res, j’en ai éle­vés d’autres avant vous !

Elle n’osa pas en dire plus, sur­prise d’effroi devant la fureur qu’on lui oppo­sait chez elle. Pathé­ti­que­ment, elle alla s’asseoir sur une chaise, qui se tré­moussa sous le gros corps l’oppres­sant.
De là, la fric­tion des humeurs se ralen­tit. On ne fit plus que bou­gon­ner, les clients firent leur bagage et quit­tè­rent la mai­son mal­saine, con­for­tés dans leur ami­tié com­mune par cette épreuve.

Amis de lon­gues dates, les Dus­so­tier, les Jour­dain, et le père Pame­lin – dont la famille se fai­sait une joie du départ quoiqu’ils l’aimas­sent bien dans sa bon­ho­mie sim­pliste – orga­ni­saient tou­jours ensem­ble pen­dant leurs vacan­ces un voyage qui les amu­sât.

René Dus­so­tier, grand homme cos­taud, était le père de la famille, et il trai­tait son épouse, Michèle, mal­gré son visage des plus com­muns, comme on eût traité Didon ; il voyait depuis leurs dix années de vie com­mune en elle quel­que tré­sor qui ne s’entra­vait jamais des traits de la las­si­tude. Cette qua­lité qu’elle voyait en lui la fai­sait rire, et elle s’en éton­nait tous les jours d’ailleurs, comme s’embar­quant à cha­que ins­tant avec lui pour Cythère. De leur union n’était née qu’une seule enfant, Lydie, dont la beauté était telle qu’on s’éton­nait en l’admi­rant de la lai­deur des parents ; d’un an moins âgée qu’Alexan­dre, elle pos­sé­dait tout comme ses géni­teurs un sang bouillon­nant, sans que cela ne l’empê­chât de souf­frir la com­pas­sion, l’amour ou la pitié. C’était d’ailleurs cette bien­veillance même qui fai­sait, alliée à sa force morale hors norme, d’elle une fille fort bien con­si­dé­rée et dont on était fière dans toute la famille. Le diman­che, après qu’ils fus­sent allés à l’église, elle pas­sait la soi­rée, par­fois même une par­tie de la nuit, à dis­tri­buer devant le par­vis les sou­ri­res et les pains à la con­fec­tion des­quels elle avait mis tout son cœur, la veille.

Chez les Jour­dain, au con­traire, le cou­ple s’était lassé, mais se res­pec­tait, et avait sans doute sub­sti­tué à la pas­sion du pre­mier amour une ami­tié pro­fonde. Roger et Marie éle­vaient leurs deux fils, Jac­ques et Mar­tin, frè­res jumeaux, de dix ans, qui n’avaient pas com­pris pour­quoi ils avaient brus­que­ment quitté la mai­son chaude pour se retrou­ver au dehors, mais qui res­pec­taient leurs parents et les sui­vaient sans ques­tion­ner. La famille des qua­tre vivaient bien, quoi­que moins riche que la pré­cé­dente, et Roger, énervé de la façon dont la mégère qu’il haïs­sait dans son silence avait con­gé­dié Alexan­dre, gar­çon avec lequel il s’était entre­tenu avec plai­sir, et en qui il trou­vait une gen­tillesse impres­sion­nante au regard de cette seule famille – si on pou­vait appe­ler cela ainsi – qui l’avait élevé, n’avait pas pu résis­ter de sui­vre les autres, et de dire ce qu’il avait sur le cœur à Mme Bru­mil­lon. Sa femme et ses enfants, étaient alors quoi­que silen­cieux, en par­fait accord avec lui.

