Poulet thaï
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Poulet thaï
Emincez finement le poulet, faites-le mariner 5 minutes dans la sauce soja avec la citronnelle émincée finement, puis faites-le sauter au wok à feu vif avec un peu d'huile. Réservez. Coupez en julienne le poivron.
Anne rentre chez elle. Elle est allée faire ses courses chez l’épicier chinois, en bas de sa rue, dans cette boutique à la devanture improbable où de joviaux chats de faïence censés porter bonheur côtoient allègrement de délicats services à saké qui, remplis d’alcool, révèleront des images à fort potentiel érotique. Cette incongruité a toujours amusé Anne. Elle vérifie une dernière fois la liste d’ingrédients qu’elle avait glissée dans la poche arrière de son jeans et constate, rassurée, qu’elle n’a rien oublié. Cette soirée se doit d’être parfaite : elle l’a invité à dîner. Pour la première et la dernière fois. Le dernier repas, la dernière Cène. Elle persifle - à moins de rameuter tous les voisins pour faire office de figurants, ils ne seront que deux à partager le repas. La dernière scène se déroulera dans l’intimité du huis clos. « Mesdames et Messieurs, ce soir, la scène finale se jouera à guichet fermé. Merci de votre compréhension. » Ils ont décidé de commun accord de mettre un terme à…Comment qualifier cette relation plus épistolaire qu’épisodique – même si dans le cas présent, les textos ont remplacé l’encre et le papier. Aventure ? Liaison ? Peu importe, ils ont décidé d’y mettre fin. A l’amiable. C’est risible, comme si le condamné à mort choisissait de son propre chef d’offrir son cou à la lame de la guillotine ?
Emincez les oignons en "rondelles" très fines, hachez l'ail, et faites les fondre à feu doux dans le wok avec un peu d'huile.
Les oignons qu’elle épluche la font pleurer par anticipation. Voyons le côté positif de la chose, les larmes qu’elle verse maintenant ne couleront plus après son départ. Anne lui prépare un festin inoubliable, un met asiatique dont il n’a pas l’habitude et qui marie la saveur épicée du curry vert adoucie par le lait de coco et la coriandre fraîche. En règle générale, il se nourrit plutôt d’entrecôtes saignantes, de plats roboratifs. Elle imagine sa surprise face à la perfection des minuscules épis de maïs et son air appréciateur devant ces anodins tronçons de bois quand il les écrasera entre le pouce et l’index et qu’ils exhaleront le parfum acidulé de la citronnelle. Pour parfaire le tableau, elle a même failli acheter des baguettes. Mais la vision de ses doigts malhabiles et la perspective d’un repas interminable l’en ont dissuadée. Surtout ne pas gâcher la perfection de l’instant. Ils boiront du vin. Anne a mis au frais une bouteille de Chardonnay australien « Yellow Tail », dont le bouquet de citron et de miel ainsi que la finition crémeuse et douce s’accordent parfaitement au menu. Le nom comme l’étiquette les feront rire, il imitera le kangourou. Elle goûtera l’alcool sur ses lèvres, l’arôme du vin masqué par l’inévitable pastis qu’elle lui servira en guise d’apéritif. Il s’abstiendra de fumer.
Ajoutez la pâte de curry vert, mélangez, puis incorporez le lait de coco ainsi que le bouillon de volaille. Augmentez le feu, versez les légumes (pois, haricots gourmands, poivrons émincés) puis le poulet, laissez frémir.
Anne allume la radio. Manque de chance, elle diffuse une émission « Spéciale chansons d’amour ». Tant pis, elle affrontera en souriant ses yeux exagérément levés au ciel et le soupir exaspéré qu’il poussera à chaque slow. Elle lui jurera la main sur le cœur qu’elle n’y est pour rien. Peut-être entendront-ils la chanson des Rita Mitsouko « Les Histoires d’A. » qui leur rappellera l’absurdité de la situation.
Anne peaufine sa tenue avec le même soin qu’elle accorde à sa recette. Epilée, peau exfoliée et adoucie, dentelle noire et guêpière, robe rouge incendiaire. Elle veut que cette couleur s’imprime définitivement sur sa rétine, que tout ce qu’il regardera à l’avenir soit voilé de sang, comme ces images fantômes qui demeurent en surimpression sur les écrans des téléviseurs longtemps après qu’ils fussent éteints. Ce pourpre inhabituel lui va bien, il paraît qu’en Asie c’est la couleur du deuil. Anne reste dans le thème, ce soir elle sera geisha.
Car ils coucheront ensemble, bien entendu. Il vient pour cela après tout et elle-même y trouve largement son compte d’orgasmes à répétition. Feront-ils l’amour ou baiseront-ils ? Il l’a baisée tellement souvent en un seul aller-retour, les mains agrippées à ses hanches. Pour cette dernière nuit, elle sait qu’il a prévu de lui consacrer un peu plus de temps. Sa femme est en vacances. Ils feront donc l’amour en une ultime étreinte. En dessert, Anne lui offrira la sapidité poivrée et la moiteur de son sexe.
Ne cuisez pas plus d'une minute, versez dans un plat ou une assiette préchauffé, parsemez de coriandre et servez immédiatement avec un bon riz Thaï, Basmati, ...
Anne espère qu’il ne remarquera pas la pyramide de livres, l’échelle de mots posée sur le parquet du salon. Ni la corde qu’elle a solidement accrochée à la rambarde de l’escalier. Après son départ, il lui suffira de pousser délicatement du bout des orteils la pile en équilibre instable. Anne sait qu’après avoir franchi le seuil de la porte, il ne se retournera pas.
