Je revêts mon manteau de regret...

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Je revêts mon manteau de regret...

Message  levaran82 le Jeu 25 Fév 2010 - 9:20

Je revêts mon manteau de regret, ourlé par le remord. J’arpente une rue bondée dans laquelle les visages se fondent en un faciès hagard. Je donne un coup de pied dans un caillou qui traîne au sol. Je ne donne pas de coup de pied dans une cannette qui traîne au sol, pour éviter les redites ; et d’ailleurs je la rate. J’arrive à hauteur de ma station de métro et continue à pied, pour un tout petit bout de chemin. Ou un très long. Je ne sais pas quand je serais d’humeur, à nouveau, pour me plonger sous terre de mon plein gré.

Longtemps, je me suis ressassé cette phrase : « pourquoi les bourreaux d’aujourd’hui officient-ils tête nue ? »

J’essaye à petits pas de prendre possession du présent ; les projets avortés ou les souvenirs sépias, je dois le remiser au placard du dédain, car une île s’effondre sous mes yeux impuissants. Pas de temps à perdre, je dois coller mon désespoir contre une peau douce et m’égarer dans des yeux révulsés qui ignorent ma colère. Je n’ai plus l’âge ni la force, déjà, de casser le jouet par nos mains construits, alors je dois occuper mon regard loin de ces pièces éparses qui jonchent mon sol de Carrare. L’amour n’est que le fruit d’une contiguïté.

Au milieu des passants, dont je distingue à présent les sourcils en bataille, je voudrais détacher la vigogne qui grignote mes organes, qu’il se choisisse une autre proie. « Va croquer ailleurs, lui dirais-je, sale bête de bon aloi. Je te méprise mais j’ai besoin de toi… », or mes pas continuent de m’emmener sans but, vers un suivant métro. De stations en stations je chemine depuis six mois, repassant souvent devant la même bouche. Satanée soif de certitudes, méprisable besoin de repères quand tu sais que le sol s’effrite. « Nous n’avons pas besoin de 2012, je crie in petto, 2012 c’est tous les jours » et toujours in petto, je me sens ridicule et pareil au prophète de l’étoile mystérieuse. Et c’est au même instant que tu me souris, jolie rousse au joue creuse. Tu m’as entendu ? in petto ? Impétueusement belle, je ne rêve pas, tu me souris ? Aux sourcils taillés droit, je ne rêve pas, tu m’as entendu ?

Alors après un café de rigueur, nous faisons l’amour. J’ai entendu le cliquetis d’os, le grincement des coraux qui jonchent mon corps fébrile. Nos désespoirs ensemble exultent, magnifiés par l’extase.

Je ne cesse d’arpenter ces même rues différentes, mais je sens la chaleur quand je ralenti à hauteur des bouches de métro. Je me demande si cette chaleur est due à l’agglutinement de corps qui déborde des sous sols des villes grises, cette chaleur chargée, lourde aux contours. Et ma ville est très grise.

Tu m’as fais un instant ralentir la cadence de mon pas nonchalant, pour ca je te suis gré, corps et bien, maigres tous deux.

Mais toujours dans cette foule de visages, je continue de croire que je sais que les bourreaux officient tête nue, et que depuis six mois j’en ai croisé plus d’un. J’ai bu quelques sakés et dans le fond du verre, certains de mes bourreaux vont jusqu’à se dénuder tandis que je les bois. J’en ai déjà découvert trois (ou dix ?) (ou mille ?) quand je reprends ma marche vers la prochaine station.

Je réalise le long trajet que l’on peut faire allongé dans son lit au milieu des visages, et j’entrevois, dans l’entrée, la patère ou poser mon manteau.

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Re: Je revêts mon manteau de regret...

Message  Easter(Island) le Jeu 25 Fév 2010 - 20:56

J'ai lu plus de la moitié du texte avec application, puis j'ai survolé le reste, je suis désolée de n'avoir rien trouvé qui me fasse aimer ou même réagir. Peut-être que je suis passée complètement à côté.

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Re: Je revêts mon manteau de regret...

Message  coline Dé le Jeu 25 Fév 2010 - 22:34

levaran82 a écrit:Je revêts mon manteau de regret, ourlé par le remord. J’arpente une rue bondée dans laquelle les visages se fondent en un faciès hagard. Je donne un coup de pied dans un caillou qui traîne au sol. Je ne donne pas de coup de pied dans une cannette qui traîne au sol, pour éviter les redites ; et d’ailleurs je la rate. ( drôle !)J’arrive à hauteur de ma station de métro et continue à pied, pour un tout petit bout de chemin. Ou un très long. Je ne sais pas quand je serai d’humeur, à nouveau, pour me plonger sous terre de mon plein gré.