Enfin mon­sieur Paul Pame­lin était un gros bon­homme, qui dans sa jeu­nesse avait par on ne sait quel envoû­te­ment entraîné une femme et obtenu d’elle qu’elle lui fît sept enfants res­plen­dis­sants. Il vivait dans le luxe que son métier lui pro­di­guait, et sa famille qui l’aimait gen­ti­ment sans le voir trop sou­vent, pré­fé­rait pas­ser d’autres vacan­ces que les sien­nes, car le vaga­bon­dage ainsi qu’ils nom­maient ses voya­ges avec les Dus­so­tier et les Jour­dain, ne les inté­res­sait pas, et ils pré­fé­raient de loin pro­fi­ter des quel­ques jours sans embar­ras qu’ils avaient à mener des vies de roi, se levant aux heu­res qui leur plai­saient, se cou­chant de même, s’exal­tant dans leurs amours pour la lit­té­ra­ture, le luxe d’un sapin de Noël, ainsi que d’une mai­son chaude aux tables trop nour­ries de vic­tuailles, dont le nom­bre et la richesse impres­sion­naient. Très casa­niers, ils ne s’étaient pas com­plu à sui­vre Paul, qui aimait tou­jours bati­fo­ler au lieu de sen­tir le calme chaud de la che­mi­née, agré­menté de celui du pou­let frit, le réchauf­fer. Ce n’était pas pour autant qu’ils s’étaient dis­pu­tés ; ils fai­saient tout pour évi­ter les dis­cor­des, et ils pré­fé­raient con­ci­lier les goûts de cha­cun dans le calme et l’aplomb qu’ils ché­ris­saient, plu­tôt que de voir écla­ter leur unité filiale, dont ils avaient cons­cience de l’impor­tance suprême.

Alexan­dre n’avait pas fui très loin, et s’était arrêté sur le per­ron d’un appar­te­ment de la même rue, à une ving­taine de mètres de la chau­mière de sa grand-mère. Il eût tout donné pour ne pas être con­traint de venir frap­per, dans quel­ques heu­res, au car­reau, d’atten­dre que la vieille se déci­dât à lui ouvrir en échange de coups et de regards acé­rés pareils à des cou­teaux remuant ses entrailles de honte et de lar­mes chau­des. Mais il s’était rési­gné très vite, puis­que de toute façon il n’eût pas su où vivre ailleurs ; celui qui est élevé en enfer sait-il seu­le­ment com­ment le quit­ter ? Cette dame était sa seule famille, et quand la colère serait retom­bée en lui, il se con­so­le­rait du fait que dans quel­ques heu­res, elle se déci­de­rait sans doute à lui rou­vrir.

Les huit clients de sa grand-mère dont il n’avait pas com­pris le départ, s’étaient empres­sés vers lui en l’aper­ce­vant.

Ils dis­cu­tè­rent un moment. Con­fus qu’ils eus­sent tous décidé d’inter­rom­pre leur voyage à cause de polé­mi­ques étran­gè­res, Alexan­dre blê­mit en pen­sant à ce que sa grand-mère dirait, s'il rentrait tout à l'heure. Mon­sieur Jour­dain, fou­droyé par sa femme lors­que celle-ci eut com­pris qu’il était encore trans­cendé de son esprit phi­lan­thrope, s’était retenu de pro­po­ser au jeune homme de l’héber­ger le temps que sa grand-mère eût repris ses esprits.

Lydie, sans bron­cher, se deman­da si elle pour­rait dor­mir au chaud chez Paul, qui leur avait pro­mis de les héber­ger pour ce soir en atten­dant de repren­dre le voyage, car c’était lui qui pos­sé­dait une mai­son la moins éloi­gnée de leur posi­tion, en pen­sant que quelqu’un de plus dor­mi­rait ce soir dans un man­teau de neige, et peut-être même allait devoir sub­sis­ter dans le froid de l’hiver, dehors, sans rien ni per­sonne.

Il n’était pour­tant plus dans l’inten­tion d’aucun de con­ti­nuer à s’api­toyer davan­tage. René, Michèle, Roger, Marie, et Paul, coti­sè­rent de quoi lui per­met­tre de man­ger et de dor­mir pour deux ou trois jours, lui remi­rent l’argent, puis pas­sè­rent leur che­min.

Lydie lança un der­nier coup d’œil inquiet par dessus son épaule au jeune homme, tan­dis que Sté­pha­nie, regar­dant par la fenê­tre de sa cui­sine, le balais empoigné fermement dans l'étau de sa grosse main rustique, n’avait lâché aucun détail de cette scène hila­rante. Cela fai­sait donc une bonne rai­son pour qu’elle cédât à lui ouvrir, quand il revien­drait avec l’argent de ceux qui avaient oublié de la payer.