Note de l’auteur : n’hésitez pas à tester cette succulente recette chez vous. Omettez la corde.
Anne rentre chez elle. Elle est allée faire ses courses chez l’épicier chinois, en bas de sa rue, dans cette boutique à la devanture improbable où de joviaux chats de faïence censés porter bonheur côtoient allègrement de délicats services à saké qui, remplis d’alcool, révèleront des images à fort potentiel érotique. Cette incongruité a toujours amusé Anne. Elle vérifie une dernière fois la liste d’ingrédients qu’elle avait glissée dans la poche arrière de son jeans et constate, rassurée, qu’elle n’a rien oublié. Cette soirée se doit d’être parfaite : elle l’a invité à dîner. Pour la première et la dernière fois. Le dernier repas, la dernière Cène. Elle persifle - à moins de rameuter tous les voisins pour faire office de figurants, ils ne seront que deux à partager le repas. La dernière scène se déroulera dans l’intimité du huis clos. « Mesdames et Messieurs, ce soir, la scène finale se jouera à guichet fermé. Merci de votre compréhension. » Ils ont décidé de commun accord de mettre un terme à…Comment qualifier cette relation plus épistolaire qu’épisodique – même si dans le cas présent, les textos ont remplacé l’encre et le papier. Aventure ? Liaison ? Peu importe, ils ont décidé d’y mettre fin. A l’amiable. C’est risible, comme si le condamné à mort choisissait de son propre chef d’offrir son cou à la lame de la guillotine ?
Emincez les oignons en "rondelles" très fines, hachez l'ail, et faites les fondre à feu doux dans le wok avec un peu d'huile.
Les oignons qu’elle épluche la font pleurer par anticipation. Voyons le côté positif de la chose, les larmes qu’elle verse maintenant ne couleront plus après son départ. Anne lui prépare un festin inoubliable, un met asiatique dont il n’a pas l’habitude et qui marie la saveur épicée du curry vert adoucie par le lait de coco et la coriandre fraîche. En règle générale, il se nourrit plutôt d’entrecôtes saignantes, de plats roboratifs. Elle imagine sa surprise face à la perfection des minuscules épis de maïs et son air appréciateur devant ces anodins tronçons de bois quand il les écrasera entre le pouce et l’index et qu’ils exhaleront le parfum acidulé de la citronnelle. Pour parfaire le tableau, elle a même failli acheter des baguettes. Mais la vision de ses doigts malhabiles et la perspective d’un repas interminable l’en ont dissuadée. Surtout ne pas gâcher la perfection de l’instant. Ils boiront du vin. Anne a mis au frais une bouteille de Chardonnay australien « Yellow Tail », dont le bouquet de citron et de miel ainsi que la finition crémeuse et douce s’accordent parfaitement au menu. Le nom comme l’étiquette les feront rire, il imitera le kangourou. Elle goûtera l’alcool sur ses lèvres, l’arôme du vin masqué par l’inévitable pastis qu’elle lui servira en guise d’apéritif. Il s’abstiendra de fumer.
Ajoutez la pâte de curry vert, mélangez, puis incorporez le lait de coco ainsi que le bouillon de volaille. Augmentez le feu, versez les légumes (pois, haricots gourmands, poivrons émincés) puis le poulet, laissez frémir.
Anne allume la radio. Manque de chance, elle diffuse une émission « Spéciale chansons d’amour ». Tant pis, elle affrontera en souriant ses yeux exagérément levés au ciel et le soupir exaspéré qu’il poussera à chaque slow. Elle lui jurera la main sur le cœur qu’elle n’y est pour rien. Peut-être entendront-ils la chanson des Rita Mitsouko « Les Histoires d’A. » qui leur rappellera l’absurdité de la situation.
Anne peaufine sa tenue avec le même soin qu’elle accorde à sa recette. Epilée, peau exfoliée et adoucie, dentelle noire et guêpière, robe rouge incendiaire. Elle veut que cette couleur s’imprime définitivement sur sa rétine, que tout ce qu’il regardera à l’avenir soit voilé de sang, comme ces images fantômes qui demeurent en surimpression sur les écrans des téléviseurs longtemps après qu’ils fussent éteints. Ce pourpre inhabituel lui va bien, il paraît qu’en Asie c’est la couleur du deuil. Anne reste dans le thème, ce soir elle sera geisha.
Car ils coucheront ensemble, bien entendu. Il vient pour cela après tout et elle-même y trouve largement son compte d’orgasmes à répétition. Feront-ils l’amour ou baiseront-ils ? Il l’a baisée tellement souvent en un seul aller-retour, les mains agrippées à ses hanches. Pour cette dernière nuit, elle sait qu’il a prévu de lui consacrer un peu plus de temps. Sa femme est en vacances. Ils feront donc l’amour en une ultime étreinte. En dessert, Anne lui offrira la sapidité poivrée et la moiteur de son sexe.
Ne cuisez pas plus d'une minute, versez dans un plat ou une assiette préchauffé, parsemez de coriandre et servez immédiatement avec un bon riz Thaï, Basmati, ...
Anne espère qu’il ne remarquera pas la pyramide de livres, l’échelle de mots posée sur le parquet du salon. Ni la corde qu’elle a solidement accrochée à la rambarde de l’escalier. Après son départ, il lui suffira de pousser délicatement du bout des orteils la pile en équilibre instable. Anne sait qu’après avoir franchi le seuil de la porte, il ne se retournera pas.
Note de l’auteur : n’hésitez pas à tester cette succulente recette chez vous. Omettez la corde.

