L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
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L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
http://www.vosecrits.com/forum-vos-ecrits-prose-f1/lhomme-qui-regardait-passer-les-voitures-episode-4-t6436.htm
Résumé des épisodes précédents:
Robert dit Bébert est enfin devenu Monsieur Robert. Si les gains du Loto l’ont sortit de l’usine, un malheureux accident de la route vient de faire de lui “Le Paraplégique de la jet set”. Heureusement il roule vers son destin poussé par l’infirmier à tout faire Malik, au sourire éclatant.
Monsieur Robert commence à rêver de dominer le monde.
“Dominer le monde, soit, mais comment ?”
Ainsi pense notre héros la tête appuyée sur le douillet coussin en mousse pur latex recouvert de cuir de chevreau grège multipore.
Les yeux rêveusement divaguants dans le paysage des diodes rouges et vertes du tableau de bord de son fauteuil électronique, à l’orée du sommeil, il se croit aux commandes d’un nostalgique bombardier transporteur de troupes Tupolev TU 95 “Bear” , substitut hyperbolique et onirique - beau comme un film d’Howard Hawks - de la MGB verte partie à la ferraille.
Bercé par la chevauchée des Walkyries, il se laisse aller à avoir envie d’envahir la Californie(1) (…et donc les États-Unis, et donc les Amériques - Centrale et du Sud - et donc les Maldives et le continent Australien (créer une base en passant à Cape Town, ça peut servir ; vérifier sur Google Earth), et donc la Grande-Bretagne, et donc l’Europe, dont la Pologne, et évidemment l’Afrique, dont L’Égypte, ce qui permet d’annexer Israël et de faire se rabibocher les Ayatollahs et les Talibans pour mettre une pâtée aux Indiens et à toutes les civilisations environnantes composées d’agités empilés dans les bus et dans les trains pour enfin pénétrer en Russie, puis en Chine. Attention de ne pas oublier en passant d’annexer le Japon : ces gens là peuvent être dangereux…).
Bien entendu, l’idée de dominer le monde par la force brutale était attirante. Mais lorsqu’on ne peut pas bouger autre choses que quelques minuscules morceaux de son corps pas plus gros ni plus durs de des saucisses de Strasbourg (ou de Francfort selon qu’on est l’hiver ou l’été), il faut tout de même réfléchir avant d’agir.
Il y avait bien l’hypothèse du savant fou et Monsieur Robert se serait incarné avec enthousiasme dans ce personnage. Son état d’infirme motorisé , son assistant exotique, sa voix nasillarde, tout lui semblait concourir à la réalisation de ce rêve… mais voilà : savant il n’était pas ! Et apprendre à son âge lui semblait hors de portée. Il renonça donc assez vite à l’idée de posséder un repaire sous marin dans le triangle des Bermudes et, concomitamment, à se rendre l’heureux possesseur d’un sous marin nucléaire de poche. S’il avait besoin de la science, elle ne semblait pas, elle, avoir besoin de lui.
Pour l’instant il en était plutôt le prisonnier ; et l’otage de Martin-Delabotte. Ce dernier en avait profité pour accéder au statut envié d’orthopédiste des stars (cf. Moto Revue). Notons en passant que l’oncle de Robert (Le Toubib), était devenu une sorte d'impresario gérant la carrière médiatique du chirurgien. Il était défrayé largement pour cela par les Merceries Delabotte dont le rachat par des fonds de pension outre atlantique n’empêchait pas la poursuite d’habiles stratégies de communication spécifiques à l’Europe, qui, nous pouvons déjà le deviner, ne tarderont pas à prendre une dimension mondiale ; mais sans le toubib dont l'alcoolisme chronique serait jugé incompatible avec le marché américain où les ligues morales représentaient presque 2% du marché.
Autre piste : la finance. Dominer le monde de l’argent, n’est ce pas dominer le monde tout court? Ce ne sont pas les idées qui manquent pour gagner gros ; surtout quand on est déjà riche. Acheter des blue-jeans à Mexico, les revendre à Saint-Tropez par exemple. Ou bien récupérer gratuitement (voir en se faisant payer pour le faire) des stocks russes de viande contaminée par des radiations nucléaires et les vendre sous forme de conserves bon marché au Bangladesh, y acheter du cuivre de récupération et faire souder des circuits imprimés sur des semelles de baskets fluorescentes par des enfants rapides, adroits, affamés, aveugles, sourds et muets, etc. Il avait été contacté dans ce sens par Solidarité Interhandicap Intercultures (SIHI), une ONG-NA (Organisation Non Gouvernementale Non Agrée), internationalement reconnue, dont le siège social est au Costa Rica. Une institution fondée, semble-t-il, par la branche interprofessionnelle des exportateurs de textiles européens pour lutter contre l’envahissement de leur marché par les Chinois. Le but humanitaire avoué (et louable) était d’obtenir dans les dix années à venir une augmentation des salaires de six roupies par mois (dix centimes d’Euro, pour ces gens là c’est énorme!).
Mais la chose n’avait pas eu de suite car le jeune homme aux cheveux gominés qui l’avait approché, manifestement un débile léger, avait été interpellé par la police de l’air et des frontières rue de Gand à Neuville-en-Ferrain alors qu’il rentrait par le chemin des écoliers d’un week-end en Coffee Shop à Amsterdam au volant de sa Jaguar (douze kilos de résine de cannabis pure dans la roue de secours).
