Clic et couac
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Clic et couac
Dix neuf heures seize. L’enseigne verte et blanche clignotait encore.
« …et pour le transit, parce que vous comprenez…
D’habitude je suis patiente, mais là j’en avais des démangeaisons. J’ai fait mon sourire horizontal, celui qui coince les commissures juste sous les oreilles.
-…le docteur Dumert dit que ce n’est pas …
- Je ne devrais pas, mais pour vous…
Le temps de disparaître dans le fond de l’officine et je lui tendais un placebo au packaging particulièrement efficace :
- Tenez, Madame Nole, c’est SOU-VE-RAIN ! Ne dites pas que je vous en ai donné…Ce n’est pas remboursé, douze euros soixante s’il vous plait.
Pour être efficient, le placebo doit être cher.
Ravie, elle débarrassait enfin la place avec des mines de conspiratrice… et je pouvais fermer!
J’avais un peu honte, ce genre de pratiques ne correspond pas à l’idée que j’ai de mon métier, mais ce soir, je venais d'avoir ma connexion Internet et j’avais hâte de m’y mettre.
Depuis longtemps, ça mijotait ; j’hésitais, j’ergotais : le coût, le temps, les gens qu’on ne voit plus… mais j’en mourais d’envie ! D’ailleurs, pour le peu de gens que je fréquente, cela ne risquait pas de faire grande différence. Et le haut débit passait enfin par Vireuille. Au moins, cela m’ouvrirait sur d’autres horizons que cette minable petite ville ! C’est fou comme on fait vite le tour de quatre mille habitants, surtout quand on travaille dans LA pharmacie centre ville !
Je connais les maux intimes de tous les commerçants, rentiers, banquiers et assureurs de Vireuille. Une préparatrice, c’est moins intimidant que le pharmacien, on lui confie volontiers ses misères, pour peu qu’elle soit attentive et discrète.
J’aime bien mon métier; il me permet d’entrer dans l’intimité des gens, par la porte de service en quelque sorte, sans me dévoiler moi-même.
J’ai horreur de m’exposer.
Evidemment, ça ne facilite pas les rapprochements. Mais ça peut éviter de se fourvoyer.
J’ai trop d’exemples de mariages désastreux autour de moi pour me laisser aller à ce genre d’inconséquence. Pendant longtemps, j’ai pensé qu’à force d’observer mon entourage, avec une infinie attention aux moindres détails, avec objectivité et froideur, je finirai par trouver l’homme idéal. Surtout, ne pas me laisser emballer, aveugler. Evaluer d’abord, aimer ensuite, quand on a déniché le bon numéro. Oh, pas l’homme parfait, bien sûr, juste l’homme " idéal pour moi".
Je dois avoir trop bonne vue, leurs défauts me sautent aux yeux très vite.
Ils ne s’en doutent pas - j’ai l’air douce et effacée - mais je les exécute en quelques jours !
Ma mère me tanne : « Ecoute, Lucile, tu es trop difficile ! A ton âge, tu ne peux plus te permettre de faire la fine bouche (elle me dit ça depuis mes 25 ans !) Tu devrais faire des concessions, ce n’est pas drôle de vieillir seule… »
Ce n’est pas plus drôle de vieillir avec un mâle égoïste, exigeant, mal embouché, si ? Et franchement, ceux qui défilent à la pharmacie n’ont jamais obtenu une note atteignant la moyenne !
Alors, Internet…ça ouvre des possibilités. A condition d’être prudente, bien sûr. Mais beaucoup de gens se sont rencontrés comme ça. Pourquoi pas ?
***
Les cheveux blancs étaient arrivés tôt. Les idées noires aussi. Les années avaient glissé dans la poubelle du temps, périmées avant d’avoir été sorties de leur blister. On ne met pas sa vie en réserve pour plus tard, elle commençait à le comprendre. Tant pis si ce n’était pas du haut de gamme, elle s’accommoderait d’un modèle standard, pas l’homme idéal, simplement un géniteur passable.
Depuis cinq ou six ans, les hormones de Lucile lui envoient des signaux impératifs : tout bébé entré dans son champ de vision déclenche une envie de pleurer ; il est temps, il est grand temps. Elle sait qu’après la quarantaine la maternité est un risque. Et les risques, elle a passé sa vie à les anticiper.
Alors elle surfe comme tout ce qu’elle fait : avec méthode et prudence. Fière d’elle, quand même : elle n’a pas été élevée au lait de souris, et pourtant elle ne se débrouille pas mal en informatique. Un peu honteuse aussi : elle a l’impression sinon de racoler, du moins de se brader. Elle s’est choisi un pseudo distingué : Gabrielle. La vulgarité des échanges lui hérisse l’ego. Et les fautes d’orthographe !
Lucile s’enorgueillit d’une orthographe sans faille ; elle considère la bonne maîtrise de la langue comme un signe de qualité morale.
Aussi ne peut-elle qu’être sensible au message de Lucien, qui signe Clitandre : « Je ne cherche pas une nana ou une bobonne, je voudrais rencontrer une lady. Point n’est besoin qu’elle soit riche ni de haute naissance : j’appelle lady la femme qui préserve sa sensibilité, qui ne galvaude pas ses sentiments, pour laquelle le respect est une valeur et qui aspire à partager une relation qui élève et enrichisse les deux parties. Après… si s’installe plus que de l’amitié, je serai - nous serons heureux. »
Evidemment, ce n’est pas le ton de tout le monde.
Mais Lucien n’est pas tout le monde. Lucien a un don : depuis son adolescence, il est grandiloquent.
Il aurait bien aimé écrire, son imagination galope facilement. Il inventait des histoires qui auraient dû être palpitantes et laisser bouche bée ses copains de classe. Mais sitôt couchées sur le papier, elles cessaient de palpiter pour se couvrir d’excroissances, scories, ampoules et autres pustules jusqu’à devenir d’étranges fossiles qu’exhibait sans pitié l’institutrice comme « l’autre exemple de ce qu’il ne fallait pas faire »
Elle reconnaissait à Lucien du vocabulaire ; mais tellement peu naturel !
C’était naturel. Ça lui tombait comme ça.
Bien sûr, cela lui avait beaucoup nui. Dans ses études. Dans ses relations. Dans les métiers qu’il a cherché à exercer. Et, un jour, ça avait fini par le servir : il était entré aux pompes funèbres.
Là, miraculeusement, il était devenu la référence de ce qu’il faut faire. Pleines de reconnaissance, les familles endeuillées le remerciaient de mettre un peu de solennité dans une cérémonie qui, civile, ne ressemble plus à rien. Lucien s’attachait à humaniser la crémation :
« On peut enfourner un petit pain sans rien dire ; pas un être humain. »
Et il trouvait des mots, des formules berçantes, d’une longueur permettant de se moucher, de perdre le fil, de le retrouver, un ronronnement lénifiant, coupé d’excès, de dithyrambes qui apaisaient les culpabilités familiales, d’hyperboles qui faisaient dire aux gens :
« Ce pauvre Untel…Il a eu une belle cérémonie ! »
Cette facilité d’élocution n’allait toutefois pas jusqu’à éblouir les femmes. En général, elles lui riaient au nez très vite.
Sauf sa mère.
Qui, elle, ne l’écoutait pas. Vivre avec un rhétoricien développe des surdités sélectives. Lucien pérorait gravement, madame Nole pensait à autre chose, moyennant quoi la vie s’écoulait paisiblement dans la grande maison en forme de réussite sociale.
Mais Lucien ruminait :
« Maman vieillit, elle n’est plus aussi alerte, et hélas je ne peux lui consacrer que des bribes d’attention. Il faudrait songer à prendre des mesures… »
La mesure essentielle - la seule à lui venir en tête - était le mariage. Cela résolvait d’un trait au moins trois problèmes : quelqu’un pour s’occuper de Maman. Une interlocutrice.
Et surtout… quelqu’un pour remplacer le nounours qu’il avait perdu à dix ans et dont l’absence avait laissé un terrible vide affectif.
Lucien avait toujours été un tendre.
D’où Clitandre. C’est tout de même plus romantique que Lucien, non ?
- Luuuucien !
C’est Maman.
Il court.
Il a raison : elle s’est cassé la cheville.
Lucien est malheureux. Il déteste voir souffrir Maman. Il déteste aussi avoir à s’occuper de détails ménagers. Pendant qu’elle lui fait une liste de ce qu’il faudra acheter, il rêve d’une douce fée qui prendrait tout en charge avec un sourire céleste. Peut-être cette Gabrielle ? Elle a un prénom d’archange…
« Tu m’écoutes, Lucien ? A la pharmacie, tu cherches la petite préparatrice. Discrètement, hein ? Et tu lui demandes de me redonner la même chose que la dernière fois. Du Tripax. Mais motus, je crois qu’elle n’avait pas le droit… Tripax.
Et n’oublie pas le journal »
