Hiroshimas
Page 1 sur 1 • Partager •
Hiroshimas
*
Des cerisiers en fleurs picorés par l'orage
S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Finissent assassinés par un connard d'éclair :
L'écho tonitruant signe une nouvelle ère.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
Et de touchants soleils, — bric-à-brac naturel
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière).
La probité candide, où est-elle, où est-elle ?
Elle est morte, elle est morte ! admet la ritournelle
Que chantent les cadavres, insignes rigoleurs
Quenottés sous le givre, attendant le dégel...
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira pas. Regarde la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cher prince rescapé, vois-tu, bonhomme frêle,
Crachiner le glaviot qui nous colle aux semelles ?
Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! De sang, de petits enfants morts. De selles !
C'est l'hiver, que crois-tu ! Et ses jolies couleurs.
*
Des cerisiers en fleurs picorés par l'orage
S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Finissent assassinés par un connard d'éclair :
L'écho tonitruant signe une nouvelle ère.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
Et de touchants soleils, — bric-à-brac naturel
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière).
La probité candide, où est-elle, où est-elle ?
Elle est morte, elle est morte ! admet la ritournelle
Que chantent les cadavres, insignes rigoleurs
Quenottés sous le givre, attendant le dégel...
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira pas. Regarde la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cher prince rescapé, vois-tu, bonhomme frêle,
Crachiner le glaviot qui nous colle aux semelles ?
Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! De sang, de petits enfants morts. De selles !
C'est l'hiver, que crois-tu ! Et ses jolies couleurs.
*
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
Des images bien vues, certaines fortes, puissantes même. Mes préférées :
"la ritournelle
Que chantent les cadavres, insignes rigoleurs
Quenottés sous le givre,"
"Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! "
Un bon rythme, avec l'antienne pseudo dérisoire de la fin de chaque strophe. Comme une colère et une menace tout à la fois dans le ton. Et puis des références à foison. Hiroshima Babel, du tout bon donc. Mais encore l'impression que le travail pour une forme absolument maîtrisée reste visible et amoindrit la force d'ensemble du propos. Toutefois, je commence à penser que ça doit être moi qui.
"la ritournelle
Que chantent les cadavres, insignes rigoleurs
Quenottés sous le givre,"
"Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! "
Un bon rythme, avec l'antienne pseudo dérisoire de la fin de chaque strophe. Comme une colère et une menace tout à la fois dans le ton. Et puis des références à foison. Hiroshima Babel, du tout bon donc. Mais encore l'impression que le travail pour une forme absolument maîtrisée reste visible et amoindrit la force d'ensemble du propos. Toutefois, je commence à penser que ça doit être moi qui.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12105
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Hiroshimas
Je rererelis, et suis frappée de nouveau en plein plexus par :
"Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! "
"Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! "

Easter(Island)- Nombre de messages: 12105
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Hiroshimas
"La ballade à mon goût est une chose fade
Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps"
décréta un jour Trissotin... Mais qu'elle a de l'allure sous ta plume Alex !
Un sujet qui se prête paticulièrement bien à cette forme fixe. Quelques accrocs dans le rythme, auquels il serait facile de remédier, sont les seuls reproches qu'on pourrait te faire.
Les images sont fortes (Easter a relevé les mêmes que moi) et le style vivant est bien d'aujourd'hui ne cédant pas à la facilité du pompeux qu'aurait pu lui suggérer la forme.
Je ne regrette que ce malheureux "des selles" qui parait tellement là pour la rime et sonne un peu ridicule, à mes yeux, alors que tu n'hésites pas deux vers plus haut à "crachiner le glaviot" ce que je trouve très bien.
Un bel exercice dans lequel l'émotion et l'amertume sont bien présentes.
Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps"
décréta un jour Trissotin... Mais qu'elle a de l'allure sous ta plume Alex !
Un sujet qui se prête paticulièrement bien à cette forme fixe. Quelques accrocs dans le rythme, auquels il serait facile de remédier, sont les seuls reproches qu'on pourrait te faire.
Les images sont fortes (Easter a relevé les mêmes que moi) et le style vivant est bien d'aujourd'hui ne cédant pas à la facilité du pompeux qu'aurait pu lui suggérer la forme.
Je ne regrette que ce malheureux "des selles" qui parait tellement là pour la rime et sonne un peu ridicule, à mes yeux, alors que tu n'hésites pas deux vers plus haut à "crachiner le glaviot" ce que je trouve très bien.
Un bel exercice dans lequel l'émotion et l'amertume sont bien présentes.

