Photographies
Page 1 sur 1 • Partager •
jaon doe- Nombre de messages: 235
Age: 101
Localisation: Pseudonyme de publication commun, à la disposition de tous ceux qui veulent. Pour obtenir son mot de passe, vous pouvez envoyer un mail à Procuste à partir de son profil.
Date d'inscription: 05/02/2010
Re: Photographies
Quoique assez réservé ordinairement sur ce qui s'apparente à la SF, j'ai bien aimé l'idée centrale, et la façon de l'utiliser, avec des retours, des interrogations, qui permettent de sortir du strict récit construit autour d'une étrangeté qui lui confère sa fictionnalité.
Une apparente maladresse même dans la façon de conduire le récit lui donne, curieusement, beaucoup d'humanité, de relief et de charme. Personnellement, j'aime beaucoup, cette atmosphère un peu plombée dans laquelle vivre, en définitive, se résume à se conformer à un échéancier.
A vous lire encore.
Une apparente maladresse même dans la façon de conduire le récit lui donne, curieusement, beaucoup d'humanité, de relief et de charme. Personnellement, j'aime beaucoup, cette atmosphère un peu plombée dans laquelle vivre, en définitive, se résume à se conformer à un échéancier.
A vous lire encore.

silene82- Nombre de messages: 3560
Age: 54
Localisation: par là
Date d'inscription: 30/05/2009
Re: Photographies
Je ne suis pas une fan de SF non plus mais l'idée de l'échéancier dans le cordon m'a plue et le décalage entre la mère et le reste de sa famille, son insatisfaction...j'ai beaucoup aimé

Yellow_Submarine- Nombre de messages: 281
Age: 41
Localisation: Fougères
Date d'inscription: 08/01/2010
Re: Photographies
Pas mal aimé non plus. Je trouve que la narration et les personnages manquent fichtrement de chaleur (sauf la mère, presque attendrissante de doute et d'humanité), c'est délibéré je m'en doute. De même il me semble que la transition d'une étape à l'autre ne s'effectue pas dans les meilleures conditions, mais cela correspond peut-être à un parti-pris.
Un déterminisme qui fait froid dans le dos.
Un déterminisme qui fait froid dans le dos.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Photographies
Je la trouve plutôt lucide, cette mère. La seule d'ailleurs. Pleinement consciente de l'absurdité dans laquelle ils vivent, de la cruauté de certaines révélations. Qui aimerait vivre, ou vivrait sereinement en connaissant la date exacte de sa mort ? Ou celle d'un être cher ?
Enfermement, c'est la sensation que j'ai ressentie. Et cette belle évasion : dans le ciel, des milliers d'étoiles.
SF, oui, (ou ce que l'on peut appeler comme ça) mais je ne sais pas (ou ne pense pas) que cela ait une réelle importance. L'aspect "futuriste" n'est précisé qu'à la fin, par l'indication sur "astéroïde géostationnaire "... Je crois que, si l'on s'en donnait la peine, on pourrait trouver une corrélation avec certaines situations bien actuelles.
Bravo.
Enfermement, c'est la sensation que j'ai ressentie. Et cette belle évasion : dans le ciel, des milliers d'étoiles.
SF, oui, (ou ce que l'on peut appeler comme ça) mais je ne sais pas (ou ne pense pas) que cela ait une réelle importance. L'aspect "futuriste" n'est précisé qu'à la fin, par l'indication sur "astéroïde géostationnaire "... Je crois que, si l'on s'en donnait la peine, on pourrait trouver une corrélation avec certaines situations bien actuelles.
Bravo.

Reginelle- Nombre de messages: 1763
Age: 61
Localisation: à l'ombre d'un cerisier
Date d'inscription: 07/03/2008
Re: Photographies
Oui, belle idée, bien développée. Le texte est parfaitement réussi parce qu'il laisse une impression de malaise : comme si on y était presque.
Cette science-fiction-là, ce n'est pas pour dans longtemps, mais pour demain.
C'est pourquoi cette histoire nous touche d'autant plus.
Cette science-fiction-là, ce n'est pas pour dans longtemps, mais pour demain.
C'est pourquoi cette histoire nous touche d'autant plus.

