Exo Alexie : Sortie de route
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Exo Alexie : Sortie de route
Sortie de route
« Passez de l’autre côté ! » Les lettres s’étalaient le long du mur sur une bonne dizaine de mètres. Les gens des tours pouvaient les lire chaque fois qu'ils jetaient un coup d'œil sur les détritus qui s'amoncelaient derrière le mur. Une déchetterie, quelle vue magnifique ! Benoit était fasciné par ces tas informes, symboles d'une société à la dérive dans laquelle il fallait consommer pour exister. Tous les messages publicitaires avaient un seul et même but : inciter les gens à a-che-ter ! Des cons sommaient d'autres cons de consommer... Benoit faisait partie de ceux qui ne pouvaient se payer le téléviseur à écran plasma vanté sur l'affiche. Celle-ci représentait un jeune couple du genre "idéal" - souriant, svelte, dynamique - pénétrant dans un autre monde, les deux pieds à l’intérieur du poste de télévision et le regard rivé sur l'horizon azuréen d’un paysage tropical.
Benoit ne saisissait pas pourquoi on avait dénaturé son paysage quotidien d'ordures en plaçant ce panneau publicitaire si laid dans un quartier ou personne ne pouvait se payer ce genre de fantaisie... Lui, ce qu’il aimait contempler, c’étaient les mouettes, celles des villes, qui venaient chercher leur pitance et se battaient pour un emballage suintant de graisse ou pour un reste de pizza moisie. Il aimait leurs cris, leurs ailes déployées, leur bec déchiquetant des morceaux d’on-ne-savait-quoi… Il appréciait aussi ce paysage que d'aucuns abhorraient - la plupart de ses voisins avaient installé des tentures colorées aux fenêtres pour masquer la vue - parce qu'il le rassurait : ses frustrations de ne pas faire partie des nantis trouvaient une douce consolation dans la constatation que toutes les choses qu’il ne pouvait se payer finissaient un jour ici, au pied de son immeuble.
Un coup d'œil à sa montre le sortit de sa contemplation. Il lui restait trois quarts d'heure pour rejoindre l'atelier où il travaillait. En temps normal, ces quarante-cinq minutes suffisaient largement, mais on n'était pas en temps "normal", cela n’existe pas... La normalité est plurielle, chacun a la sienne, d'ailleurs on devrait dire "les normalités". Pas de temps normal, donc. Juste la simple et brute réalité : aujourd’hui, pour aller au boulot, je vais devoir traverser le tronçon de quatre voies qu’ils ont inauguré hier, une superbe route flambant neuve qui fleure bon le bitume, un tapis roulant de tarmac, du goudron encore chaud, tout mou et tout flasque tel un…
Bon, il faut y aller. Chasser ces pensées, celles qui lui viennent à l'évocation de son organe, comme disait si pudiquement sa mère… Pudiquement, tu parles ! Il était âgé de treize ans à peine quand, lors d’un goûter d’anniversaire, elle avait eu l’indélicatesse de parler de cette malformation de l'organe de son fils qui l'empêchait de décalotter – tout ça à table, devant Laurence, celle qu’il n’osait regarder, qui lui faisait les mains moites et la gorge serrée... Et sa mère avait tout gâché, avec sa manie de déballer en public son intimité à lui - à lui et à lui seul, bordel !
Il venait de dépasser l’endroit où il prenait habituellement la direction de l'atelier, autrefois à travers un terrain vague, hier encore au milieu des gravats du chantier de construction de la voie rapide. Stoppé net par la glissière de sécurité, il soupira. Sept heures vingt-cinq du matin, et un flot régulier circulait à une vitesse qu’il estima à cent-vingt à l’heure. Quatre voies. Plus que trente-cinq minutes. Traverser. Mais comment ?
Il se mit à compter : une toute les dix secondes sur la voie de droite, dépassée toutes les cinq secondes sur la voie de gauche, ça lui laissait... deux secondes pour traverser, à peine. Même chose dans l'autre sens. Avant qu’ils construisent ce tronçon, les banlieusards devaient emprunter la départementale, traverser des villages qui se transformaient en cités-dortoirs à l’approche de la ville. Benoit comprenait qu’on veuille gagner du temps, ne serait-ce que pour profiter de quinze minutes de plus au lit, ou pour pouvoir lire un journal en prenant le petit déjeuner, c'est toujours bon à prendre, quand on a une voiture. Le problème, c'était que lui n'en avait pas.
Il essaya d'apercevoir les conducteurs, mais à cette vitesse, cela relevait de l’impossible. Encore heureux qu'on soit passé à l'heure d'été, au moins j'ai pas les phares dans les yeux... Surtout quand certains se permettent de rouler en plein phares… comme sa mère, qu'il y ait d'autres véhicules en sens inverse ou pas. « Moi, je ne vois pas bien la nuit, c'est tout ! », disait-elle à chaque fois que quelqu’un lui faisait une remarque. Une seule fois, Benoit avait osé un : « Oui, mais maman, si quelqu’un est ébloui en face et qu’il nous fonce dessus, c’est dangereux ! Tu vois bien qu’ils nous font des appels… » « Mais oui, mon chéri ! », s'était-elle exclamée en riant, comme s'il venait d’en sortir une bonne. Lui, il l'avait mauvaise. Elle me prend pour un con. Un con penaud et repentissant, prêt à tout pour gagner l’estime de sa mère.
