Comme les sept doigts de ses mains
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Re: Comme les sept doigts de ses mains
Merci à celles qui suivent toujours malgré la longueur et le temps.
Quand on était un peu plus petits, Gaspard et moi on se chamaillait tout le temps et on en venait souvent aux mains. Pourtant je suis plutôt calme, l’intello comme dit Boris mais même si le ton est moqueur, je sais bien qu’en fait c’est un compliment. Je me souviens de ses yeux la première fois que je lui ai fait lire un de mes poèmes. D’abord il m’a demandé où je l’avais recopié, et quand enfin il m’a cru parce que je lui jurais que c’était de moi, il n’a plus rien dit mais m’a lancé ce regard bizarre que je découvrais : un regard d’égal et pas de grand frère. Et parfois il m’appelle Verlaine pour rire et me dit de ramener mes sanglots longs à table.
Mais Gaspard il me cherchait tout le temps, comme si ça ne suffisait pas de m’avoir piqué la place de chouchou des grands. Il me houspillait jusqu’à ce que je craque et il avait sa méthode bien à lui pour ne pas être puni : il me tapait mais c’était lui qui criait. Ce qui fait que le colonel me punissait toujours moi, sans écouter mes protestations, parce que bon, d’accord, pendant longtemps j’ai été plutôt jaloux de Gaspard et tout le monde le savait.
Et puis un jour, au jardin public où le colonel nous avait emmenés pour qu’on prenne l’air — et sans doute pour respirer un peu lui aussi — Gaspard m’a fait un croche-pied près de la mare aux canards, et il m’a enfoncé la tête sous l’eau et puis il s’est mis à crier, comme d’habitude, comme si c’était lui la victime. Et le colonel assistant, ahuri, à la scène, a fini par comprendre. Il l’a pris entre quatre yeux pendant un bon moment, je n’avais pas de montre mais malgré l’absence de soleil mes cheveux étaient secs quand ils sont revenus. Je les voyais de loin, le colonel à genoux pour être à sa hauteur et Gaspard qui le regardait d’un air grave et hochait la tête de temps en temps. J’ai même cru apercevoir quelques larmes, du moins je l‘ai espéré. Je ne sais pas ce qu’il lui a dit mais au retour mon petit frère s’est excusé, s’est serré dans mes bras et m’a dit « je t’adore » avec une toute petite voix de bébé que je ne connaissais pas. Pour un peu j’aurais pleuré. Mais comme j’avais bu la tasse et qu’elle n’était pas bonne, je n’ai rien répondu, et je suis resté sur mes gardes. Pourtant c’était bien fini : plus de bagarres et pas trop de disputes.
Depuis ce jour je regardais le colonel avec le respect dû à un dieu, réussir à calmer Gaspard en une discussion et me libérer de mon bourreau en culottes courtes, ça lui conférait un statut olympique. Genre Zeus, pas les jeux.
Peu à peu ma méfiance est partie, on est devenus copains avec Gaspard, finalement c’était chouette d’avoir un petit frère. Parfois il acceptait de faire ce que je lui demandais et comme il écoutait souvent aux portes, il venait tout me raconter de ce qu’il avait compris et retenu. Et surtout c’est à moi qu’il posait toutes ses questions. Questions dont je n’avais pas toujours les réponses mais qui me forçaient à chercher : pourquoi le soleil est jaune ? C’est quoi un pédé ? Comment on fabrique une voiture de course ?
Et puis un jour, juste avant la rentrée scolaire, il m’a demandé : « c’est quoi une leucémie ? ». Et ça je le savais parce que j’avais un camarade d’école qui en avait une. Alors je lui ai expliqué, il est devenu tout blanc, s’est mis à pleurer et à dit « je ne veux pas que César il aille à l’hôpital ». Et mon monde s’est écroulé.
***
La statue de Zeus
La statue de Zeus
Quand on était un peu plus petits, Gaspard et moi on se chamaillait tout le temps et on en venait souvent aux mains. Pourtant je suis plutôt calme, l’intello comme dit Boris mais même si le ton est moqueur, je sais bien qu’en fait c’est un compliment. Je me souviens de ses yeux la première fois que je lui ai fait lire un de mes poèmes. D’abord il m’a demandé où je l’avais recopié, et quand enfin il m’a cru parce que je lui jurais que c’était de moi, il n’a plus rien dit mais m’a lancé ce regard bizarre que je découvrais : un regard d’égal et pas de grand frère. Et parfois il m’appelle Verlaine pour rire et me dit de ramener mes sanglots longs à table.