Tout cela avait quelque chose de fatiguant. Il fallait s’occuper de la forme juridique, connaître les règles du commerce international pour pouvoir les contourner ; peut-être lire un journal économique et suivre les cours de la bourse. Quand il évoquait cette hypothèse devant Malik , celui-ci se contentait d’éclater de rire en agitant sa belle main souple au dessus de sa tête comme s’il voulait en chasser une mouche.
Monsieur Robert se rendait peu à peu compte que dominer le monde était un vrai boulot. De plus, en révisant ses classiques (de Blake et Mortimer à South Park en passant par Robert Louis Stevenson) pour y trouver de l’inspiration, il commençait à réaliser qu’aucun de ces véridiques et géniaux personnages (Septimus, Miloch, Zorglub, Boutardieu, Rastapopoulos, Mabuse, No, Nemo, Cornélius, Ox, Folamour, Nygma, Lex Luthor, Méphisto (ah! South Park!) et autres Frankenstein et Jerkyl d’opérette) n’était jamais parvenu à dominer quoi que ce soit. Bien souvent ils n’arrivaient même pas à bout de la simple tâche de mettre leur couvre chef à l’endroit. Leurs plans, si ingénieux soient-ils, étaient toujours contrecarrés par d’athlétiques énergumènes doués de pouvoir surnaturels. C’était loin d’être son cas.
Donc, en pleine phase régressive, notre héros sentait s’insinuer en lui le spectre visqueux et rampant de la mélancolie ; la déprime en grondant s’enflait comme une flamme…
Mais heureusement, Zora est arrivée ! Ouf ! ça commençait à devenir lourd cette affaire de dominer le monde.
Zora était née dans le neuf trois. Zehouania (joyeuse, gaie) était sont vrai prénom mais ses potes au collège des Charmettes près d’Arnouville lès Gonesse l’avaient surnommé Zora parce qu’ils pensaient que ça sonnait mieux en rap. Elle habitait dans un pavillon avec ses parents rue des Mystères de Paris, en bordure d’un champ de betterave.
Son papa, un arabe algérien originaire de Tagdempt était poseur de lignes à France Télécom. Il avait décidé de s’intégrer et s’était vite rendu compte que la consommation quotidienne de pastis de Marseille faisait partie de son boulot. Il avait donc remisé certains principes de la religion musulmane quand il s’était rendu compte que les punitions envoyées par Allah aux consommateurs d’alcool étaient finalement limitées à peu de choses et qu’on pouvait, dans la majorité des cas, en venir a bout tout simplement avec de l’aspirine. Pour l’au delà on verrait. De toutes façons c’était écrit.
En revanche, sa maman était une berbère tatouée sur le visage qui n’avait jamais pris la peine d’apprendre le français. Elle était persuadée que toute sa tribu quitterai bientôt la banlieue parisienne pour rejoindre, fortune faite, la province d’Adrar. Elle se rendait bien vaguement compte que ladite fortune s’évaporait un peu chaque jour dans l’haleine de son époux. Mais pas suffisamment pour qu’elle renonce à ses prérogatives de femme. Elle faisait des plans avec tout un réseau de voisines qui avaient pour finalité, ni plus ni moins, que la quasi annexion de toute une provinces du bled. Pour cela, il fallait évidemment utiliser les méthodes traditionnelles, dont les subtiles alliances par mariages ne pouvaient en aucun cas être exclues. J’en profite pour ouvrir une parenthèse didactique sur les tatouages des femmes berbères. Il ne s’agit absolument pas de représentations symboliques et érotiques comme on le pense généralement, mais de signes presque mathématiques inscrits sur le corps des femmes au moment de leur mariage, allant du visage au bas du ventre (afin que personne ne puisse dire qu’il ne les as pas vus lorsqu’il commet un délit) et destinés a communiquer une sorte d’arbre généalogique génétique évitant les problèmes de consanguinité par exemple, mais liés également à la transmission patrimoniale des troupeaux. La combinaison de ces signes entre eux répond à des règles si complexes que les mathématiciens s’y cassent la tête sans parvenir à en comprendre exactement les principes de fonctionnement. Pourtant la maman de Zora et ses voisines savait parfaitement les appliquer. Toutefois, et c’est là que se joue un des nombreux drames de la post colonisation dont l’évolution de la publicité Banania n’est qu’un minuscule exemple, quand elle avait voulu que sa fille épouse par correspondance un vague cousin berger de l’Ouad Rached, puis retourne en éclaireuse au pays, Zora avait embrassé son père et sa mère, tous ses frères, et au lieu de rejoindre la chambre qu’elle partageait avec ses quatres sœurs au premier étage du pavillon familial, elle se munit de son sac de sport Nike et pris le bus pour rejoindre la Porte d’Orléans.
Elle fut prise en stop sans difficulté par le premier conducteur qui l’aperçu. Elle possédait en effet un physique éclatant de candeur. Sans être spécialement belle, elle avait ce je-ne-sais-quoi qui fait des gens qui le possède le point de mire de tous les regards, serait-ce au milieu de la foule. Son chauffeur, un représentant de commerce en limonade (boire ou conduire, il faut choisir, c’est pour ça que je dors à l’hôtel…était sa devise), lepenniste et raciste farouche (il avait toujours affirmé que de sa vie - jamais - il ne toucherai une “bique grise”) avait vainement essayé pendant tout le trajet de lui faire comprendre qu’il était près à faire une exception pour elle. Mais elle avait cette qualité formidable de ne - jamais -comprendre ce qu’elle n’avait pas envie de comprendre ; et il en fut pour ses frais. A la suite de quoi, son vocabulaire raciste évolua très légèrement puisque les “biques grises” se transformèrent dans sa bouche en “gazelles du désert”. Fermons la parenthèse.
