Le berceau des Méduses d'or
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Le berceau des Méduses d'or
Le berceau des Méduses d'or
*
Quatre cylindres faisaient glisser leurs ombres gigantesques sur l'étendue déchirée de la plaine.Une fumée grise, aussi grise que le fleuve, montait des gorges en nuages massifs que le vent rabattait presqu'aussitôt sur la cime des boulots tremblotant aux pieds des tours. Imposante, puis soufflée, elle faisait comme un cri qui s'étouffe, et s'achève en murmure. Dans le ciel perturbé, turbulent , spastique presque, pas un bruit d'oiseau, pas un chant d'avion; le silence filait dans le vent, grave, long, comme un son de sirène.
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Quatre cylindres faisaient glisser leurs ombres gigantesques sur l'étendue déchirée de la plaine.Une fumée grise, aussi grise que le fleuve, montait des gorges en nuages massifs que le vent rabattait presqu'aussitôt sur la cime des boulots tremblotant aux pieds des tours. Imposante, puis soufflée, elle faisait comme un cri qui s'étouffe, et s'achève en murmure. Dans le ciel perturbé, turbulent , spastique presque, pas un bruit d'oiseau, pas un chant d'avion; le silence filait dans le vent, grave, long, comme un son de sirène.

Borogove- Nombre de messages: 19
Age: 23
Date d'inscription: 03/01/2011
Re: Le berceau des Méduses d'or
La seule chose que je n'aime pas dans les poèmes courts comme celui-ci, c'est qu'après avoir dit "j'ai aimé" ou "j'ai trouvé beau", je ne sais pas quoi ajouter. (oui, c'est à peu près un compliment)

Chako Noir- Nombre de messages: 4218
Age: 21
Localisation: sur la lune
Date d'inscription: 08/04/2008

Re: Le berceau des Méduses d'or
J'ai peut-être tout faux, mais je vois les cheminées d'une centrale dans ce court poème.
"la cime des boulots " boulots est-il volontaire ? j'imagine que oui, mais ne vois pas trop l'image. Je ne connaissais pas "spastique" (bien mieux qu'évanescent, c'est sûr-humour)
"elle faisait comme un cri qui" le verbe m'a surprise par sa banalité face à tout les autres.
J'ai bien aimé.
"la cime des boulots " boulots est-il volontaire ? j'imagine que oui, mais ne vois pas trop l'image. Je ne connaissais pas "spastique" (bien mieux qu'évanescent, c'est sûr-humour)
"elle faisait comme un cri qui" le verbe m'a surprise par sa banalité face à tout les autres.
J'ai bien aimé.

éclaircie- Nombre de messages: 1641
Age: 56
Localisation: au monde et du bon coté
Date d'inscription: 18/02/2009