Mais Gaspard il me cherchait tout le temps, comme si ça ne suffisait pas de m’avoir piqué la place de chouchou des grands. Il me houspillait jusqu’à ce que je craque et il avait sa méthode bien à lui pour ne pas être puni : il me tapait mais c’était lui qui criait. Ce qui fait que le colonel me punissait toujours moi, sans écouter mes protestations, parce que bon, d’accord, pendant longtemps j’ai été plutôt jaloux de Gaspard et tout le monde le savait.
Et puis un jour, au jardin public où le colonel nous avait emmenés pour qu’on prenne l’air — et sans doute pour respirer un peu lui aussi — Gaspard m’a fait un croche-pied près de la mare aux canards, et il m’a enfoncé la tête sous l’eau et puis il s’est mis à crier, comme d’habitude, comme si c’était lui la victime. Et le colonel assistant, ahuri, à la scène, a fini par comprendre. Il l’a pris entre quatre yeux pendant un bon moment, je n’avais pas de montre mais malgré l’absence de soleil mes cheveux étaient secs quand ils sont revenus. Je les voyais de loin, le colonel à genoux pour être à sa hauteur et Gaspard qui le regardait d’un air grave et hochait la tête de temps en temps. J’ai même cru apercevoir quelques larmes, du moins je l‘ai espéré. Je ne sais pas ce qu’il lui a dit mais au retour mon petit frère s’est excusé, s’est serré dans mes bras et m’a dit « je t’adore » avec une toute petite voix de bébé que je ne connaissais pas. Pour un peu j’aurais pleuré. Mais comme j’avais bu la tasse et qu’elle n’était pas bonne, je n’ai rien répondu, et je suis resté sur mes gardes. Pourtant c’était bien fini : plus de bagarres et pas trop de disputes.
Depuis ce jour je regardais le colonel avec le respect dû à un dieu, réussir à calmer Gaspard en une discussion et me libérer de mon bourreau en culottes courtes, ça lui conférait un statut olympique. Genre Zeus, pas les jeux.
Peu à peu ma méfiance est partie, on est devenus copains avec Gaspard, finalement c’était chouette d’avoir un petit frère. Parfois il acceptait de faire ce que je lui demandais et comme il écoutait souvent aux portes, il venait tout me raconter de ce qu’il avait compris et retenu. Et surtout c’est à moi qu’il posait toutes ses questions. Questions dont je n’avais pas toujours les réponses mais qui me forçaient à chercher : pourquoi le soleil est jaune ? C’est quoi un pédé ? Comment on fabrique une voiture de course ?
Et puis un jour, juste avant la rentrée scolaire, il m’a demandé : « c’est quoi une leucémie ? ». Et ça je le savais parce que j’avais un camarade d’école qui en avait une. Alors je lui ai expliqué, il est devenu tout blanc, s’est mis à pleurer et à dit « je ne veux pas que César il aille à l’hôpital ». Et mon monde s’est écroulé.

elea- Nombre de messages: 3189
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010
Re: Comme les sept doigts de ses mains
J'ai remonté tous les textes pour finalement tilter sur les titres :-), mieux vaut tard, n'est-ce pas ?
On dirait donc que la fin approche, je n'aurais vraiment aucune objection à ce que tu déroges à l'histoire antique et allonges la liste...
Ce passage est un ravissement, chaque détail sonne tellement vrai. Je me répète mais tant pis : j'adore le ton du récit, je me suis attachée à cette fratrie.
On dirait donc que la fin approche, je n'aurais vraiment aucune objection à ce que tu déroges à l'histoire antique et allonges la liste...
Ce passage est un ravissement, chaque détail sonne tellement vrai. Je me répète mais tant pis : j'adore le ton du récit, je me suis attachée à cette fratrie.

Easter(Island)- Nombre de messages: 12101
Age: 51
Localisation: à l'horizon
Date d'inscription: 01/03/2008

Re: Comme les sept doigts de ses mains
Aïe ! On sent poindre un drame. Quoi qu'il en soit, je fais confiance au talent de la narratrice pour nous le présenter. Mais ses personnages sont tellement attachants que l'on tremble pour eux.
Tiens pour une fois, je vais oser faire une remarque. Quatre yeux ... dans ce cas précis, n'écrit-on pas, on ne dit-on pas quatre-z-yeux ? Je sais fort bien que quatre ne prends pas d's, mais ...
A la lecture, j'ai buté là-dessus.