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Re: Madame Brumillon

Message  socque le Lun 23 Nov 2009 - 23:40

J'aime beaucoup ce début, cruel, aux personnages bien dessinés, malgré quelques maladresses d'écriture que je signale ci-dessous. Mais, à mon sens, manque une précision : les personnes qu'héberge la mégère sont en vacances, c'est bien ça ? J'avais au début l'impression qu'ils logeaient à l'année chez elle, en pension, quoi, mais comme il s'agit de personnes aisées et que vous expliquez pourquoi ils se retrouvent tous ensemble pour les vacances...

Mes remarques :
« comme pour prier le Sei¬gneur (je pense, pour une bonne catholique) »
« lais¬saient qui¬con¬que la voyant au gro¬tes¬que de la situa¬tion » : pas pigé ce que voulait dire ce bout de phrase
« Sa folie n’avait aucune prise, elle nais¬sait ainsi qu’une averse lors des gibou¬lées prin¬ta¬niè-res. » : j’aime beaucoup !
« et (je pense qu’une virgule ici serait bienvenue) par là-même, sa bourse »
« de dévo¬rer tout son pain sans ne (à mon avis, le « ne » explétif ici nuit) lui rap¬por¬ter aucun retour »
« dont l’amour l’étouf¬fait tant elle était inca¬pa¬ble elle-même d’en don¬ner en retour » : ça aussi, très bien
« qui avaient empê¬ché les pen¬sion¬nai¬res d’être sai¬sis par le drame d’une telle scène, qui quel¬ques minu¬tes après qu’Alexan¬dre » : je trouve lourde la suite de deux relatives introduites par « qui »
« ceux qui la nour¬ris¬saient du prix du pen¬sion¬nat l’éli¬mi¬ne¬raient à leur tour »
« elle pos¬sé¬dait tout comme ses géni¬teurs un sang bouillon¬nant, sans que cela ne (je trouve que le « ne » explétif embrouille le sens ici) l’empê¬chât de souf¬frir (quel est le sens de « souffrir » ici ? en théorie, vous dites que Lydie ne supporte pas la compassion, l’amour ou la pitié, et cela m’étonne) la com¬pas¬sion, l’amour ou la pitié »
« dont on était fier dans toute la famille »
« pour se retrou¬ver au-dehors »
« qu’il haïs¬sait dans son silence » : l’expression me paraî inutilement alambiquée
« n’avait pas pu résis¬ter à sui¬vre les autres, et à dire »
« Sa femme et ses enfants, étaient alors (je trouve qu’il pourrait être intéressant de déplacer la virgule avant « étaient alors » juste après) quoi¬que silen¬cieux, »
« sa famille qui l’aimait gen¬ti¬ment sans le voir trop sou¬vent, (ici, je trouve qu’il serait intéressant de mettre en incise « qui l’aimait gen¬ti¬ment sans le voir trop sou¬vent », en introduisant une virgule avant) pré¬fé¬rait pas¬ser d’autres vacan¬ces »
« dont ils avaient cons¬cience de l’impor¬tance suprême » : je trouve la construction maladroite bien que, je crois, correcte, il est toujours délicat de placer à la fois un « dont » et un « de »
« le balai (et non « balais ») empoigné fermement »

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Re: Madame Brumillon

Message  Easter(Island) le Mar 24 Nov 2009 - 9:34

Même remarque que socque : on n'est pas sûr si les gens dont il est question ici sont "locataires" ou "clients" :
Les huit clients de sa grand-mère dont il n’avait pas com­pris le départ,

Sinon, je ne suis pas conquise, je trouve le portrait de Folocoche tout comme la situation décrite versent dans la caricature, cela se retrouve même dans le vocabulaire (la "chaumière") ; et puis j'ai du mal avec cette écriture à circonvolutions. Je verrai pour la suite, puisque suite il y aura j'imagine.