Re: Le berceau des Méduses d'or
.... Voyons de ce côté, une version calme de VosE, ailleurs ça cartonne (remarquez, de temps en temps cela ne fait pas de mal et Zénobi n'a pas tout faux non plus). Autant j'avais été assez emballé par De l'autre côté de l'eau autant ici je suis plus sceptique. Je ressens ce texte comme de la prose, un § de roman ou de nouvelle, mais poésie?? why? Il y manque cette folie des mots, cette perturbation du sens qui fait que po est po...
.... Pourtant ça commence bien, par un zoom sur quatre cylindres : ça fait un peu moteur et puis avec titanesque on se dit "tiens, ce n'est pas ça" et on glisse vers un autre monde. Plutôt pas mal cette entrée in medias res.
.... Avec la fumée grise après ces cylindres on pense à une centrale nucléaire en effet, pas Fushikima puis qu'elle n'est pas adossée à des gorges (c'est l'autre qui est au pied des montagnes, tout aussi secouée par les séismes mais dont on parle moins). Confirmation plus loin avec tours (de refroidissement).
.... Déjà manque un espace avant une fumée, je pinaille direz-vous et on pardonnerait lorsque vous arrivent ces boulots au lieu des bouleaux. Ensuite le peu poétiquement enivrant "comme un cri qui s'étouffe" finit de me détacher avec à la clé un nouvel espace surnuméraire avant la virgule de "spastique". Enfin si le passage sur le silence qui file recèle un quelque chose, en revanche je m'interroge sur le point virgule après avion : soit la phrase " le silence etc." explicite la précédente image (bruit/chant) et on attend deux points (:) soit cette construction est plus affirmément paratactique et le point se justifie pleinement (qui aurait ma préférence). Autre point de construction: "elle faisait comme un cri qui s'étouffe". Soit "elle faisait... qui s'étouffe", virgule et donc qui "s'achevait" soit c'est le cri qui s'achève et s'étouffe et donc pas de virgule : il faut choisir.
.... Autre point: à mon avis"le vent, grave, long, comme un son de sirène." n'est pas très poétique. Au niveau rythme la poésie tendrait selon moi à exiger une " grave et long" plutôt que le "grave, long" avec cette liaison heurtée, avec quasi un coup de glotte à l'allemande entre les deux adjectifs. Le Et lie et rend coulant, il prolonge en cela les voyelles longues du grave, du long, du vent, du son...
.... Enfin le "comme un son de sirène" est trop direct pour être, selon moi, vraiment poétique: il est brut. La poésie c'est plutôt, me semble-t-il "comment exprimer 'comme un son de sirène' sans le dire comme ça, tout de go, tout droit, tout plat. Mais ce n'est que mon avis. En tout cas ce bout de texte a le mérite de s'essayer à traiter une image. Il me semble qu'il a le mode entre deux chaises, il oscille entre prose et poésie sans s'être résolu à choisir. Une remise sur le métier serait intéressante. L'un des intérêts de VosE serait en l'occurrence, après accord de l'auteur, de développer un "exercice" consistant à confronter les versions nouvelles produites par des membres. Et par l'auteur lui-même s'il s'en sent.
.... Avec tout ça, Borogove (ce pseudo d'oiseau rare est assez doux et me sonne quand même un peu russe, genre Borodine. Un chuchotement...)
.... Marvejols