- Pardonnez moi, Madame, j’ai une requête un peu gênante à vous faire…Je suis le fils de Madame Nole. Maman m’a chargé de vous solliciter…
Avec cet air guindé, j’ai d’abord cru qu’il voulait des préservatifs. Puis j’ai réalisé que c’était un achat peu probable pour Madame Nole ! Le placebo a fait merveille, elle en veut de nouveau.
- C’est votre Maman qui vient, d’habitude. J’espère qu’elle n’est pas souffrante ?
(C'est drôle de dire ça, dans une pharmacie !)
- Elle s’est cassé la cheville.
- Oh la pauvre !
Vu son poids, ça ne va pas se remettre comme ça ! Je ne dis rien, bien sûr. Son fils ne lui ressemble pas, il est grand et maigre. Avec des yeux battus. Il me remercie un million de fois et part, précautionneux comme s’il transportait le saint Graal.
Tiens, se dit Lucien, si cette dame était d’accord, nous pourrions faire affaire tous les deux : elle doit connaître tous les malades de la ville ; il suffirait qu’elle me signale ceux qui… je pourrais glisser un peu de publicité dans les boites à lettres…Je lui en toucherai un mot. Juste un renseignement… moyennant quelques petits cadeaux…Cela ne ferait de mal à personne…
Lucien a toujours été un tendre.
Elle a envie de se faire belle, Lucile. Les poèmes que Clitandre lui envoie (piqués dans un livre d’Andrée Chedid qu’il a déniché dans les tiroirs de sa mère.) témoignent d’une sensibilité qui l’émeut.
L’écran de son ordinateur et son miroir sont les deux surfaces où elle projette ses affres, ses doutes, ses perplexités. Se faire belle. Mais comment ? Elle interroge son reflet pour chercher ce qui cloche.
Rien. Pas le moindre trait saillant qui puisse se corriger. Ou se souligner. Peut–être un jour son miroir oubliera-t-il de la refléter, lui aussi.
Elle renonce au maquillage qui lui donne l’air d’un clown. Elle va simplement être parfaitement nette et soignée. Et elle gomme minutieusement ses coudes, ses talons, ses genoux. Pierre ponce, gant de crin, peeling, elle gomme, gomme, gomme…à en devenir invisible.
Il lui demande de se décrire.
Peut-on dire je suis invisible ?
Alors, elle invente. Oh, à peine. Elle est plutôt blonde que brune. Gris blond. Donc blonde. Ses yeux sont… disons verts. Elle a la trentaine (c’est encore vrai pour un an).
Elle va à l’aquagym tous les quinze jours : c’est une sportive.
Elle aime les jolies choses qu’on voit dans les magazines : elle est élégante.
Se souvenant que son père l’appelait chaton lorsqu’elle avait quatre ans, elle se déclare féline.
De semaine en semaine, cette transformation d’elle-même s’amplifie, l’enfièvre, elle s’invente, c’est magique, c’est comme une drogue.
Lucile s’exalte pour la première fois de sa vie. Elle en déduit qu’elle est amoureuse.
Clitandre !
Clitandre et Gabrielle. Elle est amoureuse. Mais surtout de Gabrielle.
Elle finit par accepter un rendez-vous.
Dans le trouble et dans la transe.
Un lieu public… Fréquenté. Mais discret… Je me demande comment il est. J’aurais dû insister, ça ne me dit pas grand-chose de savoir qu’ « il n’est pas un Apollon, mais quand même assez bien de sa personne.
Pas à Vireuille en tous cas. »
Elle n’a aucune envie qu’on la reconnaisse. La ville voisine, à soixante kilomètres offre un anonymat suffisant : c’est une préfecture. Elle lui donne rendez vous dans une grande brasserie cossue. Elle portera une écharpe verte et rose sur son manteau gris.
De Clitandre
A Gabrielle
Objet : Nous rencontrer enfin !
« MyLady,
Je tremble, je brûle, je gèle. J’ai hâte de vous voir, de mettre un visage sur les mots dont vous avez daigné m’honorer. Je sais que vous êtes une femme merveilleuse, une fée, un archange.
J’ai peur d’être indigne de vous. Mais j’attends tout de votre âme miséricordieuse. Ce jour béni sera le premier jour d’une nouvelle ère. Je le crois, je l’espère. J’aurai un bouquet de roses rouges et blanches. A très bientôt, mon amie.
Votre Clitandre qui baise respectueusement vos douces mains. »
Lucile ne peut s’empêcher de sourire, à la lecture du mail. Son sens de l’humour lui suggère une réponse légèrement ironique. Mais, comme d’habitude, elle garde l’humour pour elle. Il ne s’agit pas d’être imprudente maintenant, au risque de tout gâcher ! Une certaine lucidité, cependant, pointe. La plaie. Elle aurait dû s’appeler Lucide.
Il fait un froid horrible lorsqu’elle gare sa voiture près de la brasserie. Elle a mis plus de temps que prévu pour faire la route. Il est sûrement déjà arrivé. Elle est gelée. Intérieurement aussi : il attend une jolie jeune femme !
Au moins, voir quelle tête il a ! Son écharpe rose et verte roulée dans sa poche, elle franchit la porte à tambour et scrute la salle. Personne n’a un bouquet de roses. Il a sans doute, comme elle, été retardé par le mauvais temps. Tant mieux, c’est un sursis. En l’attendant, elle joue à être encore un peu Gabrielle, croise les jambes, appelle le serveur :
- Madame ?
- Un Daïquiri !
A peine si elle sait ce que c’est, mais ça sonne très Gabrielle.
C’est bon. Fort. Et zut !
Elle pique du nez dans son sac : le fils Nole vient d’entrer. Il longe la terrasse, ouf, il va s’installer derrière le pilier, elle pourra discrètement changer de banquette. De dos, elle ne verra plus la salle... Le revoilà, zut, il l’a vue !
- Merde, la pharmacienne ! Ce n’est pas le moment…Elle a vu que je l’avais vue.
Il ne peut pas faire autrement que de la saluer; surtout s’il veut être dans ses bonnes grâces…
-Il me salue …j’espère qu’il… Il s’approche !
- Comme on se retrouve ! Bonsoir chère Madame ! Oh, je suis peut-être indiscret, pardonnez moi, vous attendez sans doute quelqu’un ?"
- Mais pas du tout.
(zut, elle n’aurait pas dû dire ça, une amie !)
En fait, j’avais rendez vous avec une amie…qui s’est décommandée
(non, zut !)
- Oh, alors, permettez-moi de vous offrir un verre. Garçon ?
Il ne sait comment s’en sortir.
Il est sûr que la jolie blonde, là bas au fond, a une écharpe verte et rose. Elle l’aura enlevée en entrant. Le bouquet dans la voiture. Mais d’abord se débarrasser de la pharmacienne
- Remettez la même chose à Madame
Si lui ne prend rien…
- Je vous remercie, j’allais partir. La route à faire…
- Oh, vraiment ? Je suis infiniment déso…
Elle ne l’écoute plus. Son cœur bat très fort. Elle vient de voir entrer un homme. Beau. Avec un bouquet. Il a du velours dans la démarche. Une fossette au menton. Il cherche.
Lucile se lève. S'illumine.
C’est lui ! Elle redevient très jeune.
Il approche…
Embrasse une jeune femme. Longuement.
Méduse échouée par le sale temps, Lucile n’est plus qu’un petit tas transparent qui tremble et ruisselle. Tout ce qu’elle a enfoui se déverse. Des années d’attente.
Et le fils Nole qui la regarde ! Elle s’en fout, sanglote en murmurant « Gabrielle est morte »
Le réflexe joue :
« Toutes mes condoléances…»
Elle tente de se reprendre, se mouche. Murmure machinalement "merci".
Lucien est surpris : comment cette…- il la regarde- oui : jeune femme peut-elle savoir qu'il attendait Gabrielle ? Que sait-elle au juste ? Par quelle coïncidence est-elle là ? Gabrielle l'aurait-elle chargée d'un adieu posthume ? Le chagrin qu'elle ne peut dissimuler la lui rend sympathique. Il lui entoure les épaules d'un geste réconfortant.
Elle déteste se sentir à la merci d'une indiscrétion, mais la bonde est ouverte : elle sanglote avec volupté sur cette épaule accueillante. Lucien, ému, lui caresse les cheveux, espérant un moment d'accalmie pour l'interroger sur ce drame inattendu. Il se demande comment s'y prendre pour ne pas attiser ce chagrin ; il se penche à son oreille et lui murmure "Gabrielle…" il ne sait comment continuer sa question.
La surprise rend Lucile muette. Une pâleur mortelle l'envahit. Comment le fils Nole peut-il l'appeler Gabrielle ? Qui a trahi son secret ? Une seule réponse, hélas, s'impose : Clitandre !
Le regard venimeux, elle repousse sa main, le toise :
"Ne vous méprenez pas, vous n'êtes absolument pas mon type ! Et vous pourrez lui dire que c'est un beau salaud !"
Abasourdi, Lucien la regarde s'éloigner. Déjà son esprit cogite : comment retrouver les coordonnées de la famille de Gabrielle ? Toujours romantique, il songe à un Dernier Rendez-Vous : il voudrait faire à son aimée une belle cérémonie.
Pour pas cher.
« …et pour le transit, parce que vous comprenez…
