Etreintes
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Etreintes
Vingt et une heures vingt
le tissu mité de la nuit laisse passer la lumière
une lumière blanche qui enveloppe les gens d'une présence irréelle
loin du miel des réverbères
Vingt et une heures vingt-neuf
je fixe mes chaussures que j'ai choisies sans talon
sans talon, nous serons
cils à cils labiques
hanches à hanches hantés
Vingt et une heures trente-cinq et quarante secondes
dans le grand hall
l'horloge en corolle s'est contractée
et ne déverse à contrecœur
que des secondes qui peinent à s'envoler
Vingt et une heures trente-cinq et cinquante secondes
au sol, les dalles qui portent nos pas savent...
de quoi sont faites nos impatiences
ce qui nous brûle
elles soupèsent nos silences
les strates empilées de l'absence
puis convergent vers un point de fuite invisible
point final du seul voyage possible
Vingt et une heures trente-hui... l'horizon jusque là rectiligne
prend soudain la forme de tes épaules
je m'y enfouis
mais cela ne suffit pas
le tissu mité de la nuit laisse passer la lumière
une lumière blanche qui enveloppe les gens d'une présence irréelle
loin du miel des réverbères
Vingt et une heures vingt-neuf
je fixe mes chaussures que j'ai choisies sans talon
sans talon, nous serons
cils à cils labiques
hanches à hanches hantés
Vingt et une heures trente-cinq et quarante secondes
dans le grand hall
l'horloge en corolle s'est contractée
et ne déverse à contrecœur
que des secondes qui peinent à s'envoler
Vingt et une heures trente-cinq et cinquante secondes
au sol, les dalles qui portent nos pas savent...
de quoi sont faites nos impatiences
ce qui nous brûle
elles soupèsent nos silences
les strates empilées de l'absence
puis convergent vers un point de fuite invisible
point final du seul voyage possible
Vingt et une heures trente-hui... l'horizon jusque là rectiligne
prend soudain la forme de tes épaules
je m'y enfouis
mais cela ne suffit pas

Mélusine- Nombre de messages: 171
Age: 51
Localisation: sous l'ondée
Date d'inscription: 13/03/2009
Re: Etreintes
Merci pour le happy-end :il n'aurait plus manqué qu'après avoir supporté avec toi les affres de l'attente et de l'incertitude, il ne vienne pas ! :)))
Chouette texte pour moi, j'ai accroché, le vécu sans doute...
Chouette texte pour moi, j'ai accroché, le vécu sans doute...

Polixène- Nombre de messages: 1147
Age: 49
Localisation: dans un pli du temps
Date d'inscription: 23/02/2010

Re: Etreintes
une ambiance , vraiment ...j'aurais enlevé les secondes et d'autres choses pour le rythme et ciseler le propos , un peu comme ça :
Vingt et une heures vingt
le tissu mité de la nuit laisse passer la lumière
blanche ,elle enveloppe les gens d'une présence irréelle
loin du miel des réverbères
Vingt et une heures vingt-neuf
je fixe mes chaussures , choisies sans talon
sans talon, nous serons
cils à cils labiques
hanches à hanches hantés
Vingt et une heures trente-cinq
dans le grand hall
l'horloge en corolle s'est contractée
elle déverse à contrecœur
des secondes peinant à s'envoler
Vingt et une heures trente-cinq
au sol, les dalles portent nos pas ,elle savent...
de quoi sont faites nos impatiences
ce qui nous brûle
elles soupèsent nos silences
les strates empilées de l'absence
puis convergent vers un point de fuite invisible
celui final du seul voyage possible
Vingt et une heures trente-hui... l'horizon jusque là rectiligne
prend soudain la forme de tes épaules
je m'y enfouis
mais cela ne suffit pas
câlins
Vingt et une heures vingt
le tissu mité de la nuit laisse passer la lumière
blanche ,elle enveloppe les gens d'une présence irréelle
loin du miel des réverbères
Vingt et une heures vingt-neuf
je fixe mes chaussures , choisies sans talon
sans talon, nous serons
cils à cils labiques
hanches à hanches hantés
Vingt et une heures trente-cinq
dans le grand hall
l'horloge en corolle s'est contractée
elle déverse à contrecœur
des secondes peinant à s'envoler
Vingt et une heures trente-cinq
au sol, les dalles portent nos pas ,elle savent...
de quoi sont faites nos impatiences
ce qui nous brûle
elles soupèsent nos silences
les strates empilées de l'absence
puis convergent vers un point de fuite invisible
celui final du seul voyage possible
Vingt et une heures trente-hui... l'horizon jusque là rectiligne
prend soudain la forme de tes épaules
je m'y enfouis
mais cela ne suffit pas
câlins

Poussetontraino- Nombre de messages: 745
Age: 46
Localisation: Nice
Date d'inscription: 25/02/2009