.... Pourtant ça commence bien, par un zoom sur quatre cylindres : ça fait un peu moteur et puis avec titanesque on se dit "tiens, ce n'est pas ça" et on glisse vers un autre monde. Plutôt pas mal cette entrée in medias res.
.... Avec la fumée grise après ces cylindres on pense à une centrale nucléaire en effet, pas Fushikima puis qu'elle n'est pas adossée à des gorges (c'est l'autre qui est au pied des montagnes, tout aussi secouée par les séismes mais dont on parle moins). Confirmation plus loin avec tours (de refroidissement).
.... Déjà manque un espace avant une fumée, je pinaille direz-vous et on pardonnerait lorsque vous arrivent ces boulots au lieu des bouleaux. Ensuite le peu poétiquement enivrant "comme un cri qui s'étouffe" finit de me détacher avec à la clé un nouvel espace surnuméraire avant la virgule de "spastique". Enfin si le passage sur le silence qui file recèle un quelque chose, en revanche je m'interroge sur le point virgule après avion : soit la phrase " le silence etc." explicite la précédente image (bruit/chant) et on attend deux points (:) soit cette construction est plus affirmément paratactique et le point se justifie pleinement (qui aurait ma préférence). Autre point de construction: "elle faisait comme un cri qui s'étouffe". Soit "elle faisait... qui s'étouffe", virgule et donc qui "s'achevait" soit c'est le cri qui s'achève et s'étouffe et donc pas de virgule : il faut choisir.
.... Autre point: à mon avis"le vent, grave, long, comme un son de sirène." n'est pas très poétique. Au niveau rythme la poésie tendrait selon moi à exiger une " grave et long" plutôt que le "grave, long" avec cette liaison heurtée, avec quasi un coup de glotte à l'allemande entre les deux adjectifs. Le Et lie et rend coulant, il prolonge en cela les voyelles longues du grave, du long, du vent, du son...
.... Enfin le "comme un son de sirène" est trop direct pour être, selon moi, vraiment poétique: il est brut. La poésie c'est plutôt, me semble-t-il "comment exprimer 'comme un son de sirène' sans le dire comme ça, tout de go, tout droit, tout plat. Mais ce n'est que mon avis. En tout cas ce bout de texte a le mérite de s'essayer à traiter une image. Il me semble qu'il a le mode entre deux chaises, il oscille entre prose et poésie sans s'être résolu à choisir. Une remise sur le métier serait intéressante. L'un des intérêts de VosE serait en l'occurrence, après accord de l'auteur, de développer un "exercice" consistant à confronter les versions nouvelles produites par des membres. Et par l'auteur lui-même s'il s'en sent.
.... Avec tout ça, Borogove (ce pseudo d'oiseau rare est assez doux et me sonne quand même un peu russe, genre Borodine. Un chuchotement...)
.... Marvejols
Borogove a écrit:
Le berceau des Méduses d'or
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Quatre cylindres faisaient glisser leurs ombres gigantesques sur l'étendue déchirée de la plaine.Une fumée grise, aussi grise que le fleuve, montait des gorges en nuages massifs que le vent rabattait presqu'aussitôt sur la cime des boulots tremblotant aux pieds des tours. Imposante, puis soufflée, elle faisait comme un cri qui s'étouffe, et s'achève en murmure. Dans le ciel perturbé, turbulent , spastique presque, pas un bruit d'oiseau, pas un chant d'avion; le silence filait dans le vent, grave, long, comme un son de sirène.