Sept heures quarante-trois. Ses vêtements commençaient à s’imprégner de l’odeur des gaz d’échappement. Il a fait cent mètres le long de la glissière, histoire de se dégourdir les jambes. Ne pas rester comme un crétin à attendre qu'on le laisse passer. C'est ce qu'il avait fait toute sa vie : attendre que sa mère l'aime autrement qu'en le rabaissant, attendre qu'une fille lui saute dessus et lui demande de faire l'amour, attendre que le monde reconnaisse enfin le musicien de génie qu'il était... Trente-cinq ans qu’il poireautait, tant d’années à essayer d’oublier les humiliations… Sa mère qui l’engueulait parce qu’elle avait trouvé un magazine porno sous son lit, sa mère qui se moquait de lui en racontant à la voisine qu’il avait maculé ses draps… Tout à coup il ne s’appartint plus, il venait de prendre conscience de l’urgence dans laquelle il était d’agir, oui, il fallait leur montrer… Aujourd'hui ils allaient voir, ils allaient tous voir !
Il défit rapidement la braguette de son pantalon, le baissa jusqu’aux chevilles, entraînant le caleçon avec. La sensation de froid ne l’arrêta pas, tant il était grisé par ce geste de défi (« Tu la vois, hein, maintenant tu la vois, ma queue, maman, de là où tu es tu sais qu'elle est belle, que c’est la plus belle de toutes, et cette fois tu pourras pas dire le contraire ! »)
La procession ne ralentissait pas. Il resta planté, le pénis à l’air, les bras écartés, tel un épouvantail exhibitionniste, jusqu’à ce que ses bras s’engourdissent. Une fois, il crut distinguer une petite fille à l’arrière d’une voiture qui le montrait du doigt, mais peut-être l’avait-il simplement imaginé, parce que ça lui faisait plaisir.
Il rentra chez lui rasséréné. Il se fit un café avant de retourner dormir. Il se réveilla en sursaut vers dix heures : il venait de voir sa mère en rêve. Elle lui ordonnait de sa voix chevrotante d’enlever Alain Delon, son acteur favori, et de l’exhiber tout nu le long de la quatre voies. Benoit ne s’était pas fait prier et avait promené Delon en laisse avant de le découper en morceaux pour le jeter dans le vide-ordure dont la colonne s’était bouchée.
Il se leva pour boire une bière, la descendit presque cul sec, en ouvrit une autre et s’installa devant son vieux poste de télé. Une des chaînes programmait « Le passage », avec Alain Delon, qu'il eut plaisir à regarder. Il but toute la journée, ne se levant que pour aller jusqu’au frigo et aux WC.
Le lendemain matin, levé à l’heure habituelle, il se rendit de nouveau au bord de la voie rapide, toujours aussi fréquentée. Il marcha un peu le long de la glissière avant de se poster, comme la veille, face à la circulation. Une fois de plus, il baissa son pantalon et son caleçon, leva les bras et défia les bolides. Il exulta quand une berline passant en trombe klaxonna à son approche. Le bruit le fit d’abord sursauter tant la surprise était grande, puis il sauta de joie à la pensée qu’enfin quelqu’un l’avait vue.
Il rentra chez lui tout guilleret et passa une belle journée devant la télévision. Avant de rentrer, il avait acheté un pack de vingt-quatre pour fêter ça. Il s’appliqua à le vider consciencieusement. Le soir venu, on sonna à la porte. C’était son pote Gilles qui s’inquiétait de ne pas le voir à l’atelier.
- On a reçu un camion de matériel, on a besoin de bras pour faire le tri, le patron commence à se demander s’il ferait pas mieux d’embaucher quelqu’un à ta place, qu’est-ce que tu fous ?
- De toute façon il peut rien contre moi, je suis pas déclaré ! dit Benoit sur un ton de défi, alors tu peux lui dire d’aller se faire voir…
- Mais t’es con, lui il s’en fout de ta gueule ! Qu’est-ce que tu vas devenir si tu perds ton boulot ?
Benoit alla s’asseoir dans le salon. Gilles le suivit. Il contempla la table basse jonchée de cannettes vides, la moquette à la couleur douteuse, les restes de repas dans des assiettes entassées sur le plancher…
- Pouah ! C’te beuverie ! T’as pété un câble ou quoi ? Mais qu’est-ce que tu fous, bordel ! Tu te rends pas compte que…
Gilles stoppa net son sermon. Benoit s’était affalé sur la table, la tête entre les mains, secoué de soubresauts qui auraient pu faire penser à un fou rire, si ce n’étaient ces bruits de nez encombré que Gilles percevait nettement. Il se racla la gorge, tangua d’un pied sur l’autre, mit les mains dans les poches, puis déclara :
- Bon, faut qu’j’aille aux toilettes…
Benoit éclata :
- C’est maman !
Il avait crié, la voix méconnaissable à travers les sanglots. Gilles resta interdit, regardant son collègue qui montrait la télé du doigt.
- Comment ça, qu’est-ce qu’elle a, ta mère ?
- Ils l’ont mise là-dedans, elle est morte, maman, morte, morte, morte !
Il leva enfin la tête, regarda Gilles droit dans les yeux et cria:
- C’est ses cendres, là, dans l’urne, tu comprends pas ?!
Gilles remarqua alors le récipient posé sur le poste, qu'il avait pris pour un vase.
- Ah ben mon vieux, je suis désolé… Dit Gilles en reculant vers la porte, je savais même pas qu’elle vivait encore, enfin, je veux dire… Bon, je vais prévenir le patron, alors…
