Pompes sans Shadoks
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jaon doe- Nombre de messages: 235
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Date d'inscription: 05/02/2010
Re: Pompes sans Shadoks
C'est idiot de comparer mais comme j'ai lu les deux textes à la suite, je ne peux pas ne pas. J'ai préféré le deuxième au premier qui me semble une autre déclinaison d'un phénomène connu. L'idée est ingénieuse, passionnante même, mais m'a à peine surprise.
En revanche le deuxième m'a glacé les sangs, j'ai vraiment ressenti de la compassion pour Olivier. Cette phrase surtout m'a fait réagir :
Du reste, ses employeurs-médecins-geôliers [...] et, dans son enfance, l’ont amplement pourvu en télérobots câlins, y compris un petit camarade piloté par un autre gamin, celui d’un des chercheurs, avec qui il continue à correspondre.
Dans les deux cas, ça se lit très bien, le premier est peut-être plus vivant, la présence de dialogues sûrement.
Pas trop aimé le titre du premier sa connotation péjorative, linguistiquement parlant.
En revanche le deuxième m'a glacé les sangs, j'ai vraiment ressenti de la compassion pour Olivier. Cette phrase surtout m'a fait réagir :
Du reste, ses employeurs-médecins-geôliers [...] et, dans son enfance, l’ont amplement pourvu en télérobots câlins, y compris un petit camarade piloté par un autre gamin, celui d’un des chercheurs, avec qui il continue à correspondre.
Dans les deux cas, ça se lit très bien, le premier est peut-être plus vivant, la présence de dialogues sûrement.
Pas trop aimé le titre du premier sa connotation péjorative, linguistiquement parlant.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12094
Age: 51
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Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Pompes sans Shadoks
C'est vraiment utile, le pseudo ?
Un peu rapide, notamment le second, qui à mon sens mériterait autre chose qu'un croquis, si réussi soit-il. Il pense quoi, Olive, puisqu'il est dit intelligent ?
Cependant, ça se lit très bien, comme dab.
Un peu rapide, notamment le second, qui à mon sens mériterait autre chose qu'un croquis, si réussi soit-il. Il pense quoi, Olive, puisqu'il est dit intelligent ?
Cependant, ça se lit très bien, comme dab.

silene82- Nombre de messages: 3560
Age: 54
Localisation: par là
Date d'inscription: 30/05/2009
Re: Pompes sans Shadoks
Sur le fond, l’un et l’autre texte me semble pareillement intéressant.
La forme est certes claire, plutôt habile, cependant je déplore souvent que vous — je vous vouvoie car, décidément, le pseudo de Jaon Doe ne vous cache aucunement — vous donc nous ramassiez de tel sujets en de si succincts récits, presque sous forme d’abstracts où tout nous est révélé tout de go. Et puis, après ?
Vous privez le lecteur du temps nécessaire à s’installer pour mieux goûter, s’imprégner d’une atmosphère, déployer son propre imaginaire.
La forme est certes claire, plutôt habile, cependant je déplore souvent que vous — je vous vouvoie car, décidément, le pseudo de Jaon Doe ne vous cache aucunement — vous donc nous ramassiez de tel sujets en de si succincts récits, presque sous forme d’abstracts où tout nous est révélé tout de go. Et puis, après ?
Vous privez le lecteur du temps nécessaire à s’installer pour mieux goûter, s’imprégner d’une atmosphère, déployer son propre imaginaire.

