Les deux coqs
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Les deux coqs
* * * Les deux coqs * * *
Partageant un enclos sans jamais se rencontrer,
Deux jeunes coqs à l’allure différente,
Sans qu’il n’y ait eu contact, ni entente,
Décidèrent un jour de comparer leurs idées.
L’un, Chanteclair, superbe dans son panache,
Dressé sur ses ergots, tel un chef apache
Se destinait sans la moindre modestie
A fréquenter les poules, sans aucun interdit.
L’autre, dont l’allure semblait plus minable,
Se croyait investi d’un sort plus enviable,
Préparé qu’il était à devenir coq de combat,
Gladiateur d’arènes aux allures de sabbat.
- Crois-tu, dit le Spartacus à son cousin empanaché,
Que d’avoir sur le derrière un si volumineux bouquet,
En dehors d’afficher une certaine suffisance,
Peut te procurer un peu plus de puissance.
Regarde-moi ! Je suis petit, néanmoins musclé,
A de joutes superbes, on m’a entraîné,
Et plutôt que d’avoir des lauriers pour ma gloire,
Ma ration devient double en cas de victoire.
Et toi, que te donne t’on pour tes services ?
Le droit devant tes poules de faire le Narcisse !
Le Chanteclair, dont l’intelligence n’était pas le fleuron,
Devant cette vindicte aux allures de leçon,
Resta coi, muet, sans aucune réplique,
Voulant esquiver un conflit qui l’implique.
Ils en seraient restés là si, quelques jours plus tard,
Revenant d’un combat, fourbu et hagard,
L’Artaban dont les plumes marquaient le désordre,
L’implora de sa pitié et de sa miséricorde.
- Qu’il me serait facile de prendre ma revanche,
Pourtant vois-tu, j’y trouve répugnance
Et au lieu de t’affubler de tristes quolibets,
Je préfère te plaindre plutôt que te blâmer.
Entre nous, ma situation est bien meilleure,
Mon seul souci le matin est de surveiller l’heure
Dès que le soleil darde son premier rayon,
J’ai plaisir à chanter aussi fort qu’un clairon.
Maintenant, qui a la meilleure situation,
Celui qui chante ou celui qui prend des gnons ?
Chacun ayant eu son moment de gloire,
La joute s’arrêtât sans qu’il y eu d’histoire,
Sauf, ce qu’aucun des deux ne pouvait se douter,
Que quelque temps plus tard, en un tour de main,
Une fermière allait modifier leurs belles destinées
De fiers gallinacés en délicieux coqs au vin.
Que l’on soit bête de cour ou bête de combat,
Quand on dépend des hommes, on participe aux repas.
Chibani
Partageant un enclos sans jamais se rencontrer,
Deux jeunes coqs à l’allure différente,
Sans qu’il n’y ait eu contact, ni entente,
Décidèrent un jour de comparer leurs idées.
L’un, Chanteclair, superbe dans son panache,
Dressé sur ses ergots, tel un chef apache
Se destinait sans la moindre modestie
A fréquenter les poules, sans aucun interdit.
L’autre, dont l’allure semblait plus minable,
Se croyait investi d’un sort plus enviable,
Préparé qu’il était à devenir coq de combat,
Gladiateur d’arènes aux allures de sabbat.
- Crois-tu, dit le Spartacus à son cousin empanaché,
Que d’avoir sur le derrière un si volumineux bouquet,
En dehors d’afficher une certaine suffisance,
Peut te procurer un peu plus de puissance.
Regarde-moi ! Je suis petit, néanmoins musclé,
A de joutes superbes, on m’a entraîné,
Et plutôt que d’avoir des lauriers pour ma gloire,
Ma ration devient double en cas de victoire.
Et toi, que te donne t’on pour tes services ?
Le droit devant tes poules de faire le Narcisse !
Le Chanteclair, dont l’intelligence n’était pas le fleuron,
Devant cette vindicte aux allures de leçon,
Resta coi, muet, sans aucune réplique,
Voulant esquiver un conflit qui l’implique.
Ils en seraient restés là si, quelques jours plus tard,
Revenant d’un combat, fourbu et hagard,
L’Artaban dont les plumes marquaient le désordre,
L’implora de sa pitié et de sa miséricorde.
- Qu’il me serait facile de prendre ma revanche,
Pourtant vois-tu, j’y trouve répugnance
Et au lieu de t’affubler de tristes quolibets,
Je préfère te plaindre plutôt que te blâmer.
Entre nous, ma situation est bien meilleure,
Mon seul souci le matin est de surveiller l’heure
Dès que le soleil darde son premier rayon,
J’ai plaisir à chanter aussi fort qu’un clairon.
Maintenant, qui a la meilleure situation,
Celui qui chante ou celui qui prend des gnons ?
Chacun ayant eu son moment de gloire,
La joute s’arrêtât sans qu’il y eu d’histoire,
Sauf, ce qu’aucun des deux ne pouvait se douter,
Que quelque temps plus tard, en un tour de main,
Une fermière allait modifier leurs belles destinées
De fiers gallinacés en délicieux coqs au vin.
Que l’on soit bête de cour ou bête de combat,
Quand on dépend des hommes, on participe aux repas.
Chibani