Une fois Gilles parti, Benoit sortit de chez lui, l’urne sous le bras. Il se rendit à la déchetterie et jeta sa mère dans le bac des incinérables. Il marcha ensuite jusqu’à la nouvelle route, défit son pantalon, s’approcha de la glissière, releva légèrement les vêtements qui l’entravaient pour l’enjamber avant de lever les bras au ciel. Quelques voitures l'évitèrent en klaxonnant, mais moins d'une minute s'écoula avant qu'un conducteur ne freine brutalement à sa hauteur. Le cabriolet fut embouti par la voiture qui venait derrière, elle-même percutée par la suivante et ainsi de suite… Benoit s’était précipité sur la bande d’arrêt d’urgence et jubilait à la vue des véhicules s'encastrant les uns dans les autres. « Maintenant ! se dit-il, maintenant c'est le moment de passer de l’autre côté ! »
Benoit ne saisissait pas pourquoi on avait dénaturé son paysage quotidien d'ordures en plaçant ce panneau publicitaire si laid dans un quartier ou personne ne pouvait se payer ce genre de fantaisie... Lui, ce qu’il aimait contempler, c’étaient les mouettes, celles des villes, qui venaient chercher leur pitance et se battaient pour un emballage suintant de graisse ou pour un reste de pizza moisie. Il aimait leurs cris, leurs ailes déployées, leur bec déchiquetant des morceaux d’on-ne-savait-quoi… Il appréciait aussi ce paysage que d'aucuns abhorraient - la plupart de ses voisins avaient installé des tentures colorées aux fenêtres pour masquer la vue - parce qu'il le rassurait : ses frustrations de ne pas faire partie des nantis trouvaient une douce consolation dans la constatation que toutes les choses qu’il ne pouvait se payer finissaient un jour ici, au pied de son immeuble.
Un coup d'œil à sa montre le sortit de sa contemplation. Il lui restait trois quarts d'heure pour rejoindre l'atelier où il travaillait. En temps normal, ces quarante-cinq minutes suffisaient largement, mais on n'était pas en temps "normal", cela n’existe pas... La normalité est plurielle, chacun a la sienne, d'ailleurs on devrait dire "les normalités". Pas de temps normal, donc. Juste la simple et brute réalité : aujourd’hui, pour aller au boulot, je vais devoir traverser le tronçon de quatre voies qu’ils ont inauguré hier, une superbe route flambant neuve qui fleure bon le bitume, un tapis roulant de tarmac, du goudron encore chaud, tout mou et tout flasque tel un…
Bon, il faut y aller. Chasser ces pensées, celles qui lui viennent à l'évocation de son organe, comme disait si pudiquement sa mère… Pudiquement, tu parles ! Il était âgé de treize ans à peine quand, lors d’un goûter d’anniversaire, elle avait eu l’indélicatesse de parler de cette malformation de l'organe de son fils qui l'empêchait de décalotter – tout ça à table, devant Laurence, celle qu’il n’osait regarder, qui lui faisait les mains moites et la gorge serrée... Et sa mère avait tout gâché, avec sa manie de déballer en public son intimité à lui - à lui et à lui seul, bordel !
Il venait de dépasser l’endroit où il prenait habituellement la direction de l'atelier, autrefois à travers un terrain vague, hier encore au milieu des gravats du chantier de construction de la voie rapide. Stoppé net par la glissière de sécurité, il soupira. Sept heures vingt-cinq du matin, et un flot régulier circulait à une vitesse qu’il estima à cent-vingt à l’heure. Quatre voies. Plus que trente-cinq minutes. Traverser. Mais comment ?
Il se mit à compter : une toute les dix secondes sur la voie de droite, dépassée toutes les cinq secondes sur la voie de gauche, ça lui laissait... deux secondes pour traverser, à peine. Même chose dans l'autre sens. Avant qu’ils construisent ce tronçon, les banlieusards devaient emprunter la départementale, traverser des villages qui se transformaient en cités-dortoirs à l’approche de la ville. Benoit comprenait qu’on veuille gagner du temps, ne serait-ce que pour profiter de quinze minutes de plus au lit, ou pour pouvoir lire un journal en prenant le petit déjeuner, c'est toujours bon à prendre, quand on a une voiture. Le problème, c'était que lui n'en avait pas.
Il essaya d'apercevoir les conducteurs, mais à cette vitesse, cela relevait de l’impossible. Encore heureux qu'on soit passé à l'heure d'été, au moins j'ai pas les phares dans les yeux... Surtout quand certains se permettent de rouler en plein phares… comme sa mère, qu'il y ait d'autres véhicules en sens inverse ou pas. « Moi, je ne vois pas bien la nuit, c'est tout ! », disait-elle à chaque fois que quelqu’un lui faisait une remarque. Une seule fois, Benoit avait osé un : « Oui, mais maman, si quelqu’un est ébloui en face et qu’il nous fonce dessus, c’est dangereux ! Tu vois bien qu’ils nous font des appels… » « Mais oui, mon chéri ! », s'était-elle exclamée en riant, comme s'il venait d’en sortir une bonne. Lui, il l'avait mauvaise. Elle me prend pour un con. Un con penaud et repentissant, prêt à tout pour gagner l’estime de sa mère.
Sept heures quarante-trois. Ses vêtements commençaient à s’imprégner de l’odeur des gaz d’échappement. Il a fait cent mètres le long de la glissière, histoire de se dégourdir les jambes. Ne pas rester comme un crétin à attendre qu'on le laisse passer. C'est ce qu'il avait fait toute sa vie : attendre que sa mère l'aime autrement qu'en le rabaissant, attendre qu'une fille lui saute dessus et lui demande de faire l'amour, attendre que le monde reconnaisse enfin le musicien de génie qu'il était... Trente-cinq ans qu’il poireautait, tant d’années à essayer d’oublier les humiliations… Sa mère qui l’engueulait parce qu’elle avait trouvé un magazine porno sous son lit, sa mère qui se moquait de lui en racontant à la voisine qu’il avait maculé ses draps… Tout à coup il ne s’appartint plus, il venait de prendre conscience de l’urgence dans laquelle il était d’agir, oui, il fallait leur montrer… Aujourd'hui ils allaient voir, ils allaient tous voir !
