Douce folie

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Douce folie

Message  lu-k le Mer 16 Juin 2010 - 18:49

Je me dégage, je m’extirpe des mollesses qui me retenaient immergé sous la terre. Les plantes et les langues abandonnent l’emprise qu’elles avaient sur mon corps depuis des nuits. Elles décollent leurs bourgeons et leurs pétales un par un, elles laissent mes membres de paria ressusciter, elles se désarticulent dans un mouvement lent, uniforme. Je respire pour la première fois et mon ventre se délie en un sursaut. Les marques de ventouses laissées sur ma peau disparaissent peu à peu ; leurs brûlures, elles, restent, un temps. Les sphères de salive qui les entourent finissent aussi par rentrer dans le corps. Les plantes s’enfoncent sous la terre, les langues s’échappent en ondulant, et je reste là, sur les genoux, la peau nue et jaune. Je me sens lassé comme si le temps ne venait pas de naître. Je suis dans une pièce grise, froide, nue comme moi. J’ai encore de la terre dans les parties chaudes et humides du corps. Je contemple mes mains drôles. J’observe ma respiration et je ne comprends pas sa brutalité, ses à-coups violents et théâtraux. Ils remuent mon ventre, mon thorax, mon abdomen. Ceux-ci ne tombent pas, ne viennent pas gésir sur le sol. Je les sens si épanouis qu’ils en ont l’air malade. Je les attends étendus sur les carreaux glacés dans la convulsion de la piqûre, mais ils persistent à subir cette respiration si nouvelle, si étrange. Je sens mes intestins saigner à l’intérieur de moi et je les veux atrophiés. Mon ventre est gras, laid. Tout cela me semble trop net, trop éclairé. Je suis habitué aux profondeurs de la terre, aux tunnels labyrinthiques, aux sous-sols. Je me sens chez moi dans l’absence de mouvement, de bruit et de matière, dans les alvéoles étouffantes, dans les magmas sombres, dans les cocons calmes et chauds, dans les asiles où rien ne passe, ni le temps, ni la pensée du temps. J’aime le noir. Là, j’ai les yeux grands ouverts, j’ai conscience de mes yeux, j’ai conscience de mes mains, drôles, de mon ventre, laid, de mes jambes, étirées, de mon sexe, pendant. La sensualité n’existe plus. Je suis un être grossier dans un cosmos grossier, tout est douleur puisque tout se perçoit de façon abrupte. Un miroir se trouve là-bas, au fond de la pièce. Là-bas, c’est loin. Il faut se lever, marcher, actionner des mécanismes. Je ne connais que le poids de l’inconscient et du refoulé, mes seules amies sont les pulsions. Je me lève et je me sens vieux alors que je suis au monde depuis un instant. J’ai le visage plein de poussière et d’eczéma. Des points rouges qui suintent le parsèment. Je suis le christ de la fausse couche.
J'aplatis ma main sur mon visage. Du lard, des nerfs, des énormes morceaux de viande. Tout ça s’entasse et pue et semble coller, cloaque rouge. Je me mets à avoir des hauts-le-cœur. Des tonnes et des tonnes de jambons qui saignent dans la crispation du sommeil. Des corps vulgaires et gros qui étouffent dans la chaleur putride de l’atmosphère.
Il y a dans la pièce des mouvements et des cris et des diphtongues pleins d’obscurité, mais je ne l’aime pas, celle-là, d’obscurité. Un buffet. Sur son bois sans vie, un cendrier et un buste grec. Ils coulent, ils transpirent, ils soupirent, ce sont des objets moraux, des objets inscrits dans l’espace des pleurs. Ils ont une vie, un passé, des sensations. Ils ont même de longs bras maigres et pâles qui s’étirent, se tordent, s’enroulent.
Un caveau où règne une lumière de mystère. On s’y plonge et on s’y perd, il y a moi plus jeune, il y a mon père plus vieux, il y a ma sœur qui accouche de ma mère. Sur une petite table qui ressemble à une table de boucher, c’est ma meilleure amie qui se fait violer. La petite lumière les baigne et je suis un public conquis.
Je voudrais retourner dans le calme limpide des sous-sols. Je me lève de mon lit et déjà ton visage.

