A point nommé
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A point nommé
Parce que, vous comprenez, cette toile intitulée Ecarlate, c’est un incendie aux multiples foyers incandescents d’où irradient des faisceaux d’énergies intenses, brûlantes, vibrantes. C’est l’embrasement universel. Tout part de petits points, sources de rayonnements rougeoyants, d’éclairs éblouissants. Vous comprenez, l’obsession de l’artiste, Stefan Blomberg, c’est le point. Points sources dans ce tableau « Ecarlate », points originels des émanations fulgurantes dans leur fréquence infiniment renouvelée, dans l’éclat de rouge en mille nuances du jour quand il point par-dessus les frondaisons des arbres très hauts, par-dessus les collines fleuries, quand il pointe ses flèches de lumière dans les ténèbres de la nuit pour en faire jaillir des phosphorescences en panaches pourpres, des gerbes d’écumes de nuages rutilants fardés de vifs vermillons, des touffes de carmin, des... Pardon, je m’exalte, mais la peinture de cet artiste m’attise, m’échauffe, m’aiguillonne, et me transporte irrésistiblement dans un lyrisme ardent. On ne côtoie pas une œuvre pareille chaque jour, comprenez-vous, sans être transpercé, sans être contaminé, à s’y trouver ainsi exposé, par son pouvoir irradiant.
Vous voyez, ce sont les points qui étaient l’obsession de Stefan Blomberg. Non les lignes, les droites ou les courbes, les points. Il répétait souvent, bouleversé par cette idée, que les lignes et les droites sont faites de points, d’une infinité de points. « Tout est dans le point » disait-il. Et il ajoutait avec une pointe d’humour : « Quand tout est au point, tout va bien ». Il ne croyait pas aux points morts, il affirmait avec force que les points sont tous très vifs, tous des foyers incandescents de vie, de réalité et d’énergie.
Un jour, on lui demanda si l’on pouvait le qualifier de néo-pointilliste. « Je suis pointilleux, mais non pointilliste. » : avait-il déclaré, ce qui n’était pas même une boutade. Blomberg admirait Georges Seurat, louait Paul Signac, mais il leur reprochait les points figés, immobiles, trop statiques de leur manière.
La ponctuation exerçait sur Blomberg une véritable fascination. Le point, pensait-il, ne sépare pas les phrases, il est le foyer d’où naissent les mots nouveaux, un centre d’irradiation de sens et de signification. Il ne croyait pas au point final. Il n’y a que des émanations, à partir de sources ponctuelles, de mots et de silences, de clartés et d’ombres, d’être et de néant.
Il était en quête perpétuelle de la ponctuation du monde, de la ponctuation des vies humaines.
Il imaginait des univers en gestation entre chaque point des pointillés.
Blomberg, savez-vous, soutenait avec force que la continuité naît de la discontinuité, comme l’ordre naît du chaos, comme la durée du temps naît de l’instant ponctuel.
Point chaos, tout commence par là. Point cataclysmique générateur. Point de matière désordonnée d’où part l’univers dans son extension infinie.
Mais, je vous en prie, approchez du tableau suivant de l’artiste : « La fugue du violon ».
Contemplez la tonalité bleue de cette œuvre. Sa remarquable composition. Bien sûr, voyez-vous, c’est une variation sur le même thème : celui du point. Des points d’intensité innombrables, centres convulsifs bleus paroxystiques, quasiment chauffés à blanc, creusent l’espace de la toile de gouffres profonds d’où surgissent des stries azurées, des zébrures cobalt, des sillons cérulés faits de myriades de points rapprochés qui se poursuivent, s’imitent, se répondent. Stefan Blomberg aimait la musique, il aimait par-dessus tout la fugue et le contrepoint, il considérait les notes comme des points sonores et visuels. Observez ces points, à droite du tableau, comme ils se rapprochent, comme ils s’accrochent, comme ils s’accordent pour tracer des lignes droites tendues et parallèles, cordes d’un violon.
Pardon Monsieur, je n’ai pas bien entendu votre question. Un point vous échappe, dites-vous !
