Mornes mornings Mornington (10)
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Mornes mornings Mornington (10)
Ici : Episode 9
Elise,
Je vous relis, une de vos premières lettres, quand nous savions si peu de choses l’un de l’autre, j’adore ce passage :
« Comment est-il possible que vous vous appeliez Mortimer ? C’en est trop Mornington . Ce détail que vous me révélez dans votre dernier courrier m’achève. Et me ravit. Mort. Ce diminutif , loin de vous diminuer, me transporte de joie….Soyez certain que je vais gloser sur…. l’amor amer de Mortimer… l’amour à mort de Mortimer ...la mort amère de Mortimer…Que de nouvelles perspectives m’ouvrez- vous là, Mort ! Je vous adore. Mortimer Mornington , décidément vous ne me décevrez jamais. Comme j’ai honte que vous ne puissiez en dire autant de moi »
Ah ah ah , mon diminutif vous comble de joie, vous m’en voyez mort de rire ! Vous ne croyiez pas si bien dire, n’est-ce pas, au sujet de l’amour à mort , (zavez pas honte rétrospectivement de vous être ainsi foutue de moi ? Non ? Vous avez raison, darling) mais pour la mort amère, je vous assure, vous aviez tout faux.
Je suis le plus heureux des hommes, Blueseinstein.
La vie prend un goût d’inattendu.
Au fait, j’ai coupé ma moustache, vous ne me reconnaitriez pas. Mon accent lui est toujours à couper au couteau. J’en ai fini avec le rituel du five o‘clock tea. A la place, je fume une petite pipe bourrée à l’opium. Ne prenez pas cette mine stupéfaite. Je ne vous vole pas votre petit vice secret. Ça calme certaines douleurs et m’a été proposé par un ami toubib.
La musique a pris beaucoup d’importance dans ma vie, dans ce qu’il m’en reste, je me suis remis au saxo plus que jamais et cela m’enchante !
Ecrivez- moi, continuez même quand je serai parti. Je ne vous quitterai pas. Pendant vos ballades dans le bush, ma poche vous sera un refuge.
Je ne dois pas vous le dire mais je vous ai beaucoup aimé. Je voulais vous remercier de vous, bien que vous sachiez à quoi vous en tenir à ce sujet. Vos lettres, je les ai toujours attendues et lues avec plaisir. J’ai aimé ce lien très particulier, cet amour que nous tairons (n’est-ce pas nous le tairons ?) que nous ne ferons jamais, cette folie mal partagée ( j’ai toujours été beaucoup plus dingue que vous, ma chère) et vous savez qu’il n’a pas fallu beaucoup me pousser pour piétiner toutes les conventions régissant ce que doit être une cure psychanalytique, pour renverser toutes les barrières idéologiques, et faire exploser toute raison déontologique…Mais vous m’avez inoculé un virus étrange. Il m’a aidé à vivre ces derniers temps bien que la personne que je n’ai pas eu le temps d’aimer m’en ait transmis un qui va m’aider à mourir. Allons, ne soyez pas jalouse, Elise, votre tour arrivera bien assez vite…
Et puis je n’ai pas dit mon dernier mot et notre correspondance n’en est pas au stade terminal !
Pour l’heure, et mon plus parfait bonheur je l’avoue, j’ai confié ma clientèle à quelques collègues que je tiens pour très qualifiés. Je ne veux plus m’occuper, me préoccuper que de moi …et de vous. Jusqu’à ce que vous décidiez de la fin de votre cure, ou de mon incurie, vous êtes mon écurie à vous seule (vous et votre « cavalcade sauvage de chevaux arrêtés »)
Vous disiez ? Ah oui « mes sarcasmes vous donnent de l’asthme…. »
Et bien toussez et rassurez-vous, je me soigne malgré des accès de faiblesse répétés, .et une certaine incrédulité quand à l’efficacité de ce traitement, je prends soin de moi comme vous me l’avez recommandé.
Elise Blueseinstein, à mon tour de vous faire mes recommandations. Reprenez vos pinceaux, retournez vous installer à New York comme vous le désiriez, reprenez contact avec cette galerie,et revenez de temps à autre me raconter.
Votre
Pas encore
Mort
Elise,
Je vous relis, une de vos premières lettres, quand nous savions si peu de choses l’un de l’autre, j’adore ce passage :
« Comment est-il possible que vous vous appeliez Mortimer ? C’en est trop Mornington . Ce détail que vous me révélez dans votre dernier courrier m’achève. Et me ravit. Mort. Ce diminutif , loin de vous diminuer, me transporte de joie….Soyez certain que je vais gloser sur…. l’amor amer de Mortimer… l’amour à mort de Mortimer ...la mort amère de Mortimer…Que de nouvelles perspectives m’ouvrez- vous là, Mort ! Je vous adore. Mortimer Mornington , décidément vous ne me décevrez jamais. Comme j’ai honte que vous ne puissiez en dire autant de moi »
Ah ah ah , mon diminutif vous comble de joie, vous m’en voyez mort de rire ! Vous ne croyiez pas si bien dire, n’est-ce pas, au sujet de l’amour à mort , (zavez pas honte rétrospectivement de vous être ainsi foutue de moi ? Non ? Vous avez raison, darling) mais pour la mort amère, je vous assure, vous aviez tout faux.
Je suis le plus heureux des hommes, Blueseinstein.
La vie prend un goût d’inattendu.
Au fait, j’ai coupé ma moustache, vous ne me reconnaitriez pas. Mon accent lui est toujours à couper au couteau. J’en ai fini avec le rituel du five o‘clock tea. A la place, je fume une petite pipe bourrée à l’opium. Ne prenez pas cette mine stupéfaite. Je ne vous vole pas votre petit vice secret. Ça calme certaines douleurs et m’a été proposé par un ami toubib.
La musique a pris beaucoup d’importance dans ma vie, dans ce qu’il m’en reste, je me suis remis au saxo plus que jamais et cela m’enchante !
Ecrivez- moi, continuez même quand je serai parti. Je ne vous quitterai pas. Pendant vos ballades dans le bush, ma poche vous sera un refuge.
Je ne dois pas vous le dire mais je vous ai beaucoup aimé. Je voulais vous remercier de vous, bien que vous sachiez à quoi vous en tenir à ce sujet. Vos lettres, je les ai toujours attendues et lues avec plaisir. J’ai aimé ce lien très particulier, cet amour que nous tairons (n’est-ce pas nous le tairons ?) que nous ne ferons jamais, cette folie mal partagée ( j’ai toujours été beaucoup plus dingue que vous, ma chère) et vous savez qu’il n’a pas fallu beaucoup me pousser pour piétiner toutes les conventions régissant ce que doit être une cure psychanalytique, pour renverser toutes les barrières idéologiques, et faire exploser toute raison déontologique…Mais vous m’avez inoculé un virus étrange. Il m’a aidé à vivre ces derniers temps bien que la personne que je n’ai pas eu le temps d’aimer m’en ait transmis un qui va m’aider à mourir. Allons, ne soyez pas jalouse, Elise, votre tour arrivera bien assez vite…
Et puis je n’ai pas dit mon dernier mot et notre correspondance n’en est pas au stade terminal !
Pour l’heure, et mon plus parfait bonheur je l’avoue, j’ai confié ma clientèle à quelques collègues que je tiens pour très qualifiés. Je ne veux plus m’occuper, me préoccuper que de moi …et de vous. Jusqu’à ce que vous décidiez de la fin de votre cure, ou de mon incurie, vous êtes mon écurie à vous seule (vous et votre « cavalcade sauvage de chevaux arrêtés »)
Vous disiez ? Ah oui « mes sarcasmes vous donnent de l’asthme…. »
Et bien toussez et rassurez-vous, je me soigne malgré des accès de faiblesse répétés, .et une certaine incrédulité quand à l’efficacité de ce traitement, je prends soin de moi comme vous me l’avez recommandé.
Elise Blueseinstein, à mon tour de vous faire mes recommandations. Reprenez vos pinceaux, retournez vous installer à New York comme vous le désiriez, reprenez contact avec cette galerie,et revenez de temps à autre me raconter.
Votre
Pas encore
Mort

