La lettre d'amour de Bertrand

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La lettre d'amour de Bertrand

Message  The mec bidon le Dim 29 Aoû 2010 - 3:51

C'est marrant, une autoroute à pied, surtout en contresens. Mais il faut avouer que c'est un peu dangereux. Quand j'y pense ; toute cette histoire, ça a commencé bêtement à cause de trois crétins et d'une lettre. Avant, j'étais peinard, à condition d'avoir mes dix-huit heures de sommeil quotidiennes sans lesquelles je devenais un peu grincheux. Je vivotais paisiblement entre mon lit et mon canapé. On ne peut pas s'ennuyer au 21ème siècle : tout le monde ou presque peut se procurer une télé, ça suffit pour occuper une vie, on n'a besoin de rien d'autre. Le reste, c'est des emmerdements. Mais ça, je ne l'ai appris que trop tard.
Bref, alors que je me complaisais doucement dans mon bonheur parfait, les trois messagers du chaos vinrent sonner à ma porte.
— Ça va ? me demanda le plus idiot des trois.
— Dis, Nico, est-ce qu'il m'est déjà arrivé de sonner chez toi d'un coup, comme ça, juste pour te demander si ça va ?
— Non, mais toi tu t'en fous de savoir si je vais bien ou pas...
— Alors prends exemple pour une fois. Et vous deux, qu'est-ce que vous foutez-là ? Vous me faites louper Secret Story.
Je vous épargne la suite de ce dialogue absurde : ils n'avaient aucune raison de venir me voir, et ils voulaient entrer. Au début, j'y croyais pas ; pas fou l'Bertrand ! J'ai essayé de leur tirer les vers du nez : Qui vous envoie ? Vous voulez piquer des trucs dans ma maison ? Non, ces imbéciles m'assuraient que "ça se fait", que quand on ne voit plus quelqu'un pendant longtemps on vient l'enquiquiner chez lui, et que si celui-ci refuse c'est un salop-connard et qu'il finit en enfer. Et en enfer tout seul, en plus. Alors vous pensez bien qu'avec des arguments pareils, je leur ai ouvert grand ma porte.
— T'es malade Bertrand, qu'il me dit Thibault. T'es très malade même, on le sait nous, on a l'œil, on n'oublie pas nos amis si vite, on est des mecs bien nous. On va te soigner, on t'a pris des médicaments.
Leurs médicaments, c'étaient des solutions aqueuses qui, et vous pouvez me croire car j'en connais un rayon en chimie, puaient bien fort l'éthanol. Je ne me sentais pas malade du tout, mais bon, vous savez comment ça marche : il suffit de parler de poux à quelqu'un pour qu'il se gratte la tête, et qui n'a jamais eu l'intime conviction d'avoir le cancer de je-ne-sais-où rien qu'en entendant parler de ses symptômes ? Pas moi en tout cas ! Si on me dit que je suis malade, je préfère me soigner, rien qu'au cas où, ça ne mange pas de pain. Eux aussi se sont beaucoup soignés ce soir-là, en même temps que moi, on a partagé le remède jusqu'à ce qu'on n'ait plus les yeux en face des trous. Et puis Nico a commencé à me parler bizarrement, à cause de l'alcool qui délie les langues :
— Tu sais, nous on pensait que t'étais un mec solide, un vrai roc. On t'as vu te prendre toute la merde du monde sur la tronche, toi tu souriais comme un imbécile heureux. Pourtant y t'en est arrivé des tuiles ! T'as jamais été qu'un sale emmerdeur, mais il faut te reconnaître que...
— J'étais un innocent tout rose à l'intérieur ! j'ai crié, pour une raison quelconque.
— Quoi ? Bon, on s'en fout, je veux juste te dire que nous, on t'admirait, et depuis longtemps. On se demandait : "Comment qu'il fait, Bertrand ? On dirait que les malheurs n'ont pas de prise sur lui, ça c'est un bonhomme sur qui on peut compter, en cas de coup dur, il va pas trembler". Tu vois ?
— Faut que t'arrête la bibine, ça te fait parler comme un homo, j'ai répondu. Parce que ce sont des choses qu'on se dit à la télé, dans les Feux de l'amour, pas dans la vraie vie. Mais il a continué sa logorrhée sans prêter attention à ma remarque :
— On a toujours eu l'impression que tu te foutais de tout le monde. Quand tu te disais amoureux d'une fille, nous on savait que c'était juste une de tes combines pour pouvoir la baiser régulièrement sans avoir à séduire quiconque, tu tombes pas amoureux toi, c'est pas ton truc, t'es au dessus de ça. Donc bon, on n'a pas été surpris quand Julie nous a raconté que tu l'envoyais balader quand elle sonnait ici. Elle pleurait tous les soirs au début, mais maintenant ça va mieux : elle se fait déjà sauter par un autre.
— Tu veux en venir où ?
— On est tombé des nues quand on a compris que tu déprimais... Au début on n'y croyait pas, pas toi ! On se disait que tu faisais quelque chose d'important chez toi et que tu ne voulais pas sortir avant d'avoir fini. Mais c'est trop long, tu déprimes c'est sûr, faut qu'on t'aide, on va te sortir du gouffre Bertrand !
Et il a continué son verbiage pendant trois bonnes heures. Et rebelote : cet andouille* a profité encore une fois de mon hypocondrie pour me faire gober que j'étais dépressif, alors qu'en fait tout allait comme sur des roulettes. J'avais beau lutter, lui dire que si je m'enfermais, c'était pour ne plus voir leurs sales gueules, que je préférais la télé et que j'allais très bien, il a tenu bon et il m'a convaincu. Je n'avais qu'une seule solution pour échapper de la dépression, qui mène à coup sûr à une mort horrible : je devais renouer avec l'amour des autres, ne plus être renfermé sur moi-même. Ça me paraissait débile, mais Nico semblait sûr de lui : je devais éprouver des sentiments sincères pour me soigner. Je ne voulais pas mourir de dépression, pas si jeune.
Les trois importuns m'ont quitté à six heures du matin pour aller se coucher, moi j'avais suffisamment dormi ces dix derniers mois pour le restant de mes jours. Je cherchais l'amour, dans ma mémoire, pour me guérir. Mais rien, le néant. J'ai essayé de me remémorer toutes les personnes dont je connais le visage. Mes petits camarades de maternelle : ce salaud de Lucas moche comme un pou ; cet imbécile de Julien qui suçait toujours son pouce ; Béatrice la grosse hystérique. Non, je n'aimais personne en maternelle. Alors je passais au primaire... et l'introspection continua comme ça jusqu'au Bertrand contemporain. Mon seul constat : je ne sais pas d'où j'ai puisé la force pour supporter tous ces abrutis que j'ai pu connaître tout au long de ma vie sans en tuer ne serait-ce qu'un seul. Je me demandais si Nico ne s'était pas trompé, peut-être que je m'ennuyais juste, que je n'étais pas malade... Mais pas question de prendre le risque, j'allais écrire une lettre d'amour et l'envoyer à une fille ! Et pourquoi pas Sylvie ?
Ni une ni deux, je pris mon stylo-plume et une feuille et j'écris au hasard sans en penser un mot, simplement pour me soigner et survivre.