Au fond, vous me demandez, juché sur votre point d’interrogation, si Blomberg ne confondait pas les taches et les points. Nullement, monsieur. Faisons le point, si vous le voulez bien, - Blomberg, lui, disait toujours « Mettons les choses au point » : une tache est une macule dimensionnelle, au mieux une aura du point, son halo de couleur, son auréole existentielle alors que le point sans dimension est comme un grain matriciel d’être et de vie, comme une semence de toutes choses. Le monde est granuleux, monsieur. Il n’est pas taché ! Un point c’est tout.
S’il n’y a pas d’autres questions, nous nous avancerons vers le chef d’œuvre suivant de Stefan Blomberg intitulé « La petite baigneuse ». Cette toile baigne dans une teinte ambre profonde, n’est-ce pas ? L’artiste aimait l’ambre et la lumière. Il aimait les plages de sable, mais il sillonnait le monde en quête des points et des pointes. Ses voyages l’ont mené à la pointe du Raz, à la pointe Saint-Mathieu, en Bretagne, la pointe du bout du monde, à la pointe du Cap corse, et à tant d’autres pointes encore qui transpercent l’océan et gravent des lignes sur la toile du monde, tracent des frontières découpées entre l’élément solide et l’élément liquide, entre le ferme et le mouvant. Il marchait sur les pointes, fantasque funambule, jusqu’à leur extrémité, là où elles ne sont plus qu’un point de roche face à l’océan de points scintillants.
Mais c’est à Pointe-à-Pitre qu’il séjourna plusieurs années. Là, il trouva un point de chute. Là, sur une plage de Guadeloupe, il a peint « la petite baigneuse ». Une pleine lumière inonde la toile, voyez-vous. Les traits de la baigneuse, une jeune femme qu’il contemplait sur une plage, une jeune danseuse qui chaque soir tournait dans l’eau sur ses pointes au clair de lune, et dont il s’était épris, sans lui avoir pourtant jamais avoué sa flamme, explosent en mille points serrés virevoltants. On sent le mouvement, la danse légère dans chaque effusion de lumière issue par jets des points ambrés ; les lignes courbes se forment et se cambrent dans une ponctualité en devenir jaune safrané, ocre et miel.
On sent combien l’artiste a multiplié les points de vue, combien la danseuse au bain naît de chaque point du monde, de chaque point sensible dans l’essentiel du cœur et de l’âme pour se révéler en des perspectives sans nombre.
Face à une telle œuvre, mesdames, messieurs, que pouvons-nous être, sinon des points vivants d’exclamation admirative ? Vous comprenez, tout est à point nommé.
Oh, madame, je vous en prie, dites plus haut ce qui vous fait interrogative. « Blomberg ne se sentait-il jamais mal en point ? » demandez-vous finement. Oh madame, si vous saviez ! Je l’ai bien connu, Stefan Blomberg, croyez-moi. Je fus dans ses vieux jours son ami et son confident. Je suis resté fidèle à sa mémoire, et je me fais un point d’honneur de la célébrer, de la perpétuer, pour que son œuvre reste immortelle comme elle le mérite.
