Mercredi
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Mercredi
Sous les paupières clauses, on devine un regard triste ;
Pourtant la bouche esquisse un sourire gêné,
Comme pour s’excuser d’être là.
Les joues sont de cire, rehaussées de pommettes tendues ;
Et le front lisse est de marbre : déjà la roche a raison des soucis.
Autour des cheveux souples, la soie blanche plissée fait une coiffe d’enfant.
Des pas froids claquent sur les dalles luisantes et se perdent sous la voûte,
S’éloignent comme ses rires.
Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid.
Les pierres sous les sièges de bois ressemblent aux vagues immobiles des jours
Et leur couleur d’écume.
Les gens sont là mais ils sont déjà loin ;
Le moment est cruel lorsqu’on scelle le cercueil.
Le goût de sel dessèche la gorge.
Il ne reste plus que l’armoire qui flotte à la dérive, perdant ses roses en chemin.
Les portes s’ouvrent.
La lumière impose sa temporalité aveuglante.
Les gouttes de pluie comme le tic-tac de l’horloge racontent déjà les heures interminables
À attendre seul dans le salon.
Veronika le 16/06/2010
Pourtant la bouche esquisse un sourire gêné,
Comme pour s’excuser d’être là.
Les joues sont de cire, rehaussées de pommettes tendues ;
Et le front lisse est de marbre : déjà la roche a raison des soucis.
Autour des cheveux souples, la soie blanche plissée fait une coiffe d’enfant.
Des pas froids claquent sur les dalles luisantes et se perdent sous la voûte,
S’éloignent comme ses rires.
Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid.
Les pierres sous les sièges de bois ressemblent aux vagues immobiles des jours
Et leur couleur d’écume.
Les gens sont là mais ils sont déjà loin ;
Le moment est cruel lorsqu’on scelle le cercueil.
Le goût de sel dessèche la gorge.
Il ne reste plus que l’armoire qui flotte à la dérive, perdant ses roses en chemin.
Les portes s’ouvrent.
La lumière impose sa temporalité aveuglante.
Les gouttes de pluie comme le tic-tac de l’horloge racontent déjà les heures interminables
À attendre seul dans le salon.
Veronika le 16/06/2010

Akinorev31- Nombre de messages: 167
Age: 57
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 24/11/2008

Re: Mercredi
Un texte touchant pour moi, avec de beaux moments :
"le front lisse est de marbre : déjà la roche a raison des soucis"
"Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid",
et des lourdeurs :
"Les gens sont là mais ils sont déjà loin"
"La lumière impose sa temporalité aveuglante", que je trouve complètement décalé, incongru, notamment à cause de cette "temporalité", beaucoup trop technique.
Remarque : "Sous les paupières closes"
"le front lisse est de marbre : déjà la roche a raison des soucis"
"Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid",
et des lourdeurs :
"Les gens sont là mais ils sont déjà loin"
"La lumière impose sa temporalité aveuglante", que je trouve complètement décalé, incongru, notamment à cause de cette "temporalité", beaucoup trop technique.
Remarque : "Sous les paupières closes"

socque- Nombre de messages: 6570
Age: 50
Localisation: œ Œ ç Ç à À é É è È æ Æ ù Ù â  ê Ê î Î ô Ô û Û ä Ä ë Ë ï Ï ö Ö ü Ü – —
Date d'inscription: 07/01/2008
Re: Mercredi
Des images sobres et poétiques, des mots simples qui disent tout un univers, passé et à venir. Superbe.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12095
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Mercredi
Merci des commentaires sur ce poème posté sitôt écrit alors que j'aurais du laisser le temps de le relire le lendemain. J'ai tenu compte des remarques:
Mercredi
Sous les paupières closes, on devine un regard triste ;
Pourtant la bouche esquisse un sourire gêné, comme pour s’excuser d’être là.
Les joues sont de cire, rehaussées de pommettes tendues ;
Et le front lisse est de marbre : déjà la roche a raison des soucis.
Autour des cheveux souples, la soie blanche plissée fait une coiffe d’enfant.
Des pas claquent sur les dalles luisantes et se perdent sous la voûte,
S’éloignent comme ses rires.
Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid.
Les pierres sous les sièges de bois ressemblent aux vagues immobiles des jours
Et leur couleur d’écume.
Les gens sont là mais déjà loin ;
Le moment est cruel lorsqu’on scelle le cercueil.
Le goût de sel dessèche la gorge.
Il ne reste plus que l’armoire qui flotte à la dérive, perdant ses roses en chemin.
Les portes s’ouvrent.
La lumière est blanche.
Les gouttes de pluie comme le tic-tac de l’horloge racontent déjà les heures interminables
À attendre seul dans le salon.
Veronika le 16/06/2010
Mercredi
Sous les paupières closes, on devine un regard triste ;
Pourtant la bouche esquisse un sourire gêné, comme pour s’excuser d’être là.
Les joues sont de cire, rehaussées de pommettes tendues ;
Et le front lisse est de marbre : déjà la roche a raison des soucis.
Autour des cheveux souples, la soie blanche plissée fait une coiffe d’enfant.
Des pas claquent sur les dalles luisantes et se perdent sous la voûte,
S’éloignent comme ses rires.
Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid.
Les pierres sous les sièges de bois ressemblent aux vagues immobiles des jours
Et leur couleur d’écume.
Les gens sont là mais déjà loin ;
Le moment est cruel lorsqu’on scelle le cercueil.
Le goût de sel dessèche la gorge.
Il ne reste plus que l’armoire qui flotte à la dérive, perdant ses roses en chemin.
Les portes s’ouvrent.
La lumière est blanche.
Les gouttes de pluie comme le tic-tac de l’horloge racontent déjà les heures interminables
À attendre seul dans le salon.
Veronika le 16/06/2010

Akinorev31- Nombre de messages: 167
Age: 57
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 24/11/2008

Re: Mercredi
OUI akinorev
j'aime cette fibre...
j'aime cette fibre...

loic- Nombre de messages: 1241
Age: 53
Localisation: auray
Date d'inscription: 11/11/2008

Re: Mercredi
La version retouchée est excellente.
L'atmosphère digne et pesante bien rendue.
Les deux derniers vers me font penser aux "vieux" de Brel.
Merci Véronika pour ce très bon poème.
L'atmosphère digne et pesante bien rendue.
Les deux derniers vers me font penser aux "vieux" de Brel.
Merci Véronika pour ce très bon poème.

embellie- Nombre de messages: 1303
Age: 74
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 20/01/2009
Re: Mercredi
Dès le deuxième vers de la seconde version j'ai retrouvé avec émotion cette évocations des vieux de Brel
Pourtant la bouche esquisse un sourire gêné, comme pour s’excuser d’être là.
J'aime beaucoup, parce que plus personnelle que les autres, l'image de :
l’armoire qui flotte à la dérive, perdant ses roses en chemin.
de même que :
Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid.
Contente de te revoir par ici Véronika !
Pourtant la bouche esquisse un sourire gêné, comme pour s’excuser d’être là.
J'aime beaucoup, parce que plus personnelle que les autres, l'image de :
l’armoire qui flotte à la dérive, perdant ses roses en chemin.
de même que :
Un mercredi en forme de dimanche pose son baiser froid.
Contente de te revoir par ici Véronika !

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Mercredi
Un texte dans lequel je me suis complètement immergée, Véronika, il me parle et me touche, pour un tas de raisons très personnelles. Il dit si bien les choses et ce sentiment de malaise, d'attente, de sourires gênés... oui, tout est là, subtilement et doucement rendu. Merci !

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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