Longtemps, je me suis ressassé cette phrase : « pourquoi les bourreaux d’aujourd’hui officient-ils tête nue ? »

J’essaye à petits pas de prendre possession du présent ; les projets avortés ou les souvenirs sépia, je dois les remiser au placard du dédain, car une île s’effondre sous mes yeux impuissants. Pas de temps à perdre, je dois coller mon désespoir contre une peau douce et m’égarer dans des yeux révulsés qui ignorent ma colère. Je n’ai plus l’âge ni la force, déjà, de casser le jouet par nos mains construit, alors je dois occuper mon regard loin de ces pièces éparses qui jonchent mon sol de Carrare. L’amour n’est que le fruit d’une contiguïté.

Au milieu des passants, dont je distingue à présent les sourcils en bataille, je voudrais détacher la vigogne qui grignote mes organes, qu’elle se choisisse une autre proie. « Va croquer ailleurs, lui dirais-je, sale bête de bon aloi. Je te méprise mais j’ai besoin de toi… », or mes pas continuent de m’emmener sans but, vers un suivant métro. De station en station (une seule à la fois !)je chemine depuis six mois, repassant souvent devant la même bouche. Satanée soif de certitudes, méprisable besoin de repères quand tu sais que le sol s’effrite. « Nous n’avons pas besoin de 2012, je crie in petto, 2012 c’est tous les jours » et toujours in petto, je me sens ridicule et pareil au prophète de l’étoile mystérieuse. Et c’est au même instant que tu me souris, jolie rousse aux joues creuses. Tu m’as entendu ? in petto ? Impétueusement belle, je ne rêve pas, tu me souris ? Aux sourcils taillés droit, je ne rêve pas, tu m’as entendu ?

Alors après un café de rigueur, nous faisons l’amour. J’ai entendu le cliquetis d’os, le grincement des coraux qui jonchent mon corps fébrile. Nos désespoirs ensemble exultent, magnifiés par l’extase.

Je ne cesse d’arpenter ces même rues différentes, mais je sens la chaleur quand je ralentis à hauteur des bouches de métro. Je me demande si cette chaleur est due à l’agglutinement de corps qui débordent ( les corps , non ? )des sous sols des villes grises, cette chaleur chargée, lourde aux contours. Et ma ville est très grise.

Tu m’as fais un instant ralentir la cadence de mon pas nonchalant, pour çaje te suis sais, c'est savoir gré et non pas être gré gré, corps et bien, maigres tous deux.

Mais toujours dans cette foule de visages, je continue de croire que je sais que les bourreaux officient tête nue, et que depuis six mois j’en ai croisé plus d’un. J’ai bu quelques sakés et dans le fond du verre, certains de mes bourreaux vont jusqu’à se dénuder tandis que je les bois. J’en ai déjà découvert trois (ou dix ?) (ou mille ?) quand je reprends ma marche vers la prochaine station.

Je réalise le long trajet que l’on peut faire allongé dans son lit au milieu des visages, et j’entrevois, dans l’entrée, la patère poser mon manteau.

Je n'ai pas vraiment détesté ce texte où j'ai pourtant l'impression que beaucoup de mots sont posés là de façon un peu incongrue, sans réelle justification. Mais certaines images ont du charme : Nos désespoirs ensemble exultent, magnifiés par l’extase.
et ceci m'a fait sourire : Je ne donne pas de coup de pied dans une cannette qui traîne au sol, pour éviter les redites ; et d’ailleurs je la rate.

J'ai le sentiment que ce texte n'avait pas de réelle nécessité, que tu l'as écrit comme une gamme, pour te dérouiller la plume.

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Re: Je revêts mon manteau de regret...

Message  Lucy le Ven 26 Fév 2010 - 4:37

Remords prend un "s". Comme disait un prof dont je n'ai rien retenu des cours, si ce n'est cela : "Souvenez-vous que remords prend un "s". D'ailleurs, on a toujours plusieurs remords. C'est pourquoi, même au singulier, il est pluriel."
En tout cas, ce que j'ai lu ne m'est pas commun. Rien ( ou presque ) à quoi me raccrocher... et c'est justement ce que j'ai apprécié. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait à n'avancer qu'en terrain connu ! Bref, j'ai hâte de lire un autre texte de toi.

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Re: Je revêts mon manteau de regret...

Message  Rebecca le Sam 27 Fév 2010 - 9:07

oui pour moi un certain charme opère... une errance en terrain inconnu...

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