Le clochard
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Le clochard
J'ai écrit ce poème à 15 ans – ceci pour expliquer sa naïveté un peu désuète.
Entrepôt de chiffons noyés dans la misère
sur les quais assoupis, veinulés de lumière
il dort, le vieux clochard, comme un quatre, posé
par les doigts incertains du petit écolier.
Bercé par le fredon séculaire des eaux
où marmonnent la nuit d'immobiles bateaux,
il dort, le vieux clochard, roulé dans ses déboires,
près de Quasimodo, des tours et des ciboires.
Comme la luge emporte au loin des cris joyeux
ses rêves avinés le hissent jusqu'aux cieux.
Mais il dort, le clochard, sous l'arche sidérale
clignotante et rebelle à la Muse aurorale.
Le jour a décimé des régiments d'ébène,
la lune voit flotter son cliché sur la Seine.
Il bâille, le clochard, s'étire et se reprend
de suivre les ébats vernissés d'un chaland,
et le pas fécondé d'un rayon de soleil
qui, sur le parapet, laisse un ruban vermeil.
Il marche, le clochard, comme une diligence
supportant dans son cœur des cahots d'indigence.
Philosophe aguerri quand la faim le tenaille
sur un banc solitaire, il s'apprête et ripaille.
Etrangle sa bouteille au long cou de canard,
boit, sourit, parle et mange avec l'oiseau bavard.
Quand le jour étiolé courtise les maisons
assombrit le repos des vertes frondaisons,
il cherche, le vieux clochard, sur le quai des Tournelles
l'abri du saule en pleurs, qui tombe en cascatelle.
Entrepôt de chiffons noyés dans la misère
sur les quais assoupis, veinulés de lumière
il dort, le vieux clochard, comme un quatre, posé
par les doigts incertains du petit écolier.
Bercé par le fredon séculaire des eaux
où marmonnent la nuit d'immobiles bateaux,
il dort, le vieux clochard, roulé dans ses déboires,
près de Quasimodo, des tours et des ciboires.
Comme la luge emporte au loin des cris joyeux
ses rêves avinés le hissent jusqu'aux cieux.
Mais il dort, le clochard, sous l'arche sidérale
clignotante et rebelle à la Muse aurorale.
Le jour a décimé des régiments d'ébène,
la lune voit flotter son cliché sur la Seine.
Il bâille, le clochard, s'étire et se reprend
de suivre les ébats vernissés d'un chaland,
et le pas fécondé d'un rayon de soleil
qui, sur le parapet, laisse un ruban vermeil.
Il marche, le clochard, comme une diligence
supportant dans son cœur des cahots d'indigence.
Philosophe aguerri quand la faim le tenaille
sur un banc solitaire, il s'apprête et ripaille.
Etrangle sa bouteille au long cou de canard,
boit, sourit, parle et mange avec l'oiseau bavard.
Quand le jour étiolé courtise les maisons
assombrit le repos des vertes frondaisons,
il cherche, le vieux clochard, sur le quai des Tournelles
l'abri du saule en pleurs, qui tombe en cascatelle.

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Le clochard
My my my ! Tu en avais du vocabulaire !
Grandiloquent par endroits "la Muses aurorale" !), ça respire ses poètes classiques mais c'est quand même drôlement bien vu.
Grandiloquent par endroits "la Muses aurorale" !), ça respire ses poètes classiques mais c'est quand même drôlement bien vu.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12101
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Le clochard
Un joli poème descriptif avec quelques images qui me plaisent bien : "comme un quatre posé", "roulé dans ses déboires", "la lune voit flotter son cliché sur la Seine", "étrangle sa bouteille au long cou de canard"...
Mes remarques : j'enlèverais "vieux" à l'avant-dernier vers car il a un pied de trop. Sinon, tous les alexandrins balancent à ravir. Et puis "se reprend de suivre" me choque un peu. Il me semble que se reprend à suivre serait plus correct.
Pas mal du tout d'avoir écrit ceci à 15 ans. Merci du partage Croisic.
Mes remarques : j'enlèverais "vieux" à l'avant-dernier vers car il a un pied de trop. Sinon, tous les alexandrins balancent à ravir. Et puis "se reprend de suivre" me choque un peu. Il me semble que se reprend à suivre serait plus correct.
Pas mal du tout d'avoir écrit ceci à 15 ans. Merci du partage Croisic.

embellie- Nombre de messages: 1303
Age: 74
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 20/01/2009
Re: Le clochard
Quel écrit sage, Croisic ! Sage et compatissant, humain...
Quand je compare à mes cris de fureur au même âge, à ces poèmes écrits dans la colère et la violence... Je n'en ai gardé que très peu, heureusement. *rire* Et je ne les partage pas ! Je n'oserais pas...
Quand je compare à mes cris de fureur au même âge, à ces poèmes écrits dans la colère et la violence... Je n'en ai gardé que très peu, heureusement. *rire* Et je ne les partage pas ! Je n'oserais pas...