Yellow_Submarine- Nombre de messages: 281
Age: 41
Localisation: Fougères
Date d'inscription: 08/01/2010
Re: Poulet thaï
Une chute un peu attendue, quand même (je me doutais que cela ne se terminerait pas sans drame), et le sujet ne me passionne pas... mais une écriture efficace, fluide, un texte agréable. Bonne recette, je me réjouis que ce soit du poulet et non du lapin !
Mes remarques :
"remplis d’alcool, révéleront des images"
"Ils ont décidé de (d'un ?) commun accord"
"hachez l'ail, et faites-les fondre"
"un mets asiatique"
"qui marie la saveur épicée du curry vert adoucie par le lait de coco et la coriandre fraîche." : ouais, mais il la marie avec quoi, la saveur du curry vert ? Telle quelle, je pense, l'expression est déséquilibrée, incomplète
"les écrans des téléviseurs longtemps après qu’ils sont (tout simplement, "après que" est suivi d'un indicatif) éteints"
"la moiteur de son sexe" : quelle tarte à la crème ! Gros cliché, pour moi, dommage
Mes remarques :
"remplis d’alcool, révéleront des images"
"Ils ont décidé de (d'un ?) commun accord"
"hachez l'ail, et faites-les fondre"
"un mets asiatique"
"qui marie la saveur épicée du curry vert adoucie par le lait de coco et la coriandre fraîche." : ouais, mais il la marie avec quoi, la saveur du curry vert ? Telle quelle, je pense, l'expression est déséquilibrée, incomplète
"les écrans des téléviseurs longtemps après qu’ils sont (tout simplement, "après que" est suivi d'un indicatif) éteints"
"la moiteur de son sexe" : quelle tarte à la crème ! Gros cliché, pour moi, dommage