Elle venait d’avoir dix-huit ans. Ce n’était encore qu’une enfant. Elle trouva pourtant facilement du boulot comme serveuse dans un bar tabac dont le patron et la clientèle du bar, lepennistes convaincus… (etc.). Il se trouva que la salle était fréquentée pour son flipper (le dernier de la ville) par les élèves d’une école d’art voisine. De fil en aiguille, elle en vint à poser pour les cours de la section arts appliqués afin d’arrondir ses fins de mois. De tous les modèles employés par l’école, elle était la seule à poser habillée car elle se refusait obstinément à comprendre ce que voulait dire le vieux professeur de dessin barbu lorsqu’il essayait de lui expliquer dans un étrange jargon allégorique que le retour à l’état primitif d’Eve était indispensable pour éveiller la créativité de ses élèves. Elle fût bientôt amie avec tout le monde ; plus spécialement avec les homosexuels qui se comptaient en grand nombre parmi les élèves de l’école.
L’année suivante, elle décida de prendre elle même des cours d’expression conceptuelle et fût comme foudroyée par une vocation de plasticienne. Elle se spécialisa dans les photographies et vidéos en plans fixes de centres commerciaux d’une part, et dans la sculpture à base de mobilier de bureau réformé d’autre part. Deux axes de recherche qui devraient, avec un peu de chance, rester emblématique de son travail pour la postérité. Sa grande force était de ne jamais rien expliquer, ce qui dans l’art conceptuel est d’une originalité flagrante. C’est alors qu’elle rencontra Noé, le fils de Monsieur Robert (de son vrai prénom Antoine), qui ne tarda pas à devenir son meilleur ami. Il vivait à la colle (les chiens font pas des chats) avec un plasticien ex yougoslave mutique (Ratko Kovacevic) qui commençait à se faire un nom avec son prénom dans le petit monde de l’art contemporain depuis qu’il avait gagné un concours et qu’une de ses œuvres trônait sur un rond point : une allégorie abstraite de la guerre de Bosnie-Herzégovine en acier corten de douze mètres de haut que le magazine Art-Press n’avait pas hésité à qualifier, dès le mois de février 2000, de “Guernica du XXI ème siècle”. Le correspondant du quotidien local chargé de couvrir la zone dans laquelle était implanté l’ouvrage d’art de la DDE avait en revanche écrit après avoir assisté au vin d’honneur le jour de l’inauguration :“…on se demande à quoi ça sert et ce que ça représente. Mais il faut bien reconnaître qu’avec douze mètres de haut, c’est la plus grande sculpture de rond point de France et peut être du monde. De ce point de vue, notre commune peut s'enorgueillir de l’accueillir, d’autant qu’elle n’a pas coûté cher aux habitants puisqu’elle a été financée à 80% par les services de l’État.”
Zora ne tarda pas à quitter la chambre de bonne au dessus du bar Tabac (Le Narval) où elle avait de plus en plus de mal à dormir à cause des stations quotidiennes répétées du patron, le soir, devant sa porte. Il essayait toutes les formes de dialectiques possibles et imaginables pour la convaincre d’ouvrir : supplication, pleurs, coups de poing répétés, menaces… Évidemment elle s’obstinait à ne rien entendre. Mais pour dormir c’était une autre paire de manche. Elle vint donc tout naturellement s’installer avec Noé et Ratko dans la friche industrielle insalubre qu’ils partageaient depuis quelques années avec d’autres artistes, dont le célèbre groupe post punk psychédélique “Les Goitres Multinodulaires”, oui, ceux là même qui ont composés les inoubliables opus “Inscris-toi à la C.G.T.”, “Perte Blanche”, etc. (voir MySpace, 3742 amis, téléchargement en Créative Commons). C’est dire si les nuits étaient chaudes dans cette zone de non droit qu’occupait le collectif Nodule. Là aussi il était difficile de dormir, mais c’était la fête.
Ratko était pressenti pour réaliser une œuvre éphémère sur le parvis de Notre Dame de Paris à l’occasion de la biennale d’Art Contemporain. Une allégorie de la paix en de Bosnie-Herzégovine financée par Le Rotary Club au bénéfice des ses œuvres humanitaires, peu importe lesquelles.
Ratko pensait que tout ce qui peut être utile à son œuvre était bon a prendre et cette idéologie de girouette lui tenait lieu d’unique credo depuis qu’enfant, il avait vu sa mère se faire égorger devant lui et qu’il avait été violé par un commando Serbe dans l’église de son village (il y a des gens comme ça qui ont des excuses incroyables pour être homosexuels et apolitiques ; mais c’est une autre histoire). Il devait passer un entretien avec l’Amiral François Beaumec, de l’Académie de Marine du Luxembourg, Président de la Société Nationale des Beaux-Arts au Carreau du Temple. C’est lui qui présidait le jury de sélection composé de notabilités totalement oubliées du monde des Arts et des Lettres dont pas une ne devait avoir moins de quatre vingt années d’expérience. Le seul atout de Rotko était son homosexualité. Mais comme il était fidèle à Noé, l’affaire s’annonçait difficile à conclure.