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Hiroshimas
Je salue cette tentative de concilier la poésie classique, la langue argotique et outrée, le tout pour nous parler d'Hiroshima. Mais ça ne m'a pas entièrement convaincu. Attention, avis personnel, d'accord ? C'est objectivement très bien écrit.

vincent M.- Nombre de messages: 1354
Age: 40
Localisation: Séville - Espagne
Date d'inscription: 11/09/2010

Re: Hiroshimas
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira pas. Regarde la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cette strophe est celle qui m'a le plus touchée, mais j'ai apprécié le rythme tout du long, qui entraîne jusqu'à la fin, pour un texte qui pourrait sembler long (tu connais mon amour des formes courtes!) et, à cause de la forme classique, un tantinet indigeste...
Je souligne l'usage tout à fait pertinent à mes yeux, et qui donne un "plus" au propos, de la parenthèse ici :
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière)
... et je regrette peut-être que ce genre de jeu typographique, ne soit pas plus présent dans tes textes, car tu les emploies à merveille.

Loreena Ruin- Nombre de messages: 1005
Age: 22
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 05/10/2008
Re: Hiroshimas
Oui, oui, peut-être l'on peut chipoter quelque petites hésitations rythmiques, mais l'ensemble à du souffle à l'évidence, de la puissance et ce zeste de dérision qui empêche la grandiloquence et donne la mesure. Le texte est travaillé, certes, mais ce n'est pas une gêne, tout au contraire; cela donne juste l'envie de le relire pour en extraire toute la saveur qu'une seule lecture ne suffit pas à relever.
Alors, Alex, je sais que tu n'aimes pas que l'on parle de l'âge, mais tant pis j'en parlerai ne te déplaise, pour dire, à l'instar de certains vieux poètes, que s'il faut au moins dix ans pour faire son apprentissage en poésie, il y en a des ceuses qui portent déjà sur leur jeune front ,une acné prometteuse ( je précise parce que sinon, ça va lui mettre les boules à l'Alex, qu'en grec ancien "acné", ça veut dire bourgeon...Ah, les jolies fleurs)
Alors, Alex, je sais que tu n'aimes pas que l'on parle de l'âge, mais tant pis j'en parlerai ne te déplaise, pour dire, à l'instar de certains vieux poètes, que s'il faut au moins dix ans pour faire son apprentissage en poésie, il y en a des ceuses qui portent déjà sur leur jeune front ,une acné prometteuse ( je précise parce que sinon, ça va lui mettre les boules à l'Alex, qu'en grec ancien "acné", ça veut dire bourgeon...Ah, les jolies fleurs)