Il appréciait peu les points négatifs que l’incompréhension des critiques d’art lui reprochait. Il en était affecté parfois, vous ne pouvez savoir à quel point ! Lui qui avait toujours considéré le point comme une pure positivité, « des points négatifs », cela lui semblait être un pur contresens. Pourtant, bien que touché à vif, il répétait toujours : « Je ne suis point triste. »
Il menait, il est vrai, à la fin de sa vie une double quête, grave, sérieuse, essentielle à ses yeux. Des recherches épuisantes qui l’ont affaibli et rendu malade. Il cherchait perpétuellement, comprenez-vous, le point où en sont les choses, toutes choses. Quelle grandeur chez cet artiste ! Son autre quête, sa quête finale, était plus sombre. Un point, mesdames, messieurs, l’a préoccupé plus que tout autre dans ses dernières années, il a consacré beaucoup de son énergie, beaucoup de son temps, à le repérer, à le trouver, à le saisir : le point de non retour. C’est dans ces années vouées à la recherche intensive de ce point si particulier qu’il a peint cette dernière toile, que vous pouvez admirer ici, approchez-vous donc. Stefan Blomberg l’a nommé : « Jamais plus ». L’impossible retour. L’irréversibilité temporelle. Ils l’avaient ému. L’aller sans retour le bouleversait. Cette idée que l’on ne revient jamais au même point produisait en lui une émotion indicible. Cette toile devant vous est son œuvre ultime, sa dernière réalisation, son point d’orgue. Vous voyez, la couleur dominante est le vert. Des myriades de points sont les creusets d’où les teintes émeraude, amandes, opalines fusionnent pour laisser échapper des lignes brisées, des droites segmentées. Un rayonnement intense, et partout des lignes de fuite. Des linéaments se forment pour se briser à nouveau, en fragments discontinus qui peu à peu se dégradent jusqu’à la frontière du visible. On sent de toutes parts des failles, des brèches, des déchirures. Cette œuvre est poignante, ne trouvez-vous pas ? Il y a en elle comme un retour à la discontinuité première des points. Au point dans son extrême isolement, dans la séparation irrémédiable, la scission qui rend à jamais impossible l’unité d’une fusion.
Excusez-moi, mesdames, messieurs, je suis incapable de parler froidement de ce chef d’œuvre de Blomberg, l’émotion me submerge. D’autant plus que j’exerce aujourd’hui pour la dernière fois, devant vous, ma fonction de guide de ce musée hors du commun. On m’a congédié sans ménagements ! Moi, l’ami de Blomberg ! Moi qui peux me vanter d’être le plus grand connaisseur de son œuvre, le seul expert mondial de Blomberg ! Moi qui sais combien son œuvre, je ne cesse de le répéter, est en tous points remarquable.
On me trouve trop vieux, figurez-vous. De mauvaises langues disent même que j’ai un grain ! Mais qui n’a pas de grain ! Blomberg le disait, le monde est granuleux.
Je vous laisse, mesdames, messieurs. Pensez à l’œuvre de Blomberg. Pensez au point où vous en êtes. Moi, je vais au rond- point sur la route, en face du musée, je vais y faire ma ronde. Je hante désormais ce lieu comme si j’en étais le gardien. J’y tourne, j’y tourne, à la recherche du point de non-retour.
Vous voyez, ce sont les points qui étaient l’obsession de Stefan Blomberg. Non les lignes, les droites ou les courbes, les points. Il répétait souvent, bouleversé par cette idée, que les lignes et les droites sont faites de points, d’une infinité de points. « Tout est dans le point » disait-il. Et il ajoutait avec une pointe d’humour : « Quand tout est au point, tout va bien ». Il ne croyait pas aux points morts, il affirmait avec force que les points sont tous très vifs, tous des foyers incandescents de vie, de réalité et d’énergie.
Un jour, on lui demanda si l’on pouvait le qualifier de néo-pointilliste. « Je suis pointilleux, mais non pointilliste. » : avait-il déclaré, ce qui n’était pas même une boutade. Blomberg admirait Georges Seurat, louait Paul Signac, mais il leur reprochait les points figés, immobiles, trop statiques de leur manière.
La ponctuation exerçait sur Blomberg une véritable fascination. Le point, pensait-il, ne sépare pas les phrases, il est le foyer d’où naissent les mots nouveaux, un centre d’irradiation de sens et de signification. Il ne croyait pas au point final. Il n’y a que des émanations, à partir de sources ponctuelles, de mots et de silences, de clartés et d’ombres, d’être et de néant.
Il était en quête perpétuelle de la ponctuation du monde, de la ponctuation des vies humaines.
Il imaginait des univers en gestation entre chaque point des pointillés.
Blomberg, savez-vous, soutenait avec force que la continuité naît de la discontinuité, comme l’ordre naît du chaos, comme la durée du temps naît de l’instant ponctuel.
Point chaos, tout commence par là. Point cataclysmique générateur. Point de matière désordonnée d’où part l’univers dans son extension infinie.
Mais, je vous en prie, approchez du tableau suivant de l’artiste : « La fugue du violon ».