À ma Sylvie.

Cette lettre doit probablement te surprendre, cela fait un moment n'est-ce pas ? Je t'en prie, lis-la jusqu'au bout. Je n'ai pas toujours été correct avec toi, mais avec ce courrier je t'offre la dernière cellule de mon cœur, qui bat seule de toute ses forces depuis plus de dix ans pour maintenir en vie ma carcasse vide.[...]


Alors je pensais "c'est si facile de mentir à l'écrit !". J'en tirais un plaisir incommensurable, les mots sortaient tout seuls, je n'avais pas besoin de les penser ni même de les écrire, mon cerveau et ma main avaient déclaré leur indépendance et agissaient de concert pour soigner ma dépression, il me suffisait d'attendre qu'ils finissent le boulot.

Nous avons vécu l'un à côté de l'autre pendant toute notre scolarité depuis nos dix ans, on ne s'est parlés que six fois et j'ai trouvé le moyen de te faire subir une avanie.[...]


En fait, ce n'est qu'un petit accrochage que j'ai eu avec cette quasi inconnue en sixième et qui a eu pour effet de l'humilier considérablement devant sa famille et ses amis. Elle a cru pour une raison obscure que... non, en fait, cette anecdote ne vous intéresserait pas.

S'il y a bien une chose que je déteste dans ce monde, ce sont les espèces de ramollis du bulbe qui espèrent séduire une femme à l'aide d'une déclaration d'amour sirupeuse au possible, un déballage de sentiments lamentable que... je m'apprête à te faire à toi aussi. C'est dire si je me sens crétin à cet instant.
Chez les gens normaux, les histoires d'amour d'enfance perdent de leur importance, les peines de cœur s'effacent en devenant adulte... Mais je ne suis pas normal. Toutes ces années, à chaque fois que je t'ai aperçue de loin je me suis pris comme un camion en pleine poire, à chaque fois qu'on s'est croisés au détour d'un couloir j'ai fait un blackout, je me réveillais cinq minutes plus tard je-ne-sais-où à me demander ce que je foutais là. Et le pire, c'était quand tu me regardais dans les yeux, je te jure que mon sang bouillait ! Et ce n'est pas une figure de style, il bouillait ! Je sentais les bulles ! Je ne sais pas ce que tu as eu l'idée de foutre au fond de tes pupilles mais ce machin qui fait bouillir du liquide en un quart de seconde et à distance, tu devrais aller le faire breveter et le vendre à des marchands de plaques de cuisson, tu te ferais des couilles en or ![...]