Ils décidèrent qu’ils ne seraient pas trop de trois pour défendre le dossier. D’autant que Rotko était incapable de s’exprimer dans un français correct ; et même de s’exprimer tout court en public. Ils fallait donc se rendre à la capitale.
Et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent dans un vieux tube Citroën en tôle ondulée grise sommairement retapé (emprunté aux “Goitres” et taggé par “Rachid la bombe”, un autre artiste du collectif) et qu’il débarquèrent sur les pavés de Paname, modernes Julien Sorel, après une nuit blanche passée à éviter la police en passant par les routes secondaires.
Monsieur Robert disposait à ce moment là d’un très spacieux et confortable loft dans une cour du Faubourg Saint Martin. Une planque idéale pour garer le fourgon et un point de chute formidable pour un trio d’artistes désargenté. En les voyant rentrer dans la cour, Malik éclata de rire ; évidemment.
L’équipe s’étoffait !
(à suivre)
(1) Merci à Plotine qui m’a soufflé cette citation de Woody Allen : "Quand j'écoute Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne". Elle m’a servit de tremplin (la citation, pas Plotine) pour écrire cet épisode.
http://www.vosecrits.com/forum-vos-ecrits-prose-f1/lhomme-qui-regardait-passer-les-voitures-episode-4-t6436.htm
Résumé des épisodes précédents:
Robert dit Bébert est enfin devenu Monsieur Robert. Si les gains du Loto l’ont sortit de l’usine, un malheureux accident de la route vient de faire de lui “Le Paraplégique de la jet set”. Heureusement il roule vers son destin poussé par l’infirmier à tout faire Malik, au sourire éclatant.
Monsieur Robert commence à rêver de dominer le monde.
“Dominer le monde, soit, mais comment ?”
Ainsi pense notre héros la tête appuyée sur le douillet coussin en mousse pur latex recouvert de cuir de chevreau grège multipore.
Les yeux rêveusement divaguants dans le paysage des diodes rouges et vertes du tableau de bord de son fauteuil électronique, à l’orée du sommeil, il se croit aux commandes d’un nostalgique bombardier transporteur de troupes Tupolev TU 95 “Bear” , substitut hyperbolique et onirique - beau comme un film d’Howard Hawks - de la MGB verte partie à la ferraille.
Bercé par la chevauchée des Walkyries, il se laisse aller à avoir envie d’envahir la Californie(1) (…et donc les États-Unis, et donc les Amériques - Centrale et du Sud - et donc les Maldives et le continent Australien (créer une base en passant à Cape Town, ça peut servir ; vérifier sur Google Earth), et donc la Grande-Bretagne, et donc l’Europe, dont la Pologne, et évidemment l’Afrique, dont L’Égypte, ce qui permet d’annexer Israël et de faire se rabibocher les Ayatollahs et les Talibans pour mettre une pâtée aux Indiens et à toutes les civilisations environnantes composées d’agités empilés dans les bus et dans les trains pour enfin pénétrer en Russie, puis en Chine. Attention de ne pas oublier en passant d’annexer le Japon : ces gens là peuvent être dangereux…).
Bien entendu, l’idée de dominer le monde par la force brutale était attirante. Mais lorsqu’on ne peut pas bouger autre choses que quelques minuscules morceaux de son corps pas plus gros ni plus durs de des saucisses de Strasbourg (ou de Francfort selon qu’on est l’hiver ou l’été), il faut tout de même réfléchir avant d’agir.
Il y avait bien l’hypothèse du savant fou et Monsieur Robert se serait incarné avec enthousiasme dans ce personnage. Son état d’infirme motorisé , son assistant exotique, sa voix nasillarde, tout lui semblait concourir à la réalisation de ce rêve… mais voilà : savant il n’était pas ! Et apprendre à son âge lui semblait hors de portée. Il renonça donc assez vite à l’idée de posséder un repaire sous marin dans le triangle des Bermudes et, concomitamment, à se rendre l’heureux possesseur d’un sous marin nucléaire de poche. S’il avait besoin de la science, elle ne semblait pas, elle, avoir besoin de lui.
Pour l’instant il en était plutôt le prisonnier ; et l’otage de Martin-Delabotte. Ce dernier en avait profité pour accéder au statut envié d’orthopédiste des stars (cf. Moto Revue). Notons en passant que l’oncle de Robert (Le Toubib), était devenu une sorte d'impresario gérant la carrière médiatique du chirurgien. Il était défrayé largement pour cela par les Merceries Delabotte dont le rachat par des fonds de pension outre atlantique n’empêchait pas la poursuite d’habiles stratégies de communication spécifiques à l’Europe, qui, nous pouvons déjà le deviner, ne tarderont pas à prendre une dimension mondiale ; mais sans le toubib dont l'alcoolisme chronique serait jugé incompatible avec le marché américain où les ligues morales représentaient presque 2% du marché.