D’habitude je suis patiente, mais là j’en avais des démangeaisons. J’ai fait mon sourire horizontal, celui qui coince les commissures juste sous les oreilles.
-…le docteur Dumert dit que ce n’est pas …
- Je ne devrais pas, mais pour vous…
Le temps de disparaître dans le fond de l’officine et je lui tendais un placebo au packaging particulièrement efficace :
- Tenez, Madame Nole, c’est SOU-VE-RAIN ! Ne dites pas que je vous en ai donné…Ce n’est pas remboursé, douze euros soixante s’il vous plait.
Pour être efficient, le placebo doit être cher.
Ravie, elle débarrassait enfin la place avec des mines de conspiratrice… et je pouvais fermer!
J’avais un peu honte, ce genre de pratiques ne correspond pas à l’idée que j’ai de mon métier, mais ce soir, je venais d'avoir ma connexion Internet et j’avais hâte de m’y mettre.
Depuis longtemps, ça mijotait ; j’hésitais, j’ergotais : le coût, le temps, les gens qu’on ne voit plus… mais j’en mourais d’envie ! D’ailleurs, pour le peu de gens que je fréquente, cela ne risquait pas de faire grande différence. Et le haut débit passait enfin par Vireuille. Au moins, cela m’ouvrirait sur d’autres horizons que cette minable petite ville ! C’est fou comme on fait vite le tour de quatre mille habitants, surtout quand on travaille dans LA pharmacie centre ville !
Je connais les maux intimes de tous les commerçants, rentiers, banquiers et assureurs de Vireuille. Une préparatrice, c’est moins intimidant que le pharmacien, on lui confie volontiers ses misères, pour peu qu’elle soit attentive et discrète.
J’aime bien mon métier; il me permet d’entrer dans l’intimité des gens, par la porte de service en quelque sorte, sans me dévoiler moi-même.
J’ai horreur de m’exposer.
Evidemment, ça ne facilite pas les rapprochements. Mais ça peut éviter de se fourvoyer.
J’ai trop d’exemples de mariages désastreux autour de moi pour me laisser aller à ce genre d’inconséquence. Pendant longtemps, j’ai pensé qu’à force d’observer mon entourage, avec une infinie attention aux moindres détails, avec objectivité et froideur, je finirai par trouver l’homme idéal. Surtout, ne pas me laisser emballer, aveugler. Evaluer d’abord, aimer ensuite, quand on a déniché le bon numéro. Oh, pas l’homme parfait, bien sûr, juste l’homme " idéal pour moi".
Je dois avoir trop bonne vue, leurs défauts me sautent aux yeux très vite.
Ils ne s’en doutent pas - j’ai l’air douce et effacée - mais je les exécute en quelques jours !
Ma mère me tanne : « Ecoute, Lucile, tu es trop difficile ! A ton âge, tu ne peux plus te permettre de faire la fine bouche (elle me dit ça depuis mes 25 ans !) Tu devrais faire des concessions, ce n’est pas drôle de vieillir seule… »
Ce n’est pas plus drôle de vieillir avec un mâle égoïste, exigeant, mal embouché, si ? Et franchement, ceux qui défilent à la pharmacie n’ont jamais obtenu une note atteignant la moyenne !
Alors, Internet…ça ouvre des possibilités. A condition d’être prudente, bien sûr. Mais beaucoup de gens se sont rencontrés comme ça. Pourquoi pas ?
***
Les cheveux blancs étaient arrivés tôt. Les idées noires aussi. Les années avaient glissé dans la poubelle du temps, périmées avant d’avoir été sorties de leur blister. On ne met pas sa vie en réserve pour plus tard, elle commençait à le comprendre. Tant pis si ce n’était pas du haut de gamme, elle s’accommoderait d’un modèle standard, pas l’homme idéal, simplement un géniteur passable.
Depuis cinq ou six ans, les hormones de Lucile lui envoient des signaux impératifs : tout bébé entré dans son champ de vision déclenche une envie de pleurer ; il est temps, il est grand temps. Elle sait qu’après la quarantaine la maternité est un risque. Et les risques, elle a passé sa vie à les anticiper.
Alors elle surfe comme tout ce qu’elle fait : avec méthode et prudence. Fière d’elle, quand même : elle n’a pas été élevée au lait de souris, et pourtant elle ne se débrouille pas mal en informatique. Un peu honteuse aussi : elle a l’impression sinon de racoler, du moins de se brader. Elle s’est choisi un pseudo distingué : Gabrielle. La vulgarité des échanges lui hérisse l’ego. Et les fautes d’orthographe !
Lucile s’enorgueillit d’une orthographe sans faille ; elle considère la bonne maîtrise de la langue comme un signe de qualité morale.
Aussi ne peut-elle qu’être sensible au message de Lucien, qui signe Clitandre : « Je ne cherche pas une nana ou une bobonne, je voudrais rencontrer une lady. Point n’est besoin qu’elle soit riche ni de haute naissance : j’appelle lady la femme qui préserve sa sensibilité, qui ne galvaude pas ses sentiments, pour laquelle le respect est une valeur et qui aspire à partager une relation qui élève et enrichisse les deux parties. Après… si s’installe plus que de l’amitié, je serai - nous serons heureux. »
Evidemment, ce n’est pas le ton de tout le monde.
Mais Lucien n’est pas tout le monde. Lucien a un don : depuis son adolescence, il est grandiloquent.
Il aurait bien aimé écrire, son imagination galope facilement. Il inventait des histoires qui auraient dû être palpitantes et laisser bouche bée ses copains de classe. Mais sitôt couchées sur le papier, elles cessaient de palpiter pour se couvrir d’excroissances, scories, ampoules et autres pustules jusqu’à devenir d’étranges fossiles qu’exhibait sans pitié l’institutrice comme « l’autre exemple de ce qu’il ne fallait pas faire »
Elle reconnaissait à Lucien du vocabulaire ; mais tellement peu naturel !
C’était naturel. Ça lui tombait comme ça.
Bien sûr, cela lui avait beaucoup nui. Dans ses études. Dans ses relations. Dans les métiers qu’il a cherché à exercer. Et, un jour, ça avait fini par le servir : il était entré aux pompes funèbres.
Là, miraculeusement, il était devenu la référence de ce qu’il faut faire. Pleines de reconnaissance, les familles endeuillées le remerciaient de mettre un peu de solennité dans une cérémonie qui, civile, ne ressemble plus à rien. Lucien s’attachait à humaniser la crémation :
« On peut enfourner un petit pain sans rien dire ; pas un être humain. »
Et il trouvait des mots, des formules berçantes, d’une longueur permettant de se moucher, de perdre le fil, de le retrouver, un ronronnement lénifiant, coupé d’excès, de dithyrambes qui apaisaient les culpabilités familiales, d’hyperboles qui faisaient dire aux gens :
« Ce pauvre Untel…Il a eu une belle cérémonie ! »
Cette facilité d’élocution n’allait toutefois pas jusqu’à éblouir les femmes. En général, elles lui riaient au nez très vite.
Sauf sa mère.
Qui, elle, ne l’écoutait pas. Vivre avec un rhétoricien développe des surdités sélectives. Lucien pérorait gravement, madame Nole pensait à autre chose, moyennant quoi la vie s’écoulait paisiblement dans la grande maison en forme de réussite sociale.
Mais Lucien ruminait :
« Maman vieillit, elle n’est plus aussi alerte, et hélas je ne peux lui consacrer que des bribes d’attention. Il faudrait songer à prendre des mesures… »
La mesure essentielle - la seule à lui venir en tête - était le mariage. Cela résolvait d’un trait au moins trois problèmes : quelqu’un pour s’occuper de Maman. Une interlocutrice.
Et surtout… quelqu’un pour remplacer le nounours qu’il avait perdu à dix ans et dont l’absence avait laissé un terrible vide affectif.
Lucien avait toujours été un tendre.
D’où Clitandre. C’est tout de même plus romantique que Lucien, non ?
- Luuuucien !
C’est Maman.
Il court.
Il a raison : elle s’est cassé la cheville.
Lucien est malheureux. Il déteste voir souffrir Maman. Il déteste aussi avoir à s’occuper de détails ménagers. Pendant qu’elle lui fait une liste de ce qu’il faudra acheter, il rêve d’une douce fée qui prendrait tout en charge avec un sourire céleste. Peut-être cette Gabrielle ? Elle a un prénom d’archange…
« Tu m’écoutes, Lucien ? A la pharmacie, tu cherches la petite préparatrice. Discrètement, hein ? Et tu lui demandes de me redonner la même chose que la dernière fois. Du Tripax. Mais motus, je crois qu’elle n’avait pas le droit… Tripax.
Et n’oublie pas le journal »
- Pardonnez moi, Madame, j’ai une requête un peu gênante à vous faire…Je suis le fils de Madame Nole. Maman m’a chargé de vous solliciter…
Avec cet air guindé, j’ai d’abord cru qu’il voulait des préservatifs. Puis j’ai réalisé que c’était un achat peu probable pour Madame Nole ! Le placebo a fait merveille, elle en veut de nouveau.