Je me sentais de plus en plus à l'aise dans cet exercice, ça me faisait un peu bizarre dans la poitrine, comme pendant la descente d'un grand huit.

Et puis, tu sais, un beau jour, j'ai abandonné l'école, j'en pouvais plus de te voir tous les jours, avec les palpitations et les coups de stress que ça me collait, si je continuais j'allais passer l'arme à gauche, c'était sûr. J'ai attendu que tu finisses le lycée pour y retourner. J'étais obsédé par toi et en même temps obligé de te fuir, après ce que je t'avais fait, ça n'aurait pas été correct de t'aborder comme si de rien n'était, et puis je n'aurais jamais pu tenir de conversation avec toi puisque, comme je te l'ai dit, tu me faisais bouillir le sang, littéralement.
Tu sais, j'ai peut-être passé des années à te suivre en silence, j'ai peut-être l'air d'un fou furieux, d'un débile, d'un dangereux, mais jusqu'ici j'arrivais à tenir plus ou moins sur mes deux pattes. Pourtant je ne ressentais plus rien, je n'avais plus aucune envie ni aucun but...


Et alors ? On s'en fout de ça ! Dans la vie, tant que tu dors, que tu manges et que tu baises, t'es heureux. Pourquoi s'encombrer de sentiments de lopettes à la mords-moi-le-nœud ?

Je ne t'avais plus vue depuis plusieurs années, je vivais une merveilleuse vie stérile, remplie de méchancetés et de platitudes. Je réussissais même des études brillantes en physique, un vrai petit génie, comme dans mon enfance avant de croiser ton chemin. J'avais une petite amie stable que je pensais demander en fiançailles. Et puis il a fallu que je tombe sur une photo de toi, pas de bol. "Je suis un roi absurde trônant sur les vécés d'un château de carte bancroche". C'est une jolie phrase non ? Elle m'est venue à l'esprit quand j'ai vu cette image de toi. Et après je suis resté quelques mois tout seul, pour réfléchir à tout ça. Tu es la seule et unique chose envers laquelle je porte un quelconque intérêt. Plusieurs types ont certainement déjà dû te dire : "je t'aime à la folie" mais ils n'étaient pas fous. Moi, je suis fou, je suis un déséquilibré mental et je t'aime à ma façon, personne ne t'aimera jamais comme je t'aime, je me suis détruit pour toi sans même te connaître et je continuerai jusqu'à ce que je mange des pissenlits par la racine. Soit bientôt, parce que cette histoire commence à me les briser sévère.

Adieu, Bertrand.

Je l'ai envoyée, cette lettre. Et puis je suis rentré chez moi par l'A1, en contresens, à pied. Depuis je suis guéri, je crois.

Il paraît que Sylvie a déposé un bouquet de fleurs en plastique devant mon urne au cimetière une fois. Une urne parce qu'ils ont préféré brûler mon corps vu son état, j'aurais fait rire tout le monde au crématorium : chacun de mes membres disait merde aux autres avec un résultat assez comique.


----------------------------

*J'ai hésité ici : dois-je écrire "cet andouille" ou "cette andouille" ? Andouille est féminin, mais Nicolas, c'est masculin, il n'en faut pas plus pour me perdre. J'ai envie d'écrire "cette andouille" car cet ne me paraît pas correct, mais quand je mets "cette" j'ai l'impression de parler d'une fille. Bref : je suis perdu, j'ai peur, à l'aide.

PS : Désolé pour cette dérive vers l'eau de rose, j'ai voulu écrire un truc d'amour tout calme pour voir si j'y arrivais, bin j'y arrive pas, j'dois pas être foutu pareil que les autres, faut toujours que mon personnage principal finisse crevé quelque part... C'est grave docteur ?

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  socque le Dim 29 Aoû 2010 - 9:19

La chute est peut-être un poil facile, mais comme elle a admirablement fonctionné avec moi j'aurais tort de bouder mon plaisir ! Une super histoire, et c'était pas facile avec les ingrédients... Chapeau.