Aujourd’hui, je suis un monstre bleu. La folie n’est jamais douce, même le soir. Au contraire, elle renverse, remue, renvoie. Je suis à la fenêtre à aimer la pluie, sa tristesse, le lampadaire idiot qui se tient là avec sa gueule blafarde et l’arbre aux membres fous qui se découpe dans sa lumière, comme la route elle aussi tachée de gouttes ensoleillées. Je parle au téléphone, je n’en peux plus de communiquer par les mots tout ce que le silence dit déjà et en mieux, je suis pris par cette espèce de vertige, je dis des choses trop vraies, trop pures, je m’approche de plus en plus de tout ce qui écorche, je souffre des échos, des remontées, tout est fait de non-dits ou de trop-pleins, et nous sommes là dans cette atmosphère surnaturelle à causer depuis six heures déjà dans la nuit, tout se mêle et, bien sûr, nous ne pouvons nous résigner à toucher la chose, la seule, la craquelée, cette angoisse que nous avons en commun, ou, non, peut-être autre chose d’encore plus secret.

Nous nous sommes écrits des livres de peurs, ces mêmes peurs que nous avons reçues ensemble. Dans la langue pré-natale - celle qui explose, annonciatrice -, il y a le chagrin d'un poids lourd destiné à descendre, le poids du père, et celui de la mère, les poids de la culpabilité. Dans la sexualité embryonnaire, celle qui se nourrit de la sexualité parentale, il y a les mélanges antagonistes de deux humains qui ne faisaient plus l'amour. La langue pré-natale, c'est-à-dire ce que les cellules contiennent de prévisions, interagit avec le passé, fait réapparaître un caractère latent de sorte à ce que les générations se transmettent la pensée, la réussite intellectuelle. Nous souffrons ainsi, accrochés au parterre mauve.

Les choses se confondent, il n’y a plus de barrière entre vérité et mensonge. C’est ainsi quand la torture atteint la blancheur des nerfs qui gigotent : on se demande, on ne croit plus en soi. Alors je suis toujours ce monstre bleu, produit du passé.

C'est la mort qui demande aux pavés de soulever encore des colères, mais on ne peut rien dire, on ne peut rien comprendre, il y a juste des odeurs, des odeurs de pleurs, de nausée, des odeurs mauvaises mais dans lesquelles on se complaît. Tout le monde est là, tout le monde se ramasse, se colle. On ritualise la mort, on en revient au sacre, au premier cérémonial, au seul purgatoire possible, structure, procédé, tristesse artificielle. Mais la tristesse artificielle est la plus vraie de toutes quand on se met justement à douter de notre malheur, à se demander s'il est fabriqué ou non. C'est qu'elle est là, la mort, la chose indéfinissable, le cortège des clichés et des corps et de leurs logorrhées, placides ou ardentes, mais toujours incroyables, c'est-à-dire tellement vraies qu'elles en deviennent fausses, ou le contraire. Et moi je pleure, j'en viens aux chuchotements, aux chansons tristes, aux marches seules. Bien sûr, je regarde les autres pleurer, alors je continue. Je regarde les mots "tu te souviens", je les regarde comme on regarde un handicapé. Je regarde la maladie qui paraît s'être répandue, et les autres s'enlacent. Je vois le meilleur ami qui déambule de groupes en groupes, qui ne pleure pas. Il réconforte, rien ne s'affiche sur son visage. C'est le plus triste de tous. Et je vois un autre qui est là les yeux dans le rouge de ses propres yeux, assis sur le sol entre les peaux de banane et les crachats, ne bougeant pas, et dont le pantalon a glissé pour laisser ses jambes nues, pauvres jambes nues et poilues et frêles, pauvre ridicule qui ne l'atteint pas. Il ne remarque pas, ou il remarque mais s'en fout. Il est juste là, dans le cosmos, à perdre tout le sens des réalités, à ne plus ressentir la honte. Il oublie les codes et puis oui, c'est surnaturel, la mort, c'est hors du temps. Il n'y a rien de plus surnaturel que la mort.
Et moi je pleure de façon beaucoup plus sincère ce soir-là. Je ne suis plus à me regarder, à regarder ma tristesse, à l’imaginer dans le regard des autres. Je ne suis plus acteur, je n’entretiens plus aucun artifice, je suis nu. Mangé.

