Une ligne entre les jours tristes
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Une ligne entre les jours tristes
Une ligne entre les jours tristes
Comme on marche solitaire sur le port un dimanche
où chaque jour d’indifférence
au bout de la jetée se laisse déposer
je m’en vais écrire
Comme on jette du sel sur les plages des étoiles
sous l’œil craintif de la mouette
qui se méfie des élans terrestres
je m’en vais voler
Clappement d’ailes et embruns obstinés
du fond de mon être j’attends la marée
d’hortensias
Laissez-moi écouter
ce grondement sur les rails d’éternité
Laissez-moi entendre
ce rire silencieux dans la nuit
Moi sur cette grève
la Terre à genoux dans le ventre du ciel
L’enfant s’est libéré de la main de sa mère
il a lâché son ballon aussi
Maintenant
dans un tendre balancement un point rouge disparaît
emporté par le courant
Bientôt
il atteindra la ligne d’horizon
.
je reste là
contemplant les bouées
- Arrêtée –
sur la ligne de flottaison
.
Comme on marche solitaire sur le port un dimanche
où chaque jour d’indifférence
au bout de la jetée se laisse déposer
je m’en vais écrire
Comme on jette du sel sur les plages des étoiles
sous l’œil craintif de la mouette
qui se méfie des élans terrestres
je m’en vais voler
Clappement d’ailes et embruns obstinés
du fond de mon être j’attends la marée
d’hortensias
Laissez-moi écouter
ce grondement sur les rails d’éternité
Laissez-moi entendre
ce rire silencieux dans la nuit
Moi sur cette grève
la Terre à genoux dans le ventre du ciel
L’enfant s’est libéré de la main de sa mère
il a lâché son ballon aussi
Maintenant
dans un tendre balancement un point rouge disparaît
emporté par le courant
Bientôt
il atteindra la ligne d’horizon
.
je reste là
contemplant les bouées
- Arrêtée –
sur la ligne de flottaison
.

Carmen P.- Nombre de messages: 506
Age: 57
Localisation: Ouest
Date d'inscription: 23/04/2010
Re: Une ligne entre les jours tristes
Personnellement je n'aime pas trop les textes "centrés", cette ligne ne m'a pas emmenée où j'aime aller , dans un songe lointain,.
"Clappement d'ailes" m'a surprise (ne me plait pas trop)
"La terre à genoux dans le ventre du ciel", là j'ai beaucoup aimé.
"Clappement d'ailes" m'a surprise (ne me plait pas trop)
"La terre à genoux dans le ventre du ciel", là j'ai beaucoup aimé.

éclaircie- Nombre de messages: 1641
Age: 56
Localisation: au monde et du bon coté
Date d'inscription: 18/02/2009

Re: Une ligne entre les jours tristes
J'aime ce calme de la mer étale, entre deux marées, ces instants suspendus au vol d'un oiseau ou au rire d'un enfant. On ressent bien cette vacuité qui ouvre les portes au chant intérieur. Aux marées d'hortensias...
Peut-être la strophe
Laissez-moi écouter
ce grondement sur les rails d’éternité
Laissez-moi entendre
ce rire silencieux dans la nuit
est-elle en trop, je trouve qu'elle détone avec le reste du texte .En le relisant sans ces deux vers, je lui trouve plus de force .
Peut-être la strophe
Laissez-moi écouter
ce grondement sur les rails d’éternité
Laissez-moi entendre
ce rire silencieux dans la nuit
est-elle en trop, je trouve qu'elle détone avec le reste du texte .En le relisant sans ces deux vers, je lui trouve plus de force .

Polixène- Nombre de messages: 1147
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Une ligne entre les jours tristes
Tiens, un rire silencieux dans la nuit qui suit un grondement sur des rails d'éternité. Ouh, c'est achment poétique, ça. Désolée, mais ce genre d'expressions convenues suffit pour moi à déconsidérer l'ensemble du texte, surtout présenté comme ça en centré-artillerie-poétique. Voilà, j'ai trouvé le terme : centré = poétique façon grosse Bertha.