Il défit rapidement la braguette de son pantalon, le baissa jusqu’aux chevilles, entraînant le caleçon avec. La sensation de froid ne l’arrêta pas, tant il était grisé par ce geste de défi (« Tu la vois, hein, maintenant tu la vois, ma queue, maman, de là où tu es tu sais qu'elle est belle, que c’est la plus belle de toutes, et cette fois tu pourras pas dire le contraire ! »)
La procession ne ralentissait pas. Il resta planté, le pénis à l’air, les bras écartés, tel un épouvantail exhibitionniste, jusqu’à ce que ses bras s’engourdissent. Une fois, il crut distinguer une petite fille à l’arrière d’une voiture qui le montrait du doigt, mais peut-être l’avait-il simplement imaginé, parce que ça lui faisait plaisir.
Il rentra chez lui rasséréné. Il se fit un café avant de retourner dormir. Il se réveilla en sursaut vers dix heures : il venait de voir sa mère en rêve. Elle lui ordonnait de sa voix chevrotante d’enlever Alain Delon, son acteur favori, et de l’exhiber tout nu le long de la quatre voies. Benoit ne s’était pas fait prier et avait promené Delon en laisse avant de le découper en morceaux pour le jeter dans le vide-ordure dont la colonne s’était bouchée.
Il se leva pour boire une bière, la descendit presque cul sec, en ouvrit une autre et s’installa devant son vieux poste de télé. Une des chaînes programmait « Le passage », avec Alain Delon, qu'il eut plaisir à regarder. Il but toute la journée, ne se levant que pour aller jusqu’au frigo et aux WC.
Le lendemain matin, levé à l’heure habituelle, il se rendit de nouveau au bord de la voie rapide, toujours aussi fréquentée. Il marcha un peu le long de la glissière avant de se poster, comme la veille, face à la circulation. Une fois de plus, il baissa son pantalon et son caleçon, leva les bras et défia les bolides. Il exulta quand une berline passant en trombe klaxonna à son approche. Le bruit le fit d’abord sursauter tant la surprise était grande, puis il sauta de joie à la pensée qu’enfin quelqu’un l’avait vue.
Il rentra chez lui tout guilleret et passa une belle journée devant la télévision. Avant de rentrer, il avait acheté un pack de vingt-quatre pour fêter ça. Il s’appliqua à le vider consciencieusement. Le soir venu, on sonna à la porte. C’était son pote Gilles qui s’inquiétait de ne pas le voir à l’atelier.
- On a reçu un camion de matériel, on a besoin de bras pour faire le tri, le patron commence à se demander s’il ferait pas mieux d’embaucher quelqu’un à ta place, qu’est-ce que tu fous ?
- De toute façon il peut rien contre moi, je suis pas déclaré ! dit Benoit sur un ton de défi, alors tu peux lui dire d’aller se faire voir…
- Mais t’es con, lui il s’en fout de ta gueule ! Qu’est-ce que tu vas devenir si tu perds ton boulot ?
Benoit alla s’asseoir dans le salon. Gilles le suivit. Il contempla la table basse jonchée de cannettes vides, la moquette à la couleur douteuse, les restes de repas dans des assiettes entassées sur le plancher…
- Pouah ! C’te beuverie ! T’as pété un câble ou quoi ? Mais qu’est-ce que tu fous, bordel ! Tu te rends pas compte que…
Gilles stoppa net son sermon. Benoit s’était affalé sur la table, la tête entre les mains, secoué de soubresauts qui auraient pu faire penser à un fou rire, si ce n’étaient ces bruits de nez encombré que Gilles percevait nettement. Il se racla la gorge, tangua d’un pied sur l’autre, mit les mains dans les poches, puis déclara :
- Bon, faut qu’j’aille aux toilettes…
Benoit éclata :
- C’est maman !
Il avait crié, la voix méconnaissable à travers les sanglots. Gilles resta interdit, regardant son collègue qui montrait la télé du doigt.
- Comment ça, qu’est-ce qu’elle a, ta mère ?
- Ils l’ont mise là-dedans, elle est morte, maman, morte, morte, morte !
Il leva enfin la tête, regarda Gilles droit dans les yeux et cria:
- C’est ses cendres, là, dans l’urne, tu comprends pas ?!
Gilles remarqua alors le récipient posé sur le poste, qu'il avait pris pour un vase.
- Ah ben mon vieux, je suis désolé… Dit Gilles en reculant vers la porte, je savais même pas qu’elle vivait encore, enfin, je veux dire… Bon, je vais prévenir le patron, alors…
Une fois Gilles parti, Benoit sortit de chez lui, l’urne sous le bras. Il se rendit à la déchetterie et jeta sa mère dans le bac des incinérables. Il marcha ensuite jusqu’à la nouvelle route, défit son pantalon, s’approcha de la glissière, releva légèrement les vêtements qui l’entravaient pour l’enjamber avant de lever les bras au ciel. Quelques voitures l'évitèrent en klaxonnant, mais moins d'une minute s'écoula avant qu'un conducteur ne freine brutalement à sa hauteur. Le cabriolet fut embouti par la voiture qui venait derrière, elle-même percutée par la suivante et ainsi de suite… Benoit s’était précipité sur la bande d’arrêt d’urgence et jubilait à la vue des véhicules s'encastrant les uns dans les autres. « Maintenant ! se dit-il, maintenant c'est le moment de passer de l’autre côté ! »