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
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Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Poulet thaï
Un petit peu déçue par la fin, non pas que je m'y attendais mais j'ai du mal à croire que Anne ait préparé tout d'avance et plus encore qu'elle laisse ce même tout en vue.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Poulet thaï
J'aime beaucoup cette présentation , j'aime beaucoup cette écriture, la fluidité de l'ensemble , la saveur aigre-douce de l'ambiance.
Je n'aime pas la fin...Je la trouve lourde par rapport à ce qui précède...cette corde solidement accrochée à la rambarde.
Un empoisonnement de l'amant peut-être eut été plus convenu mais plus subtil ou un double empoisonnement trés doux , poulet thaï à la morphine
Ca se marie bien ça curry vert lait de coco coriandre et morphine ?
Je ne sais pas et puis je divague...Pourtant trés crédible ton histoire ...puisque :
Dans l'appartement que j'occupe, l'avant dernière occupante s'est pendue suite à un rendez-vous qu'elle y a donné à son amant , un médecin marié !
Quand la réalité rejoint la fiction !
Je n'aime pas la fin...Je la trouve lourde par rapport à ce qui précède...cette corde solidement accrochée à la rambarde.
Un empoisonnement de l'amant peut-être eut été plus convenu mais plus subtil ou un double empoisonnement trés doux , poulet thaï à la morphine
Ca se marie bien ça curry vert lait de coco coriandre et morphine ?
Je ne sais pas et puis je divague...Pourtant trés crédible ton histoire ...puisque :
Dans l'appartement que j'occupe, l'avant dernière occupante s'est pendue suite à un rendez-vous qu'elle y a donné à son amant , un médecin marié !
Quand la réalité rejoint la fiction !