Plotine- Nombre de messages: 1988
Age: 69
Date d'inscription: 01/08/2009
Re: Photographies
C’est un texte qui commence après un point final. Longtemps après que les histoires ont disparu. Longtemps après le roman. Ce texte est l’histoire d’un monde dans lequel plus aucune histoire n’est possible.
Dans cet univers où l’auteur ( Socque, bien sûr ) sobrement nous invite, chacun possède son « échéancier ». Rien de très nouveau dans cette idée. Il répond à une croyance très ancienne, celle d’une prédestination, d’une vie déjà entièrement écrite à l’avance. Il y a juste déplacement. Le texte d’une vie, on croit traditionnellement pouvoir le lire dans les lignes d’une main, les signes du zodiaque, les cartes du tarot, les entrailles d’un animal ou dans une boule de cristal. Jacques le fataliste de Diderot ne cesse de s’exclamer : « c’était écrit là-haut », ici on peut dire : « c’était écrit dans le cordon ombilical ». Déplacement et radicalisation : ce ne sont pas les grandes lignes d’une vie, ou quelques événements marquants qui peuvent être lus, mais le vécu de chaque jour, jusqu’au moment de la mort.
La traduction du texte ombilical est effectuée par un ordinateur, c’est dire qu’il est semblable à un programme informatique. Chacun est programmé pour une vie qu’il n’a pas choisie, qu’il n’aura jamais à choisir. Le temps n’est que le déploiement de ce qui est donné d’avance, le déroulement de ce qui est déjà, avant le temps, dans une éternité figée.
L’histoire de chacun est déjà écrite, et chacun n’est que l’acteur d’un scénario dont il n’est en rien l’auteur. L’histoire pré-écrite empêche chacun de vivre une histoire.
Paradoxalement, la découverte de l’ « échéancier » s’est faite au hasard. Hasard d’une découverte de ce qui nie tout hasard. Si tout est écrit d’avance, nulle place, en effet, pour l’aléatoire.
Ainsi, avec l’ « échéancier », tout le futur est connu d’avance. L’avenir est nié, en ce qu’il suppose d’ouvert, d’indéterminé, de temps à inventer.
L’échéancier ne laisse plus de doute sur le futur, la fiabilité de sa prédiction a reçu la caution scientifique. Autrefois, la croyance dans la prédestination s’accompagnait d’une part d’ignorance. « Les voies du Seigneur sont impénétrables » disait-on. Désormais, l’échéancier supprime toute ignorance. Les voies du Seigneur, l’auteur de toutes les histoires, sont connues avec certitude en leurs moindres méandres.
Avec les photographies, c’est tout le passé qui est conservé. Pourtant rien du passé, en principe, ne peut être oublié, il suffit de consulter l’échéancier porteur des trois dimensions du temps : passé, présent et futur. La photographie apporte en plus l’image. Texte et image d’une vie. Mais il y a possibilité, non pas de constituer un simple album de photos souvenirs, mais des « animations », un diaporama, un film donc de la vie écoulée. Le texte du destin reçoit son illustration.
D’un seul coup, resserrée en quelques instants, c’est toute une vie qui peut se donner à lire et à voir. Le présent contient tout le futur et tout le passé. Il les contient, et par là-même les nie. Le passé n’est plus passé, il ne passe plus, à chaque instant il peut être rappelé ; le futur n’est pas à venir, il est déjà là, tout écrit, à chaque instant consultable.
C’est le temps qui est tué par ce savoir. Occis, le passé ; décédé, l’avenir. Il n’y a plus que le présent qui déroule une éternité.
Et c’est le temps des histoires qui est mort. Il n’y a plus d’attentes et d’espérances ; plus de péripéties, avec leur part d’inattendu, de surprise, de suspens ; plus de jaillissements d’imprévisibles nouveautés. Plus d’histoires à vivre, plus d’histoires à raconter.
Texte très intéressant qui mérite d’être lu attentivement, et même relu. J’ai aimé ton texte, Socque.
PS : j'émettrais juste une réserve pour le titre, que je trouve peu approprié.