Marvejols- Nombre de messages: 1444
Age: 45
Localisation: agglomération de Montpellier
Date d'inscription: 08/11/2010

Re: Le berceau des Méduses d'or
Pour moi c'est le début d'une histoire. On plante le décor et l'ambiance. Belle entrée en matière du reste.
Donc j'attends la suite. Si il n'y en a pas je ne ressentirai qu'une frustration à la hauteur de la qualité littéraire de cet incipit.
Donc j'attends la suite. Si il n'y en a pas je ne ressentirai qu'une frustration à la hauteur de la qualité littéraire de cet incipit.

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Le berceau des Méduses d'or
Un joli regard sur Persée et Méduse, si je ne me trompe pas.....

la fille du pays du nord- Nombre de messages: 57
Age: 46
Date d'inscription: 27/01/2011
Re: Le berceau des Méduses d'or
Alors, oui, il s'agit bien des cylindres d'une centrale nucléaire! ^^
A éclaircie: Les boulEAUX (merci marvejols) sont tout simplement parmi les arbres qui résistent le mieux aux radiations. D'une. De deux, leur écorce grise tachetée de blanc m'évoquait la cendre et la fumée, chose que j'aurai sûrement dû développer.
A Marvejols: Pourquoi poésie et pas prose? Parce qu'ici je n'ai pas voulu raconter ou photographier quoi que ce soit, je n'ai pose pas les bases d'un récit.J'ai essayé, en usant de la prose, de soulever des images qui ne valent que pour leur pouvoir d'évocation. Qu'est-ce-qui fait la poésie, selon moi? Sa gratuité.
Qu'en pensez-vous?
En ce qui concerne "le cri qui s'étouffe", je suis complètement d'accord. C'est une erreur de ma part, qui ne va pas dans le sens de ce que j'ai voulu faire. Préférez (ou pas) "un cri qui s'allonge et s'achève en murmure" (sans virgule,mais ça c'était une faute de frappe).
En revanche, je suis farouchement attaché au "son de sirène". Si ce que vous dites est vrai, qu'il s'agit d'une image trop brutale, alors je me suis complètement planté, parce que tout ce qui la précède est là pour l'amener (entendu qu'il ne s'agit pas de la sirène mythologique,hein! ^^) .
Pareil pour la virgule entre "grave" et "long" : je tenais à ce que ces mots soient isolés rythmiquement et visuellement. Et puis elle (la virgule) est censée continuer le rythme amorcé avec la phrase précédente qui en compte quatre.
Ceci dit, j'attends votre propre version avec impatience, vraiment.
A Rebbecca: J'y pense, j'y pense...
A la fille du pays du nord: Alors là, je dois vous avouer que je ne pensais absolument pas à ça en écrivant ce texte. Mais peut-être pourriez-vous m'en dire plus sur votre interprétation? En ce qui me concerne, "Les Méduses d'or" font référence au champignon atomique.
A éclaircie: Les boulEAUX (merci marvejols) sont tout simplement parmi les arbres qui résistent le mieux aux radiations. D'une. De deux, leur écorce grise tachetée de blanc m'évoquait la cendre et la fumée, chose que j'aurai sûrement dû développer.
A Marvejols: Pourquoi poésie et pas prose? Parce qu'ici je n'ai pas voulu raconter ou photographier quoi que ce soit, je n'ai pose pas les bases d'un récit.J'ai essayé, en usant de la prose, de soulever des images qui ne valent que pour leur pouvoir d'évocation. Qu'est-ce-qui fait la poésie, selon moi? Sa gratuité.
Qu'en pensez-vous?
En ce qui concerne "le cri qui s'étouffe", je suis complètement d'accord. C'est une erreur de ma part, qui ne va pas dans le sens de ce que j'ai voulu faire. Préférez (ou pas) "un cri qui s'allonge et s'achève en murmure" (sans virgule,mais ça c'était une faute de frappe).
En revanche, je suis farouchement attaché au "son de sirène". Si ce que vous dites est vrai, qu'il s'agit d'une image trop brutale, alors je me suis complètement planté, parce que tout ce qui la précède est là pour l'amener (entendu qu'il ne s'agit pas de la sirène mythologique,hein! ^^) .
Pareil pour la virgule entre "grave" et "long" : je tenais à ce que ces mots soient isolés rythmiquement et visuellement. Et puis elle (la virgule) est censée continuer le rythme amorcé avec la phrase précédente qui en compte quatre.
Ceci dit, j'attends votre propre version avec impatience, vraiment.
A Rebbecca: J'y pense, j'y pense...
A la fille du pays du nord: Alors là, je dois vous avouer que je ne pensais absolument pas à ça en écrivant ce texte. Mais peut-être pourriez-vous m'en dire plus sur votre interprétation? En ce qui me concerne, "Les Méduses d'or" font référence au champignon atomique.

Borogove- Nombre de messages: 19
Age: 23
Date d'inscription: 03/01/2011
Re: Le berceau des Méduses d'or
J'aime bien le commentaire de Marjevols (sur le texte, lol) et votre réponse, moi aussi, j'ai pensé aux arbres, mais comme l'écriture est soignée, je n'avais pas envisagé qu'il s'agissait d'une faute d'orthographe...Et je ne connaissais pas leur résistance.
Et à tous les deux, je demanderai la différence que vous faites entre "prose" et "poésie" , je n'oppose pas ces mots, je vois plutôt la poésie en prose et celle en vers plus ou moins rimés, libres..etc.
Et à tous les deux, je demanderai la différence que vous faites entre "prose" et "poésie" , je n'oppose pas ces mots, je vois plutôt la poésie en prose et celle en vers plus ou moins rimés, libres..etc.

éclaircie- Nombre de messages: 1641
Age: 56
Localisation: au monde et du bon coté
Date d'inscription: 18/02/2009