Halicante- Nombre de messages: 1787
Age: 41
Localisation: Ici et maintenant.
Date d'inscription: 25/05/2008

Re: Exo Alexie : Sortie de route
Je n'ai pas en tête les contraintes, mais je trouve que le récit met du temps à démarrer ou tout au moins que les premiers paragraphes - jusqu'à "Bon il faut y aller"- peinent à trouver un rythme fluide. Après, je me suis laissé porter par l'histoire de Benoît sans difficulté, avec plaisir pour ainsi dire, même si la fin m'a à peine surprise.

Easter(Island)- Nombre de messages: 11396
Age: 50
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Exo Alexie : Sortie de route
Une des chaînes programmait « Le passage », avec Alain Delon, qu'il eut plaisir à regarder.
Ça ! ça casse la lecture, tellement c’est pas crédible.
grieg- Nombre de messages: 4711
Localisation: stone
Date d'inscription: 13/12/2005
Re: Exo Alexie : Sortie de route
Si le texte se laisse lire, tu es à mon avis, passé à côté des contraintes principales :
Dans la nouvelle d’alexie, les bases de cette contrainte étaient :
- L’idée de l’héroïne que les milliers de morts de tours jumelles pouvaient être justifiés parce que, statistiquement, il y avait nombre de salauds à l’intérieur, et plus particulièrement, au moins un pédophile, un batteur de femme, éliminé dans l’attentat… Donc, une petite fille heureuse, une famille, souriant de bonheur devant le bucher géant dans lequel leur bourreau crevait.
- l’espoir de l’héroïne parce que sa pauvre vie pouvait changer grâce à l’attentat du restaurant.
- L’idée que le personnage secondaire pourrait trouver la rédemption sur l’autel de cet attentat.
Autant d’idées, d’espérances, de démonstrations logiques, indéfendables d’un certain point de vue, mais tellement réelles pour les protagonistes. Mais aussi la réminiscence de la justification du sacrifice rituel transposé dans nos sociétés.
Et ton texte, pour moi est hors sujet.
Tu donnes critique assez banale de la société de consommation, de la vie moderne ; tu mets en scène un personnage aux attitudes, disons : atypiques… Mais à aucun moment tu n’entres dans « l’arrière pensée inavouable, la logique indéfendable ».
Mais peut-être suis-je le seul à avoir lu le livre ainsi, compris les contraintes de cette façon ?
Du sous-jacent
Des arrière-pensées inavouables
Une logique indéfendable
Dans la nouvelle d’alexie, les bases de cette contrainte étaient :
- L’idée de l’héroïne que les milliers de morts de tours jumelles pouvaient être justifiés parce que, statistiquement, il y avait nombre de salauds à l’intérieur, et plus particulièrement, au moins un pédophile, un batteur de femme, éliminé dans l’attentat… Donc, une petite fille heureuse, une famille, souriant de bonheur devant le bucher géant dans lequel leur bourreau crevait.
- l’espoir de l’héroïne parce que sa pauvre vie pouvait changer grâce à l’attentat du restaurant.
- L’idée que le personnage secondaire pourrait trouver la rédemption sur l’autel de cet attentat.
Autant d’idées, d’espérances, de démonstrations logiques, indéfendables d’un certain point de vue, mais tellement réelles pour les protagonistes. Mais aussi la réminiscence de la justification du sacrifice rituel transposé dans nos sociétés.
Et ton texte, pour moi est hors sujet.
Tu donnes critique assez banale de la société de consommation, de la vie moderne ; tu mets en scène un personnage aux attitudes, disons : atypiques… Mais à aucun moment tu n’entres dans « l’arrière pensée inavouable, la logique indéfendable ».
Mais peut-être suis-je le seul à avoir lu le livre ainsi, compris les contraintes de cette façon ?
grieg- Nombre de messages: 4711
Localisation: stone
Date d'inscription: 13/12/2005
Re: Exo Alexie : Sortie de route
Easter(Island) a écrit:Après, je me suis laissé porter par l'histoire de Benoît sans difficulté, avec plaisir pour ainsi dire, même si la fin m'a à peine surprise.
Et encore, tu as échappé au pire, Easter : dans la première version, il se suicidait bêtement à la fin ! ;-)
Grieg : je pense en effet qu'on n'a pas compris les contraintes de la même manière. Voici comment je les vois intégrées dans mon texte :
Arrière-pensées inavouables :
- Le personnage prend conscience que s’exhiber lui fait du bien (la petite fille qui le montre du doigt, la personne qui le klaxonne le font jubiler), ce qu’il n’osait pas s’avouer auparavant, brimé qu’il était par une mère abusive
- Le rêve où il jette Alain Delon aux ordures révèle son désir inconscient de se débarrasser de sa mère, ce qu’il parviendra à faire après avoir fait ce rêve où il se débarrasse de l’idole de sa mère.
Logique indéfendable :
- Préférer contempler le spectacle de la déchetterie car les choses qu’il ne peut se payer finissent là, trouver là un moyen de régler ses frustrations
- Se mettre littéralement à nu pour que sa mère morte voie enfin la souffrance qu’elle lui a fait endurer, croire qu’elle peut le voir d’où elle est
- C’est aussi la seule solution qu’il trouve pour traverser la route
- L’amour / haine qui le lie à sa mère : il ne parvient à s’en délivrer qu’en la jetant aux ordures (comme Delon), comme si tout sentiment envers elle était invivable – ou plutôt comme si sa souffrance, privée de sa source (la mère), n’avait plus lieu d’être après la mort de celle-ci (selon moi, la souffrance perdure après la mort d’un bourreau, quelles qu’aient été les tortures endurées)
- Provoquer un accident pour traverser la route.
Voilà pourquoi je ne pense pas être hors sujet, Grieg.