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Une ligne entre les jours tristes
Socque, je ne savais pas qu'il suffit de centrer le texte pour arrêter le lecteur !
Je n'ai pas lu encore suffisamment de poèmes pour voir quel genre de présentation sur l'espace feuille, ici l'espace écran passe mieux à la lecture.
J'aime jouer de la présentation, je ne sais pas encore s'il est préférable de ne choisir que l'alignement à gauche. Je pense que je ne saurai discipliner l'aspect ludique.
Polixène, je vois bien que le poème pourrait se passer de ces quatre vers, mais pour moi ils sont importants. Je tends l'oreille même si je suis triste pour entendre, venu de loin, le son de la vie en marche.
Mieux que moi et bien mieux placé dans un de ses poèmes R-G Cadou dit, je le cite :
...
N'appelle pas
Mais entends ce cortège innombrable de pas
Merci de m'avoir lue éclaircie.
Je n'ai pas lu encore suffisamment de poèmes pour voir quel genre de présentation sur l'espace feuille, ici l'espace écran passe mieux à la lecture.
J'aime jouer de la présentation, je ne sais pas encore s'il est préférable de ne choisir que l'alignement à gauche. Je pense que je ne saurai discipliner l'aspect ludique.
Polixène, je vois bien que le poème pourrait se passer de ces quatre vers, mais pour moi ils sont importants. Je tends l'oreille même si je suis triste pour entendre, venu de loin, le son de la vie en marche.
Mieux que moi et bien mieux placé dans un de ses poèmes R-G Cadou dit, je le cite :
...
N'appelle pas
Mais entends ce cortège innombrable de pas
Merci de m'avoir lue éclaircie.

Carmen P.- Nombre de messages: 506
Age: 57
Localisation: Ouest
Date d'inscription: 23/04/2010
Re: Une ligne entre les jours tristes
J'admets volontiers être sans doute la seule à éprouver une telle allergie à la présentation en centré pour les textes poétiques. Elle me paraît claironner si fort la volonté poétique qu'elle la tue.

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Une ligne entre les jours tristes
Carmen, centrer un poème c'est en rendre la lecture plus mal aisée : l'irrégularité des lignes coupe le rythme de la lecture, brise la cadence et -à mon avis- c'est dommage.
Je n'aime pas non plus cette disposition, au point que souvent... je ne lis pas. Par facilité sans doute, je sais...
Je n'aime pas non plus cette disposition, au point que souvent... je ne lis pas. Par facilité sans doute, je sais...

dusha- Nombre de messages: 1100
Age: 68
Localisation: ici ou là
Date d'inscription: 31/07/2009
Re: Une ligne entre les jours tristes
Pourtant celui-là, je le voyais bien tel un flotteur, avec des irrégularités comme des balancements, et un axe central pareil à celui que nous tentons d'équilibrer, en nous, pour rester debout.

Carmen P.- Nombre de messages: 506
Age: 57
Localisation: Ouest
Date d'inscription: 23/04/2010
Une ligne entre les jours tristes
excellent et personnellement j'aime les poèmes centrés, cela accroit la légéreté et la fluidité. De plus l'avantage de votre poème est qu'il a un sens et un thème et qu'il n'est pas complétement hermétique, comme c'est trop souvent le cas de nos jours, est-ce tendance????merci pour ce moment de bonne lecture.