Autre piste : la finance. Dominer le monde de l’argent, n’est ce pas dominer le monde tout court? Ce ne sont pas les idées qui manquent pour gagner gros ; surtout quand on est déjà riche. Acheter des blue-jeans à Mexico, les revendre à Saint-Tropez par exemple. Ou bien récupérer gratuitement (voir en se faisant payer pour le faire) des stocks russes de viande contaminée par des radiations nucléaires et les vendre sous forme de conserves bon marché au Bangladesh, y acheter du cuivre de récupération et faire souder des circuits imprimés sur des semelles de baskets fluorescentes par des enfants rapides, adroits, affamés, aveugles, sourds et muets, etc. Il avait été contacté dans ce sens par Solidarité Interhandicap Intercultures (SIHI), une ONG-NA (Organisation Non Gouvernementale Non Agrée), internationalement reconnue, dont le siège social est au Costa Rica. Une institution fondée, semble-t-il, par la branche interprofessionnelle des exportateurs de textiles européens pour lutter contre l’envahissement de leur marché par les Chinois. Le but humanitaire avoué (et louable) était d’obtenir dans les dix années à venir une augmentation des salaires de six roupies par mois (dix centimes d’Euro, pour ces gens là c’est énorme!).
Mais la chose n’avait pas eu de suite car le jeune homme aux cheveux gominés qui l’avait approché, manifestement un débile léger, avait été interpellé par la police de l’air et des frontières rue de Gand à Neuville-en-Ferrain alors qu’il rentrait par le chemin des écoliers d’un week-end en Coffee Shop à Amsterdam au volant de sa Jaguar (douze kilos de résine de cannabis pure dans la roue de secours).
Tout cela avait quelque chose de fatiguant. Il fallait s’occuper de la forme juridique, connaître les règles du commerce international pour pouvoir les contourner ; peut-être lire un journal économique et suivre les cours de la bourse. Quand il évoquait cette hypothèse devant Malik , celui-ci se contentait d’éclater de rire en agitant sa belle main souple au dessus de sa tête comme s’il voulait en chasser une mouche.
Monsieur Robert se rendait peu à peu compte que dominer le monde était un vrai boulot. De plus, en révisant ses classiques (de Blake et Mortimer à South Park en passant par Robert Louis Stevenson) pour y trouver de l’inspiration, il commençait à réaliser qu’aucun de ces véridiques et géniaux personnages (Septimus, Miloch, Zorglub, Boutardieu, Rastapopoulos, Mabuse, No, Nemo, Cornélius, Ox, Folamour, Nygma, Lex Luthor, Méphisto (ah! South Park!) et autres Frankenstein et Jerkyl d’opérette) n’était jamais parvenu à dominer quoi que ce soit. Bien souvent ils n’arrivaient même pas à bout de la simple tâche de mettre leur couvre chef à l’endroit. Leurs plans, si ingénieux soient-ils, étaient toujours contrecarrés par d’athlétiques énergumènes doués de pouvoir surnaturels. C’était loin d’être son cas.
Donc, en pleine phase régressive, notre héros sentait s’insinuer en lui le spectre visqueux et rampant de la mélancolie ; la déprime en grondant s’enflait comme une flamme…
Mais heureusement, Zora est arrivée ! Ouf ! ça commençait à devenir lourd cette affaire de dominer le monde.
Zora était née dans le neuf trois. Zehouania (joyeuse, gaie) était sont vrai prénom mais ses potes au collège des Charmettes près d’Arnouville lès Gonesse l’avaient surnommé Zora parce qu’ils pensaient que ça sonnait mieux en rap. Elle habitait dans un pavillon avec ses parents rue des Mystères de Paris, en bordure d’un champ de betterave.
Son papa, un arabe algérien originaire de Tagdempt était poseur de lignes à France Télécom. Il avait décidé de s’intégrer et s’était vite rendu compte que la consommation quotidienne de pastis de Marseille faisait partie de son boulot. Il avait donc remisé certains principes de la religion musulmane quand il s’était rendu compte que les punitions envoyées par Allah aux consommateurs d’alcool étaient finalement limitées à peu de choses et qu’on pouvait, dans la majorité des cas, en venir a bout tout simplement avec de l’aspirine. Pour l’au delà on verrait. De toutes façons c’était écrit.
En revanche, sa maman était une berbère tatouée sur le visage qui n’avait jamais pris la peine d’apprendre le français. Elle était persuadée que toute sa tribu quitterai bientôt la banlieue parisienne pour rejoindre, fortune faite, la province d’Adrar. Elle se rendait bien vaguement compte que ladite fortune s’évaporait un peu chaque jour dans l’haleine de son époux. Mais pas suffisamment pour qu’elle renonce à ses prérogatives de femme. Elle faisait des plans avec tout un réseau de voisines qui avaient pour finalité, ni plus ni moins, que la quasi annexion de toute une provinces du bled. Pour cela, il fallait évidemment utiliser les méthodes traditionnelles, dont les subtiles alliances par mariages ne pouvaient en aucun cas être exclues. J’en profite pour ouvrir une parenthèse didactique sur les tatouages des femmes berbères. Il ne s’agit absolument pas de représentations symboliques et érotiques comme on le pense généralement, mais de signes presque mathématiques inscrits sur le corps des femmes au moment de leur mariage, allant du visage au bas du ventre (afin que personne ne puisse dire qu’il ne les as pas vus lorsqu’il commet un délit) et destinés a communiquer une sorte d’arbre généalogique génétique évitant les problèmes de consanguinité par exemple, mais liés également à la transmission patrimoniale des troupeaux. La combinaison de ces signes entre eux répond à des règles si complexes que les mathématiciens s’y cassent la tête sans parvenir à en comprendre exactement les principes de fonctionnement. Pourtant la maman de Zora et ses voisines savait parfaitement les appliquer. Toutefois, et c’est là que se joue un des nombreux drames de la post colonisation dont l’évolution de la publicité Banania n’est qu’un minuscule exemple, quand elle avait voulu que sa fille épouse par correspondance un vague cousin berger de l’Ouad Rached, puis retourne en éclaireuse au pays, Zora avait embrassé son père et sa mère, tous ses frères, et au lieu de rejoindre la chambre qu’elle partageait avec ses quatres sœurs au premier étage du pavillon familial, elle se munit de son sac de sport Nike et pris le bus pour rejoindre la Porte d’Orléans.