Dans cet univers où l’auteur ( Socque, bien sûr ) sobrement nous invite, chacun possède son « échéancier ». Rien de très nouveau dans cette idée. Il répond à une croyance très ancienne, celle d’une prédestination, d’une vie déjà entièrement écrite à l’avance. Il y a juste déplacement. Le texte d’une vie, on croit traditionnellement pouvoir le lire dans les lignes d’une main, les signes du zodiaque, les cartes du tarot, les entrailles d’un animal ou dans une boule de cristal. Jacques le fataliste de Diderot ne cesse de s’exclamer : « c’était écrit là-haut », ici on peut dire : « c’était écrit dans le cordon ombilical ». Déplacement et radicalisation : ce ne sont pas les grandes lignes d’une vie, ou quelques événements marquants qui peuvent être lus, mais le vécu de chaque jour, jusqu’au moment de la mort.
La traduction du texte ombilical est effectuée par un ordinateur, c’est dire qu’il est semblable à un programme informatique. Chacun est programmé pour une vie qu’il n’a pas choisie, qu’il n’aura jamais à choisir. Le temps n’est que le déploiement de ce qui est donné d’avance, le déroulement de ce qui est déjà, avant le temps, dans une éternité figée.
L’histoire de chacun est déjà écrite, et chacun n’est que l’acteur d’un scénario dont il n’est en rien l’auteur. L’histoire pré-écrite empêche chacun de vivre une histoire.
Paradoxalement, la découverte de l’ « échéancier » s’est faite au hasard. Hasard d’une découverte de ce qui nie tout hasard. Si tout est écrit d’avance, nulle place, en effet, pour l’aléatoire.
Ainsi, avec l’ « échéancier », tout le futur est connu d’avance. L’avenir est nié, en ce qu’il suppose d’ouvert, d’indéterminé, de temps à inventer.
L’échéancier ne laisse plus de doute sur le futur, la fiabilité de sa prédiction a reçu la caution scientifique. Autrefois, la croyance dans la prédestination s’accompagnait d’une part d’ignorance. « Les voies du Seigneur sont impénétrables » disait-on. Désormais, l’échéancier supprime toute ignorance. Les voies du Seigneur, l’auteur de toutes les histoires, sont connues avec certitude en leurs moindres méandres.
Avec les photographies, c’est tout le passé qui est conservé. Pourtant rien du passé, en principe, ne peut être oublié, il suffit de consulter l’échéancier porteur des trois dimensions du temps : passé, présent et futur. La photographie apporte en plus l’image. Texte et image d’une vie. Mais il y a possibilité, non pas de constituer un simple album de photos souvenirs, mais des « animations », un diaporama, un film donc de la vie écoulée. Le texte du destin reçoit son illustration.
D’un seul coup, resserrée en quelques instants, c’est toute une vie qui peut se donner à lire et à voir. Le présent contient tout le futur et tout le passé. Il les contient, et par là-même les nie. Le passé n’est plus passé, il ne passe plus, à chaque instant il peut être rappelé ; le futur n’est pas à venir, il est déjà là, tout écrit, à chaque instant consultable.
C’est le temps qui est tué par ce savoir. Occis, le passé ; décédé, l’avenir. Il n’y a plus que le présent qui déroule une éternité.
Et c’est le temps des histoires qui est mort. Il n’y a plus d’attentes et d’espérances ; plus de péripéties, avec leur part d’inattendu, de surprise, de suspens ; plus de jaillissements d’imprévisibles nouveautés. Plus d’histoires à vivre, plus d’histoires à raconter.
Texte très intéressant qui mérite d’être lu attentivement, et même relu. J’ai aimé ton texte, Socque.
PS : j'émettrais juste une réserve pour le titre, que je trouve peu approprié.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: Photographies
Un monde où l'on n'oublierait plus rien, où l'avenir serait sans surprise. Louis le dit bien mieux que je ne saurais le faire :
Un cauchemar que la mère, seul être vraiment "humain" de cette histoire, vomit comme comme j'aurais envie de le faire.
Efficace et glaçant ! J'aurais tellement aimé un bouleversement quelconque sur la fin ... mais c'était absolument impossible, l'échéancier ne l'avait pas prévu. Que le hasard nous préserve de telles découvertes !
Le passé n’est plus passé, il ne passe plus, à chaque instant il peut être rappelé ; le futur n’est pas à venir, il est déjà là, tout écrit, à chaque instant consultable.
Un cauchemar que la mère, seul être vraiment "humain" de cette histoire, vomit comme comme j'aurais envie de le faire.
Efficace et glaçant ! J'aurais tellement aimé un bouleversement quelconque sur la fin ... mais c'était absolument impossible, l'échéancier ne l'avait pas prévu. Que le hasard nous préserve de telles découvertes !