- C’est votre Maman qui vient, d’habitude. J’espère qu’elle n’est pas souffrante ?
(C'est drôle de dire ça, dans une pharmacie !)
- Elle s’est cassé la cheville.
- Oh la pauvre !
Vu son poids, ça ne va pas se remettre comme ça ! Je ne dis rien, bien sûr. Son fils ne lui ressemble pas, il est grand et maigre. Avec des yeux battus. Il me remercie un million de fois et part, précautionneux comme s’il transportait le saint Graal.
Tiens, se dit Lucien, si cette dame était d’accord, nous pourrions faire affaire tous les deux : elle doit connaître tous les malades de la ville ; il suffirait qu’elle me signale ceux qui… je pourrais glisser un peu de publicité dans les boites à lettres…Je lui en toucherai un mot. Juste un renseignement… moyennant quelques petits cadeaux…Cela ne ferait de mal à personne…
Lucien a toujours été un tendre.
Elle a envie de se faire belle, Lucile. Les poèmes que Clitandre lui envoie (piqués dans un livre d’Andrée Chedid qu’il a déniché dans les tiroirs de sa mère.) témoignent d’une sensibilité qui l’émeut.
L’écran de son ordinateur et son miroir sont les deux surfaces où elle projette ses affres, ses doutes, ses perplexités. Se faire belle. Mais comment ? Elle interroge son reflet pour chercher ce qui cloche.
Rien. Pas le moindre trait saillant qui puisse se corriger. Ou se souligner. Peut–être un jour son miroir oubliera-t-il de la refléter, lui aussi.
Elle renonce au maquillage qui lui donne l’air d’un clown. Elle va simplement être parfaitement nette et soignée. Et elle gomme minutieusement ses coudes, ses talons, ses genoux. Pierre ponce, gant de crin, peeling, elle gomme, gomme, gomme…à en devenir invisible.
Il lui demande de se décrire.
Peut-on dire je suis invisible ?
Alors, elle invente. Oh, à peine. Elle est plutôt blonde que brune. Gris blond. Donc blonde. Ses yeux sont… disons verts. Elle a la trentaine (c’est encore vrai pour un an).
Elle va à l’aquagym tous les quinze jours : c’est une sportive.
Elle aime les jolies choses qu’on voit dans les magazines : elle est élégante.
Se souvenant que son père l’appelait chaton lorsqu’elle avait quatre ans, elle se déclare féline.
De semaine en semaine, cette transformation d’elle-même s’amplifie, l’enfièvre, elle s’invente, c’est magique, c’est comme une drogue.
Lucile s’exalte pour la première fois de sa vie. Elle en déduit qu’elle est amoureuse.
Clitandre !
Clitandre et Gabrielle. Elle est amoureuse. Mais surtout de Gabrielle.
Elle finit par accepter un rendez-vous.
Dans le trouble et dans la transe.
Un lieu public… Fréquenté. Mais discret… Je me demande comment il est. J’aurais dû insister, ça ne me dit pas grand-chose de savoir qu’ « il n’est pas un Apollon, mais quand même assez bien de sa personne.
Pas à Vireuille en tous cas. »
Elle n’a aucune envie qu’on la reconnaisse. La ville voisine, à soixante kilomètres offre un anonymat suffisant : c’est une préfecture. Elle lui donne rendez vous dans une grande brasserie cossue. Elle portera une écharpe verte et rose sur son manteau gris.
De Clitandre
A Gabrielle
Objet : Nous rencontrer enfin !
« MyLady,
Je tremble, je brûle, je gèle. J’ai hâte de vous voir, de mettre un visage sur les mots dont vous avez daigné m’honorer. Je sais que vous êtes une femme merveilleuse, une fée, un archange.
J’ai peur d’être indigne de vous. Mais j’attends tout de votre âme miséricordieuse. Ce jour béni sera le premier jour d’une nouvelle ère. Je le crois, je l’espère. J’aurai un bouquet de roses rouges et blanches. A très bientôt, mon amie.
Votre Clitandre qui baise respectueusement vos douces mains. »
Lucile ne peut s’empêcher de sourire, à la lecture du mail. Son sens de l’humour lui suggère une réponse légèrement ironique. Mais, comme d’habitude, elle garde l’humour pour elle. Il ne s’agit pas d’être imprudente maintenant, au risque de tout gâcher ! Une certaine lucidité, cependant, pointe. La plaie. Elle aurait dû s’appeler Lucide.
Il fait un froid horrible lorsqu’elle gare sa voiture près de la brasserie. Elle a mis plus de temps que prévu pour faire la route. Il est sûrement déjà arrivé. Elle est gelée. Intérieurement aussi : il attend une jolie jeune femme !
Au moins, voir quelle tête il a ! Son écharpe rose et verte roulée dans sa poche, elle franchit la porte à tambour et scrute la salle. Personne n’a un bouquet de roses. Il a sans doute, comme elle, été retardé par le mauvais temps. Tant mieux, c’est un sursis. En l’attendant, elle joue à être encore un peu Gabrielle, croise les jambes, appelle le serveur :
- Madame ?
- Un Daïquiri !
A peine si elle sait ce que c’est, mais ça sonne très Gabrielle.
C’est bon. Fort. Et zut !
Elle pique du nez dans son sac : le fils Nole vient d’entrer. Il longe la terrasse, ouf, il va s’installer derrière le pilier, elle pourra discrètement changer de banquette. De dos, elle ne verra plus la salle... Le revoilà, zut, il l’a vue !
- Merde, la pharmacienne ! Ce n’est pas le moment…Elle a vu que je l’avais vue.
Il ne peut pas faire autrement que de la saluer; surtout s’il veut être dans ses bonnes grâces…
-Il me salue …j’espère qu’il… Il s’approche !
- Comme on se retrouve ! Bonsoir chère Madame ! Oh, je suis peut-être indiscret, pardonnez moi, vous attendez sans doute quelqu’un ?"
- Mais pas du tout.
(zut, elle n’aurait pas dû dire ça, une amie !)
En fait, j’avais rendez vous avec une amie…qui s’est décommandée
(non, zut !)
- Oh, alors, permettez-moi de vous offrir un verre. Garçon ?
Il ne sait comment s’en sortir.
Il est sûr que la jolie blonde, là bas au fond, a une écharpe verte et rose. Elle l’aura enlevée en entrant. Le bouquet dans la voiture. Mais d’abord se débarrasser de la pharmacienne
- Remettez la même chose à Madame
Si lui ne prend rien…
- Je vous remercie, j’allais partir. La route à faire…
- Oh, vraiment ? Je suis infiniment déso…
Elle ne l’écoute plus. Son cœur bat très fort. Elle vient de voir entrer un homme. Beau. Avec un bouquet. Il a du velours dans la démarche. Une fossette au menton. Il cherche.
Lucile se lève. S'illumine.
C’est lui ! Elle redevient très jeune.
Il approche…
Embrasse une jeune femme. Longuement.
Méduse échouée par le sale temps, Lucile n’est plus qu’un petit tas transparent qui tremble et ruisselle. Tout ce qu’elle a enfoui se déverse. Des années d’attente.
Et le fils Nole qui la regarde ! Elle s’en fout, sanglote en murmurant « Gabrielle est morte »
Le réflexe joue :
« Toutes mes condoléances…»
Elle tente de se reprendre, se mouche. Murmure machinalement "merci".
Lucien est surpris : comment cette…- il la regarde- oui : jeune femme peut-elle savoir qu'il attendait Gabrielle ? Que sait-elle au juste ? Par quelle coïncidence est-elle là ? Gabrielle l'aurait-elle chargée d'un adieu posthume ? Le chagrin qu'elle ne peut dissimuler la lui rend sympathique. Il lui entoure les épaules d'un geste réconfortant.
Elle déteste se sentir à la merci d'une indiscrétion, mais la bonde est ouverte : elle sanglote avec volupté sur cette épaule accueillante. Lucien, ému, lui caresse les cheveux, espérant un moment d'accalmie pour l'interroger sur ce drame inattendu. Il se demande comment s'y prendre pour ne pas attiser ce chagrin ; il se penche à son oreille et lui murmure "Gabrielle…" il ne sait comment continuer sa question.
La surprise rend Lucile muette. Une pâleur mortelle l'envahit. Comment le fils Nole peut-il l'appeler Gabrielle ? Qui a trahi son secret ? Une seule réponse, hélas, s'impose : Clitandre !
Le regard venimeux, elle repousse sa main, le toise :
"Ne vous méprenez pas, vous n'êtes absolument pas mon type ! Et vous pourrez lui dire que c'est un beau salaud !"
Abasourdi, Lucien la regarde s'éloigner. Déjà son esprit cogite : comment retrouver les coordonnées de la famille de Gabrielle ? Toujours romantique, il songe à un Dernier Rendez-Vous : il voudrait faire à son aimée une belle cérémonie.
Pour pas cher.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
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Re: Clic et couac
Zut, mes yeux commencent à me lâcher, et je n'en suis qu'au début...
Le peu que j'en ai lu me donne sacrément envie d'aller jusqu'au bout : je reviendrai.
Le peu que j'en ai lu me donne sacrément envie d'aller jusqu'au bout : je reviendrai.