Elle fut prise en stop sans difficulté par le premier conducteur qui l’aperçu. Elle possédait en effet un physique éclatant de candeur. Sans être spécialement belle, elle avait ce je-ne-sais-quoi qui fait des gens qui le possède le point de mire de tous les regards, serait-ce au milieu de la foule. Son chauffeur, un représentant de commerce en limonade (boire ou conduire, il faut choisir, c’est pour ça que je dors à l’hôtel…était sa devise), lepenniste et raciste farouche (il avait toujours affirmé que de sa vie - jamais - il ne toucherai une “bique grise”) avait vainement essayé pendant tout le trajet de lui faire comprendre qu’il était près à faire une exception pour elle. Mais elle avait cette qualité formidable de ne - jamais -comprendre ce qu’elle n’avait pas envie de comprendre ; et il en fut pour ses frais. A la suite de quoi, son vocabulaire raciste évolua très légèrement puisque les “biques grises” se transformèrent dans sa bouche en “gazelles du désert”. Fermons la parenthèse.
Elle venait d’avoir dix-huit ans. Ce n’était encore qu’une enfant. Elle trouva pourtant facilement du boulot comme serveuse dans un bar tabac dont le patron et la clientèle du bar, lepennistes convaincus… (etc.). Il se trouva que la salle était fréquentée pour son flipper (le dernier de la ville) par les élèves d’une école d’art voisine. De fil en aiguille, elle en vint à poser pour les cours de la section arts appliqués afin d’arrondir ses fins de mois. De tous les modèles employés par l’école, elle était la seule à poser habillée car elle se refusait obstinément à comprendre ce que voulait dire le vieux professeur de dessin barbu lorsqu’il essayait de lui expliquer dans un étrange jargon allégorique que le retour à l’état primitif d’Eve était indispensable pour éveiller la créativité de ses élèves. Elle fût bientôt amie avec tout le monde ; plus spécialement avec les homosexuels qui se comptaient en grand nombre parmi les élèves de l’école.
L’année suivante, elle décida de prendre elle même des cours d’expression conceptuelle et fût comme foudroyée par une vocation de plasticienne. Elle se spécialisa dans les photographies et vidéos en plans fixes de centres commerciaux d’une part, et dans la sculpture à base de mobilier de bureau réformé d’autre part. Deux axes de recherche qui devraient, avec un peu de chance, rester emblématique de son travail pour la postérité. Sa grande force était de ne jamais rien expliquer, ce qui dans l’art conceptuel est d’une originalité flagrante. C’est alors qu’elle rencontra Noé, le fils de Monsieur Robert (de son vrai prénom Antoine), qui ne tarda pas à devenir son meilleur ami. Il vivait à la colle (les chiens font pas des chats) avec un plasticien ex yougoslave mutique (Ratko Kovacevic) qui commençait à se faire un nom avec son prénom dans le petit monde de l’art contemporain depuis qu’il avait gagné un concours et qu’une de ses œuvres trônait sur un rond point : une allégorie abstraite de la guerre de Bosnie-Herzégovine en acier corten de douze mètres de haut que le magazine Art-Press n’avait pas hésité à qualifier, dès le mois de février 2000, de “Guernica du XXI ème siècle”. Le correspondant du quotidien local chargé de couvrir la zone dans laquelle était implanté l’ouvrage d’art de la DDE avait en revanche écrit après avoir assisté au vin d’honneur le jour de l’inauguration :“…on se demande à quoi ça sert et ce que ça représente. Mais il faut bien reconnaître qu’avec douze mètres de haut, c’est la plus grande sculpture de rond point de France et peut être du monde. De ce point de vue, notre commune peut s'enorgueillir de l’accueillir, d’autant qu’elle n’a pas coûté cher aux habitants puisqu’elle a été financée à 80% par les services de l’État.”
Zora ne tarda pas à quitter la chambre de bonne au dessus du bar Tabac (Le Narval) où elle avait de plus en plus de mal à dormir à cause des stations quotidiennes répétées du patron, le soir, devant sa porte. Il essayait toutes les formes de dialectiques possibles et imaginables pour la convaincre d’ouvrir : supplication, pleurs, coups de poing répétés, menaces… Évidemment elle s’obstinait à ne rien entendre. Mais pour dormir c’était une autre paire de manche. Elle vint donc tout naturellement s’installer avec Noé et Ratko dans la friche industrielle insalubre qu’ils partageaient depuis quelques années avec d’autres artistes, dont le célèbre groupe post punk psychédélique “Les Goitres Multinodulaires”, oui, ceux là même qui ont composés les inoubliables opus “Inscris-toi à la C.G.T.”, “Perte Blanche”, etc. (voir MySpace, 3742 amis, téléchargement en Créative Commons). C’est dire si les nuits étaient chaudes dans cette zone de non droit qu’occupait le collectif Nodule. Là aussi il était difficile de dormir, mais c’était la fête.