Re: Le berceau des Méduses d'or
.....Borogove je vous remercie de votre réaction intéressante et précise. Pour la résistance à la radioactivité il y a aussi le Ginkobiloba (apparemment repoussé la saison suivante à Hiroshima).
.....Je n'ai pas voulu dire qu'il fallait renoncer à "son de sirène" mais que la locution me paraissait trop brute. Si vous tenez à conserver "son de sirène" cela pourrait prendre cette forme (j'ai conservé mon ET):
"Dans le ciel perturbé, turbulent, presque spastique, pas un bruit d'oiseau, pas un chant d'avion: dans le vent grave et long, le silence filait un son de sirène."
.....Au niveau rythme cette rédaction offre par ailleurs l'avantage de mieux révéler des qualités rythmiques et sonores présentes dans votre texte mais peut-être insuffisamment émergées:
.....- d'une part une allitération en S (silence/son/sirène) doublée d'une assonance de voyelles nasalisées (EN/ON/EN/ON),
.....- d'autre part elle renforce le rythme sous-jacent de quasi hexamètres (en fait une oscillation sur 5/6/7) qui est déjà présent par exemple dans votre " et s'achève en murmure":
...Dans le ciel perturbé,................6
...turbulent, presque spastique,.....7
...pas un bruit d'oiseau,................5
...pas un chant d'avion:................5
...dans le vent grave et long,.........6
...le silence filait..........................6
...un son de sirène.......................5
.....Je comprends mieux maintenant pourquoi l'ajout d'un ET entre grave et long me paraissait nécessaire: il révèle un alexandrin dans votre prose
le silence filait dans le vent grave et long,
..... De fait, pour revenir au débat sur poésie/prose je pense que le caractère poétique d'un texte en prose -outre le fait de jouer sur des images, des allusions, des glissements, sur le suggérer plus que le montrer- c'est aussi de proposer des rythmes, de séquences, des périodes sonores. Et sans doute des vers sous-jacents voire cachés.
............Marvejols
.....Je n'ai pas voulu dire qu'il fallait renoncer à "son de sirène" mais que la locution me paraissait trop brute. Si vous tenez à conserver "son de sirène" cela pourrait prendre cette forme (j'ai conservé mon ET):
"Dans le ciel perturbé, turbulent, presque spastique, pas un bruit d'oiseau, pas un chant d'avion: dans le vent grave et long, le silence filait un son de sirène."
.....Au niveau rythme cette rédaction offre par ailleurs l'avantage de mieux révéler des qualités rythmiques et sonores présentes dans votre texte mais peut-être insuffisamment émergées:
.....- d'une part une allitération en S (silence/son/sirène) doublée d'une assonance de voyelles nasalisées (EN/ON/EN/ON),
.....- d'autre part elle renforce le rythme sous-jacent de quasi hexamètres (en fait une oscillation sur 5/6/7) qui est déjà présent par exemple dans votre " et s'achève en murmure":
...Dans le ciel perturbé,................6
...turbulent, presque spastique,.....7
...pas un bruit d'oiseau,................5
...pas un chant d'avion:................5
...dans le vent grave et long,.........6
...le silence filait..........................6
...un son de sirène.......................5
.....Je comprends mieux maintenant pourquoi l'ajout d'un ET entre grave et long me paraissait nécessaire: il révèle un alexandrin dans votre prose
le silence filait dans le vent grave et long,
..... De fait, pour revenir au débat sur poésie/prose je pense que le caractère poétique d'un texte en prose -outre le fait de jouer sur des images, des allusions, des glissements, sur le suggérer plus que le montrer- c'est aussi de proposer des rythmes, de séquences, des périodes sonores. Et sans doute des vers sous-jacents voire cachés.
............Marvejols
Borogove a écrit:
Le berceau des Méduses d'or
*
Quatre cylindres faisaient glisser leurs ombres gigantesques sur l'étendue déchirée de la plaine.Une fumée grise, aussi grise que le fleuve, montait des gorges en nuages massifs que le vent rabattait presqu'aussitôt sur la cime des boulots tremblotant aux pieds des tours. Imposante, puis soufflée, elle faisait comme un cri qui s'étouffe, et s'achève en murmure. Dans le ciel perturbé, turbulent , spastique presque, pas un bruit d'oiseau, pas un chant d'avion; le silence filait dans le vent, grave, long, comme un son de sirène.