Tiens pour une fois, je vais oser faire une remarque. Quatre yeux ... dans ce cas précis, n'écrit-on pas, on ne dit-on pas quatre-z-yeux ? Je sais fort bien que quatre ne prends pas d's, mais ...
A la lecture, j'ai buté là-dessus.
Iris- Nombre de messages: 447
Age: 49
Date d'inscription: 17/08/2011
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Je ne vous lis pas souvent, elea, et quel tort ! J'ai trouvé cette suite d'histoires magnifique ; vous êtes une conteuse hors pair. J'ai hâte de lire le huitième et dernier volet.
Texte introducteur :
- « Oui parce que la hantise » : je « virgulerais » après « Oui ».
- « Damien, Eloi, Faustin » : « Éloi » (Alt 144 ou mon profil).
- « je lui aurai bien fait un petit Hector » : « aurais » (conditionnel, puisque « l'alphabet s'est arrêté au G. »).
- « d’une école maternelle c’est pas de la soie. » : virgule après « maternelle », sauf effet stylistique.
- « Parce que papa il est directeur d’école. » : virgule après « papa », sauf effet stylistique.
- « Et il ne nous tape jamais sur les doigts avec une règle mais il en a fixé tout plein et a gradué la gravité selon celle qu’on enfreint. » : j'aime beaucoup cette alliance d'idées.
- « mais cette punition là » : « cette punition-là » (tiret).
- « Depuis qu’Eloi » : « Éloi ».
- « Pour dessouler. » : vous employez ici la graphie 1990 ; l'orthographe traditionnelle écrit « dessoûler » ou « dessaouler ».
- « enfin dans l’appartement de fonction » : virgule après « enfin » (qui procède de l'épanorthose et donc, de l'incise).
- « il nous réuni dans la cour d’école » : « réunit ».
- « Une fois Eloi » : à première vue, virgule après « une fois ». Comme au-dessus : « Éloi ».
- « papa lui a proposé de le Barthez-izer » : « de le Barthez-iser » (malgré le néologisme, c'est le suffixe -iser qui est employé ici).
- « Eloi aime sa coupe » : accent.
- « Moi c’est Faustin donc, » : « Moi, c'est Faustin, donc, ».
- « il parait que le docteur » : « il paraît » selon l'orthographe traditionnelle.
- « Notre Auguste c’est le plus responsable » : sauf effet stylistique, virgule après « Auguste ».
- « pas comme Eloi » : accent.
- « qui l’a débuté » : « débutée » (sa crise).
- « Boris c'est le plus rigolo » : virgule après « Boris » (sauf effet).
- « il connait des dizaines » : « connaît » (orthographe traditionelle).
- « Damien donc c’est le manuel du groupe » : « Damien, donc, c'est le manuel du groupe ».
- « Gaspard lui, il veut » : « Gaspard, lui, il veut... ».
- « S’il était né avant moi les parents » : virgule après « moi ».
- « Moi il parait » : virgule après « moi » ; « paraît » (orthographe traditionnelle).
Le temps d'Artémis :
- « Au début aucun d’entre nous » : virgule après « au début », sauf effet.
- « n’a pu y croire sauf Gaspard » : virgule après « croire » et après « Gaspard ». Je pense que leur absence était préméditée, auquel cas, mes excuses.
- « Ce n’était pas Boris et sa valse de petites amies qui allait » : « qui allaient ».
- « Ni Eloi » : « Éloi ».
- « Quant à moi j’ai demandé » : virgule après « quant à moi ».
- « comme le ciel sur les gaulois » : « les Gaulois » (nationalité).
- « J’ai revu en un éclair les boucles noires de ma mère et je me suis demandé comment le colonel pouvait désormais embrasser de la paille. » : excellent !
- « Il d’abord dû admettre » : manque l'auxiliaire du temps composé : « a dû admettre ».
- « Il préfère aller trainer » : orthographe 1990.
- « finalement il va peut-être réussir » : virgule après « finalement », normalement.
- « le faire son petit Hector. » : idem après « faire ».
- « lui a dit Eloi » : accent.
- « Message reçu cinq sur cinq les garçons » : virgule après « cinq ».
- « Le colonel nous a remercié » : « remerciés ».
- « Depuis il plaisante » : virgule après « depuis ».
- « avait été télé-transporté » : « télétransporté ».
- « au milieu d'un champs de blé » : « champ ».
- « La seule petite consolation que j’ai c’est de me dire » : virgule après « j'ai », sauf effet...