Ratko était pressenti pour réaliser une œuvre éphémère sur le parvis de Notre Dame de Paris à l’occasion de la biennale d’Art Contemporain. Une allégorie de la paix en de Bosnie-Herzégovine financée par Le Rotary Club au bénéfice des ses œuvres humanitaires, peu importe lesquelles.
Ratko pensait que tout ce qui peut être utile à son œuvre était bon a prendre et cette idéologie de girouette lui tenait lieu d’unique credo depuis qu’enfant, il avait vu sa mère se faire égorger devant lui et qu’il avait été violé par un commando Serbe dans l’église de son village (il y a des gens comme ça qui ont des excuses incroyables pour être homosexuels et apolitiques ; mais c’est une autre histoire). Il devait passer un entretien avec l’Amiral François Beaumec, de l’Académie de Marine du Luxembourg, Président de la Société Nationale des Beaux-Arts au Carreau du Temple. C’est lui qui présidait le jury de sélection composé de notabilités totalement oubliées du monde des Arts et des Lettres dont pas une ne devait avoir moins de quatre vingt années d’expérience. Le seul atout de Rotko était son homosexualité. Mais comme il était fidèle à Noé, l’affaire s’annonçait difficile à conclure.
Ils décidèrent qu’ils ne seraient pas trop de trois pour défendre le dossier. D’autant que Rotko était incapable de s’exprimer dans un français correct ; et même de s’exprimer tout court en public. Ils fallait donc se rendre à la capitale.
Et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent dans un vieux tube Citroën en tôle ondulée grise sommairement retapé (emprunté aux “Goitres” et taggé par “Rachid la bombe”, un autre artiste du collectif) et qu’il débarquèrent sur les pavés de Paname, modernes Julien Sorel, après une nuit blanche passée à éviter la police en passant par les routes secondaires.
Monsieur Robert disposait à ce moment là d’un très spacieux et confortable loft dans une cour du Faubourg Saint Martin. Une planque idéale pour garer le fourgon et un point de chute formidable pour un trio d’artistes désargenté. En les voyant rentrer dans la cour, Malik éclata de rire ; évidemment.
L’équipe s’étoffait !
(à suivre)
(1) Merci à Plotine qui m’a soufflé cette citation de Woody Allen : "Quand j'écoute Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne". Elle m’a servit de tremplin (la citation, pas Plotine) pour écrire cet épisode.

Narbah- Nombre de messages: 792
Age: 61
Localisation: Castalie
Date d'inscription: 09/02/2010

Re: L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
Cette histoire débutée dans un des nombreux trous du cul du monde nous promène désormais aux confins des lieux les plus recherchés sur le plan culture, dans les bêtes raves ou avec la mouvance avant gardiste post punk, sur les lieux de pélerinage de notre jeunesse BDesque, sur les ronds points post tchernobylesques, et tout en nous rapprochant des années dalidesques et salvadoriennes que nous n'oublierons jamais, elle nous propulse au bord du précipice que de visionnaires maitres conceptuels dessinent devant chacun de nos pas ou devant chacune des roues de notre fauteuil d'handicapé tant il est vrai que nous sommes tous des handicapés berbères euh bébert !
Cette histoire au départ intime donc , de notre ami Bébert qui veut dominer le monde et est dépendant de malik devient celle d'une génération toute entière ,celle d'un peuple qui ne connait pas de frontières comme un réseau dont les ramifications internationales ne connaitraient pas de limites , malgré des ramifications nerveuses salement écrasées, et cérébrales légèrement court-circuitées....
Ce qui me fait dire: inutile de me perdre en vaines circonlocutions et circonvolutions, en résumé : AHAHAHAHAHAH c'est pas dégueu de rire un peu !
Cette histoire au départ intime donc , de notre ami Bébert qui veut dominer le monde et est dépendant de malik devient celle d'une génération toute entière ,celle d'un peuple qui ne connait pas de frontières comme un réseau dont les ramifications internationales ne connaitraient pas de limites , malgré des ramifications nerveuses salement écrasées, et cérébrales légèrement court-circuitées....
Ce qui me fait dire: inutile de me perdre en vaines circonlocutions et circonvolutions, en résumé : AHAHAHAHAHAH c'est pas dégueu de rire un peu !

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
Houlala, il est dense cet épisode là ! Il y en a des références là-dedans, je suis sûre d'en avoir loupé la moitié, il va falloir que je le relise.
Tu es sacrément érudit quand même. Tu connais ta géographie par coeur, tes héros de BD aussi. Rien de la finance mondiale ne t'est étranger. Quant à l'art conceptuel, n'en parlons même pas, tu connais ça comme ta poche, de même que la psychologie de la berbère tatouée.
Un moment j'ai crains que tu nous le fasses dans le politiquement correct avec la petite zora du 93 (un cadeau en passant aux bobo-gaucho-écolos) mais ouf... c'était une fausse alerte. En plus tu t'y connais bien aussi en jeune fille faisant la gourde pour ne pas se faire sauter. J'ai souvent fait celle qui ne comprenait pas du tout ce qu'on me proposait et ça marche en effet très bien.
Bref, on a quand même fait sacrément du chemin depuis le début.
Je me disais : "il va s'essouffler" mais non !
Chapeau.
Tu es sacrément érudit quand même. Tu connais ta géographie par coeur, tes héros de BD aussi. Rien de la finance mondiale ne t'est étranger. Quant à l'art conceptuel, n'en parlons même pas, tu connais ça comme ta poche, de même que la psychologie de la berbère tatouée.