Re: Etreintes
J'ai bien aimé le poids de l'attente qui se gonfle d'impatience. La fin n'en est pas une, c'est un appel, un nouveau départ qui fait rebondir l'imagination du lecteur.
J'ai particulièrement aimé :
l'horloge en corolle s'est contractée
les dalles portent nos pas ,elle savent...
de quoi sont faites nos impatiences
J'aime cette allusion discrète à la mort qui se dessine quand les dalles
convergent vers un point de fuite invisible
point final du seul voyage possible
Je ne connais pas la signification de labiques et ne l'ai pas trouvée dans le TLFi
J'ai particulièrement aimé :
l'horloge en corolle s'est contractée
les dalles portent nos pas ,elle savent...
de quoi sont faites nos impatiences
J'aime cette allusion discrète à la mort qui se dessine quand les dalles
convergent vers un point de fuite invisible
point final du seul voyage possible
Je ne connais pas la signification de labiques et ne l'ai pas trouvée dans le TLFi

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Etreintes
Personellement j'ai trouvé très originale l'idée de l'heure au début de chaque strophes. J'avais l'impression de ressentir en moi les mots du poème. J'aime beaucoup.

AllyBook- Nombre de messages: 5
Age: 17
Date d'inscription: 12/06/2010

Re: Etreintes
Ca m'a beaucoup plu. Un seul hic: les une heure quatre vingt et tout mettent trop de temps à être prononcées.

Fauve noir- Nombre de messages: 151
Age: 21
Date d'inscription: 03/04/2010
Re: Etreintes
Merci à tous pour vos commentaires
Poussetontraino, je retiens ta proposition :
je fixe mes chaussures, choisies sans talon
Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt
J'ai toujours autant de mal en français
Vive le déhanché hypnotique de la poésie !
Arielle "labiques" se rattache aux cils
pour faire syllabique
Je sais c'est tiré par les cils mais j'adore "avancer à la godille" !!!
Amitiés
Poussetontraino, je retiens ta proposition :
je fixe mes chaussures, choisies sans talon
Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt
J'ai toujours autant de mal en français
Vive le déhanché hypnotique de la poésie !
Arielle "labiques" se rattache aux cils
pour faire syllabique
Je sais c'est tiré par les cils mais j'adore "avancer à la godille" !!!
Amitiés

Mélusine- Nombre de messages: 171
Age: 51
Localisation: sous l'ondée
Date d'inscription: 13/03/2009
Re: Etreintes
Bonne idée ce poème avec la tension qui monte en même temps que l'heure avance... mais l'heure est peut-être un peu trop détaillée ce qui a bloqué ma lecture (j'essayais mentalement de visualiser sur un cadran les différentes heures parce que j'arrivais pas à le faire spontanément... sûrement par manque d'entrainement!)
De belles images mais un petit bémol pour:
la volonté de faire un jeu de mot ne s'insère pas très bien, je trouve, dans la tonalité générale du poème.
De belles images mais un petit bémol pour:
cils à cils labiques
hanches à hanches hantés
la volonté de faire un jeu de mot ne s'insère pas très bien, je trouve, dans la tonalité générale du poème.

isa- Nombre de messages: 196
Age: 21
Localisation: Elbonerg
Date d'inscription: 08/04/2009

Re: Etreintes
Une belle évocation. J'ai trouvé superbes notamment les 3e et 4e strophes. Ce temps suspendu...

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Etreintes
Une attente qui, heureusement, n'est pas trahie.
Un poème rythmé par l'heure. Une situation que nous avons tous connue.
La dernière strophe est intéressante, mais je l'interprète en fonction de mon propre filtre.
cad : quand on surveille l'heure, l'angoisse se fixe sur elle, et quand l'objet de notre attente est auprès de nous on réalise que ce n'est que partie remise ; d'autres séparations viendront. En fait on a remplacé une angoisse qui se déclinait dans le présent (avec une joie anticipée), par une angoisse d'anticipation qui interfère sur le présent.
Un poème rythmé par l'heure. Une situation que nous avons tous connue.
La dernière strophe est intéressante, mais je l'interprète en fonction de mon propre filtre.
cad : quand on surveille l'heure, l'angoisse se fixe sur elle, et quand l'objet de notre attente est auprès de nous on réalise que ce n'est que partie remise ; d'autres séparations viendront. En fait on a remplacé une angoisse qui se déclinait dans le présent (avec une joie anticipée), par une angoisse d'anticipation qui interfère sur le présent.

Carmen P.- Nombre de messages: 506
Age: 57
Localisation: Ouest
Date d'inscription: 23/04/2010
Re: Etreintes
Ce découpage autour d'heures, de minutes, de secondes me plaît beaucoup; cette manière de faire apporte beaucoup au texte, tout comme cette narration poétique qui rend l'impatience grandissante et à la fois résignée, car impuissance rime souvent avec temps qui passe.
J'apprécie également qu'à la fin, cela ne suffise pas, sorte de faux happy end qui laisse entrevoir d'autres horizons, des attentes différentes.
J'apprécie également qu'à la fin, cela ne suffise pas, sorte de faux happy end qui laisse entrevoir d'autres horizons, des attentes différentes.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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