Le dérisoire
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Le dérisoire
Le dérisoire en ses feux incertains
d'aubes glacées et de mers en jachère
a porté l'ombre mûre aux fougères d'antan...
La mort était de mer en l'aubier de vos dires.
Fallait-il
qu'en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?
Ô ! concrétions rebelles de tels songes en fuite!
Fallait-il
que la haine se mêle
aux cendres obsédantes
de cette humanité?
Indicible la joie
à la source primale du verbe,
au seuil des steppes du non-dire...
Et verte aux rires érodés
de nos dé-fêtes rituelles...
d'aubes glacées et de mers en jachère
a porté l'ombre mûre aux fougères d'antan...
La mort était de mer en l'aubier de vos dires.
Fallait-il
qu'en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?
Ô ! concrétions rebelles de tels songes en fuite!
Fallait-il
que la haine se mêle
aux cendres obsédantes
de cette humanité?
Indicible la joie
à la source primale du verbe,
au seuil des steppes du non-dire...
Et verte aux rires érodés
de nos dé-fêtes rituelles...

Polixène- Nombre de messages: 1147
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Le dérisoire
Vois-tu Polyxène, ce type de poème n'est pas facile à commenter.
Je ne pense pas de toute façon que tu cherches à ce que l'on comprenne forcément ce que tu racontes, ce que ne requiert pas non plus le commentaire que je vais tenter . Rien sur ce qui se dit, je ne me le permettrais pas et pour cause.
Il y a dans ces vers une invite à s'y retrouver. Rien ne se dit vraiment mais il s'y suggère ce qu'on veut bien entendre; il faut tendre l'oreille et tout ce qui est derrière. Disons que je me suis prêtée au jeu et de manière assez intéressante.
Il s'est donc instaurée ce que je pourrais appeler une connivence entre tes mots et le sens que j'ai bien voulu leur donner et qui m'est propre. Un exercice que tout le monde peut tenter à condition de s'arrêter un peu. Je crois qu'il demande une petite expérience et que l'on ne devient pas du jour au lendemain lecteur de poèmes. Mais tout le monde y a accès. Comme je le disais, il suffit de s'arrêter, histoire de laisser les mots quitter leur signifiant habituel et de les laisser s'accrocher à autre chose, un ressenti, un souvenir, un autre sens qui passent par là. Nous avons quelques méandres là haut qui ne demandent que ça.
C'est ainsi que fonctionne -je crois, la poésie; dans une démarche libre, parallèle à la connaissance (elle ne peut être pur logos mais ne peut s'en passer) et qui relève davantage du mouvement, c'est à dire de l'insaisissable ou peut-être de ce que tu appelles toi l'indicible.
Voilà pourquoi il est difficile de commenter.
Ce qui n'empêche pas d'apprécier
C'est exactement cela.
Je ne pense pas de toute façon que tu cherches à ce que l'on comprenne forcément ce que tu racontes, ce que ne requiert pas non plus le commentaire que je vais tenter . Rien sur ce qui se dit, je ne me le permettrais pas et pour cause.
Il y a dans ces vers une invite à s'y retrouver. Rien ne se dit vraiment mais il s'y suggère ce qu'on veut bien entendre; il faut tendre l'oreille et tout ce qui est derrière. Disons que je me suis prêtée au jeu et de manière assez intéressante.
Il s'est donc instaurée ce que je pourrais appeler une connivence entre tes mots et le sens que j'ai bien voulu leur donner et qui m'est propre. Un exercice que tout le monde peut tenter à condition de s'arrêter un peu. Je crois qu'il demande une petite expérience et que l'on ne devient pas du jour au lendemain lecteur de poèmes. Mais tout le monde y a accès. Comme je le disais, il suffit de s'arrêter, histoire de laisser les mots quitter leur signifiant habituel et de les laisser s'accrocher à autre chose, un ressenti, un souvenir, un autre sens qui passent par là. Nous avons quelques méandres là haut qui ne demandent que ça.
C'est ainsi que fonctionne -je crois, la poésie; dans une démarche libre, parallèle à la connaissance (elle ne peut être pur logos mais ne peut s'en passer) et qui relève davantage du mouvement, c'est à dire de l'insaisissable ou peut-être de ce que tu appelles toi l'indicible.
Voilà pourquoi il est difficile de commenter.
Ce qui n'empêche pas d'apprécier
La mort était de mer en l'aubier de vos dires
C'est exactement cela.