Un moment j'ai crains que tu nous le fasses dans le politiquement correct avec la petite zora du 93 (un cadeau en passant aux bobo-gaucho-écolos) mais ouf... c'était une fausse alerte. En plus tu t'y connais bien aussi en jeune fille faisant la gourde pour ne pas se faire sauter. J'ai souvent fait celle qui ne comprenait pas du tout ce qu'on me proposait et ça marche en effet très bien.
Bref, on a quand même fait sacrément du chemin depuis le début.
Je me disais : "il va s'essouffler" mais non !
Chapeau.

Plotine- Nombre de messages: 1988
Age: 69
Date d'inscription: 01/08/2009
Re: L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
Les copines ci-dessus le disent mieux que moi, je ne saurais en rajouter. Sauf à dire que c'est bavard, mais d'un bavard comme je l'aime, érudit et drôle ("Bien souvent ils n’arrivaient même pas à bout de la simple tâche de mettre leur couvre chef à l’endroit. "). Rien ne t'échappe.
N'oublie pas de retomber sur tes pieds.
Et si ça t'intéresse toujours, voici :
Ou bien récupérer gratuitement (voire en se faisant payer pour le faire)
une ONG-NA (Organisation Non Gouvernementale Non Agréée),
Tout cela avait quelque chose de fatigant.
ehouania (joyeuse, gaie) était son vrai prénom
en bordure d’un champ de betteraves.
et qu’on pouvait, dans la majorité des cas, en venir àbout
. Elle était persuadée que toute sa tribu quitterait bientôt la banlieue parisienne
que la quasi annexion de toute une province du bled.
et destinés à communiquer une sorte d’arbre généalogique génétique
Pourtant la maman de Zora et ses voisines savaient parfaitement les appliquer
Elle fut prise en stop sans difficulté par le premier conducteur qui l’aperçut.
elle avait ce je-ne-sais-quoi qui fait des gens qui le possèdent
- jamais - il ne toucherait une “bique grise”)
lui faire comprendre qu’il était prêt à faire une exception pour elle.
Elle fut bientôt amie avec tout le monde
elle décida de prendre elle même des cours d’expression conceptuelle et fut comme foudroyée par une vocation
supplications, pleurs, coups de poing répétés, menaces…
Mais pour dormir c’était une autre paire de manches.
“Les Goîtres Multinodulaires”, oui, ceux là même qui ont composé
financée par Le Rotary Club au bénéfice de ses œuvres humanitaires, peu importe lesquelles.
Le seul atout de Rotko était son homosexualité.
D’autant que Rotko était incapable de s’exprimer dans un français correct (volontaire, le passage du "a" au "o" ?)
(emprunté aux “Goîtres” et taggé par “Rachid la bombe”
Elle m’a servi de tremplin (la citation, pas Plotine) pour écrire cet épisode.
(j'ai laissé tous les noms composés écrits sans tiret, pour lesquels tu sembles avoir une allergie toute particulière :-))
N'oublie pas de retomber sur tes pieds.
Et si ça t'intéresse toujours, voici :
Ou bien récupérer gratuitement (voire en se faisant payer pour le faire)
une ONG-NA (Organisation Non Gouvernementale Non Agréée),
Tout cela avait quelque chose de fatigant.
ehouania (joyeuse, gaie) était son vrai prénom
en bordure d’un champ de betteraves.
et qu’on pouvait, dans la majorité des cas, en venir àbout
. Elle était persuadée que toute sa tribu quitterait bientôt la banlieue parisienne
que la quasi annexion de toute une province du bled.
et destinés à communiquer une sorte d’arbre généalogique génétique
Pourtant la maman de Zora et ses voisines savaient parfaitement les appliquer
Elle fut prise en stop sans difficulté par le premier conducteur qui l’aperçut.
elle avait ce je-ne-sais-quoi qui fait des gens qui le possèdent
- jamais - il ne toucherait une “bique grise”)
lui faire comprendre qu’il était prêt à faire une exception pour elle.
Elle fut bientôt amie avec tout le monde
elle décida de prendre elle même des cours d’expression conceptuelle et fut comme foudroyée par une vocation
supplications, pleurs, coups de poing répétés, menaces…
Mais pour dormir c’était une autre paire de manches.
“Les Goîtres Multinodulaires”, oui, ceux là même qui ont composé
financée par Le Rotary Club au bénéfice de ses œuvres humanitaires, peu importe lesquelles.
Le seul atout de Rotko était son homosexualité.
D’autant que Rotko était incapable de s’exprimer dans un français correct (volontaire, le passage du "a" au "o" ?)
(emprunté aux “Goîtres” et taggé par “Rachid la bombe”
Elle m’a servi de tremplin (la citation, pas Plotine) pour écrire cet épisode.
(j'ai laissé tous les noms composés écrits sans tiret, pour lesquels tu sembles avoir une allergie toute particulière :-))

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: L‘homme qui regardait passer les voitures (épisode 5)
J'ai pris en marche, mais je vais revenir en arrière pour lire le reste, Narbah. Tu me fais bien marrer, merci, j'adore ça !
J'ai vu passer un voir ( du genre quand on dit voire même ) qui devrait être muni d'un e à la fin, mais peanuts !
J'ai vu passer un voir ( du genre quand on dit voire même ) qui devrait être muni d'un e à la fin, mais peanuts !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

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