J’ai, de manière générale, une certaine apathie qui alourdit mes membres, me prête la démarche du bousier, gros insecte tout noir et tout nu faisant grossir sa boule de merde au fur et à mesure qu’elle roule et ramasse les débris du sol. Je suis persuadé que la part la plus importante de l’existence condamne chaque réflexion, dans le sens où rien ne peut survivre, rien n’a d’impact. Tout est vide dans une mare de rêves… les choses sont inconsistantes, sans poids sur rien, sans un écho, si ce n’est celui qu’elles font entre elles.

Tu te protèges bien.

Les femmes sont nombreuses, agressives, titubantes. Ce sont des truites aux yeux blancs, aux têtes folles, aux nageoires atrophiées. J’adore me balader le soir et imaginer leurs visages souriants, espiègles, entassés par dizaine dans les coins qui tremblent. Je m’approche comme un insecte avec la délectation malsaine de celui qui désire être arraché, avalé et dégluti. Je suis sans voix et sans corps si ce ne sont leurs corps à elles, les corps de ces visages. Je me presse entre ces truites, je me frotte contre leur peau de bétail, leur peau commune, leur peau gluante. Et des rires, des jambes brisées, des flots de couleurs puantes. Je me traîne, je m’en vais, je souris, j’ai laissé encore un peu de mon âme pourrie à leurs visages terreux, j’ai laissé un peu d’épuisement et de souffrance à leur inhumanité pour moi aussi déguerpir plus loin, dans la boue...

Je me délecte dans cette non-structure, flot qui donc ne s’avale pas, comme je ne peux me résoudre à avaler les souvenirs. Traumatismes, traumatismes, traumatismes, j’écris vos noms cent fois et en noir et en orange sur les murs d’une chambre que je ne connais pas. Je m’accroche à des dates, des mardi, des dimanche, des points de repère ou justement de perdition qui détonnent dans l’aridité de l’ennui. J’écris vos noms, je ne peux plus souffrir les photographies de mes tremblements, comme si on cherchait à rappeler ma folie, comme si on la demandait : vous vous tenez là, vous ne bougez pas, et vous vous agitez devant mon visage, vous alignez des mots, vous êtes incrustés dans mon quotidien ou même certains en partent mais toujours pour revenir, cruels, incandescents. Vous venez vers moi, vous me caressez, vous cherchez je ne sais quoi. C’est terrible de penser que tout se répercute à l’infini, et je te regarde comme on regarde la terre desséchée, je crois ne plus te plaire, je n’en sais rien, tout est connoté, bourré de passé et de scandales. La pièce est si lente, obscure, dans son déroulement circulaire, dans sa spirale. J’ai beau aller bien il y aura toujours cette sensation de vide et d’angoisse sous-jacente, qui demeure. Le temps est chiant, nuageux, lourd. Ça empeste la torpeur, ça déshydrate, ça pèse dans tout le corps, ça me donne même des sueurs froides, des tremblements.
C’est dur de se donner, d’accorder du temps aux choses. On aimerait rester là, ou autre part. Parfois, tout amène à la conclusion terrible qui condamne le monde, les autres, soi-même. Moi aussi, je refuse souvent la chaleur, les rires. Les fausses notes, les amours jaunes.

Il n’y a rien de plus sincère, de plus immaculé que le délire. Il renvoie à des choses enfouies et qui ressortent, à des monstres sans cohérence. Fuir la réalité palpable et, simultanément, s’enliser dans une autre réalité, plus pure, sans artifices et donc sans cohésion, sans rationalité. Le monde disparaît ou apparaît comme plus féroce.