dusha- Nombre de messages: 1100
Age: 68
Localisation: ici ou là
Date d'inscription: 31/07/2009
Re: Le clochard
CROISIC a écrit:
Entrepôt de chiffons noyés
il dort, le vieux clochard, comme un quatre, posé
par les doigts incertains du petit écolier.
Bercé par le fredon séculaire des eaux
où marmonnent la nuit d'immobiles bateaux,
Le jour a décimé des régiments d'ébène,
les ébats vernissés d'un chaland,
Etrangle sa bouteille au long cou de canard,
boit, sourit, parle et mange avec l'oiseau bavard.
Quand le jour étiolé courtise les maisons
assombrit le repos des vertes frondaisons,
Passages que j'ai davantage appréciés...

dusha- Nombre de messages: 1100
Age: 68
Localisation: ici ou là
Date d'inscription: 31/07/2009
Re: Le clochard
15 ans ! Mazette ! Quand je pense à ce que j'écrivais à 15 ans : genre 300 millions de petits chinois ET MOI ET MOI EMOI genre : je t'aime en secret et je t'aimerai toute ma vie variante : je suis malheureuse et je serai malheureuse toute ma vie variante 2 : personne ne me comprend heureusement que je m'ai variante 2 bis : enfin moi j'me comprends
( horreur et damnation, en me relisant je me demande ce que j'ai changé, en fait je passe mon temps à essayer d'être moins con, mais en mon for intérieur assiégé par les années, j'ai toujours 15 ans...les miens! malheureusement)
Cette légère digression Croisic pour te dire je suis esbaudie, il y a même des mots que je ne connais pas. Des maladresses certes quelques lourdeurs mais le sens du rythme et un portrait plaisant, un peu triste un peu drôle, et des images justes de ce quartier de Paris . Tu devrais varier les verbes des trois premiers "il dort le vieux clochard" comme tu l'as fait ensuite....Même si c'est peut-être ça qu'il fait le plus souvent...Ne peut-il penser, rêver, se souvenir, rire ou pleurer ou bien est-il trop aviné ?
( horreur et damnation, en me relisant je me demande ce que j'ai changé, en fait je passe mon temps à essayer d'être moins con, mais en mon for intérieur assiégé par les années, j'ai toujours 15 ans...les miens! malheureusement)
Cette légère digression Croisic pour te dire je suis esbaudie, il y a même des mots que je ne connais pas. Des maladresses certes quelques lourdeurs mais le sens du rythme et un portrait plaisant, un peu triste un peu drôle, et des images justes de ce quartier de Paris . Tu devrais varier les verbes des trois premiers "il dort le vieux clochard" comme tu l'as fait ensuite....Même si c'est peut-être ça qu'il fait le plus souvent...Ne peut-il penser, rêver, se souvenir, rire ou pleurer ou bien est-il trop aviné ?

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Le clochard
Je viens de relire...
Tu avais 15 ans ! Certaines images sont remarquables.
(J'avais lu 17, l'âge de mes premiers poèmes de facture classique... )
Tu avais 15 ans ! Certaines images sont remarquables.
(J'avais lu 17, l'âge de mes premiers poèmes de facture classique... )

dusha- Nombre de messages: 1100
Age: 68
Localisation: ici ou là
Date d'inscription: 31/07/2009
Re: Le clochard
Mesdames... merci pour tout, les conseils et la lecture.
J'ai bien fait de préciser l'âge du délit, car je serais bien incapable actuellement d'écrire ce genre de poème tout imprégné de mes lectures de l'époque et de bons sentiments et surtout de mon éblouissement pour Paris - ce pauvre clochard, n'en n'était que l'argument.
Rebecca... j'ai tout un cahier de poèmes identiques aux tiens, que je garde bien caché, peut-être un jour le ressortirais-je pour faire rire mon Apolline de petite fille... ou la rassurer sur des sentiments universels.
Dusha, ma violence a été longue à éclore !
J'ai bien fait de préciser l'âge du délit, car je serais bien incapable actuellement d'écrire ce genre de poème tout imprégné de mes lectures de l'époque et de bons sentiments et surtout de mon éblouissement pour Paris - ce pauvre clochard, n'en n'était que l'argument.
Rebecca... j'ai tout un cahier de poèmes identiques aux tiens, que je garde bien caché, peut-être un jour le ressortirais-je pour faire rire mon Apolline de petite fille... ou la rassurer sur des sentiments universels.
Dusha, ma violence a été longue à éclore !

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Le clochard
Et bien pas mal du tout Croisic !
Peu importe l'âge d'écriture d'ailleurs, car on sent que la maîtrise est là, le soin apporté à l'ensemble tout comme le choix des mots et cette sensibilité qui t'est chère... oui tout est là, déjà là pourrait-on dire. Prometteur et fort.
Peu importe l'âge d'écriture d'ailleurs, car on sent que la maîtrise est là, le soin apporté à l'ensemble tout comme le choix des mots et cette sensibilité qui t'est chère... oui tout est là, déjà là pourrait-on dire. Prometteur et fort.

Sahkti- Nombre de messages: 25655
Age: 38
Localisation: Suisse et Belgique
Date d'inscription: 12/12/2005
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