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Poulet thaï
Beaucoup aimé ce texte, en partie en raison des ruptures apportées par les fragments de recette mais surtout parce que c'est bien écrit, la lecture est fluide et captivante.
C'est vrai que la chute peut sembler manquer un peu de piquant mais je ne la remettrais pas en question, je pense plutôt qu'elle aurait pu rester davantage dans l'allusif. C'est la corde qui est de trop, pas son usage.
C'est vrai que la chute peut sembler manquer un peu de piquant mais je ne la remettrais pas en question, je pense plutôt qu'elle aurait pu rester davantage dans l'allusif. C'est la corde qui est de trop, pas son usage.

Roz-gingembre- Nombre de messages: 1094
Age: 49
Date d'inscription: 14/11/2008
Re: Poulet thaï
Roz-gingembre a écrit:(...) je ne la remettrais pas en question [la chute], je pense plutôt qu'elle aurait pu rester davantage dans l'allusif. C'est la corde qui est de trop, pas son usage.
Oui, c'est ça !

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Poulet thaï
Un texte qui se lit agréablement, une écriture qui se tient bien.
Bonne idée, celle d’égrener la recette au fil du récit.
Un peu trop d’insistance, de redondance, à mon goût, ici :
« Pour la première et la dernière fois. Le dernier repas, la dernière Cène. Elle persifle - à moins de rameuter tous les voisins pour faire office de figurants, ils ne seront que deux à partager le repas. La dernière scène se déroulera dans l’intimité du huis clos. « Mesdames et Messieurs, ce soir, la scène finale se jouera à guichet fermé. Merci de votre compréhension. » Ils ont décidé de commun accord de mettre un terme à…Comment qualifier cette relation plus épistolaire qu’épisodique – même si dans le cas présent, les textos ont remplacé l’encre et le papier. Aventure ? Liaison ? Peu importe, ils ont décidé d’y mettre fin. »
• Questionnement perso à propose de l’emploi du terme « improbable » et de sa fréquence — c’est quasi une mode — dans la littérature d’aujourd’hui. Je me demande si ce mot dans son utilisation actuelle ne provient pas de la littérature américaine traduite.
« dans cette boutique à la devanture improbable (…) »
Bonne idée, celle d’égrener la recette au fil du récit.
Un peu trop d’insistance, de redondance, à mon goût, ici :
« Pour la première et la dernière fois. Le dernier repas, la dernière Cène. Elle persifle - à moins de rameuter tous les voisins pour faire office de figurants, ils ne seront que deux à partager le repas. La dernière scène se déroulera dans l’intimité du huis clos. « Mesdames et Messieurs, ce soir, la scène finale se jouera à guichet fermé. Merci de votre compréhension. » Ils ont décidé de commun accord de mettre un terme à…Comment qualifier cette relation plus épistolaire qu’épisodique – même si dans le cas présent, les textos ont remplacé l’encre et le papier. Aventure ? Liaison ? Peu importe, ils ont décidé d’y mettre fin. »
• Questionnement perso à propose de l’emploi du terme « improbable » et de sa fréquence — c’est quasi une mode — dans la littérature d’aujourd’hui. Je me demande si ce mot dans son utilisation actuelle ne provient pas de la littérature américaine traduite.
« dans cette boutique à la devanture improbable (…) »

Kilis- Nombre de messages: 5679
Age: 66
Localisation: "Nageur", Charles Matton
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Poulet thaï
Quel plaisir quand à un style agréablement gouleyant on ajoute une bonne recette !
Dommage que la fin soit un peu décevante. Suicide ou meurtre me sembleraient pareillement conventionnels, d'ailleurs.
Et la répétition : Emincez finement le poulet, faites-le mariner 5 minutes dans la sauce soja avec la citronnelle émincée finement me gêne.
Dommage que la fin soit un peu décevante. Suicide ou meurtre me sembleraient pareillement conventionnels, d'ailleurs.
Et la répétition : Emincez finement le poulet, faites-le mariner 5 minutes dans la sauce soja avec la citronnelle émincée finement me gêne.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Amertume et dérision.
Intéressante superposition de ces extraits de recette avec le récit. Comme si on nous donnait là une "recette de l'échec", une version moderne de l'Ultrasolution à la Wastlawik. Désespoir chargé d'autodérision, prémédité, comme si le suicide n'était pas tant considéré comme un acte personnel mais une mise en scène, une "performance", de l'art conceptuel. La touche finale à ce dîner si minutieusement préparé. J'ai cru tout le long que c'était l'invité qui finirait mal.
Une sauce douce-amère où l'amertume l'emporterait, pour finalement mettre le feu au palais et faire regretter l'agape.
Le tout servi avec art, délicieusement mijoté, une langue comme on aime en lire, subtile et efficace, raffinée mais sans ostentation.
A déguster sans modération.
Ubik.
Une sauce douce-amère où l'amertume l'emporterait, pour finalement mettre le feu au palais et faire regretter l'agape.
Le tout servi avec art, délicieusement mijoté, une langue comme on aime en lire, subtile et efficace, raffinée mais sans ostentation.
A déguster sans modération.
Ubik.