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Re: Madame Brumillon

Message  pandaworks le Jeu 26 Nov 2009 - 19:45

Fait un peu mal au cœur , ce texte avec très peu de commentaires.
Pour ma part, j'ai été fauché par le désuet par exemple : des giboulées et par l'intello : Cythère. Il faudrait un peu moderniser ce style , pour un lectorat plus large, à mon sens.

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Re: Madame Brumillon

Message  coline Dé le Ven 27 Nov 2009 - 16:13

Ce texte me fait penser à ce que j'écris parfois quand je veux épater la galerie... et en général, ça n'atteint pas son but !
J'aimerais que tu respires un grand coup, et que tu nous refasses ça plus "librement", en supprimant ce qui fait raide et en n'abusant pas des négations. Tu peux sûrement faire mieux !

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Re: Madame Brumillon

Message  casdenor le Ven 27 Nov 2009 - 16:57

Avant de donner une réflexion plus globale sur l'écrit présenté ici, je voudrais déjà le lire et le regarder peu à peu.
Des passages me gênent, tel Et en effet qui, dans le second paragraphe, semble être celui d'un écolier, ou encore et ce serait sans doute la même fin pour elle, disait-elle qui me semble maladroit, notamment par la redondance de "elle".

Là où le problème se pose le plus fortement, c'est lorsqu'on voit ce vilain petit canard capa­ble de meur­tre. qui sort complètement du style. On passe d'un style normal à tendance soutenu à du complet vulgaire, ce qui, personnellement, m'a choqué.

Le troisième paragraphe, lui me semble trop petit, alors qu'on aimerait en savoir plus, voir ces giboulées de rages, dont l'idée est assez jolie et plaisante.

Je ne comprends pas non plus la raison du "or" dans le quatrième paragraphe.

Une faute se trouve, à la fin du cinquième paragraphe si je ne m'abuse "sans ne lui rap­por­ter aucun retour"
car la double négation ne paraît pas pertinente, sans rien lui rapporter en retour, sans lui rapporter quelque retour, ne lui rapportant aucun retour etc...

le "eux" du cinquième paragraphe me semble également de trop, par rapport à qui ? S'il n'y a de rapport à personne, alors inutile de dire "eux"

De même, cette phrase "Peut-être même venait-elle de pren­dre sa ven­geance, elle, qu’elle avait atten­due comme un mes­sie." me semble posséder un problème avec son trop grand nombre de "elle" qui renvoient à deux choses différentes, embrouillant le lecteur.

Le à grands coups de pieds dans le der­rière, est également de trop, ou plutôt, d'un registre en deça du reste.

Encore un peu après, quoique là ce soit discutable le terme vil dans sur la petite femme vile et sar­cas­ti­que, paraît totalement à côté, désuet, et donc donne un côté comique à la phrase.

L'arrivée des familles est un peu téléphoner, les mettre en rang les uns derrière les autres fait un peu générique de film, ce qui, personnellement, me gêne également; On dirait que tu as voulu parler d'eux, et que, ne sachant comment les introduire, tu les a placé là.


Pour le reste, j'apprécie assez l'atmosphère rude et rugueuse, et c'est assez onirique au sens élevé du terme. ça mériterait nettement une réécriture.

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Re: Madame Brumillon

Message  Sahkti le Jeu 15 Avr 2010 - 22:11

Dans l'ensemble, j'aime beaucoup cette manière de raconter l'histoire, même si de ci de là, il y a quelques lourdeurs ou maladresses. Peut-être est-ce dans la façon de narrer les détails qu'il y aurait matière à retravailler. Je pense par exemple à Silène qui noie ses longs textes de précision et jamais (à mes yeux en tout cas) ce n'est lourd. Ici, ça me semble hésitant, ne sachant trop quelle carte jouer, beaucoup ou peu de détails. Alors tant qu'à faire, autant y aller franco mais tenter de fluidifier tout cela pour un en faire un long fleuve intranquille. D'autant plus que l'impertinence, certes légère mais présente, du propos s'y prêterait sans sourciller. Et que la suite est attendue :-)

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