J’ai toujours ce besoin de me rattacher à la conscience que je souffre. Tout devient et plus grand et plus beau et plus sensible !
Tu me fascines, tu me ressembles. Je m’imagine parfois une autre naissance pour devenir dans le passé quelqu’un d’autre que moi et pour ainsi te plaire. Qui aurais-je dû être ? Un corps loin, une voix moins présente, un pantalon plus serré, des cheveux moins frisés, une lumière plus grande et moins semblable à la tienne ? Que deviendrai-je dans le passé pour mourir la lèvre de ta névrose, toucher peut-être, t’entendre crier un nom. Je suis là avec mes habits sales et mes mains sales et ces fausses joies que ta versatilité me donne. Peut-être aurais-je dû être le chien. Le compagnon, la langue, le misérable, l’idiot, le gentil, le drôle, le pratique, celui qu’on trimballe et pour qui l’affection est semblable à l’affection qu’on porte aux objets. J’aurais été là à me taire, à te regarder. J’aurais été là, sans splendeur. Même moche. On s’habitue aux moches, on les aime bien, ils nous apitoient, on les pardonne. J’aurais été donc là sans crier ton sourire par ma bouche, ou à fermer les lèvres. Animal perdu dans ton ombre. Tu m’aurais embrassé sur le front, tu aurais séché tes larmes dans ma truffe, dans mon corps de bête, dans mon corps d’idiot. Oui, non, je n’aurais pas été un de ces beaux visages auxquels tu aspires, car tu les perds tous, eux aussi.


Je suis si loin de la vie que la pensée se rapproche. La douleur est une femme en train de rire. Je suis une femme en train de rire. Je pourrai vivre, je pourrai survivre des années encore, à rester là, dans les paupières. Je pourrai continuer à supporter tous les traumatismes qui viennent du fond des yeux. Je pourrai continuer à enlacer le noir intimiste dans l'attente d'un son. Je ne suis que paupières dans l'absence de pensée qui se désarticule. Ça y est, je pense, donc je suis perdu. De la même façon qu'il y a une rançon à la réussite, il y a une rançon à la pensée. Il ne faut jamais abandonner le primat de la candeur, lui seul protège contre ce qui fait naître la chambre vide. Dans la chambre vide, quand s'éveille le ronronnement malsain de la blessure, il y a un tentacule plein de poussière et de noir qui vous retient d'avancer en vous entraînant, en vous attirant vers le fond. Rien ne se passe si ce n'est la chaleur dans votre dos, la chaleur d'un souffle brûlant qui vous aspire - l'haleine de l'enfance. La douleur. Il vaut mieux évoquer tout ce qui échappe à la substance de la réflexion, sinon le monde est là, véritable, immaculé, et toute l'horreur se dessine alors, la perversion de votre mère, de votre père, de votre sœur, de vos amis, la perversion de ceux qui vous aiment, la perversion de vous-même et la perversion de votre propre souvenir. Tout est pâteux, tout est collant, tout se craquèle en malaises, sillons bleus. Vous êtes là, dans la pensée, vous êtes des paupières closes, vous contenez les larmes. Vous fumez cette cigarette de douleur et vous vous tordez dans la position fœtale qui rappelle aux premiers chuchotements du corps. Autour, les objets disent un silence, et vous dites silence au passé dans le nœud des membres, vous voulez fuir le cauchemar esquissé dans le fond de la chambre, vous sentez que vous ne contrôlez plus rien, vous vous prenez la tête entre les mains car elle veut glisser décapitée sur le sol ; vous ne criez pas. Tout remonte jusqu'à provoquer l'engourdissement propre à l'anxiété. Vous comprenez que l'extrême sensualité permet la perception de la laideur. Les chiens sont là, se penchent sur vous, boivent l'eau de vos organes. Tout à coup, une sensation de vertige, vous êtes dans une ville faite de ruines et de fantômes, vous tombez dans un vide en regardant vos mains desséchées, une lumière blanche aveugle les demi-morts. Vous abandonnez peu à peu les gisements, les éreintés, les refoulés, vous revenez dans la structure de l'insouciance, emportée comme viatique. Les visages cachent pour quelque temps leur respiration malsaine. L'angoisse devient sous-jacente, oubliée. Elle reviendra.
Nous souffrons ainsi, accrochés au parterre mauve.

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Re: Douce folie

Message  socque le Jeu 17 Juin 2010 - 7:28

Un texte à la belle sensualité-angoisse gluante ! Saisissant.