Halicante- Nombre de messages: 1787
Age: 41
Localisation: Ici et maintenant.
Date d'inscription: 25/05/2008

Re: Exo Alexie : Sortie de route
Salut Halicante, j'ai honte, mais j'ai toujours pas lu Y a-t-il un témoin? !
Je n'ai donc pas lu non plus ton texte, mais j'essaierai de faire une pierre deux coups dès que possible (ou plutôt dès que motivation et concentration)
N'empêche que j'ai un logiciel à 110 ou 120 euros et qu'à ce prix, autant en faire profiter les copains et les copines...
Le logiciel signale plus de fautes qu'il y en a réellement alors faut faire le tri des bonnes et des mauvaises ! Voilà celles que je pense bonnes...
Là, je pense que c'est Benoit qui est secoué de soubresauts et l'accord est donc bon, mais le secoué me gêne, je trouve ça redondant vu le soubresauts...
Du coup, j'ai presque tout lu ton texte finalement ! Me manque encore celui de Alexie...
Je n'ai donc pas lu non plus ton texte, mais j'essaierai de faire une pierre deux coups dès que possible (ou plutôt dès que motivation et concentration)
N'empêche que j'ai un logiciel à 110 ou 120 euros et qu'à ce prix, autant en faire profiter les copains et les copines...
Le logiciel signale plus de fautes qu'il y en a réellement alors faut faire le tri des bonnes et des mauvaises ! Voilà celles que je pense bonnes...
pleins pharesde rouler en plein phares
retentissant ? repentant ?Un con penaud et repentissant
Benoit s’était affalé sur la table, la tête entre les mains, secoué de soubresauts qui auraient pu faire penser à un fou rire
Là, je pense que c'est Benoit qui est secoué de soubresauts et l'accord est donc bon, mais le secoué me gêne, je trouve ça redondant vu le soubresauts...
incinérés ? ou alors peut-être mettre « incinérables » entre guillemets...le bac des incinérables
Du coup, j'ai presque tout lu ton texte finalement ! Me manque encore celui de Alexie...

Peter Pan- Nombre de messages: 3699
Age: 36
Localisation: Pays des rêves et de l'imaginaire
Date d'inscription: 16/04/2009
Re: Exo Alexie : Sortie de route
pas convaincu halicante
je n'y vois pas d'arrière-pensées, tout au plus un relâchement de l'inconscient et acte
en quoi tout ceci est indéfendable ? Sauf l'accident bien sûr, mais celui-ci est conséquence fortuite et non voulue... Le reste est tout au plus extrème, voir légalement condamnable, mais justifiable...
mais, oui, il y a compréhension différente des termes "arrière-pensées inavouables" et "logique indéfendable"... et je pense qu'il sera difficile d'en discuter sans y passer des journées entières
Halicante a écrit:Arrière-pensées inavouables :
- Le personnage prend conscience que s’exhiber lui fait du bien (la petite fille qui le montre du doigt, la personne qui le klaxonne le font jubiler), ce qu’il n’osait pas s’avouer auparavant, brimé qu’il était par une mère abusive
- Le rêve où il jette Alain Delon aux ordures révèle son désir inconscient de se débarrasser de sa mère, ce qu’il parviendra à faire après avoir fait ce rêve où il se débarrasse de l’idole de sa mère.
je n'y vois pas d'arrière-pensées, tout au plus un relâchement de l'inconscient et acte
Halicante a écrit:Logique indéfendable :
- Préférer contempler le spectacle de la déchetterie car les choses qu’il ne peut se payer finissent là, trouver là un moyen de régler ses frustrations
- Se mettre littéralement à nu pour que sa mère morte voie enfin la souffrance qu’elle lui a fait endurer, croire qu’elle peut le voir d’où elle est
- C’est aussi la seule solution qu’il trouve pour traverser la route
- L’amour / haine qui le lie à sa mère : il ne parvient à s’en délivrer qu’en la jetant aux ordures (comme Delon), comme si tout sentiment envers elle était invivable – ou plutôt comme si sa souffrance, privée de sa source (la mère), n’avait plus lieu d’être après la mort de celle-ci (selon moi, la souffrance perdure après la mort d’un bourreau, quelles qu’aient été les tortures endurées)
- Provoquer un accident pour traverser la route.
en quoi tout ceci est indéfendable ? Sauf l'accident bien sûr, mais celui-ci est conséquence fortuite et non voulue... Le reste est tout au plus extrème, voir légalement condamnable, mais justifiable...
mais, oui, il y a compréhension différente des termes "arrière-pensées inavouables" et "logique indéfendable"... et je pense qu'il sera difficile d'en discuter sans y passer des journées entières
grieg- Nombre de messages: 4711
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Re: Exo Alexie : Sortie de route
J'ai aussi quelques logiciels de correction. Je les insulte souvent quand ils me proposent n'importe quoi. Dans ce texte, le mot qui est resté souligné était "repentissant", mais je ne voyais pas pourquoi il me le soulignait car in ne me proposait rien de cohérent à la place. Alors j'ai dû le traiter de tous les noms, certainement, sans me rendre compte que c'était "repentant" la bonne orthographe... Alors merci Peter ! (et ton logiciel, c'est lequel ?!)
J'ai essayé les deux versions dans Antidote et dans Cordial, mais ils ne soulignent ni l'un ni l'autre, alors avec ça... Je n'ai pas non plus trouvé la solution dans le Robert ni dans Le bon Usage, mais le nombre de résultats sur une recherche Google penche en faveur du pluriel.
Ha ! Ha ! Un con retentissant !
Tressaillements, ça te gêne moins ? ;-)
Il existe bien un bac des incinérables à la déchetterie, elle est donc deux fois incinérée, la môman !
Peter Pan a écrit:pleins pharesde rouler en plein phares
J'ai essayé les deux versions dans Antidote et dans Cordial, mais ils ne soulignent ni l'un ni l'autre, alors avec ça... Je n'ai pas non plus trouvé la solution dans le Robert ni dans Le bon Usage, mais le nombre de résultats sur une recherche Google penche en faveur du pluriel.
Peter Pan a écrit:retentissant ? repentant ?Un con penaud et repentissant
Ha ! Ha ! Un con retentissant !
Peter Pan a écrit:Benoit s’était affalé sur la table, la tête entre les mains, secoué de soubresauts qui auraient pu faire penser à un fou rire
Là, je pense que c'est Benoit qui est secoué de soubresauts et l'accord est donc bon, mais le secoué me gêne, je trouve ça redondant vu le soubresauts...
Tressaillements, ça te gêne moins ? ;-)
Peter Pan a écrit:incinérés ? ou alors peut-être mettre « incinérables » entre guillemets...le bac des incinérables
Il existe bien un bac des incinérables à la déchetterie, elle est donc deux fois incinérée, la môman !