Hellian- Nombre de messages: 1922
Age: 62
Localisation: Normandie
Date d'inscription: 14/02/2009
Re: Hiroshimas
Un grand merci pour ces très gentils commentaires ! (Hellian taquin jusqu'au bout !)
Arielle, Hellian, vous avez constaté des accrocs dans le rythme : pourriez-vous me les indiquer ? J'ai à cœur d'améliorer cette ballade, elle compte à mes yeux.
Je suis d'accord sinon, l'évocation des "selles" est un peu trop prosaïque (mais elle fait écho à "bran" au début du vers et... facilitait tant ma rime, en effet.) Je trouverai autre chose.
Arielle, Hellian, vous avez constaté des accrocs dans le rythme : pourriez-vous me les indiquer ? J'ai à cœur d'améliorer cette ballade, elle compte à mes yeux.
Je suis d'accord sinon, l'évocation des "selles" est un peu trop prosaïque (mais elle fait écho à "bran" au début du vers et... facilitait tant ma rime, en effet.) Je trouverai autre chose.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
J'ai peut-être trouvé. J'ai raté les pluriels... comme toujours. "Finissent assassinés", "cadavres, insignes...", etc. Flûte.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
En fonction de vos remarques, je propose une deuxième version, qui je l'espère, sera plus aboutie.
*
Des cerisiers en fleurs picorés par l'orage
S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Se couchent mutilés par un connard d'éclair :
L'écho tonitruant signe une nouvelle ère.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
(Et de touchants soleils, bric-à-brac naturel !)
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs, qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière).
La probité candide, où est-elle, où est-elle ?
Elle est morte, elle est morte ! admet la ritournelle
Que chante le cadavre, insigne rigoleur
Quenotté sous le givre, attendant le dégel...
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira. Regarde, au loin, la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cher prince rescapé, vois-tu, bonhomme frêle,
Crachiner le glaviot qui nous colle aux semelles ?
Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! De sang, du vent, satanée coucoumelle !
C'est l'hiver, que crois-tu ! Et ses jolies couleurs.
*
*
Des cerisiers en fleurs picorés par l'orage
S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Se couchent mutilés par un connard d'éclair :
L'écho tonitruant signe une nouvelle ère.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
(Et de touchants soleils, bric-à-brac naturel !)
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs, qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière).
La probité candide, où est-elle, où est-elle ?
Elle est morte, elle est morte ! admet la ritournelle
Que chante le cadavre, insigne rigoleur
Quenotté sous le givre, attendant le dégel...
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira. Regarde, au loin, la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cher prince rescapé, vois-tu, bonhomme frêle,
Crachiner le glaviot qui nous colle aux semelles ?
Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! De sang, du vent, satanée coucoumelle !
C'est l'hiver, que crois-tu ! Et ses jolies couleurs.
*
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
Le compte y est cette fois, je crois :-)
Juste pour pinailler :
Des fiérots empereurs, qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
ces deux par si proches l'un de l'autre, c'est délibéré ?
et là :
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira. Regarde, au loin, la citadelle
la suppression d'une partie de la négation sonne un peu artificiel (n'y fera rien ?)
Bon j'arrête... mais tu parlais d'un texte important pour toi et si quelques suggestions peuvent t'être utiles...
Juste pour pinailler :
Des fiérots empereurs, qui gagnés par la rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
ces deux par si proches l'un de l'autre, c'est délibéré ?
et là :
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
Ne servira. Regarde, au loin, la citadelle
la suppression d'une partie de la négation sonne un peu artificiel (n'y fera rien ?)
Bon j'arrête... mais tu parlais d'un texte important pour toi et si quelques suggestions peuvent t'être utiles...

Arielle- Nombre de messages: 4555
Age: 66
Localisation: Brocéliande
Date d'inscription: 02/01/2008

Re: Hiroshimas
J'apprécie ton clin d'oeil, ici, avec la parenthèse et l'italique :
Du coup j'ai davantage apprécié le passage !
Même remarque qu'Arielle sur la négation dans le passage d'Icare, avec ce "Ne servira." assez étrange.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
(Et de touchants soleils, bric-à-brac naturel !)
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Du coup j'ai davantage apprécié le passage !
Même remarque qu'Arielle sur la négation dans le passage d'Icare, avec ce "Ne servira." assez étrange.