Quelques remarques :
« Dans la langue pré-natale - celle qui explose, annonciatrice -, » : typographie, le trait d’union « - » ne convient pas pour introduire ou fermer une incise, il faut le quart ou semi-cadratin « – » ou « — »
« fait réapparaître un caractère latent de sorte à ce que les générations » : je pense que « de sorte que » est préférable
« le meilleur ami qui déambule de groupe en groupe (et non « de groupes en groupes », il passe d’un groupe à l’autre) »
« leurs visages souriants, espiègles, entassés par dizaines dans les coins qui tremblent »
« Je m’accroche à des dates, des mardis, des dimanches »
« ça me donne même des sueurs froides, des tremblements » : une banalité ici, qui détonne, je trouve
« Que deviendrai-je dans le passé pour mourir la lèvre de ta névrose » : une image que je ne comprends pas
« ils nous apitoient, on leur pardonne »
« souffle brûlant qui vous aspire - l'haleine de l'enfance » : typographie, le trait d’union « - » ne convient pas pour introduire une incise, il faut le quart ou semi-cadratin « – » ou « — »
« Vous comprenez que l'extrême sensualité permet la perception de la laideur » : trop sentencieux à mon goût, détonne pour moi dans l’ensemble du texte qui donne dans le viscéral
« Nous souffrons ainsi, accrochés au parterre mauve » : ça oui, superbe !

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Re: Douce folie

Message  Yali le Jeu 17 Juin 2010 - 13:15

Ça ressemble à un exercice. En est-ce un ?
À part cette question, je trouve pour ma part que le lecteur n'a pas de place dans ce texte, aucun espace qu'il peut faire sien et dans lequel, d'une manière ou d'une autre, il pourrait investir un peu de son imagination.
Vieux sujet, vieille rengaine que je fredonne là, car moi je tiens au fait que le lecteur soit participant plutôt qu'assistant.

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Re: Douce folie

Message  pandaworks le Jeu 17 Juin 2010 - 18:50

J'ai beaucoup apprécié de mon coté, l'argumentation se précise, les propos sont en essaim. Saissisant oui, par moments "Je voudrais retourner dans le calme limpide des sous-sols" comme dans le meilleur du barge de Lovercraft, et du très calme "...aurais-je dû être le chien ". Ce n'est pas interractif, bien entendu mais physique, pulsionnel, concret, quitte pour le lecteur à être un peu lassé de l'interpellation. Le titre est bof, comme celui d'un essai, et les phrases qui reprisent sur le mot toujours un peu défavorables à la sincérité. Une autre chose : le bousier n'est pas issu d'un bestiaire paléonthologique, y'avait peut-être pas besoin de nous informer que c'est un gros insecte noir. Bravo pour les 4 poèmes, par ailleurs. Tant que j'y suis.

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Re: Douce folie

Message  Easter(Island) le Jeu 17 Juin 2010 - 19:17

De beaux passages charnus (le début et le dernier paragraphe notamment) mais dans l'ensemble j'ai trouvé que le texte tenait trop pour moi cette fois de la démonstration, trop analytique. C'est parfaitement écrit bien sûr, chaque mot à sa place, là n'est pas la question- mais l'ensemble m'a paru distant, je ne suis pas arrivée à entrer dans le cœur du récit, ç'a été presque possible parfois, j'étais au bord, tout au bord, il s'en serait fallu de peu.

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Re: Douce folie

Message  lu-k le Jeu 1 Juil 2010 - 18:56

Merci à tous pour vos commentaires !
Yali, non, ce n'est pas un exercice, juste un texte indigeste et, oui, assez informe, je m'en rends compte. Votre remarque concernant l'hermétisme, le peu de place accordé au lecteur, rejoint celle de Easter sur le côté trop analytique : je suis d'accord avec tout ça, je n'arrive pas, et plus particulièrement en ce moment, à me détacher, à trouver une écriture qui serait cathartique sans être égoïste. Easter, de la démonstration, non, je ne crois pas... mais en tout cas, je comprends tout à fait ton ressenti quant à la distance ; je retranscris ici des choses très personnelles que je m'efforce de concevoir de façon presque pragmatique. Je suis en train de perdre les avantages de la fiction, que j'emportais auparavant comme viatique...
Sinon, merci également à ceux qui ont aimé, cela me fait toujours plaisir.

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