Halicante- Nombre de messages: 1787
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Re: Exo Alexie : Sortie de route
grieg a écrit:Dans la nouvelle d’alexie, les bases de cette contrainte étaient :
- L’idée de l’héroïne que les milliers de morts de tours jumelles pouvaient être justifiés parce que, statistiquement, il y avait nombre de salauds à l’intérieur, et plus particulièrement, au moins un pédophile, un batteur de femme, éliminé dans l’attentat… Donc, une petite fille heureuse, une famille, souriant de bonheur devant le bucher géant dans lequel leur bourreau crevait.
- l’espoir de l’héroïne parce que sa pauvre vie pouvait changer grâce à l’attentat du restaurant.
- L’idée que le personnage secondaire pourrait trouver la rédemption sur l’autel de cet attentat.
grieg a écrit:en quoi tout ceci est indéfendable ? Sauf l'accident bien sûr, mais celui-ci est conséquence fortuite et non voulue... Le reste est tout au plus extrème, voir légalement condamnable, mais justifiable...
Si l'on reprend les exemples extraits de la nouvelle, tout cela est également justifiable et défendable, à mon sens... Est-ce une question d'empathie avec les personnages ?
grieg a écrit:je n'y vois pas d'arrière-pensées, tout au plus un relâchement de l'inconscient et acte
Oui, là je comprends mieux ce que tu entends par "arrière-pensées inavouables", c'est effectivement une question de termes. Enfin, là, si je comprends bien, les "arrière-pensées inavouables" sont conscientes, alors que j'ai illustré ça par des pensées inconscientes (car inavouables, justement).
grieg a écrit:mais, oui, il y a compréhension différente des termes "arrière-pensées inavouables" et "logique indéfendable"... et je pense qu'il sera difficile d'en discuter sans y passer des journées entières.
Bah, ce n'est pas la première fois que je passe à côté de contraintes parce que je ne les ai pas comrprises comme les autres. La prochaine fois j'essaierai de clarifier les choses avant de me lancer dans l'exo ! (mais je me suis bien amusée à l'écrire, c'est l'essentiel !)

Halicante- Nombre de messages: 1787
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Re: Exo Alexie : Sortie de route
Halicante a écrit:J'ai aussi quelques logiciels de correction. Je les insulte souvent quand ils me proposent n'importe quoi. Dans ce texte, le mot qui est resté souligné était "repentissant", mais je ne voyais pas pourquoi il me le soulignait car in ne me proposait rien de cohérent à la place. Alors j'ai dû le traiter de tous les noms, certainement, sans me rendre compte que c'était "repentant" la bonne orthographe... Alors merci Peter ! (et ton logiciel, c'est lequel ?!)
Antidote itou, mais le HD dernier cri et avec des images intégrées (c'était ça ou je le prenais pas :-)
Moi non plus il ne m'a rien proposé de cohérent à la place... alors j'ai été obligé de réfléchir pour trouver la solution et j'aime pas ça (réfléchir) :-)))
Secoué de soubresauts est français, garde-le, c'est juste que ça me gêne comme expression, ne change pas tout pour moi ! :-)
grieg a écrit:Une des chaînes programmait « Le passage », avec Alain Delon, qu'il eut plaisir à regarder.
Ça ! ça casse la lecture, tellement c’est pas crédible.
C'est pas faux ce que dis grieg... Ce passage est pure fiction, quelle imagination t'as quand même Halicante :-)
Et voilà, suis déjà en retard sur mon planning, je file...

Peter Pan- Nombre de messages: 3699
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Re: Exo Alexie : Sortie de route
Mouais, c'est ça, file, Peter, au lieu de te foutre de moi... ;-)
Et puis on n'a qu'à dire qu'il l'a en cassette vidéo, ce film qui plus jamais ne passera à la télé... (je vous attends au tournant !)
Et puis on n'a qu'à dire qu'il l'a en cassette vidéo, ce film qui plus jamais ne passera à la télé... (je vous attends au tournant !)

Halicante- Nombre de messages: 1787
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Re: Exo Alexie : Sortie de route
c'est plus le côté "plaisir à regarder" qui relève de l'absurde :-)
grieg- Nombre de messages: 4711
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Re: Exo Alexie : Sortie de route
Halicante a écrit:Bah, ce n'est pas la première fois que je passe à côté de contraintes parce que je ne les ai pas comrprises comme les autres. La prochaine fois j'essaierai de clarifier les choses avant de me lancer dans l'exo ! (mais je me suis bien amusée à l'écrire, c'est l'essentiel !)
à la lecture des avis des autres sur la nouvelle d e sherman alexie, probable que ce soit moi qui interprète mal le livre...
pour les contraintes : ce sont nos points de vue qui diffèrent plus que nos compréhensions
grieg- Nombre de messages: 4711
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Date d'inscription: 13/12/2005
Re: Exo Alexie : Sortie de route
grieg a écrit:c'est plus le côté "plaisir à regarder" qui relève de l'absurde :-)
Allons bon, voilà encore que je n'avais pas compris ta remarque, Grieg ! Sans doute parce que je n'ai pas vu le film... mais j'en ai lu une critique, il paraît que c'est un nanard parfait, alors comme le personnage est un peu à la masse, on va dire qu'il aime les nanards, ou alors qu'il s'endort devant la télé pendant le film... ;-)
grieg a écrit:pour les contraintes : ce sont nos points de vue qui diffèrent plus que nos compréhensions
On peut dire aussi que le point de vue induit la compréhension des termes, mais j'arrête de pinailler !
;-)

Halicante- Nombre de messages: 1787
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Date d'inscription: 25/05/2008