- « ne seront pas collégiales » : la répétition du mot « collégial » me semble trop proche.
Le mausolée d'Halicarnasse :
- « c’est de ne jamais, ô grand jamais » : « au grand jamais ».
- Je ne relève plus les virgules qui me paraissent manquer à partir d'ici ; elles sont sans doute le fruit de ma sensibilité personnelle et avez, semble-t-il, forgé votre style en en supprimant certaines à dessein.
- « Eloi râlait » : accent.
- « en flagrant délit d’intrusion dans l’antre paternelle » : « paternel ».
- « le saint des saint » : « le saint des saints ».
- « comme si c’était ses bras me prenant entre eux. » : « c'étaient » (même si « c'était » est toléré).
- « en courant ouvrir à César inquiet » : virgule après « César ».
Les jardins suspendus de Babylone :
- « bien qu’ayant 16 mois de moins » : en toutes lettres dans un texte littéraire, à plus forte raison que c'est ce qui a été fait jusqu'à présent.
- « du paysage et de la famille donc. » : virgule après « famille ».
- « les cadeaux qu’elle lui ou nous faits » : « fait ».
- « Parce que comme c’est l’été papa » : virgule après « été ».
- « lors d‘une récré » : ce n'est pas une apostrophe.
- « tout deux à l‘abri » : idem.
- « sans rire de son défaut d’élocution et ils étaient » : virgule après « élocution » (proposition différente).
- « Tante Chloé » : pourquoi cette majuscule à « Tante » que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ?
- « Eloi et Gaspard » : accent.
- « appelant les baisers a-t-elle dit une fois » : virgule après « baisers ».
- « César baisse les yeux lui, » : virgule après « yeux ».
- « D’après Eloi » : accent.
- « pas besoin des mains mais » : virgule après « mains ».
- « quand j‘aurai la moustache » : ce n'est pas une apostrophe.
- « En général je m’assoie » : « je m'assois » (présent de l'indicatif et non du subjonctif).
Le phare d'Alexandrie :
- « son nez délicat cerné de tâches de rousseur » : « taches ».
- « tu veux des enfants ? » : sans certitude, je pense qu'ici la majuscule est nécessaire.
- « une douzaine au moins. » : idem.
- « vraiment? » : idem. Il faut par ailleurs marquer une espace avant le point d'interrogation.
- « — Tu en fais vraiment » : pourquoi employer ici le tiret cadratin pour les dialogues quand plus haut c'est le semi-cadratin qui est utilisé ? Il faut uniformiser tout cela.
- « des tonnes là ma tantine ! » : « des tonnes, (virgule) là, (virgule) ma tantine ! ».
- « des Eloïse » : majuscule. La phrase est belle, par ailleurs.
- « Tu adores les mirabelles n’est-ce pas ? » : virgule après « mirabelles ».
- « histoire de mâter » (je vois qu'Easter(Island) a relevé la faute avant moi).
Le colosse de Rhodes :
- « Si je n’avais pas de suite compris » : non ! Attention à ne pas confondre « de suite » (c'est-à-dire « d'affilée » avec « tout de suite » (immédiatement).
- « une tuile à Eloi » : accent.
- « plus marrant que lui entre temps. » : « entre-temps » (orthographe traditionnelle) ou « entretemps » (1990) mais pas « entre temps ».
- « D’accord c’était l’heure » : virgule après « d'accord ».
- « par celle d’Eloi » : accent.
- « venait de faire demi-tour et courrait à toutes jambes » : « courait » (imparfait et non conditionnel).
- « autour d’Eloi » : accent.
- « César en revanche s’était de suite » : à nouveau, non ; voir plus haut.
- « Eloi avait été privé » : accent.
- « comme était Eloi » : idem.
- « Sa jambe par contre ce n’était pas » : virgules encadrant « par contre ».
- « Eloi pleurait » : accent.
- « Il est comme ça Eloi » : pareil.
- « pour ne pas paraitre impeccable » : « paraître » (orthographe traditionnelle).
- « la tête d’Eloi » : accent.
- « une larme d’Eloi » : idem.
La statue de Zeus :
- « et quand enfin il m’a cru parce que je lui jurais que c’était de moi, il n’a plus rien dit mais m’a lancé ce regard bizarre que je découvrais : un regard d’égal et pas de grand frère. Et parfois il m’appelle Verlaine pour rire et me dit de ramener mes sanglots longs à table. » : Beau !
- « du moins je l‘ai espéré. » : ce n'est pas une apostrophe.