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Mornes mornings Mornington (10)
Wow so british, indeed. C'est une sorte de english Sherlock Holmes, ce Mortimer... >Musique & Opium<
Morty & Amor in the same time!
So, a such incredible text, thank you so much for this, dear.
Morty & Amor in the same time!
So, a such incredible text, thank you so much for this, dear.

Celeron02- Nombre de messages: 717
Age: 39
Localisation: St-Quentin
Date d'inscription: 19/12/2009
Re: Mornes mornings Mornington (10)
No comment. Ou plutôt si : l'extrait de la lettre de Elise mériterait de figurer dans l'exo Saint Valentin sur la sonorité des mots.
C'est fini ? Tu crois ?
C'est fini ? Tu crois ?

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Mornes mornings Mornington (10)
Oh, noooon !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Mornes mornings Mornington (10)
well
pas grand chose à dire sinon : "c'est fini ?"
pas grand chose à dire sinon : "c'est fini ?"
grieg- Nombre de messages: 5939
Localisation: plus très loin
Date d'inscription: 13/12/2005
Re: Mornes mornings Mornington (10)
Ah ben non ! C'est pas fini ! Mort le dit lui-même :
Ici, je trouve la précision un peu lourde et maladroite, j'aurais trouvé plus d'élégance à notre héros s'il était resté plus évasif, plus fidèle à lui-même mais on peut penser que la maladie le change en rendant plus urgentes ses confidences ...
Et puis je n’ai pas dit mon dernier mot et notre correspondance n’en est pas au stade terminal !
Mais vous m’avez inoculé un virus étrange. Il m’a aidé à vivre ces derniers temps bien que la personne que je n’ai pas eu le temps d’aimer m’en ait transmis un qui va m’aider à mourir
Ici, je trouve la précision un peu lourde et maladroite, j'aurais trouvé plus d'élégance à notre héros s'il était resté plus évasif, plus fidèle à lui-même mais on peut penser que la maladie le change en rendant plus urgentes ses confidences ...

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Mornes mornings Mornington (10)
^)^Votre
Pas encore
Mort
La lettre est truffée de ce genre de choses pour mon plus grand plaisir. La suite ! De suite !

Lucy- Nombre de messages: 2629
Age: 34
Date d'inscription: 31/03/2008
Re: Mornes mornings Mornington (10)
quand je pense que j'ai failli rater ce texte!!
rien de "morne", l'humour pétille et ta prose ample et légère me ravit !
rien de "morne", l'humour pétille et ta prose ample et légère me ravit !

Polixène- Nombre de messages: 1147
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Mornes mornings Mornington (10)
être une cure psychanalytique, pour renverser toutes les barrières idéologiques, et faire exploser toute raison déontologique
juste un peu trop d'"iques" dans ce passage.
A part cela, ça pétille de clins d'oeil. Comme les autres lettres, parfaitement du même tonneau!

outretemps- Nombre de messages: 637
Age: 65
Date d'inscription: 19/01/2008
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