Loreena Ruin- Nombre de messages: 1005
Age: 22
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 05/10/2008
Re: Hiroshimas
Merci pour ces dernières remarques... Le double-emploi du "par" est effectivement un peu lourd... Et l'absence de négation surannée. Je ferai ces quelques modifications ce soir. Arielle, si tu repères d'autres étrangetés, tu peux continuer à me les signaler, ça me fera plaisir !
Content que tu aies remarqué le "clin d'œil", Loreena.
Content que tu aies remarqué le "clin d'œil", Loreena.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
On ne pourra pas dire que VÉ n'est pas un atelier ! Un merci tout particulier à Arielle et son œil de lynx.
*
Des cerisiers en fleurs picorés par l'orage
S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Se couchent mutilés par un connard d'éclair :
L'écho tonitruant signe une nouvelle ère.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
(Et de touchants soleils, bric-à-brac naturel !)
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs, qui fulminant de rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière).
La probité candide, où est-elle, où est-elle ?
Elle est morte, elle est morte ! admet la ritournelle
Que chante le cadavre, insigne rigoleur
Quenotté sous le givre, attendant le dégel...
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
N'y fera rien. Regarde, au loin, la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cher prince rescapé, vois-tu, bonhomme frêle,
Crachiner le glaviot qui nous colle aux semelles ?
Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! De sang, de vent, satanée coucoumelle !
C'est l'hiver, que crois-tu ! Et ses jolies couleurs.
*
*
Des cerisiers en fleurs picorés par l'orage
S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Se couchent mutilés par un connard d'éclair :
L'écho tonitruant signe une nouvelle ère.
Ô risibles printemps ! Grinçants polichinelles
Qui jadis matraquaient nos villes éternelles
De crocus, de lupins, d'insectes et de fleurs
(Et de touchants soleils, bric-à-brac naturel !)
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Déjà l'odeur du vent annonce le naufrage
Des civilisations à la morgue grégaire,
Des fiérots empereurs, qui fulminant de rage
Clopinaient bravement, embrouillés par la bière
(Et de leurs compagnons à la démarche altière).
La probité candide, où est-elle, où est-elle ?
Elle est morte, elle est morte ! admet la ritournelle
Que chante le cadavre, insigne rigoleur
Quenotté sous le givre, attendant le dégel...
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Face aux rayons gammas, arme-toi de courage.
Icare, accepte enfin ta condition d'aptère ;
Que ce souffle d'acier te rende un peu plus sage !
Car l'orgueil, n'oublie pas, est le nerf de la guerre.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Il est trop tard, quoi qu'il en soit : renier tes ailes
N'y fera rien. Regarde, au loin, la citadelle
Dégringoler. Saturé de remords, pleure,
Et déplore, étonné, la fin des hirondelles.
C'est l'hiver que veux-tu et ses jolies couleurs.
Cher prince rescapé, vois-tu, bonhomme frêle,
Crachiner le glaviot qui nous colle aux semelles ?
Les faciès déformés par ce brumisateur
De bran ! De sang, de vent, satanée coucoumelle !
C'est l'hiver, que crois-tu ! Et ses jolies couleurs.
*
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
d'abord mais presque rien ce qui fâche : le "ô" et "connard", qui n'apportent pas grand chose
tout le reste a une belle ampleur, on se laisse emporter et.........signe des bons textes on a une furieuse envie de déclamer ce texte
j'aime cette énergie qui s'en dégage..........fission...fusion ....des atomes de mots..sourires
tout le reste a une belle ampleur, on se laisse emporter et.........signe des bons textes on a une furieuse envie de déclamer ce texte
j'aime cette énergie qui s'en dégage..........fission...fusion ....des atomes de mots..sourires