ubikmagic- Nombre de messages: 949
Age: 50
Localisation: ... dans le sud, peuchère !
Date d'inscription: 13/12/2009

Re: Poulet thaï
C'est bien mené, et l'attitude "détachée" bien rendue. J'aime bien ça, quand les gestes, les pensées ne montrent que calme, mais laissent deviner le chaos intérieur.
J'ai tiqué aux dernières lignes. La corde. Moi aussi. Mais en fait, je ne crois pas que ce soit la corde en elle même.
Ni la corde qu’elle a solidement accrochée à la rambarde de l’escalier.
Plutôt la rambarde de l'escalier. C'est cette image d'escaliers qui m'a un peu distraite.
je me suis tout de go demandé "quel escalier" ? un duplex ? un immeuble, et si c'est dans un immeuble, la corde etc.
voilà exactement ce qui m'est venu, comme ça... mais pas le questionnement du lecteur pris par l'intrigue, mais plutôt quand il sent une incohérence quelque part.
mais ce n'est pas grand-chose.
J'ai tiqué aux dernières lignes. La corde. Moi aussi. Mais en fait, je ne crois pas que ce soit la corde en elle même.
Ni la corde qu’elle a solidement accrochée à la rambarde de l’escalier.
Plutôt la rambarde de l'escalier. C'est cette image d'escaliers qui m'a un peu distraite.
je me suis tout de go demandé "quel escalier" ? un duplex ? un immeuble, et si c'est dans un immeuble, la corde etc.
voilà exactement ce qui m'est venu, comme ça... mais pas le questionnement du lecteur pris par l'intrigue, mais plutôt quand il sent une incohérence quelque part.
mais ce n'est pas grand-chose.

Reginelle- Nombre de messages: 1763
Age: 61
Localisation: à l'ombre d'un cerisier
Date d'inscription: 07/03/2008
Re: Poulet thaï
J'aurais beaucoup aimé qu'elle appelle son amant "mon poulet", qu'on découvre une nouvelle manière de cuisiner des organes génitaux... à la thaï.
Jérémie- Nombre de messages: 418
Age: 34
Localisation: Sixfeetunder
Date d'inscription: 27/03/2010
Re: Poulet thaï
Je ne sais pas si j'aurais aimé, mais en tous cas, je l'ai vu moi aussi partir dans cette direction.
Bah, une autre fois, peut-être ? Les cuisiniers talentueux ne manquent pas ici.
Ubik.
Bah, une autre fois, peut-être ? Les cuisiniers talentueux ne manquent pas ici.
Ubik.

ubikmagic- Nombre de messages: 949
Age: 50
Localisation: ... dans le sud, peuchère !
Date d'inscription: 13/12/2009

Re: Poulet thaï
Joli texte économe, fluide, bien écrit. Effectivement, la corde gagnerait peut-être à être un peu moins visible, à faire un peu moins ficelle...

silene82- Nombre de messages: 3560
Age: 54
Localisation: par là
Date d'inscription: 30/05/2009
Re: Poulet thaï
Cuisiner est un acte d'amour qui, pour moi, est incompatible avec la préparation d'un suicide.
Par contre, texte très bien écrit et j'ai beaucoup aimé l'originalité de la recette égrenée entre les paragraphes.
Par contre, texte très bien écrit et j'ai beaucoup aimé l'originalité de la recette égrenée entre les paragraphes.