Roz-gingembre- Nombre de messages: 1094
Age: 49
Date d'inscription: 14/11/2008
Re: Le dérisoire
Des mots, des pensées qui n'ont rien mais alors rien de dérisoire. Léger non plus. Le poème me met mal à l'aise tant j'y sens une souffrance passée, bridée, du verbe qui voudrait mais ne peut plus se déverser, un trop plein. Mon interprétation, bien sûr. Je retiens ceci, parfaitement clair :
Fallait-il
qu'en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?
Beau, beau et difficile à la fois :-)
Fallait-il
qu'en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?
Beau, beau et difficile à la fois :-)

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Le dérisoire
Il y a, je trouve, une certaine fracture entre la direction clairement indiquée par le titre et certains vers très explicites et des formules belles mais extrêmement sybillines telles que La mort était de mer en l'aubier de vos dires.
Ce qui me rend l'ensemble un peu boîteux, malgré une certaine élégance.
Ce qui me rend l'ensemble un peu boîteux, malgré une certaine élégance.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Le dérisoire
Zut, il faut enlever le premier "certaine" !

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Le dérisoire
Ouais, je crois que coline Dé a mis le doigt sur ce qui me gênait dans ce poème.

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Le dérisoire
J'ai du mal à trouver du sens à ton poème. Il ne résonne pas vraiment en moi, même si comme tout le monde j'ai noté de belles tournures.
Tout particulièrement celle-ci : La mort était de mer en l'aubier de vos dires.
Au total, j'ai l'impression de quelque chose de maîtrisé mais d'un peu énigmatique, obscur, en tout cas qui m'échappe. Par ailleurs, tu parviens à rendre compte d'une souffrance pesante dans ton poème, et c'est finalement une réussite puisque ce sentiment se diffuse bien chez le lecteur.
Tout particulièrement celle-ci : La mort était de mer en l'aubier de vos dires.
Au total, j'ai l'impression de quelque chose de maîtrisé mais d'un peu énigmatique, obscur, en tout cas qui m'échappe. Par ailleurs, tu parviens à rendre compte d'une souffrance pesante dans ton poème, et c'est finalement une réussite puisque ce sentiment se diffuse bien chez le lecteur.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
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Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Le dérisoire
Pas facile, mais envoûtant ! Il me reste un peu étranger, donc je vais le relire : l'impression générale est bonne.

dusha- Nombre de messages: 1100
Age: 68
Localisation: ici ou là
Date d'inscription: 31/07/2009
Re: Le dérisoire
Bonsoir Polixène,
je ne peux pas dire que j'ai adoré ou détesté ton poème, mais et (surtout) le titre et certains passages m'ont fait penser à la bande dessinée de Supiot et Omond, je ne sais si c'est un hasard ou si c'est voulu...
http://www.bedetheque.com/album-25301-BD-Le-Derisoire.html
je ne peux pas dire que j'ai adoré ou détesté ton poème, mais et (surtout) le titre et certains passages m'ont fait penser à la bande dessinée de Supiot et Omond, je ne sais si c'est un hasard ou si c'est voulu...
http://www.bedetheque.com/album-25301-BD-Le-Derisoire.html