Contemplez la tonalité bleue de cette œuvre. Sa remarquable composition. Bien sûr, voyez-vous, c’est une variation sur le même thème : celui du point. Des points d’intensité innombrables, centres convulsifs bleus paroxystiques, quasiment chauffés à blanc, creusent l’espace de la toile de gouffres profonds d’où surgissent des stries azurées, des zébrures cobalt, des sillons cérulés faits de myriades de points rapprochés qui se poursuivent, s’imitent, se répondent. Stefan Blomberg aimait la musique, il aimait par-dessus tout la fugue et le contrepoint, il considérait les notes comme des points sonores et visuels. Observez ces points, à droite du tableau, comme ils se rapprochent, comme ils s’accrochent, comme ils s’accordent pour tracer des lignes droites tendues et parallèles, cordes d’un violon.
Pardon Monsieur, je n’ai pas bien entendu votre question. Un point vous échappe, dites-vous !
Au fond, vous me demandez, juché sur votre point d’interrogation, si Blomberg ne confondait pas les taches et les points. Nullement, monsieur. Faisons le point, si vous le voulez bien, - Blomberg, lui, disait toujours « Mettons les choses au point » : une tache est une macule dimensionnelle, au mieux une aura du point, son halo de couleur, son auréole existentielle alors que le point sans dimension est comme un grain matriciel d’être et de vie, comme une semence de toutes choses. Le monde est granuleux, monsieur. Il n’est pas taché ! Un point c’est tout.
S’il n’y a pas d’autres questions, nous nous avancerons vers le chef d’œuvre suivant de Stefan Blomberg intitulé « La petite baigneuse ». Cette toile baigne dans une teinte ambre profonde, n’est-ce pas ? L’artiste aimait l’ambre et la lumière. Il aimait les plages de sable, mais il sillonnait le monde en quête des points et des pointes. Ses voyages l’ont mené à la pointe du Raz, à la pointe Saint-Mathieu, en Bretagne, la pointe du bout du monde, à la pointe du Cap corse, et à tant d’autres pointes encore qui transpercent l’océan et gravent des lignes sur la toile du monde, tracent des frontières découpées entre l’élément solide et l’élément liquide, entre le ferme et le mouvant. Il marchait sur les pointes, fantasque funambule, jusqu’à leur extrémité, là où elles ne sont plus qu’un point de roche face à l’océan de points scintillants.
Mais c’est à Pointe-à-Pitre qu’il séjourna plusieurs années. Là, il trouva un point de chute. Là, sur une plage de Guadeloupe, il a peint « la petite baigneuse ». Une pleine lumière inonde la toile, voyez-vous. Les traits de la baigneuse, une jeune femme qu’il contemplait sur une plage, une jeune danseuse qui chaque soir tournait dans l’eau sur ses pointes au clair de lune, et dont il s’était épris, sans lui avoir pourtant jamais avoué sa flamme, explosent en mille points serrés virevoltants. On sent le mouvement, la danse légère dans chaque effusion de lumière issue par jets des points ambrés ; les lignes courbes se forment et se cambrent dans une ponctualité en devenir jaune safrané, ocre et miel.
On sent combien l’artiste a multiplié les points de vue, combien la danseuse au bain naît de chaque point du monde, de chaque point sensible dans l’essentiel du cœur et de l’âme pour se révéler en des perspectives sans nombre.
Face à une telle œuvre, mesdames, messieurs, que pouvons-nous être, sinon des points vivants d’exclamation admirative ? Vous comprenez, tout est à point nommé.
Oh, madame, je vous en prie, dites plus haut ce qui vous fait interrogative. « Blomberg ne se sentait-il jamais mal en point ? » demandez-vous finement. Oh madame, si vous saviez ! Je l’ai bien connu, Stefan Blomberg, croyez-moi. Je fus dans ses vieux jours son ami et son confident. Je suis resté fidèle à sa mémoire, et je me fais un point d’honneur de la célébrer, de la perpétuer, pour que son œuvre reste immortelle comme elle le mérite.
