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Un silence au zénith dans la rue du dépôt, café de la rotonde, effluves d’anisette. Murets des longs jardins, le crépi des façades. Cet aïeul bougon sous l’immense casquette ; sa vieille qui trottine.
Mais comment revenir
Si ce n’est que d’un rêve
Les bribes estompées
Elles vacillent dans l’air
D’un asphalte surchauffé
Des jeunesses arides, dévorées d’insolence : Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été
Un silence au zénith dans la rue du dépôt, café de la rotonde, effluves d’anisette. Murets des longs jardins, le crépi des façades. Cet aïeul bougon sous l’immense casquette ; sa vieille qui trottine.
Mais comment revenir
Si ce n’est que d’un rêve
Les bribes estompées
Elles vacillent dans l’air
D’un asphalte surchauffé
Des jeunesses arides, dévorées d’insolence : Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été

loic- Nombre de messages: 1241
Age: 53
Localisation: auray
Date d'inscription: 11/11/2008

Re: 75
Ambiance...
L'inertie, pesante. Et ce dernier vers, beau, qui véhicule tant et tant d'amertume, l'énergie confrontée à cette même inertie, impression d'une vie ratée.
J'aurais aimé quelque chose d'un peu plus long pour mieux m'imprégner de cette ambiance bien particulière ; en l'état, on semble avoir pris un raccourci.
L'inertie, pesante. Et ce dernier vers, beau, qui véhicule tant et tant d'amertume, l'énergie confrontée à cette même inertie, impression d'une vie ratée.
J'aurais aimé quelque chose d'un peu plus long pour mieux m'imprégner de cette ambiance bien particulière ; en l'état, on semble avoir pris un raccourci.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: 75
easter si tu repasses par ici ....
Un silence au zénith dans la rue du dépôt, café de la rotonde, effluves d’anisette. Murets des longs jardins, le crépi des façades. Cet aïeul bougon sous l’immense casquette ; sa vieille qui trottine.
Le chant d’une scierie, un soleil immobile. Un rideau de plastique au seuil d’une cuisine, le chat. Balançoire figée, ombre du cerisier. L’express qui vient de Nîmes, une mélodie d’essieux.
Margeride horizon, croupes de sapins noirs. La soif des galets, le lit d’un Allier jeune.
Et la fête votive, et le grain de tes jambes. Des hanches qui balancent sous l’amble d’une robe.
Des Juillet sans raison, la course des saisons
Mais comment retenir
Si ce n’est que d’un rêve
Les bribes estompées
Elles vacillent dans l’air de jeunesses arides, dévorées d’insolence
Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été
Un silence au zénith dans la rue du dépôt, café de la rotonde, effluves d’anisette. Murets des longs jardins, le crépi des façades. Cet aïeul bougon sous l’immense casquette ; sa vieille qui trottine.
Le chant d’une scierie, un soleil immobile. Un rideau de plastique au seuil d’une cuisine, le chat. Balançoire figée, ombre du cerisier. L’express qui vient de Nîmes, une mélodie d’essieux.
Margeride horizon, croupes de sapins noirs. La soif des galets, le lit d’un Allier jeune.
Et la fête votive, et le grain de tes jambes. Des hanches qui balancent sous l’amble d’une robe.
Des Juillet sans raison, la course des saisons
Mais comment retenir
Si ce n’est que d’un rêve
Les bribes estompées
Elles vacillent dans l’air de jeunesses arides, dévorées d’insolence
Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été

loic- Nombre de messages: 1241
Age: 53
Localisation: auray
Date d'inscription: 11/11/2008

Re: 75
Merci Loïc d'avoir étoffé le poème pour mieux asseoir l'ambiance d'un jour d'été. Quoique du coup, l'ajout d'éléments de vie et la notion de mouvement modifient à mes yeux l'équilibre, le statu quo initial. Et je regrette le recours quasi systématique à des phrases nominales...
"croupes de sapins noirs."
lapsus ? (vu le vers suivant)
"croupes de sapins noirs."
lapsus ? (vu le vers suivant)

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: 75
Des images, une ambiance, une atmosphère qui viennent titiller ma nostalgie des"jours heureux", pour moi dans les années 50.
Pourquoi le titre "75"? Est-ce l'année de ta propre nostalgie ?
Merci pour ces quelques phrases de poésie pure.
Pourquoi le titre "75"? Est-ce l'année de ta propre nostalgie ?
Merci pour ces quelques phrases de poésie pure.

embellie- Nombre de messages: 1301
Age: 74
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 20/01/2009
Re: 75
Ha, il y a une seconde version :-)
J'aime cette seconde version dans la mesure où elle prolonge certaines images, leur donne plus de force et raconte une autre histoire. Je ne sais pas si je la préfère à la première, j'aime les deux en fait, je les trouve différentes et complémentaires, avec dans les deux cas, ce talent pour dépeindre les atmosphères qui se déploie ici avec élégance.
J'aime cette seconde version dans la mesure où elle prolonge certaines images, leur donne plus de force et raconte une autre histoire. Je ne sais pas si je la préfère à la première, j'aime les deux en fait, je les trouve différentes et complémentaires, avec dans les deux cas, ce talent pour dépeindre les atmosphères qui se déploie ici avec élégance.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: 75
Je trouve les deux versions aussi différentes que voir et respirer. La première, certainement l'effet tète de gondole, m'a d'avantage touché.
J'y lis l'épanchement, comme un genoux qui gonfle d'avoir trop marcher, pourquoi vouloir diminuer la pression de cette vessie? "Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été" casse le feuilleté.
"si ce n'est que d'un rêve", je me sens stupide de buter, vous moqueriez vous de ma bouche trop mécanique?
J'y lis l'épanchement, comme un genoux qui gonfle d'avoir trop marcher, pourquoi vouloir diminuer la pression de cette vessie? "Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été" casse le feuilleté.
"si ce n'est que d'un rêve", je me sens stupide de buter, vous moqueriez vous de ma bouche trop mécanique?
Jérémie- Nombre de messages: 418
Age: 34
Localisation: Sixfeetunder
Date d'inscription: 27/03/2010
Re: 75
Je préfère la première, plus concise, plus percutante, plus austère finalement. Quand la nostalgie se déploie trop, elle perd de sa superbe.
Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup ces phrases nominales assénées comme ça au lecteur, puis, cette phrase-là, surtout, qui termine ta poésie en beauté :
"Des jeunesses arides, dévorées d’insolence :
Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été".
Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup ces phrases nominales assénées comme ça au lecteur, puis, cette phrase-là, surtout, qui termine ta poésie en beauté :
"Des jeunesses arides, dévorées d’insolence :
Elles pleurent doucement à l’ombre d’un été".
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
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Date d'inscription: 14/01/2010
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