Chako Noir- Nombre de messages: 4218
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Date d'inscription: 08/04/2008

Re: Clic et couac
J'aurais dit clic et claque. La grande claque que Lucile se prend pour avoir fait clic ...
Un vaudeville bien mené. Et toujours cette écriture comme un bonbon acidulé.
Un vaudeville bien mené. Et toujours cette écriture comme un bonbon acidulé.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
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Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Clic et couac
Un très bon scénario à l'enchaînement parfaitement logique ! Je trouve les personages touchants (vous vous en moquez un poil trop à mon goût, surtout Lucien), et l'écriture du texte peut-être pas assez travaillée, avec peu de recherche dans les expressions. Je ne parle évidemment pas de choses forcément compliquées, mais d'un angle un peu inattendu dans la manière de présenter les choses, qui, pour moi, manque.
Mes remarques :
« douze euros soixante s’il vous plaît »
« J’avais un peu honte, ce genre de pratiques ne correspond pas à l’idée que j’ai de mon métier, mais ce soir, je venais d'avoir ma connexion Internet et j’avais hâte de m’y mettre. » : un peu trop d’occurrences du verbe avoir dans cette phrase, je trouve
« cela m’ouvrirait sur (je ne suis pas certaine de l’utilité, voire de la correctrion, de « sur » ici) d’autres horizons que cette minable petite ville »
« Pendant longtemps, j’ai pensé qu’à force d’observer mon entourage, avec une infinie attention aux moindres détails, avec objectivité et froideur, je finirais (pour la concordance des temps, le conditionnel s’impose ici et non le futur) par trouver l’homme idéal »
« Les cheveux blancs étaient arrivés tôt. Les idées noires aussi. Les années avaient glissé dans la poubelle du temps, périmées avant d’avoir été sorties de leur blister. On ne met pas sa vie en réserve pour plus tard, elle commençait à le comprendre. Tant pis si ce n’était pas du haut de gamme, elle s’accommoderait d’un modèle standard, pas l’homme idéal, simplement un géniteur passable.
Depuis cinq ou six ans, les hormones de Lucile lui envoient des signaux impératifs: tout bébé entré dans son champ de vision déclenche une envie de pleurer ; il est temps, il est grand temps. Elle sait qu’après la quarantaine la maternité est un risque. Et les risques, elle a passé sa vie à les anticiper. » : ici, le passage au présent d’un paragraphe à l’autre me déroute
« pour laquelle le respect est une valeur et qui aspire à partager une relation qui élève et enrichisse les deux parties » : la prséence des deux relatives imbriquées introduites par « qui » me paraît maladroite
« Cela résolvait d’un trait au moins trois problèmes : quelqu’un pour s’occuper de Maman. Une interlocutrice.
Et surtout…Quelqu’un pour remplacer le nounours qu’il avait perdu à dix ans et dont l’absence avait laissé un terrible vide affectif. » : j’adore !
« un peu de publicité dans les boîtes à lettres »
« Elle va simplement être parfaitement nette et soignée » : les deux adverbes en « ment » dans la même phrase se voit, je trouve
« je suis peut-être indiscret, pardonnez-moi »
« là-bas au fond »
Mes remarques :
« douze euros soixante s’il vous plaît »
« J’avais un peu honte, ce genre de pratiques ne correspond pas à l’idée que j’ai de mon métier, mais ce soir, je venais d'avoir ma connexion Internet et j’avais hâte de m’y mettre. » : un peu trop d’occurrences du verbe avoir dans cette phrase, je trouve
« cela m’ouvrirait sur (je ne suis pas certaine de l’utilité, voire de la correctrion, de « sur » ici) d’autres horizons que cette minable petite ville »
« Pendant longtemps, j’ai pensé qu’à force d’observer mon entourage, avec une infinie attention aux moindres détails, avec objectivité et froideur, je finirais (pour la concordance des temps, le conditionnel s’impose ici et non le futur) par trouver l’homme idéal »
« Les cheveux blancs étaient arrivés tôt. Les idées noires aussi. Les années avaient glissé dans la poubelle du temps, périmées avant d’avoir été sorties de leur blister. On ne met pas sa vie en réserve pour plus tard, elle commençait à le comprendre. Tant pis si ce n’était pas du haut de gamme, elle s’accommoderait d’un modèle standard, pas l’homme idéal, simplement un géniteur passable.
Depuis cinq ou six ans, les hormones de Lucile lui envoient des signaux impératifs: tout bébé entré dans son champ de vision déclenche une envie de pleurer ; il est temps, il est grand temps. Elle sait qu’après la quarantaine la maternité est un risque. Et les risques, elle a passé sa vie à les anticiper. » : ici, le passage au présent d’un paragraphe à l’autre me déroute
« pour laquelle le respect est une valeur et qui aspire à partager une relation qui élève et enrichisse les deux parties » : la prséence des deux relatives imbriquées introduites par « qui » me paraît maladroite
« Cela résolvait d’un trait au moins trois problèmes : quelqu’un pour s’occuper de Maman. Une interlocutrice.
Et surtout…Quelqu’un pour remplacer le nounours qu’il avait perdu à dix ans et dont l’absence avait laissé un terrible vide affectif. » : j’adore !
« un peu de publicité dans les boîtes à lettres »
« Elle va simplement être parfaitement nette et soignée » : les deux adverbes en « ment » dans la même phrase se voit, je trouve
« je suis peut-être indiscret, pardonnez-moi »
« là-bas au fond »