Marvejols- Nombre de messages: 1444
Age: 45
Localisation: agglomération de Montpellier
Date d'inscription: 08/11/2010

Re: Le berceau des Méduses d'or
Rien que pour ça, je l'entends ce silence : le silence filait dans le vent, grave, long, comme un son de sirène.
Pour ce qui précède aussi.
Pour ce qui précède aussi.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12105
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Le berceau des Méduses d'or
Glissent
sur l'étendue déchirée de la plaine
de quatre cylindres les ombres gigantesques
Grise
aussi grise que le fleuve
aa fumée rabattue
par le vent sur la cime des bouleaux
tremblant aux pieds des tours
s’enflant soufflée
en un cri étouffé
étouffant
Pas un chant
pas un bruit
ni d’oiseau ni d’avion*
Et le silence qui file dans le vent
grave long comme un son
de Sirène
(avion, hélico, il y en eut en pagaille, et les morts qui vont avec.)
sur l'étendue déchirée de la plaine
de quatre cylindres les ombres gigantesques
Grise
aussi grise que le fleuve
aa fumée rabattue
par le vent sur la cime des bouleaux
tremblant aux pieds des tours
s’enflant soufflée
en un cri étouffé
étouffant
Pas un chant
pas un bruit
ni d’oiseau ni d’avion*
Et le silence qui file dans le vent
grave long comme un son
de Sirène
(avion, hélico, il y en eut en pagaille, et les morts qui vont avec.)
zenobi- Nombre de messages: 901
Age: 41
Date d'inscription: 03/09/2010
Re: Le berceau des Méduses d'or
Glissent
sur l'étendue déchirée de la plaine
de quatre cylindres les ombres gigantesques
Grise
aussi grise que le fleuve
par le vent rabattue
la fumée
sur la cime des bouleaux
tremble
aux pieds des tours
tremble
s’enfle soufflée
en un cri étouffé
étouffant
Pas un chant
pas un bruit
ni d’oiseau ni d’avion*
Et le silence
qui file dans le vent
grave long comme un son
de Sirène
zenobi- Nombre de messages: 901
Age: 41
Date d'inscription: 03/09/2010
Re: Le berceau des Méduses d'or
Not bad. Amazing indeed. + je préfère la version 19 H 49 à la disposition du 20 H 24.

Marvejols- Nombre de messages: 1444
Age: 45
Localisation: agglomération de Montpellier
Date d'inscription: 08/11/2010

Re: Le berceau des Méduses d'or
Zénobi, j'aime votre version allégée (pourtant la situation est bien pesante) et la préfère dans sa première mise en page (en corrigeant la faute de frappe à 'la fumée' ). La mise en vers libres sans ponctuation convient bien au fond.le jeu des sonorités renforce l'impact.
Marvejols, votre étude quasiment scientifique des poèmes, si parfois elle me semble dépoétiser un peu la poésie, amène toujours un éclairage intéressant, j'apprécie donc vos mots sur la prose et la poésie. Néophyte et intuitive, je saisis mieux la technique.
Borogove, votre définition de la poésie "sa gratuité" m'a séduite.
S'il y a d'autres versions, je repasserai voir.
Marvejols, votre étude quasiment scientifique des poèmes, si parfois elle me semble dépoétiser un peu la poésie, amène toujours un éclairage intéressant, j'apprécie donc vos mots sur la prose et la poésie. Néophyte et intuitive, je saisis mieux la technique.
Borogove, votre définition de la poésie "sa gratuité" m'a séduite.
S'il y a d'autres versions, je repasserai voir.

éclaircie- Nombre de messages: 1641
Age: 56
Localisation: au monde et du bon coté
Date d'inscription: 18/02/2009

Re: Le berceau des Méduses d'or
Marvejols: tu as le chic pour enlever toute trace de fulgurance, d'inconnu, de tremblements dans un poème. Tes analyses me saoulent. AHlala... Heureusement qu'on se tue à libérer la poésie.

Yoni Wolf- Nombre de messages: 500
Age: 23
Date d'inscription: 28/03/2011

Glop, Glop. Pas Glop, pas Glop
Yoni, je ne voudrais pas endommager le texte de Borogove et ses commentaires intéressants par un échange qui pourrait prendre une tournure polémique ou du moins se situer trop en marge du sujet. Si tu permets je donne suite sur le fil "Babil, billevesées" etc. dans Accueil.

Marvejols- Nombre de messages: 1444
Age: 45
Localisation: agglomération de Montpellier
Date d'inscription: 08/11/2010

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