PHIL- Nombre de messages: 135
Age: 59
Localisation: là où me porte mon vélo, à donf !!!
Date d'inscription: 09/05/2010
Re: Une ligne entre les jours tristes
A la première lecture, j'ai cru que c'était un canular, dans la veine oulipienne.
A la seconde, j'ai déploré que ce ne le fût.
Condoléances émues. Je retourne à Rimbaud.
A la seconde, j'ai déploré que ce ne le fût.
Condoléances émues. Je retourne à Rimbaud.

silene82- Nombre de messages: 3560
Age: 54
Localisation: par là
Date d'inscription: 30/05/2009
Re: Une ligne entre les jours tristes
La disposition choisie ne sert peut-être pas le texte au mieux de ses intérêts. Elle casse par ailleurs quelque peu le rythme qui s'écoule de la sorte, c'est dommage.
Sinon, quelques images qui sont évocatrices, même si elles se retrouvent distillées parmi d'autres. L'atmosphère est là, présente, palpable et ça donne un bel aspect au texte, une aisance à s'y plonger.
Sinon, quelques images qui sont évocatrices, même si elles se retrouvent distillées parmi d'autres. L'atmosphère est là, présente, palpable et ça donne un bel aspect au texte, une aisance à s'y plonger.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
Re: Une ligne entre les jours tristes
Comme on marche solitaire sur le port un dimanche
où chaque jour d’indifférence
au bout de la jetée se laisse déposer
je m’en vais écrire
Comme on jette du sel sur les plages des étoiles
sous l’œil craintif de la mouette
qui se méfie des élans terrestres
je m’en vais voler
Clappement d’ailes et embruns obstinés
du fond de mon être j’attends la marée
d’hortensias
Laissez-moi écouter
ce grondement sur les rails d’éternité
Laissez-moi entendre
ce rire silencieux dans la nuit
Moi sur cette grève
la Terre à genoux dans le ventre du ciel
L’enfant s’est libéré de la main de sa mère
il a lâché son ballon aussi
Maintenant
dans un tendre balancement un point rouge disparaît
emporté par le courant
Bientôt
il atteindra la ligne d’horizon
.
je reste là
contemplant les bouées
- Arrêtée –
sur la ligne de flottaison
Je ne me prononcerai pas pour ou contre la position centrée qui a ses détracteurs (trices) mais que j'utilise aussi parfois.
L'ambiance d'un dimanche suspendu tel une bouée entre deux infinis est bien rendue, je trouve.
Il y a incompatibilité, à mon sens, entre ce rire silencieux dans la nuit et l'enfant qui lâche son ballon et la main de sa mère : Deux images qui se suivent dont la première est trop nocturne pour aller avec la seconde (je ne sais pas si je suis bien claire, moi !)
J'aime particulièrement le clappement d'ailes qui parle bien la langue des mouettes ;-)
où chaque jour d’indifférence
au bout de la jetée se laisse déposer
je m’en vais écrire
Comme on jette du sel sur les plages des étoiles
sous l’œil craintif de la mouette
qui se méfie des élans terrestres
je m’en vais voler
Clappement d’ailes et embruns obstinés
du fond de mon être j’attends la marée
d’hortensias
Laissez-moi écouter
ce grondement sur les rails d’éternité
Laissez-moi entendre
ce rire silencieux dans la nuit
Moi sur cette grève
la Terre à genoux dans le ventre du ciel
L’enfant s’est libéré de la main de sa mère
il a lâché son ballon aussi
Maintenant
dans un tendre balancement un point rouge disparaît
emporté par le courant
Bientôt
il atteindra la ligne d’horizon
.
je reste là
contemplant les bouées
- Arrêtée –
sur la ligne de flottaison
Je ne me prononcerai pas pour ou contre la position centrée qui a ses détracteurs (trices) mais que j'utilise aussi parfois.
L'ambiance d'un dimanche suspendu tel une bouée entre deux infinis est bien rendue, je trouve.
Il y a incompatibilité, à mon sens, entre ce rire silencieux dans la nuit et l'enfant qui lâche son ballon et la main de sa mère : Deux images qui se suivent dont la première est trop nocturne pour aller avec la seconde (je ne sais pas si je suis bien claire, moi !)
J'aime particulièrement le clappement d'ailes qui parle bien la langue des mouettes ;-)

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Une ligne entre les jours tristes
Oups ! J'ai oublié d'effacer le poème avant d'envoyer mon précédent post. Si la modération peut le faire pour moi ... Merci !