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Poulet thaï
pas mal du tout
bonne idée
juste la toute fin, je n'ai pas bien compris, en tout cas pas instantanément, comment elle allait arriver à ses fins avec une pile de bouquins dans le salon et une corde dans l'escalier
mais bon
un détail : les Thaïs ne mangent pas avec des baguettes, ou alors tu t'es égaré par mégarde dans China Town à Bangkok ;-)
bonne idée
juste la toute fin, je n'ai pas bien compris, en tout cas pas instantanément, comment elle allait arriver à ses fins avec une pile de bouquins dans le salon et une corde dans l'escalier
mais bon
un détail : les Thaïs ne mangent pas avec des baguettes, ou alors tu t'es égaré par mégarde dans China Town à Bangkok ;-)

mentor- Nombre de messages: 19026
Age: 33
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – — -
Date d'inscription: 12/12/2005

Re: Poulet thaï
Pas aimé la fin non plus. J'ai eu une impression de "je ne sais pas quoi écrire comme chute, alors je me rabats sur la mort" ; c'est peut-être personnel.
Pour le reste, ton texte me plaît beaucoup. La recette nous ramène sans cesse au point de départ, et puis on repart dans une nouvelle idée, à chaque fois différente, comme pour dire : voyez tout ce que contient cette scène anodine, une femme qui cuisine. J'aime bien aussi le détachement avec lequel le narrateur s'exprime, blasé, indifférent.
Une lecture agréable =)
Pour le reste, ton texte me plaît beaucoup. La recette nous ramène sans cesse au point de départ, et puis on repart dans une nouvelle idée, à chaque fois différente, comme pour dire : voyez tout ce que contient cette scène anodine, une femme qui cuisine. J'aime bien aussi le détachement avec lequel le narrateur s'exprime, blasé, indifférent.
Une lecture agréable =)

Kash Prex- Nombre de messages: 1481
Age: 23
Localisation: Mitilini (Grèce) kash_prex@hotmail.fr
Date d'inscription: 17/09/2007