Il appréciait peu les points négatifs que l’incompréhension des critiques d’art lui reprochait. Il en était affecté parfois, vous ne pouvez savoir à quel point ! Lui qui avait toujours considéré le point comme une pure positivité, « des points négatifs », cela lui semblait être un pur contresens. Pourtant, bien que touché à vif, il répétait toujours : « Je ne suis point triste. »
Il menait, il est vrai, à la fin de sa vie une double quête, grave, sérieuse, essentielle à ses yeux. Des recherches épuisantes qui l’ont affaibli et rendu malade. Il cherchait perpétuellement, comprenez-vous, le point où en sont les choses, toutes choses. Quelle grandeur chez cet artiste ! Son autre quête, sa quête finale, était plus sombre. Un point, mesdames, messieurs, l’a préoccupé plus que tout autre dans ses dernières années, il a consacré beaucoup de son énergie, beaucoup de son temps, à le repérer, à le trouver, à le saisir : le point de non retour. C’est dans ces années vouées à la recherche intensive de ce point si particulier qu’il a peint cette dernière toile, que vous pouvez admirer ici, approchez-vous donc. Stefan Blomberg l’a nommé : « Jamais plus ». L’impossible retour. L’irréversibilité temporelle. Ils l’avaient ému. L’aller sans retour le bouleversait. Cette idée que l’on ne revient jamais au même point produisait en lui une émotion indicible. Cette toile devant vous est son œuvre ultime, sa dernière réalisation, son point d’orgue. Vous voyez, la couleur dominante est le vert. Des myriades de points sont les creusets d’où les teintes émeraude, amandes, opalines fusionnent pour laisser échapper des lignes brisées, des droites segmentées. Un rayonnement intense, et partout des lignes de fuite. Des linéaments se forment pour se briser à nouveau, en fragments discontinus qui peu à peu se dégradent jusqu’à la frontière du visible. On sent de toutes parts des failles, des brèches, des déchirures. Cette œuvre est poignante, ne trouvez-vous pas ? Il y a en elle comme un retour à la discontinuité première des points. Au point dans son extrême isolement, dans la séparation irrémédiable, la scission qui rend à jamais impossible l’unité d’une fusion.
Excusez-moi, mesdames, messieurs, je suis incapable de parler froidement de ce chef d’œuvre de Blomberg, l’émotion me submerge. D’autant plus que j’exerce aujourd’hui pour la dernière fois, devant vous, ma fonction de guide de ce musée hors du commun. On m’a congédié sans ménagements ! Moi, l’ami de Blomberg ! Moi qui peux me vanter d’être le plus grand connaisseur de son œuvre, le seul expert mondial de Blomberg ! Moi qui sais combien son œuvre, je ne cesse de le répéter, est en tous points remarquable.
On me trouve trop vieux, figurez-vous. De mauvaises langues disent même que j’ai un grain ! Mais qui n’a pas de grain ! Blomberg le disait, le monde est granuleux.
Je vous laisse, mesdames, messieurs. Pensez à l’œuvre de Blomberg. Pensez au point où vous en êtes. Moi, je vais au rond- point sur la route, en face du musée, je vais y faire ma ronde. Je hante désormais ce lieu comme si j’en étais le gardien. J’y tourne, j’y tourne, à la recherche du point de non-retour.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: A point nommé
Un texte très habile, dont l'humour tout en finesse se déploie peu à peu... Beau boulot !

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: A point nommé
Au point où nous en sommes, je ne peux me contenter de te (je ne sais plus si je te tutoie ou si je vous vouvoie, un peu les deux je crois) commenter en relevant juste deux trois points genre "tu vises je pointe", genre "après tout je ne suis pas appointée pour ce travail "etc...
Je découvre ce texte à six heures du mat et là je n'ai pas le temps de t'expliquer ce qui me fait dire d'un côté que tu es une sacrée pointure en écriture et d'un autre, que je suis un peu désappointée. Bon des critiques point trop n'en faut, mais le point sonneur des lilas est passé par là et ça me trouerait l'estomac d'en rester là.
Je t'imprime donc pour te relire dans la journée et t'exprime dés que possible mes accords et désaccords point par point ...Mais ne crains point trop les pointes acérées de ma langue fielleuse, elle a tout autant envie d'être mielleuse.