socque- Nombre de messages: 6570
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Re: Clic et couac
Ah que je me suis régalée ! "Bonbon acidulé" écrit Easter ... c'est exactement ça !
L'histoire se tient parfaitement, touchante et drôle tout à la fois. Lucile-Gabrielle, un vrai personnage " elle aurait dû s'appeler Lucide", " Elle est amoureuse. Mais surtout de Gabrielle." Lucien est un peu plus caricatural mais, hélas, pas si rare que ça de son espèce. Et puis il y a, comme toujours chez toi, des trouvailles, des petites réflexions qui font mouche :
"tout bébé entré dans son champ de vision déclenche une envie de pleurer ; il est temps, il est grand temps"
"elle n’a pas été élevée au lait de souris"
"Je dois avoir trop bonne vue, leurs défauts me sautent aux yeux très vite." ...
Juste un bémol pour la concordance des temps un peu déstabilisante parfois, mais un superbe confetti à ajouter à ta collection ... C'est quand que tu en fais un recueil ?
L'histoire se tient parfaitement, touchante et drôle tout à la fois. Lucile-Gabrielle, un vrai personnage " elle aurait dû s'appeler Lucide", " Elle est amoureuse. Mais surtout de Gabrielle." Lucien est un peu plus caricatural mais, hélas, pas si rare que ça de son espèce. Et puis il y a, comme toujours chez toi, des trouvailles, des petites réflexions qui font mouche :
"tout bébé entré dans son champ de vision déclenche une envie de pleurer ; il est temps, il est grand temps"
"elle n’a pas été élevée au lait de souris"
"Je dois avoir trop bonne vue, leurs défauts me sautent aux yeux très vite." ...
Juste un bémol pour la concordance des temps un peu déstabilisante parfois, mais un superbe confetti à ajouter à ta collection ... C'est quand que tu en fais un recueil ?