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Photographies
Quel cauchemar que ce monde où tout est cliniquement contrôlé, régulé, où chaque parcelle de l'existence est soumise au poids du déterminisme : tout est écrit d'avance et rien n'y fait, il faut s'y accoutumer.
Avec les photographies, on ressent bien que l'être qui les subit... est dépouillé de son soi, de son intimité, exposée aux yeux de tous.
L'écriture froide dessert parfaitement ce sujet, qui semble vous tenir à cœur.
Pour ma part, je trouve le titre parfaitement approprié. Puis, j'aime beaucoup l'approche différente pour aborder le thème du fatalisme ; ça nous change, et comme souvent avec vous, c'est accommodé à la sauce "science-fiction". Étonnamment, j'adore.
Avec les photographies, on ressent bien que l'être qui les subit... est dépouillé de son soi, de son intimité, exposée aux yeux de tous.
L'écriture froide dessert parfaitement ce sujet, qui semble vous tenir à cœur.
Pour ma part, je trouve le titre parfaitement approprié. Puis, j'aime beaucoup l'approche différente pour aborder le thème du fatalisme ; ça nous change, et comme souvent avec vous, c'est accommodé à la sauce "science-fiction". Étonnamment, j'adore.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Photographies
Cette quête de connaissance de l'homme qui le rend à tout jamais prisonnier de ce qu'il découvre, son destin comme un boulet éternel , c'est bien vu. Implacable. Puisque même si une perte de connaissance serait souhaitable, dernier vertige, dernière liberté, celle ci serait de fait programmée elle aussi.
Les personnages n'ont plus comme objectif que de se regarder vivre , chaque photo est comme une cellule d'isolement, vies exposées,vies cadrées, juste parfois peut être un léger soulèvement des tripes...
Un texte efficace dont le sujet nous glace les sangs...
Les personnages n'ont plus comme objectif que de se regarder vivre , chaque photo est comme une cellule d'isolement, vies exposées,vies cadrées, juste parfois peut être un léger soulèvement des tripes...
Un texte efficace dont le sujet nous glace les sangs...

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Photographies
Bien écrit, avec une distance qui contribue à dénaturer l'humain quand il a perdu le mystère de la vie.
Heureusement la mère.
Un petit bémol quant aux transitions.
En fait je ne suis pas si sure que ce soit de la distance, n'est-ce pas plutôt du désabusement?
Heureusement la mère.
Un petit bémol quant aux transitions.
En fait je ne suis pas si sure que ce soit de la distance, n'est-ce pas plutôt du désabusement?

Roz-gingembre- Nombre de messages: 1094
Age: 49
Date d'inscription: 14/11/2008
Sujets similaires» Expo photos : Photographies de Jazz en mouvement à Koekelberg
» [photographies & affiches] JR
» Expo photo : Salon de photographies à Tihange
» Galerie Pringles - Photographies
» CONCOURS DE PHOTOGRAPHIES SKY PRODS
» [photographies & affiches] JR
» Expo photo : Salon de photographies à Tihange
» Galerie Pringles - Photographies
» CONCOURS DE PHOTOGRAPHIES SKY PRODS
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Accueil
Conversations
Prose
Poésie
Catalogue
FAQ
Rechercher
S'enregistrer
Groupes
Connexion