Chibani- Nombre de messages: 17
Age: 79
Localisation: Sélénique
Date d'inscription: 23/11/2009
Re: Les deux coqs
Le tout dernier vers me laisse perplexe parce qu'il ne véhicule pas la morale universelle que je m'attends à trouver à la fin d'une fable.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Les deux coqs
Je l'aurais bien vu en alexandrins !

Romane- Nombre de messages: 441
Age: 57
Localisation: Kilomètre zéro
Date d'inscription: 23/11/2008

Re: Les deux coqs
Easter(Island) a écrit:Le tout dernier vers me laisse perplexe parce qu'il ne véhicule pas la morale universelle que je m'attends à trouver à la fin d'une fable.
si je me dépars de ma légendaire light touch :-) je dirais donc plutôt que la chute est faible.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Les deux coqs
Oui, sans doute la chute, ou morale, pourrait être plus percutante. Il faudrait y réfléchir et peut-être la retravailler.
Sinon, c'est une belle fable, et comme Romane, je regrette que les vers n'aient pas tous le même nombre de pieds. Remaniée en véritables alexandrins, elle serait de toute beauté.
Je regrette, Chibani, ces restrictions dans mon com, mais je dis toujours ce que je pense. Amitiés.
Sinon, c'est une belle fable, et comme Romane, je regrette que les vers n'aient pas tous le même nombre de pieds. Remaniée en véritables alexandrins, elle serait de toute beauté.
Je regrette, Chibani, ces restrictions dans mon com, mais je dis toujours ce que je pense. Amitiés.

embellie- Nombre de messages: 1301
Age: 74
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 20/01/2009
Re: Les deux coqs
J'aime l'allure classique et musicale de cette fable poétique, que je trouve plutôt bien menée. L'un ou l'autre bémol pourrait être formulé à l'égard de quelques rimes faciles mais dans l'ensemble, je trouve qu'il y a un rythme agréable et que le tout sonne bien à l'oreille et à l'esprit.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Les deux coqs
Salut, l'ami et bien venu sur le site.
Je ne vais pas te recopier les commentaires précédents, juste te dire que je les partages. Ici, il est impératif de soigner ses pieds !!!
C'est pour te tenir chaud que tu as cette belle écharpe ?
C'est lui qu'on appelle le piton des neiges !!!!!!
Je ne vais pas te recopier les commentaires précédents, juste te dire que je les partages. Ici, il est impératif de soigner ses pieds !!!
C'est pour te tenir chaud que tu as cette belle écharpe ?
C'est lui qu'on appelle le piton des neiges !!!!!!
sentimentic- Nombre de messages: 116
Age: 32
Date d'inscription: 24/07/2009
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