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Clic et couac
Au début j'ai eu un peu peur, ça me rappelait quelque chose et puis non, finalement, c'est du Coline pur jus, avec de la tendresse, de l'humour et un zeste de désespérance quand même.

Plotine- Nombre de messages: 1988
Age: 69
Date d'inscription: 01/08/2009
Re: Clic et couac
J’aime bien mon métier; il me permet d’entrer dans l’intimité des gens, par la porte de service en quelque sorte, sans me dévoiler moi-même.
dites-vous Coline....j'adore cette phrase......et j'ai aimé tout le texte.
Du Maupassant au xxième siècle ! Bravo !
dites-vous Coline....j'adore cette phrase......et j'ai aimé tout le texte.
Du Maupassant au xxième siècle ! Bravo !

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Clic et couac
A-do-ré !
(à part peut-être l'enchaînement des deux parties, quelques petites étoiles et un saut de ligne je trouve ça un peu décousu)
Mais pour le reste, chako bas ! Cette fin, cette rencontre à la fois attendue et inattendue est absolument bandante (désolé, je n'ai pas trouvé d'autre mot)
Enfin voilà, en un seul mot : bravo !
(à part peut-être l'enchaînement des deux parties, quelques petites étoiles et un saut de ligne je trouve ça un peu décousu)
Mais pour le reste, chako bas ! Cette fin, cette rencontre à la fois attendue et inattendue est absolument bandante (désolé, je n'ai pas trouvé d'autre mot)
Enfin voilà, en un seul mot : bravo !

Chako Noir- Nombre de messages: 4218
Age: 21
Localisation: sur la lune
Date d'inscription: 08/04/2008

Re: Clic et couac
Ahahah ... Le malentendu et la femme attendue ....
Les rencontres pas nettes du Net...La préparatrice qui veut croquer la vie...Le croque-mort qui se prépare ...
Cocasse et bien vu...
Les rencontres pas nettes du Net...La préparatrice qui veut croquer la vie...Le croque-mort qui se prépare ...
Cocasse et bien vu...

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Clic et couac
Ah ça, mais ! Ca ferait bien dans les dix pages, ça, tout rond d'après mes calculs...

conselia- Nombre de messages: 559
Age: 50
Localisation: www.printernet-collection.com
Date d'inscription: 17/09/2009

Re: Clic et couac
Je retiens la fin et le crac crac loupé entre ces deux ratés du coeur. Bien menée cette valse sans temps !

Ba- Nombre de messages: 3025
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: Clic et couac
On rit à la lecture de ce texte vraiment plaisant. Un texte au contenu beaucoup plus riche et profond que la superficialité frivole à laquelle pourrait laisser penser une lecture rapide. Il ne s’agit pas simplement d’une mésaventure de plus de la rencontre par le moyen du Net.
Lucien est celui qui plaît aux endeuillés, il sait discourir avec grandiloquence. Mort à l’écriture, il ne sait parler qu’avec pompes, mais funèbres. Ainsi tourné vers la mort, il a fait d’elle sa profession. Il gagne sa vie avec la mort des autres qu’il ne croque pas sur le vif, non, mais donne de grands airs à ceux qui ont perdu le souffle. Le mot est la mort sans r, mais qui se donne grand air. Lucien ne sait évoquer la vie que lorsqu’elle est au passé, et n’est plus.
Lucile est du côté de la vie. Elle veut vivre avant de mourir. Elle sait qu’elle a encore un futur, un avenir, des possibles futurs à réaliser. Par sa profession, préparatrice en pharmacie, elle agit pour faire reculer la souffrance, repousser la mort. Elle gagne sa vie avec la survie des autres. Elle aime l’écriture vive, vivante et belle. Ne vit pas pour écrire, mais écrit pour vivre. Elle naît Gabrielle à l’écriture.
Lucile et Lucien, deux noms de lecture, deux prénoms qui commencent par « lu » pour se poursuivre dans l’écriture. Ils se rencontreront après s’être lus. Rencontre fatale de deux incompatibles qui se termine par le triomphe de la mort, mort de l’écriture qui donnait vie à son lecteur, et donnait vie à son auteur, Gabrielle.
Lucile et Lucien ont deux noms issus de la lumière. Lucile pourtant, malgré sa clarté lucide, sa clairvoyance, se laisse prendre aux lueurs trompeuses, aveuglantes, de l’écriture qui se donne une apparence de vie mais cache l’éloquence de la mort.
Ton texte, Coline, je l’ai lu comme une écriture sur l’écriture. Il dit, avec la force de l’ironie et de l’humour, l’affrontement entre deux types d’écriture. L’une ratée, de la grandiloquence et de la mort, l’autre, plus tournée vers la vie. La mort fatalement l’emporte. Le fond du texte est amer, il dit le tragique de l’existence, la mort fatale et sa puissance trompeuse.
Mais il y a la forme de ton texte, en contraste avec son contenu. Elle affirme, par son style, une résistance à la fatalité. Elle affirme le triomphe de l’écriture vive, elle est l’affirmation d’une force, la « force majeure comme dirait Clément Rosset, celle de la joie de vivre malgré tout, malgré la tragédie.
L’écriture de mon commentaire se veut un soutien à cette écriture, à cette force. C’est dire combien j’ai apprécié ce texte. Merci Coline.
Lucien est celui qui plaît aux endeuillés, il sait discourir avec grandiloquence. Mort à l’écriture, il ne sait parler qu’avec pompes, mais funèbres. Ainsi tourné vers la mort, il a fait d’elle sa profession. Il gagne sa vie avec la mort des autres qu’il ne croque pas sur le vif, non, mais donne de grands airs à ceux qui ont perdu le souffle. Le mot est la mort sans r, mais qui se donne grand air. Lucien ne sait évoquer la vie que lorsqu’elle est au passé, et n’est plus.
Lucile est du côté de la vie. Elle veut vivre avant de mourir. Elle sait qu’elle a encore un futur, un avenir, des possibles futurs à réaliser. Par sa profession, préparatrice en pharmacie, elle agit pour faire reculer la souffrance, repousser la mort. Elle gagne sa vie avec la survie des autres. Elle aime l’écriture vive, vivante et belle. Ne vit pas pour écrire, mais écrit pour vivre. Elle naît Gabrielle à l’écriture.
Lucile et Lucien, deux noms de lecture, deux prénoms qui commencent par « lu » pour se poursuivre dans l’écriture. Ils se rencontreront après s’être lus. Rencontre fatale de deux incompatibles qui se termine par le triomphe de la mort, mort de l’écriture qui donnait vie à son lecteur, et donnait vie à son auteur, Gabrielle.
Lucile et Lucien ont deux noms issus de la lumière. Lucile pourtant, malgré sa clarté lucide, sa clairvoyance, se laisse prendre aux lueurs trompeuses, aveuglantes, de l’écriture qui se donne une apparence de vie mais cache l’éloquence de la mort.
Ton texte, Coline, je l’ai lu comme une écriture sur l’écriture. Il dit, avec la force de l’ironie et de l’humour, l’affrontement entre deux types d’écriture. L’une ratée, de la grandiloquence et de la mort, l’autre, plus tournée vers la vie. La mort fatalement l’emporte. Le fond du texte est amer, il dit le tragique de l’existence, la mort fatale et sa puissance trompeuse.
Mais il y a la forme de ton texte, en contraste avec son contenu. Elle affirme, par son style, une résistance à la fatalité. Elle affirme le triomphe de l’écriture vive, elle est l’affirmation d’une force, la « force majeure comme dirait Clément Rosset, celle de la joie de vivre malgré tout, malgré la tragédie.
L’écriture de mon commentaire se veut un soutien à cette écriture, à cette force. C’est dire combien j’ai apprécié ce texte. Merci Coline.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: Clic et couac
ha le quiproquo !
on dirait du Feydeau
je voyais la scène, une vraie scène, de théâtre, avec le décor du bistro
décidément Coline, tu as plusieurs cordes à ton arc !
l'idée n'est pas neuve mais tu la traites à merveille
merci pour ce bon moment
on dirait du Feydeau
je voyais la scène, une vraie scène, de théâtre, avec le décor du bistro
décidément Coline, tu as plusieurs cordes à ton arc !
l'idée n'est pas neuve mais tu la traites à merveille
merci pour ce bon moment