- « et à dit » : a dit
.Texte introducteur :
- « Oui parce que la hantise » : je « virgulerais » après « Oui ».
- « Damien, Eloi, Faustin » : « Éloi » (Alt 144 ou mon profil).
- « je lui aurai bien fait un petit Hector » : « aurais » (conditionnel, puisque « l'alphabet s'est arrêté au G. »).
- « d’une école maternelle c’est pas de la soie. » : virgule après « maternelle », sauf effet stylistique.
- « Parce que papa il est directeur d’école. » : virgule après « papa », sauf effet stylistique.
- « Et il ne nous tape jamais sur les doigts avec une règle mais il en a fixé tout plein et a gradué la gravité selon celle qu’on enfreint. » : j'aime beaucoup cette alliance d'idées.
- « mais cette punition là » : « cette punition-là » (tiret).
- « Depuis qu’Eloi » : « Éloi ».
- « Pour dessouler. » : vous employez ici la graphie 1990 ; l'orthographe traditionnelle écrit « dessoûler » ou « dessaouler ».
- « enfin dans l’appartement de fonction » : virgule après « enfin » (qui procède de l'épanorthose et donc, de l'incise).
- « il nous réuni dans la cour d’école » : « réunit ».
- « Une fois Eloi » : à première vue, virgule après « une fois ». Comme au-dessus : « Éloi ».
- « papa lui a proposé de le Barthez-izer » : « de le Barthez-iser » (malgré le néologisme, c'est le suffixe -iser qui est employé ici).
- « Eloi aime sa coupe » : accent.
- « Moi c’est Faustin donc, » : « Moi, c'est Faustin, donc, ».
- « il parait que le docteur » : « il paraît » selon l'orthographe traditionnelle.
- « Notre Auguste c’est le plus responsable » : sauf effet stylistique, virgule après « Auguste ».
- « pas comme Eloi » : accent.
- « qui l’a débuté » : « débutée » (sa crise).
- « Boris c'est le plus rigolo » : virgule après « Boris » (sauf effet).
- « il connait des dizaines » : « connaît » (orthographe traditionelle).
- « Damien donc c’est le manuel du groupe » : « Damien, donc, c'est le manuel du groupe ».
- « Gaspard lui, il veut » : « Gaspard, lui, il veut... ».
- « S’il était né avant moi les parents » : virgule après « moi ».
- « Moi il parait » : virgule après « moi » ; « paraît » (orthographe traditionnelle).
Le temps d'Artémis :
- « Au début aucun d’entre nous » : virgule après « au début », sauf effet.
- « n’a pu y croire sauf Gaspard » : virgule après « croire » et après « Gaspard ». Je pense que leur absence était préméditée, auquel cas, mes excuses.
- « Ce n’était pas Boris et sa valse de petites amies qui allait » : « qui allaient ».
- « Ni Eloi » : « Éloi ».
- « Quant à moi j’ai demandé » : virgule après « quant à moi ».
- « comme le ciel sur les gaulois » : « les Gaulois » (nationalité).
- « J’ai revu en un éclair les boucles noires de ma mère et je me suis demandé comment le colonel pouvait désormais embrasser de la paille. » : excellent !
- « Il d’abord dû admettre » : manque l'auxiliaire du temps composé : « a dû admettre ».
- « Il préfère aller trainer » : orthographe 1990.
- « finalement il va peut-être réussir » : virgule après « finalement », normalement.
- « le faire son petit Hector. » : idem après « faire ».
- « lui a dit Eloi » : accent.
- « Message reçu cinq sur cinq les garçons » : virgule après « cinq ».
- « Le colonel nous a remercié » : « remerciés ».
- « Depuis il plaisante » : virgule après « depuis ».
- « avait été télé-transporté » : « télétransporté ».
- « au milieu d'un champs de blé » : « champ ».
- « La seule petite consolation que j’ai c’est de me dire » : virgule après « j'ai », sauf effet...
- « ne seront pas collégiales » : la répétition du mot « collégial » me semble trop proche.
Le mausolée d'Halicarnasse :
- « c’est de ne jamais, ô grand jamais » : « au grand jamais ».
- Je ne relève plus les virgules qui me paraissent manquer à partir d'ici ; elles sont sans doute le fruit de ma sensibilité personnelle et avez, semble-t-il, forgé votre style en en supprimant certaines à dessein.
- « Eloi râlait » : accent.
- « en flagrant délit d’intrusion dans l’antre paternelle » : « paternel ».
- « le saint des saint » : « le saint des saints ».