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Une ligne entre les jours tristes
Ici, je trouve pour ma part que la disposition centrée convient mieux que si le texte était aligné sur la gauche de la feuille (ou de l'écran...)
Je suis venue attirée par le titre et je ne le regrette pas: un beau voyage sur une plage tranquille...
Ce qui m'a un peu gênée c'est dans cette strophe:
Les mots que j'ai ici mis en gras m'ont un peu bloquée lors de la lecture, je sais pas trop pourquoi, peut-être parce qu'ils brisent un peu le rythme de la lecture?
Je suis venue attirée par le titre et je ne le regrette pas: un beau voyage sur une plage tranquille...
Ce qui m'a un peu gênée c'est dans cette strophe:
L’enfant s’est libéré de la main de sa mère
il a lâché son ballon aussi
Maintenant
dans un tendre balancement un point rouge disparaît
emporté par le courant
Bientôt
il atteindra la ligne d’horizon
Les mots que j'ai ici mis en gras m'ont un peu bloquée lors de la lecture, je sais pas trop pourquoi, peut-être parce qu'ils brisent un peu le rythme de la lecture?

isa- Nombre de messages: 196
Age: 21
Localisation: Elbonerg
Date d'inscription: 08/04/2009

Re: Une ligne entre les jours tristes
"Comme on marche solitaire sur le port un dimanche
où chaque jour d’indifférence
au bout de la jetée se laisse déposer
je m'en vais écrire"
Ces vers me touchent particulièrement. Pour le reste, c'est un avis personnel, (et mes poèmes pèchent souvent de la même façon à mon grand regret), je trouve que vous n'avez pas assez "ciselé dans la matière" que vous aviez, que je trouve noble au demeurant.
Encore pour vous un poème à remettre "sur le métier". On le fait cent fois, comme l'écrit Boileau. Et pour user encore de citations, Mallarmé a écrit: "On ne termine jamais un poème on l'abandonne". Notre grand mal à nous les poètes de l'an 2000, le mien, et, pardonnez-moi de vous le dire - le votre- c'est qu'on les abandonne trop vite, qu'on évite trop facilement les obstacles et refuse les contraintes. Il parait que c'est générationnel. En tout cas cela reste fâcheux, car de combien d'oeuvres géniales (géniales dans le sens pur) nous privent notre paresse, nos fuites et nos accomodements.
En tout cas continuez, rien que pour ces 4 premiers vers, cela vaut le coup, toujours à mon sens.
Le "Je m'en vais écrire" m'a rappelé certains poèmes d'Eluard.
où chaque jour d’indifférence
au bout de la jetée se laisse déposer
je m'en vais écrire"
Ces vers me touchent particulièrement. Pour le reste, c'est un avis personnel, (et mes poèmes pèchent souvent de la même façon à mon grand regret), je trouve que vous n'avez pas assez "ciselé dans la matière" que vous aviez, que je trouve noble au demeurant.
Encore pour vous un poème à remettre "sur le métier". On le fait cent fois, comme l'écrit Boileau. Et pour user encore de citations, Mallarmé a écrit: "On ne termine jamais un poème on l'abandonne". Notre grand mal à nous les poètes de l'an 2000, le mien, et, pardonnez-moi de vous le dire - le votre- c'est qu'on les abandonne trop vite, qu'on évite trop facilement les obstacles et refuse les contraintes. Il parait que c'est générationnel. En tout cas cela reste fâcheux, car de combien d'oeuvres géniales (géniales dans le sens pur) nous privent notre paresse, nos fuites et nos accomodements.
En tout cas continuez, rien que pour ces 4 premiers vers, cela vaut le coup, toujours à mon sens.
Le "Je m'en vais écrire" m'a rappelé certains poèmes d'Eluard.
Nathanaël Zenou- Nombre de messages: 120
Age: 31
Date d'inscription: 03/05/2010
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