mentor- Nombre de messages: 19026
Age: 33
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – — -
Date d'inscription: 12/12/2005

Re: Clic et couac
Riche et complexe dans tous les tiroirs secrets que recèle ce petit bijou. Un régal.

silene82- Nombre de messages: 3560
Age: 54
Localisation: par là
Date d'inscription: 30/05/2009
Re: Clic et couac
Je tourne autour de ce texte qui me fait de l’œil sans vraiment me ravir. Je m’explique : je trouve la trame du récit excellente mais j’ai un peu de mal avec le ton que j’aurais préféré plus nuancé, plus sensible, celui que vous employez dans d’autres textes.

Kilis- Nombre de messages: 5679
Age: 66
Localisation: "Nageur", Charles Matton
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Clic et couac
Coline, sois gentille, dis-moi quel est cet animal en pyjama rayé, mi kangourou, mi zèbre, mi bufflon, mi quelque chose d'autre ? Merci

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Clic et couac
Ben, c'est moi !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Clic et couac
Ah ! je comprends mieux les multiples facettes de votre belle écriture !

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Clic et couac
Un excellent moment de lecture avec un arrière-goût... de précipité.
À présent je vais endosser le costume de celui qui écrit les prophéties de Nostradamus sur des confettis multicolores abandonnés après la fête.
Est-ce la forme des phrases souvent brèves, la rapidité des dialogues ?
Le traitement du récit est bref, saccadé.
Même la rencontre, fort bien visualisée, paraît rapidement jouée.
C'est peut-être là que réside son charme, aussi.
La formule semble s'adapter à la modernité du sujet.
Pour le coup, je reste sur ma réserve.
À présent je vais endosser le costume de celui qui écrit les prophéties de Nostradamus sur des confettis multicolores abandonnés après la fête.
Est-ce la forme des phrases souvent brèves, la rapidité des dialogues ?
Le traitement du récit est bref, saccadé.
Même la rencontre, fort bien visualisée, paraît rapidement jouée.
C'est peut-être là que réside son charme, aussi.
La formule semble s'adapter à la modernité du sujet.
Pour le coup, je reste sur ma réserve.

bertrand-môgendre- Nombre de messages: 5936
Age: 57
Localisation: à vau-le-vent
Date d'inscription: 15/08/2007

Re: Clic et couac
Ah oui c'est chouette. Avec ce coté acidulé en plus.... super. C'est celui-ci qui mérite d'être publié. Vraiment habile sur les dialogues et sur la mise en scène, notamment au moment de la rencontre. Vif, tres bien foutu, agréable à suivre.
Les seules passages que j'ai trouvé en dessous - un peu long- sont ceux concernant le background des personnages. A mon avis tu peux synthétiser.
Les seules passages que j'ai trouvé en dessous - un peu long- sont ceux concernant le background des personnages. A mon avis tu peux synthétiser.

lemon a- Nombre de messages: 294
Age: 39
Date d'inscription: 04/12/2008

Re: Clic et couac
Un excellent moment de lecture ! Vais rester sur ce texte pour ce soir. Le sourire, c'est plutôt sympa de le conserver.

Lucy- Nombre de messages: 2629
Age: 34
Date d'inscription: 31/03/2008
Re: Clic et couac
Je crois que ce texte vaudrait la peine de mûrir un peu car il a un bon potentiel mais me paraît tout de même un peu fébrile. L'idée est bonne, même si déjà vue. Elle est traitée sur un ton vif qui donne le sourire dès les premières lignes, il y a quelques chouettes trouvailles et les personnages sont bien croqués. Mais c'est comme si il avait fallu faire rentrer ça dans un certain format, faire attention à ce que le ton employé conserve toute sa vivacité et tant pis si l'effort se sent... bref, il y a quelque chose d'un peu speedé dans tout cela qui vaudrait la peine d'être freiné pour permettre à tout un chacun de pleinement s'imprégner de cette délicieuse atmosphère que tu dépeins.
Ceci dit, malgré cette réserve, j'ai beaucoup aimé me promener dans tes lignes, j'ai ri et puis soupiré aussi, car il y a tellement de vrai dans tout ceci...
Ceci dit, malgré cette réserve, j'ai beaucoup aimé me promener dans tes lignes, j'ai ri et puis soupiré aussi, car il y a tellement de vrai dans tout ceci...

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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