Kilis- Nombre de messages: 5679
Age: 66
Localisation: "Nageur", Charles Matton
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Pompes sans Shadoks
Deux textes sur un même thème : le sacrifice, ou comment la vie de l’un se perpétue aux dépens des autres, par le sacrifice de celle des autres.
Le premier texte illustre bien ce que l’on peut appeler, avec Paul Eluard, « le dur désir de durer »
Le narrateur, personnage odieux, grisé par la puissance sociale qu’il a acquise, verse dans un fantasme de toute puissance : vaincre la mort, vivre éternellement. Pour cela, il veut renverser l’ordre naturel des choses par lequel l’individu échappe à la mort en se re-produisant dans sa descendance. Dans cet ordre, l’individu vainc la mort individuelle, en se survivant dans ses enfants. S’il le faut, il est prêt à se sacrifier pour que ses enfants perpétuent la vie qu’il leur a transmise, comme un flambeau, un relais que l’on fait passer. Le narrateur, lui, refuse de passer le flambeau, refuse de passer tout court ; il exige que les autres soient sacrifiés, et jusqu’à son propre fils, pour que lui continue à vivre pour toujours. Il ne donne pas la vie, il se donne des « réserves de rajeunissement », il investit. Faire des enfants, c’est, pour lui, investir dans la continuation illimitée de sa vie. Ce n’est un don de vie, c’est une mise en réserve pour pouvoir l’utiliser le temps voulu. C’est faire des épargnes dans des banques de vie. C’est ainsi donner toute valeur à sa propre existence et dévaluer celle des autres, des « médiocres » qui ne méritent toute façon pas de vivre. Le narrateur est un monstre d’égoïsme.
Dans son fantasme, il croit à la toute puissance de l’homme sur la nature, par la science et la technique. Il croit dans les pouvoirs du médecin de transplanter la vie, de son fils à son corps mourant. Au pouvoir de renverser la nature pour que le fils donne vie au père. Mais la réalité est autre. Le médecin n’est pas capable de tout prévoir, de maîtriser tous les paramètres de son opération. Le fils était malade. Le fils est coupable de la souffrance du père et de sa mort devenue inévitable. Pas même capable de se sacrifier, ce fils, mort pour rien, à la grande indignation, cynique et odieuse, de son père !
Le second texte a pour narrateur un personnage qui est une sorte de vampire, ou de parasite. Il ne peut nourrir sa vie, la perpétuer, qu’en prenant celle des autres. Comme le père du premier texte qui veut survivre en prenant la vie de son fils. Il est mis à l’écart, dans un désert, hors de tout contact avec des êtres humains dont il pourrait « pomper la vie ». Il est un cobaye pour la recherche scientifique. Il rêve aussi d’immortalité.
Sa vie est objet d’interrogation. Il n’a pas été sacrifié par ses parents, qui connaissaient pourtant sa « maladie ». Il n’y a pas eu d’avortement. Sacrifié pourtant, puisque « vendu comme cobaye ». Sacrifié au sens où il est condamné à mourir, d’un mort lente, loin de tout et de tous ; puisqu’il ne sera pas éternel. Sacrifié pour la recherche, la connaissance médicale qui permettra peut-être à d’autres de guérir, de ne pas mourir. Ou sacrifier, ou être sacrifié. Pas d’autre alternative ?!
L’on peut rappeler à partir de ces deux récits que le désir d’immortalité est le plus vain et le plus dangereux des désirs, comme l’avaient bien vu les sages du passé, en particulier Epicure et Lucrèce, ou le sage chinois du début du premier récit.
Le mérite de ces textes, socque, c’est de nous rappeler la folie du désir d’éternité. Tu n’as peut-être pas voulu donner une leçon de sagesse, et c’est pourtant à une telle leçon que conduisent ces deux textes.
Le premier texte illustre bien ce que l’on peut appeler, avec Paul Eluard, « le dur désir de durer »
Le narrateur, personnage odieux, grisé par la puissance sociale qu’il a acquise, verse dans un fantasme de toute puissance : vaincre la mort, vivre éternellement. Pour cela, il veut renverser l’ordre naturel des choses par lequel l’individu échappe à la mort en se re-produisant dans sa descendance. Dans cet ordre, l’individu vainc la mort individuelle, en se survivant dans ses enfants. S’il le faut, il est prêt à se sacrifier pour que ses enfants perpétuent la vie qu’il leur a transmise, comme un flambeau, un relais que l’on fait passer. Le narrateur, lui, refuse de passer le flambeau, refuse de passer tout court ; il exige que les autres soient sacrifiés, et jusqu’à son propre fils, pour que lui continue à vivre pour toujours. Il ne donne pas la vie, il se donne des « réserves de rajeunissement », il investit. Faire des enfants, c’est, pour lui, investir dans la continuation illimitée de sa vie. Ce n’est un don de vie, c’est une mise en réserve pour pouvoir l’utiliser le temps voulu. C’est faire des épargnes dans des banques de vie. C’est ainsi donner toute valeur à sa propre existence et dévaluer celle des autres, des « médiocres » qui ne méritent toute façon pas de vivre. Le narrateur est un monstre d’égoïsme.
Dans son fantasme, il croit à la toute puissance de l’homme sur la nature, par la science et la technique. Il croit dans les pouvoirs du médecin de transplanter la vie, de son fils à son corps mourant. Au pouvoir de renverser la nature pour que le fils donne vie au père. Mais la réalité est autre. Le médecin n’est pas capable de tout prévoir, de maîtriser tous les paramètres de son opération. Le fils était malade. Le fils est coupable de la souffrance du père et de sa mort devenue inévitable. Pas même capable de se sacrifier, ce fils, mort pour rien, à la grande indignation, cynique et odieuse, de son père !
Le second texte a pour narrateur un personnage qui est une sorte de vampire, ou de parasite. Il ne peut nourrir sa vie, la perpétuer, qu’en prenant celle des autres. Comme le père du premier texte qui veut survivre en prenant la vie de son fils. Il est mis à l’écart, dans un désert, hors de tout contact avec des êtres humains dont il pourrait « pomper la vie ». Il est un cobaye pour la recherche scientifique. Il rêve aussi d’immortalité.
Sa vie est objet d’interrogation. Il n’a pas été sacrifié par ses parents, qui connaissaient pourtant sa « maladie ». Il n’y a pas eu d’avortement. Sacrifié pourtant, puisque « vendu comme cobaye ». Sacrifié au sens où il est condamné à mourir, d’un mort lente, loin de tout et de tous ; puisqu’il ne sera pas éternel. Sacrifié pour la recherche, la connaissance médicale qui permettra peut-être à d’autres de guérir, de ne pas mourir. Ou sacrifier, ou être sacrifié. Pas d’autre alternative ?!
L’on peut rappeler à partir de ces deux récits que le désir d’immortalité est le plus vain et le plus dangereux des désirs, comme l’avaient bien vu les sages du passé, en particulier Epicure et Lucrèce, ou le sage chinois du début du premier récit.
Le mérite de ces textes, socque, c’est de nous rappeler la folie du désir d’éternité. Tu n’as peut-être pas voulu donner une leçon de sagesse, et c’est pourtant à une telle leçon que conduisent ces deux textes.
Louis- Nombre de messages: 329
Age: 56
Date d'inscription: 28/10/2009
Re: Pompes sans Shadoks
Premier texte intéressant bien que parcourues d'images " faciles". Le fils narquois j'aime bien dans sa vengeance post-mortem.

Ba- Nombre de messages: 3025
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: Pompes sans Shadoks
Je regrette l'absence de Shadoks... si l'aspect grinçant est là, il manque le côté réjouissant ; c'est traité beaucoup trop " de l'extérieur" pour qu'au-delà de l'idée, je puisse réellement me laisser prendre, même s'il y a potentiellement quelque chose d'intéressant et que c'est évidemment bien écrit.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

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