- « comme si c’était ses bras me prenant entre eux. » : « c'étaient » (même si « c'était » est toléré).
- « en courant ouvrir à César inquiet » : virgule après « César ».
Les jardins suspendus de Babylone :
- « bien qu’ayant 16 mois de moins » : en toutes lettres dans un texte littéraire, à plus forte raison que c'est ce qui a été fait jusqu'à présent.
- « du paysage et de la famille donc. » : virgule après « famille ».
- « les cadeaux qu’elle lui ou nous faits » : « fait ».
- « Parce que comme c’est l’été papa » : virgule après « été ».
- « lors d‘une récré » : ce n'est pas une apostrophe.
- « tout deux à l‘abri » : idem.
- « sans rire de son défaut d’élocution et ils étaient » : virgule après « élocution » (proposition différente).
- « Tante Chloé » : pourquoi cette majuscule à « Tante » que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ?
- « Eloi et Gaspard » : accent.
- « appelant les baisers a-t-elle dit une fois » : virgule après « baisers ».
- « César baisse les yeux lui, » : virgule après « yeux ».
- « D’après Eloi » : accent.
- « pas besoin des mains mais » : virgule après « mains ».
- « quand j‘aurai la moustache » : ce n'est pas une apostrophe.
- « En général je m’assoie » : « je m'assois » (présent de l'indicatif et non du subjonctif).
Le phare d'Alexandrie :
- « son nez délicat cerné de tâches de rousseur » : « taches ».
- « tu veux des enfants ? » : sans certitude, je pense qu'ici la majuscule est nécessaire.
- « une douzaine au moins. » : idem.
- « vraiment? » : idem. Il faut par ailleurs marquer une espace avant le point d'interrogation.
- « — Tu en fais vraiment » : pourquoi employer ici le tiret cadratin pour les dialogues quand plus haut c'est le semi-cadratin qui est utilisé ? Il faut uniformiser tout cela.
- « des tonnes là ma tantine ! » : « des tonnes, (virgule) là, (virgule) ma tantine ! ».
- « des Eloïse » : majuscule. La phrase est belle, par ailleurs.
- « Tu adores les mirabelles n’est-ce pas ? » : virgule après « mirabelles ».
- « histoire de mâter » (je vois qu'Easter(Island) a relevé la faute avant moi).
Le colosse de Rhodes :
- « Si je n’avais pas de suite compris » : non ! Attention à ne pas confondre « de suite » (c'est-à-dire « d'affilée » avec « tout de suite » (immédiatement).
- « une tuile à Eloi » : accent.
- « plus marrant que lui entre temps. » : « entre-temps » (orthographe traditionnelle) ou « entretemps » (1990) mais pas « entre temps ».
- « D’accord c’était l’heure » : virgule après « d'accord ».
- « par celle d’Eloi » : accent.
- « venait de faire demi-tour et courrait à toutes jambes » : « courait » (imparfait et non conditionnel).
- « autour d’Eloi » : accent.
- « César en revanche s’était de suite » : à nouveau, non ; voir plus haut.
- « Eloi avait été privé » : accent.
- « comme était Eloi » : idem.
- « Sa jambe par contre ce n’était pas » : virgules encadrant « par contre ».
- « Eloi pleurait » : accent.
- « Il est comme ça Eloi » : pareil.
- « pour ne pas paraitre impeccable » : « paraître » (orthographe traditionnelle).
- « la tête d’Eloi » : accent.
- « une larme d’Eloi » : idem.
La statue de Zeus :
- « et quand enfin il m’a cru parce que je lui jurais que c’était de moi, il n’a plus rien dit mais m’a lancé ce regard bizarre que je découvrais : un regard d’égal et pas de grand frère. Et parfois il m’appelle Verlaine pour rire et me dit de ramener mes sanglots longs à table. » : Beau !
- « du moins je l‘ai espéré. » : ce n'est pas une apostrophe.
- « et à dit » : a dit
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Elea j'ai été parcourue de frissons à la lecture de ce nouveau chapitre... tout ce qui me vient à l'esprit c'est "beau". Tout y est beau, parfaitement écrit, maîtrisé... superbe, vraiment !
Plus qu'un seul chapitre ?? J'en voudrais plus !
Plus qu'un seul chapitre ?? J'en voudrais plus !

M-arjolaine- Nombre de messages: 279
Age: 19
Localisation: Ardèche
Date d'inscription: 07/06/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
toujours formidable

Janis- Nombre de messages: 5083
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Je rejoints le commentaire de M-arjolaine !