Je découvre ce texte à six heures du mat et là je n'ai pas le temps de t'expliquer ce qui me fait dire d'un côté que tu es une sacrée pointure en écriture et d'un autre, que je suis un peu désappointée. Bon des critiques point trop n'en faut, mais le point sonneur des lilas est passé par là et ça me trouerait l'estomac d'en rester là.
Je t'imprime donc pour te relire dans la journée et t'exprime dés que possible mes accords et désaccords point par point ...Mais ne crains point trop les pointes acérées de ma langue fielleuse, elle a tout autant envie d'être mielleuse.

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: A point nommé
Il imaginait des univers en gestation entre chaque point des pointillés.
Me fait rêver, cette phrase ... Qu'y a-t-til entre les atomes ? Peut-être d'autres " points" dont la polarité serait différente, ce qui leur permettrait d'exsister au même endroit que n'importe quel "corps" humain... d'où certaines bizarreries inexplicables en termes de physique humaine : univers parallèles, disparitions ... Peut-être ?
Il y a du Devos chez toi, Louis, ce n'est pas la première fois qu'on te le dit, mais cette manière que tu as de décliner jusqu'à l'absurde parfois et pour faire exprimer tout son suc à l'absurde, est tellement cousine de celle de Devos qu'on ne peut la passer sous silence.
Il y a toujours un moment un peu difficile où la torsion des mots parait excessive, mais passé ce moment, la poésie qui en sort ouvre le regard vers autre chose, qu'on n'aurait pas aperçu sinon. J'aime bien ta façon d'essorer les mots.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: A point nommé
C'est du très beau travail. On sourit en se disant que l'auteur va vite être à court d'inspiration mais non ! Un nouveau clin d'oeil arrive à point nommé.

Plotine- Nombre de messages: 1988
Age: 69
Date d'inscription: 01/08/2009
Re: A point nommé
Je relève la même phrase que Coline :
parce qu'elle m'a fait irrésistiblement penser à Miro, ses points à lui, dans lesquels je me perds avec délice en interprétations.
Pour cette phrase et pour l'art avec lequel tu déploies ton idée, j'ai beaucoup aimé ce texte.
Il imaginait des univers en gestation entre chaque point des pointillés.
parce qu'elle m'a fait irrésistiblement penser à Miro, ses points à lui, dans lesquels je me perds avec délice en interprétations.
Pour cette phrase et pour l'art avec lequel tu déploies ton idée, j'ai beaucoup aimé ce texte.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: A point nommé
Un bon texte ! Loin de la joute oratoire trop souvent vue (entendue) lorsqu'on parle d'art et qu'il faut faire étalage. Non, rien de tout cela. Il y a ici quelque chose de plus grinçant, de la pertinence, sans parler de cette qualité dans l'écriture, soignée, posée et rudement efficace pour faire ressentir certaines émotions ou certains agacements.
Les tableaux déclinés, l'artiste évoqué, tout ceci prend consistance et en même temps, grâce à ces longues phrases bavardes (mais à bon escient), il s'esquisse tout autour un halo artistique et sociétal qui donne pas mal de relief à l'ensemble. Bravo.
Les tableaux déclinés, l'artiste évoqué, tout ceci prend consistance et en même temps, grâce à ces longues phrases bavardes (mais à bon escient), il s'esquisse tout autour un halo artistique et sociétal qui donne pas mal de relief à l'ensemble. Bravo.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Tu marques un point !
Décidément, Louis, tu es un mélange de magicien et d'équilibriste, avec une pointe d'illusionnisme.
Là, tu marques un point !
Ubik.
Là, tu marques un point !
Ubik.

ubikmagic- Nombre de messages: 948
Age: 50
Localisation: ... dans le sud, peuchère !
Date d'inscription: 13/12/2009

Re: A point nommé
Bien que passant rapide dans les allées des musées, je n'oublie pas les guides.
Merci pour la visite.
Merci pour la visite.

Ba- Nombre de messages: 3025
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: A point nommé
Point n'est besoin de commenter, s'incliner suffira.

Polixène- Nombre de messages: 1147
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

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