mitsouko- Nombre de messages: 563
Age: 51
Localisation: Paris
Date d'inscription: 08/11/2008
Re: Hiroshimas
C'est vraiment parfaitement en haut, alors je me permets de répondre !
Merci pour le commentaire. Je comprends les deux objections, j'y ai pensé lorsque j'ai écrit les deux vers... Pour autant, je laisserai tel quel. Le "Ô" m'agace profondément habituellement en poésie... mais j'ai décidé de l'employer ici pour les sonorités ("o", "i", "i", "in", "en" "in" "an" "o" "i" "i" : chiasme parfait quoi, j'étais fier de moi !)
Pour le "connard", c'est sans doute moins justifiable, vrai. Disons que ça détonne et que c'est bien.
Bonne soirée !
(Modération, je promets de ne plus intervenir. Je suis satisfait qu'un membre ait soulevé ces deux points, je pensais que quelqu'un les évoquerait plus tôt.)
Merci pour le commentaire. Je comprends les deux objections, j'y ai pensé lorsque j'ai écrit les deux vers... Pour autant, je laisserai tel quel. Le "Ô" m'agace profondément habituellement en poésie... mais j'ai décidé de l'employer ici pour les sonorités ("o", "i", "i", "in", "en" "in" "an" "o" "i" "i" : chiasme parfait quoi, j'étais fier de moi !)
Pour le "connard", c'est sans doute moins justifiable, vrai. Disons que ça détonne et que c'est bien.
Bonne soirée !
(Modération, je promets de ne plus intervenir. Je suis satisfait qu'un membre ait soulevé ces deux points, je pensais que quelqu'un les évoquerait plus tôt.)
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
Oui, ça m'est venu à l'esprit aussi... Une ballade qui introduit le mot "connard" au quatrième vers est de toute évidence fade. Non mais je plaisante, j'ai été soufflé (pour ne pas dire ébahi), blown in the wind à la dernière strophe du grand brumisateur. Chapeau bas.Arielle a écrit:"La ballade à mon goût est une chose fade
Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps"
décréta un jour Trissotin...

Chako Noir- Nombre de messages: 4218
Age: 21
Localisation: sur la lune
Date d'inscription: 08/04/2008

Re: Hiroshimas
J'ai bien aimé et n'ai rien à ajouter aux appréciations positives qui précèdent. Je trouve simplement que le début patit d'une faiblesse logée sur 3 petits points parfaitement correctibles:
"S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Finissent assassinés par un connard d'éclair "
.... Grammaticalement c'est "DE pauvres hères" et euphoniquement le DES passe très mal.
.... sans ambages ça sonne forcé pour la rime: vite il faut trouver un autre mot en -AGE pour répondre à ORAGE : Gémissent sans courage ?
.... Enfin Connard m'apparaît ici en totale rupture de style. Quelque chose comme Grognard ou n'importe quoi du genre doit pouvoir s'y substituer.
Marvejols
"S'amassent décatis comme des pauvres hères
S'agacent torturés ! Gémissent sans ambages !
Finissent assassinés par un connard d'éclair "
.... Grammaticalement c'est "DE pauvres hères" et euphoniquement le DES passe très mal.
.... sans ambages ça sonne forcé pour la rime: vite il faut trouver un autre mot en -AGE pour répondre à ORAGE : Gémissent sans courage ?
.... Enfin Connard m'apparaît ici en totale rupture de style. Quelque chose comme Grognard ou n'importe quoi du genre doit pouvoir s'y substituer.
Marvejols

Marvejols- Nombre de messages: 1444
Age: 45
Localisation: agglomération de Montpellier
Date d'inscription: 08/11/2010

Re: Hiroshimas
ca se déclame comme de la tragédie, je me suis interdit de lire tout commentaire avant...
je m'en vais les lire...
CHAPEAU
je m'en vais les lire...
CHAPEAU

loic- Nombre de messages: 1241
Age: 53
Localisation: auray
Date d'inscription: 11/11/2008

Re: Hiroshimas
Je trouve le premier vers sublime,
Dans l'ensemble j'aime assez, même si pour moi la forme prive un peu de liberté et atténue la force et la violence, mais c'est un ressenti personnel et de toujours :0) Je comprends que pour d'autres lecteurs ce soit justement ce qui renforce le propos.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Je trouve que ce vers dénote un peu, il me semble forcé, et gâche je crois la puissance de l'image du dessus, je trouve que l'image du nerf, une seule fois, isolée, ça suffirait amplement
Mais, même si habituellement ce n'est pas trop pour moi, c'est de qualité!
Dans l'ensemble j'aime assez, même si pour moi la forme prive un peu de liberté et atténue la force et la violence, mais c'est un ressenti personnel et de toujours :0) Je comprends que pour d'autres lecteurs ce soit justement ce qui renforce le propos.
Et la guerre le nerf de la fin de la Terre.
Je trouve que ce vers dénote un peu, il me semble forcé, et gâche je crois la puissance de l'image du dessus, je trouve que l'image du nerf, une seule fois, isolée, ça suffirait amplement
Mais, même si habituellement ce n'est pas trop pour moi, c'est de qualité!