Phoenamandre- Nombre de messages: 1373
Age: 21
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 08/03/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
J’ai un souci, un toc : je me sers trop facilement de textes de référence pour commenter…
Mais là encore je me suis trouvé ballotté entre pagnol et harper lee
La figure paternelle, le style (même si tu te concentres sur les personnages, les actions et ne t’appesantis pas sur les descriptions et l’environnement)
impressionné par le ton, la justesse
la plupart des écrivains, même les meilleurs, se plantent en voulant imiter la voix de l'enfant, pas toi...
ton texte est homogène et plus que plaisant
un bémol - parce qu'il en faut un - la densité et la juxtaposition des scènes et descriptions, le nombre des intervenants, m'empêchent de m'attacher tout à fait aux personnages autres que le narrateur et donc de savourer pleinement le récit.
PS : Je ne sais pas ce que tu vas penser de ma critique, mais je dois ajouter que tu fais partie de celles et ceux, ici, qui m’épatent souvent.
Mais là encore je me suis trouvé ballotté entre pagnol et harper lee
La figure paternelle, le style (même si tu te concentres sur les personnages, les actions et ne t’appesantis pas sur les descriptions et l’environnement)
impressionné par le ton, la justesse
la plupart des écrivains, même les meilleurs, se plantent en voulant imiter la voix de l'enfant, pas toi...
ton texte est homogène et plus que plaisant
un bémol - parce qu'il en faut un - la densité et la juxtaposition des scènes et descriptions, le nombre des intervenants, m'empêchent de m'attacher tout à fait aux personnages autres que le narrateur et donc de savourer pleinement le récit.
PS : Je ne sais pas ce que tu vas penser de ma critique, mais je dois ajouter que tu fais partie de celles et ceux, ici, qui m’épatent souvent.
grieg- Nombre de messages: 5940
Localisation: plus très loin
Date d'inscription: 13/12/2005
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Je suis mon feuilleton avec intérêt. J'ai lu quelque part que c'était l'avant-dernier épisode ? Impossible je fais un procès à l'auteur... déjà que j'ai lu ailleurs qu'elle avait sacrifié son abondante chevelure, grrrrr

CROISIC- Nombre de messages: 1460
Age: 57
Localisation: COGNAC
Date d'inscription: 29/06/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
Merci à vous tous et toutes pour vos lectures attentives, vos corrections, vos gentillesses et votre fidélité (si, si).
Que personne ne m’écharpe mais c’est bel et bien la fin. Au-delà du fait que je n’ai plus de merveilles-titre à me mettre sous la dent, et abstraction faite du texte de « présentation », c’est sept et puis c’est tout !
Merci encore, je me suis souvent sentie toute chose en lisant vos réactions et « critiques ».
Je m’appelle Faustin. Pour mes quarante ans – que je viens de fêter – mes frères m’ont offert mes carnets intimes d’enfance, reliés et dédicacés d’un petit mot par eux. J’ai pris beaucoup de plaisir à relire ce que j’écrivais de ma famille à l’époque. Et j’ai eu le cœur serré par certains passages concernant deux de ses membres qui ne sont plus parmi nous.
Tante Chloé s’est éteinte doucement il y a cinq ans à peine. Éteinte c’est bien le mot : peu à peu sa flamme a vacillé, elle n’avait plus assez d’air pour l’alimenter depuis que le colonel nous avait quittés, un an auparavant, d’un bête accident de voiture. Renversé par un chauffard même pas ivre. Un vieux monsieur qui ne savait plus conduire, qui était sorti de sa voiture paniqué, pensant avoir écrasé un gros chien, et avait fait une attaque en découvrant mon père sous ses roues.
Le colonel venait de prendre sa retraite et était parti habiter avec tante Chloé qui resplendissait de bonheur, même si c’était une colocation tout ce qu’il y avait de platonique. Sa joie n’avait duré que six mois.
Il avait emporté tous les vieux souvenirs de l’appartement de fonction avec lui, tout ce que ses sept garçons avaient laissé en partant faire leur vie. Les cahiers d’école, les vieux livres, les jeux, les albums photos et quelques bibelots d’enfance dont il n’avait pu se séparer. A la mort de tante Chloé, c’est Auguste, bien sûr, qui s’était occupé de vider la maison et de la vendre. Nous en avions hérité et si certains, dont moi, voulaient la conserver pour y passer des étés en famille – un regroupement annuel de vieux frères – la majorité n’avait pas les moyens de l’entretenir. Pas Boris dont les one man show commençaient tout juste à avoir du succès après des années d’intermittence. Ni Auguste dont la grande famille battait le record des parents mais dans la mixité.