Re: Exo Alexie : Sortie de route
Je n'ai buté sur rien, lecture vraiment agréable et un brin cynique,
pour ce qui est des contraintes, ce n'etait vraiment pas facile, mais je pense que tout y est,
j'adore le jeu de mot !
Les deux premiers paragraphes me plaisaient bien, dans le fond et dans la
forme et je pensais que le récit allait rester sur ce theme ( consumérisme,
disparitée sociale ect).
c'est le cas, mais de facon diluée ai-je trouvé.
haaa mais qu'est-ce qu'il fait là !!
la chute : j'ai apprécié qu'il ne meure pas écrabouillé.
bref, tout ca pour dire qu'on va de surprise en surprise avec ce texte...
pour ce qui est des contraintes, ce n'etait vraiment pas facile, mais je pense que tout y est,
des cons sommaient d'autre con de consommer
j'adore le jeu de mot !
Les deux premiers paragraphes me plaisaient bien, dans le fond et dans la
forme et je pensais que le récit allait rester sur ce theme ( consumérisme,
disparitée sociale ect).
c'est le cas, mais de facon diluée ai-je trouvé.
oh punaise se dit-on, il ne va quand même traverser à pied ?mais lui n'en avait pas
Il défit rapidement la braguette
haaa mais qu'est-ce qu'il fait là !!
la chute : j'ai apprécié qu'il ne meure pas écrabouillé.
bref, tout ca pour dire qu'on va de surprise en surprise avec ce texte...

Iryane- Nombre de messages: 318
Age: 31
Localisation: là où je dois être ...enfin, sans certitude.
Date d'inscription: 26/01/2010
Re: Exo Alexie : Sortie de route
D’habitude, je ne commente pas un exo que je suis en train de faire, mais là j’ai pris tellement de retard dans l’écriture que je vais passer outre mes réticences.
Je n’ai pas trouvé le texte hors sujet par rapport aux contraintes énoncées, mais plutôt fort éloigné de l’univers de Sherman Alexie. Ce n’est pas du tout une critique, juste une constatation, chacun étant libre d’interpréter l’exercice à sa manière.
J’ai apprécié l’univers décalé de cet homme à la vie coupée par une autoroute, je ne sais pas trop pourquoi, mais ça m’a fait penser aux films de Michel Gondry.
J’aime bien l’amorce du premier paragraphe
La scène d’exhibitionnisme est intéressante, elle cadre bien avec l’atmosphère étrange du récit, mais elle pourrait prendre plus de place dans le texte. Là, j’ai eu un peu l’impression qu’elle passait presque inaperçue, coincée entre deux passages concernant la mère.
Le fait qu’il ne se suicide pas à la fin comme on s’y attend est bien trouvé. J’aime bien le fait que tu termines le texte en reprenant la phrase du début, ça donne un petit côté « la boucle est bouclée » intéressant.
Au final, j’ai apprécié l’univers que tu as choisi et l’originalité de l’histoire. Je suis un peu plus réservée sur le découpage que je trouve fort linéaire et le style parfois redondant. J’ai l’impression qu’il y avait moyen de faire plus poétique avec ce thème.
Je n’ai pas trouvé le texte hors sujet par rapport aux contraintes énoncées, mais plutôt fort éloigné de l’univers de Sherman Alexie. Ce n’est pas du tout une critique, juste une constatation, chacun étant libre d’interpréter l’exercice à sa manière.
J’ai apprécié l’univers décalé de cet homme à la vie coupée par une autoroute, je ne sais pas trop pourquoi, mais ça m’a fait penser aux films de Michel Gondry.
J’aime bien l’amorce du premier paragraphe
, c’est intrigant, bien réussi, car ça donne directement envie de lire la suite. Par contre, le reste de ce paragraphe m’a semblé assez lourd, tu insistes un peu trop à goût sur la déchetterie alors qu’en tant que lectrice je m’étais déjà fait une image mentale du lieu dès les premiers mots.« Passez de l’autre côté ! »
La scène d’exhibitionnisme est intéressante, elle cadre bien avec l’atmosphère étrange du récit, mais elle pourrait prendre plus de place dans le texte. Là, j’ai eu un peu l’impression qu’elle passait presque inaperçue, coincée entre deux passages concernant la mère.
Le fait qu’il ne se suicide pas à la fin comme on s’y attend est bien trouvé. J’aime bien le fait que tu termines le texte en reprenant la phrase du début, ça donne un petit côté « la boucle est bouclée » intéressant.
Au final, j’ai apprécié l’univers que tu as choisi et l’originalité de l’histoire. Je suis un peu plus réservée sur le découpage que je trouve fort linéaire et le style parfois redondant. J’ai l’impression qu’il y avait moyen de faire plus poétique avec ce thème.

abstract- Nombre de messages: 1085
Age: 42
Localisation: La fin - Krzysztof Warlikowski
Date d'inscription: 10/02/2009
Re: Exo Alexie : Sortie de route
Je trouve bienvenu que la nouvelle s’achève sur « passer de l’autre côté » car l’expression comporte au moins un double sens laissant au lecteur la liberté d’interprétation.
D’ailleurs tout le texte me semble sous-tendu par cette idée de frontière, de limite, d’interdit, de convention à— ou ne pas— dépasser. Et je trouve cela fort bien vu.
Perso, j’ai le sentiment que les contraintes sont entièrement respectées avec un bémol cependant pour l’aspect « sous-jacent » qui pourrait de mon point de vue être suggéré avec plus de subtilité.
Quoi qu’il en soit, j’ai pris du plaisir à te lire, Halicante.
D’ailleurs tout le texte me semble sous-tendu par cette idée de frontière, de limite, d’interdit, de convention à— ou ne pas— dépasser. Et je trouve cela fort bien vu.
Perso, j’ai le sentiment que les contraintes sont entièrement respectées avec un bémol cependant pour l’aspect « sous-jacent » qui pourrait de mon point de vue être suggéré avec plus de subtilité.
Quoi qu’il en soit, j’ai pris du plaisir à te lire, Halicante.

Kilis- Nombre de messages: 5534
Age: 65
Date d'inscription: 12/12/2005
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