Lyra will- Nombre de messages: 12284
Age: 23
Localisation: The mec bidon's work
Date d'inscription: 12/12/2005

Re: Hiroshimas
Chako Noir, Marjevols, loic, Lyra will... merci pour vos commentaires !
Lyra... pour tout avouer, je dois dire qu'écrire dans une forme si rigoureuse est pour moi un challenge pour le moment : réussir à tenir compte du carcan sans le dénaturer tout en obtenant un texte qui a du sens... cela relevait encore du jeu à mes yeux. J'espère pouvoir me détacher de ces formes très traditionnelles avec le temps, pour m'envoler vers une poésie plus libre, moins contraignante... J'ai remarqué qu'hélas, ces formes versifiées ne touchaient plus grand monde aujourd'hui. Je suis aussi d'accord quant au vers que tu pointes : il est sans doute un peu forcé (il doit y en avoir quelques autres), il faudrait retravailler tout ça encore, et encore.
Merci pour les compliments, à nouveau. De la part de loic, de Chako... cela me touche.
Lyra... pour tout avouer, je dois dire qu'écrire dans une forme si rigoureuse est pour moi un challenge pour le moment : réussir à tenir compte du carcan sans le dénaturer tout en obtenant un texte qui a du sens... cela relevait encore du jeu à mes yeux. J'espère pouvoir me détacher de ces formes très traditionnelles avec le temps, pour m'envoler vers une poésie plus libre, moins contraignante... J'ai remarqué qu'hélas, ces formes versifiées ne touchaient plus grand monde aujourd'hui. Je suis aussi d'accord quant au vers que tu pointes : il est sans doute un peu forcé (il doit y en avoir quelques autres), il faudrait retravailler tout ça encore, et encore.
Merci pour les compliments, à nouveau. De la part de loic, de Chako... cela me touche.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
Oui, bien sûr, il faut toujours retravailler, et nos meilleurs poèmes ne sont en réalité que nos moins mauvais, bien sûr...Mais n'empêche c'est plutôt costaud, ton truc, même suffisamment riche pour le lire trois quatre fois, dans sa seconde version. Mais vois-tu ce qui évite à ton poème d'être pesant, ce qu'il aurait été sinon, c'est ce refrain " c'est l'hiver..." c'est ça la vraie trouvaille de ce texte. Bravo !

Hellian- Nombre de messages: 1922
Age: 62
Localisation: Normandie
Date d'inscription: 14/02/2009
Re: Hiroshimas
Un bon texte, des images intéressantes. Une question cependant, que signifie "insigne rigoleur / quenotté sous le givre" ?
Vcresp- Nombre de messages: 29
Age: 22
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 17/09/2010
Re: Hiroshimas
Une personne qui rit mécontente sous le givre alors qu'elle est (ou parce qu'elle est) édentée.
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Hiroshimas
Alex, tout est dit, je voulais simplement me joindre à cette quasi unanimité ( méritée) pour te dire mon admiration.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Re: Hiroshimas
Et moi j'aime bien la rupture introduite par ce connard d'éclair, qui donne une idée de colère et d'impuissance, justement parce qu'en décalage avec le reste.

coline Dé- Nombre de messages: 8136
Age: 68
Localisation: Où ça ?
Date d'inscription: 30/08/2008

Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Accueil
Conversations
Prose
Poésie
Catalogue
FAQ
Rechercher
S'enregistrer
Groupes
Connexion