Re: Poulet thaï
La fin peut-être un poil trop attendue, mais enfin, en adéquation parfaite avec le reste. Toujours cette élégance dans ton écriture, qui n'en fait pas des tonnes, qui va à l'essentiel tout en restant très délicate.
J'ai encore une fois vraiment apprécié.
Et je peux maintenant dire que je suis un inconditionnel de Yellow Submarine.
J'ai encore une fois vraiment apprécié.
Et je peux maintenant dire que je suis un inconditionnel de Yellow Submarine.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Poulet thaï
Bonjour Yellow_Sub,
J'ai bien aimé cette histoire dans l'ensemble, mais le tout est à mon avis pas mal à retravailler...
Comme l'a souligné Pili, j'ai trouvé la redondance omniprésente dans l'introduction du récit (ou l'incipit comme qu'il dirait mon griegounet)...
Il y a même de la double voire triple redondance parfois !
En plus des trois « dernière dernier dernière » pour moi, La Cène est par définition un dernier repas...
La selon moi opposition m'a un peu gêné ; au début, la citronnelle est émincée finement puis par la suite elle devient tronçon de bois... Pour moi, un tronçon est quelque chose d'un peu plus large qu'un ingrédient émincé finement, mais je peux me tromper... De plus, en général, dans la plupart des recettes, la citronnelle n'est là que pour parfumer le plat, on l'enlève bien souvent de la préparation finale ou on la mixe avec la sauce... (Mais je ne connais pas cette recette alors pourquoi pas...)
Dans ce passage je suis assez perplexe... Je trouve que Anne aurait pu préparer un cocktail maison ou je ne sais quoi encore, mais pas son inévitable pastis puisqu'elle a l'air de vouloir le surprendre pour cette soirée un peu spéciale...
Ici, j'aurais plutôt versé le lait de coco et incorporé les légumes... De plus, je connais les pois gourmands ou mange-tout, mais pas les haricots gourmands, ce qui ne veut pas dire que ça n'existe pas !
J'ai trouvé ce passage est un peu superflu...
Ça se dit sûrement, je ne suis pas un spécialiste de la concordance des temps, mais j'ai trouvé ça lourd comme phrase...
Pour moi, si elle a réussi à monter dessus pour accéder à la corde, c'est que la pile était stable, mais bon, je chipote sûrement...
Voilà, j'ai fini mon commentaire et ça m'a pris un temps fou alors que j'ai pas rien dit, j'espère donc que une ou deux remarques te seront utiles sans aucune prétention de ma part...
J'ai bien aimé cette histoire dans l'ensemble, mais le tout est à mon avis pas mal à retravailler...
Comme l'a souligné Pili, j'ai trouvé la redondance omniprésente dans l'introduction du récit (ou l'incipit comme qu'il dirait mon griegounet)...
Il y a même de la double voire triple redondance parfois !
dernière fois. Le dernier repas, la dernière Cène
En plus des trois « dernière dernier dernière » pour moi, La Cène est par définition un dernier repas...
avec la citronnelle émincée finement/devant ces anodins tronçons de bois quand il les écrasera entre le pouce et l’index et qu’ils exhaleront le parfum acidulé de la citronnelle.
La selon moi opposition m'a un peu gêné ; au début, la citronnelle est émincée finement puis par la suite elle devient tronçon de bois... Pour moi, un tronçon est quelque chose d'un peu plus large qu'un ingrédient émincé finement, mais je peux me tromper... De plus, en général, dans la plupart des recettes, la citronnelle n'est là que pour parfumer le plat, on l'enlève bien souvent de la préparation finale ou on la mixe avec la sauce... (Mais je ne connais pas cette recette alors pourquoi pas...)
l’arôme du vin masqué par l’inévitable pastis qu’elle lui servira en guise d’apéritif.
Dans ce passage je suis assez perplexe... Je trouve que Anne aurait pu préparer un cocktail maison ou je ne sais quoi encore, mais pas son inévitable pastis puisqu'elle a l'air de vouloir le surprendre pour cette soirée un peu spéciale...
Ajoutez la pâte de curry vert, mélangez, puis incorporez le lait de coco ainsi que le bouillon de volaille. Augmentez le feu, versez les légumes (pois, haricots gourmands,
Ici, j'aurais plutôt versé le lait de coco et incorporé les légumes... De plus, je connais les pois gourmands ou mange-tout, mais pas les haricots gourmands, ce qui ne veut pas dire que ça n'existe pas !
J'ai trouvé ce passage mal construit, mais je suis pas un spécialiste de la construction !Anne allume la radio. Manque de chance, elle diffuse une émission
Peut-être entendront-ils la chanson des Rita Mitsouko « Les Histoires d’A. » qui leur rappellera l’absurdité de la situation.
J'ai trouvé ce passage est un peu superflu...
ce qu’il regardera à l’avenir soit voilé de sang, comme ces images fantômes qui demeurent en surimpression sur les écrans des téléviseurs longtemps après qu’ils fussent éteints.
Ça se dit sûrement, je ne suis pas un spécialiste de la concordance des temps, mais j'ai trouvé ça lourd comme phrase...
Après son départ, il lui suffira de pousser délicatement du bout des orteils la pile en équilibre instable
Pour moi, si elle a réussi à monter dessus pour accéder à la corde, c'est que la pile était stable, mais bon, je chipote sûrement...
Voilà, j'ai fini mon commentaire et ça m'a pris un temps fou alors que j'ai pas rien dit, j'espère donc que une ou deux remarques te seront utiles sans aucune prétention de ma part...

Peter Pan- Nombre de messages: 3699
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Date d'inscription: 16/04/2009
Re: Poulet thaï
Peter Pan a écrit:J'ai trouvé ce passage mal construit, mais je suis pas un spécialiste de la construction !Anne allume la radio. Manque de chance, elle diffuse une émission
Précision pour Yellow...
c'est pas vraiment que c'est mal construit, mais c'est un peu comme éteindre la lumière, c'est plutôt l'expression qui me gêne même si tout le monde le dit...

Peter Pan- Nombre de messages: 3699
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