Peter Pan- Nombre de messages: 3699
Age: 36
Localisation: Pays des rêves et de l'imaginaire
Date d'inscription: 16/04/2009
Re: Le dérisoire
il y a des choses que j'aime et d'autres, pas du tout.
Ce que je n'aime pas :
Une recherche maniérée, limite «posture intello », du genre :
«Fallait-il
que la haine se mêle
aux cendres obsédantes
de cette humanité? »
Ou encore (pire) :
«Indicible la joie
à la source primale du verbe,
au seuil des steppes du non-dire. »
... Enfin, disons que « ce n'est pas ma tasse de thé poétique ». Dès que j'entends le mot « primal », je sors mon revolver...
Et puis les « steppes du non-dire »! Franchement, Polixène ...(pour l'occasion, permettez-moi d'y rester.)
En revanche, j'ai beaucoup aimé :
«en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?»
Ou encore:
«La mort était de mer en l'aubier de vos dires »
(bien que j'eusse préféré : «... de vos mots » pour le rythme)
Je trouve que c'est plutôt dans ce registre que vous devriez travailler. Vous parlez trop de « l'indicible ». Quitte à faire un poème sur « l'indicible», mieux vaudrait ne pas en parler ou très peu.
une remarque :
Pourquoi utilisez-vous le subjonctif imparfait, après le premier « fallait-il... » et pas après le second ?
Ce que je n'aime pas :
Une recherche maniérée, limite «posture intello », du genre :
«Fallait-il
que la haine se mêle
aux cendres obsédantes
de cette humanité? »
Ou encore (pire) :
«Indicible la joie
à la source primale du verbe,
au seuil des steppes du non-dire. »
... Enfin, disons que « ce n'est pas ma tasse de thé poétique ». Dès que j'entends le mot « primal », je sors mon revolver...
Et puis les « steppes du non-dire »! Franchement, Polixène ...(pour l'occasion, permettez-moi d'y rester.)
En revanche, j'ai beaucoup aimé :
«en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?»
Ou encore:
«La mort était de mer en l'aubier de vos dires »
(bien que j'eusse préféré : «... de vos mots » pour le rythme)
Je trouve que c'est plutôt dans ce registre que vous devriez travailler. Vous parlez trop de « l'indicible ». Quitte à faire un poème sur « l'indicible», mieux vaudrait ne pas en parler ou très peu.
une remarque :
Pourquoi utilisez-vous le subjonctif imparfait, après le premier « fallait-il... » et pas après le second ?

Hellian- Nombre de messages: 1922
Age: 62
Localisation: Normandie
Date d'inscription: 14/02/2009
Re: Le dérisoire
Certaine images m'ont envoûtées, je reviendrai vous relire Prolixène.
valérie catty- Nombre de messages: 146
Age: 43
Date d'inscription: 20/02/2010
Re: Le dérisoire
Fallait-il
qu'en vaisseaux d'amertume
s'embrasât l'indicible?
Bonsoir,
Ce n'est que mon avis mais je trouve cela trop compliqué. Je te conseille de chercher des mots plus simples à comprendre (surtout pour le bas peuple) et de plus regrouper tes phrases.
Fauve noir.

Fauve noir- Nombre de messages: 151
Age: 21
Date d'inscription: 03/04/2010
Re: Le dérisoire
Je me suis promenée avec plaisir dans ce texte aux accents dramatiques, que je trouve particulièrement réussi car il réussi à mêler mystère, gravité, poésie et légèreté. De nombreuses images s'esquissent derrière les mots, créant de multiples trableaux qui laissent rêveurs.
Le dérisoire en ses feux incertains
d'aubes glacées et de mers en jachère
a porté l'ombre mûre aux fougères d'antan...
Ceci me plaît beaucoup.
Le dérisoire en ses feux incertains
d'aubes glacées et de mers en jachère
a porté l'ombre mûre aux fougères d'antan...
Ceci me plaît beaucoup.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Le dérisoire
C'est obscur, et beau. Je crois que les deux sont liés.
Et à défaut de trouver un sens évident à ton poème, on y trouve des sentiments. Le cœur a ses raisons que la raison ignore...
De très belles tournures notamment.
J'ai juste un problème avec : "à la source primale du verbe," Pourquoi 9 syllabes tout à coup ? Cela m'a blessé dans le rythme de ma lecture.
Et à défaut de trouver un sens évident à ton poème, on y trouve des sentiments. Le cœur a ses raisons que la raison ignore...
De très belles tournures notamment.
J'ai juste un problème avec : "à la source primale du verbe," Pourquoi 9 syllabes tout à coup ? Cela m'a blessé dans le rythme de ma lecture.
Poesita-Aestuat- Nombre de messages: 72
Age: 17
Date d'inscription: 14/11/2009
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