Mes remarques :
« qu'est-ce que vous foutez là (pas de trait d’union) »
« On t'a (et non « t’as ») vu te prendre toute la merde »
« Faut que t'arrêtes la bibine »
« On est tombés (les participes et les adjectifs s’accordent en genre et en nombre avec la ou les personnes réellement représentée(s) par « on ») des nues »
« Et rebelote : cette (je calme vos angoisses : on écrit bien « cette andouille », peu importe qu’il s’agisse d’un mec, le démonstratif n’a pas d’états d’âme ; si la phrase suivante avait comme sujet ladite andouille et que vous l’évoquiez par un pronom, vous seriez obligé d’employer le féminin, ce qui ferait bizarre, hein ?) andouille* a profité encore une fois »
« qu'une seule solution pour échapper à la dépression »
« je pris mon stylo-plume et une feuille et j'écrivis au hasard »
« qui bat seule de toutes ses forces »

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  Yugoski le Dim 29 Aoû 2010 - 13:33

C'est clair que la chute est facile et presque trop absurde par rapport à l'ensemble du texte, mais j'aime ta façon d'écrire, assez contemporaine et second degrès, ça correspond à peu près à ce que j'aime lire dans la vie de tous les jours. Le truc de la plaque chauffante m'a bien fait rire, en fait je pense qu'on partage le même sens de l'humour.

Bonne continuation !

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  Rebecca le Dim 29 Aoû 2010 - 15:46

Lu le sourire aux lèvres...

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  elea le Jeu 2 Sep 2010 - 21:38

J’aime beaucoup, du début jusqu’à la chute surprenante en passant par les dialogues avec les copains et la lettre gratinée à l’amoureuse choisie sans y penser.
Il y a de la réflexion et du vécu là-dedans, par forcément celui de l’auteur mais du vécu quand même, bien écrit et sympa à lire.

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  lillith le Dim 5 Sep 2010 - 0:11

Je fais remonter ce texte, parce qu'il le vaut bien! J'aime beaucoup, ça m'a fait marrer, et les petits commentaire de l'auteur en marge y ont participé! Je vais guetter vos autre textes, il font du bien!

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  akdonf le Dim 5 Sep 2010 - 10:24

c'est superbe drole et limpide bravo,en plus mon prénom c'est nico

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  Easter(Island) le Dim 5 Sep 2010 - 12:22

J'ai trouvé ça drôlement bien fichu à la fin, un retournement de situation en quelques mots, une phrase qui coule toute seule. Tant et si bien que j'ai failli le rater, le moment crucial.
Bien aimé ce qui précède aussi, cette espèce d'auto-observation ingénue d'un personnage devenu victime malgré lui de la sollicitude à outrance de ses comparses. Très chouette.

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  Lyra will le Dim 5 Sep 2010 - 12:36

The mec bidon, tu m'as fait beaucoup rire!!
Excellent d'un humour "naturel" et d'auto-dérision. Et dieu sait (ou pas!) que manier si bien l'humour à l'écrit, ce n'est pas donner à tout le monde!


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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  Lyra will le Dim 5 Sep 2010 - 12:36

(donné, plutôt!)

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  The mec bidon le Dim 5 Sep 2010 - 22:59

Dites, vous avez fait quoi du topic des réponses aux commentaires ? Vous l'avez mangé ?

Merci d'avoir lu et commenté, et merci à socque d'avoir corrigé mes affreuses boulettes.

Pardonnez-moi, je vous envoie un peu ce texte comme ça, sans participer au site et en attendant des commentaires : je n'ai pas le temps... Je n'avais même pas le temps d'écrire ce texte ! Mais je reviendrai bientôt, j'suis pas un ingrat.

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  alex le Dim 5 Sep 2010 - 23:31

J'adore ! Très très drôle, bien fichu.

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Re: La lettre d'amour de Bertrand

Message  Jean le Lun 6 Sep 2010 - 18:45

J'aime aussi. Nouvelle bourrée d'humour et très sympa à lire.

Juste une réserve (mais c'est une question de goût) sur le ton général du texte très "adolescent" et sur l'antipathie que j'ai éprouvé envers le narrateur qui m'a empêché de croire à la sincérité de sa lettre d'amour. Je ressentais comme quelque chose de faux dans le ton, comme si tu n'étais pas justement allé assez loin à ce niveau-là. Je n'ai pas ressenti une progression au fur à mesure de l'écrit du délire vers un sentiment plus sincère de Bertrand quand il commence réellement à croire ce qu'il écrit, ce qui fait que j'ai eu du mal à m'imaginer un suicide volontaire de sa part sur l'auto-route que suggère la dernière phrase.)

Jean

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