Et les vergers étaient devenus le terrain de jeux d’autres enfants.
Auguste avait gardé précieusement ces reliques d’un autre temps, d’un temps avec des soucis d’enfants et d’adolescents, de la dernière année sans gros nuages au-dessus de la fratrie. J’avais arrêté d’écrire à la maladie de César, trop inquiet, trop révolté que mon frère préféré – je peux bien l’avouer maintenant – subisse encore un orage, comme si être mutilé ne suffisait pas. Quand j’allais lui rendre visite, je tenais ses deux doigts, sa main valide étant encombrée de perfusions et d’un cathéter, et en rentrant je n’avais plus le courage de tenir un stylo.
Cette période nous avait tous encore plus soudés, si c’était possible, et les rôles s’étaient distribués naturellement. Auguste tenait la maison pendant que le colonel était avec César. Boris, devenu bénévole dans une association de clowns pour enfants hospitalisés, nous berçait d’histoires de guérisons miraculeuses de toutes sortes. Damien était entré comme charpentier chez les compagnons du devoir pour construire de plus grandes cabanes et dépensait tous les sous gagnés en livres et friandises pour César. Éloi incarnait la sagesse, sa crise d’adolescence coupée net. Et Gaspard faisait des projets pour quand notre frère irait mieux : il comptait bien l’emmener faire de la plongée sous-marine ou un saut en parachute.
Et César ? Il souriait tout le temps, nous rassurait, poursuivait ses études par correspondance, bien décidé à ne pas perdre son année d’avance pour passer le bac. Et puis il avait un rêve à réaliser, il voulait à tout prix voir les pyramides d’Egypte, passionné de mythologie depuis toujours, il souhaitait voir la dernière merveille du monde encore debout.
Un soir où on l’avait trouvé particulièrement pâle et fatigué lors de notre visite, on s’était rassemblés autour de la table, tous unis en silence dans l’angoisse et la peine. La gorge nouée, le colonel avait murmuré sans entrain un « ça va aller les gars, il est solide notre César ». J’avais répondu sans y penser « oui et puis il ne peut rien lui arriver, on est là et on est tous comme les sept doigts de ses mains ». Bien plus tard je lui avais raconté la scène et César avait souri en me disant que j’avais le sens de la formule et que je devais devenir un auteur.
Je suis devenu autre chose, mais j’ai bien envie de nommer ainsi le recueil qu’ils viennent de m’offrir, de le reprendre un peu, de poursuivre les souvenirs. Raconter la rencontre de César avec les pharaons ; les réalisations de Damien qui lui valent des prix ; les victoires d’Éloi en tant qu’éducateur avec de jeunes rebelles en difficultés ; les aventures de Gaspard pilote automobile ; et voir ce que je peux en faire…
Que personne ne m’écharpe mais c’est bel et bien la fin. Au-delà du fait que je n’ai plus de merveilles-titre à me mettre sous la dent, et abstraction faite du texte de « présentation », c’est sept et puis c’est tout !
Merci encore, je me suis souvent sentie toute chose en lisant vos réactions et « critiques ».
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Les pyramides d'Egypte
Les pyramides d'Egypte
Je m’appelle Faustin. Pour mes quarante ans – que je viens de fêter – mes frères m’ont offert mes carnets intimes d’enfance, reliés et dédicacés d’un petit mot par eux. J’ai pris beaucoup de plaisir à relire ce que j’écrivais de ma famille à l’époque. Et j’ai eu le cœur serré par certains passages concernant deux de ses membres qui ne sont plus parmi nous.
Tante Chloé s’est éteinte doucement il y a cinq ans à peine. Éteinte c’est bien le mot : peu à peu sa flamme a vacillé, elle n’avait plus assez d’air pour l’alimenter depuis que le colonel nous avait quittés, un an auparavant, d’un bête accident de voiture. Renversé par un chauffard même pas ivre. Un vieux monsieur qui ne savait plus conduire, qui était sorti de sa voiture paniqué, pensant avoir écrasé un gros chien, et avait fait une attaque en découvrant mon père sous ses roues.
Le colonel venait de prendre sa retraite et était parti habiter avec tante Chloé qui resplendissait de bonheur, même si c’était une colocation tout ce qu’il y avait de platonique. Sa joie n’avait duré que six mois.
Il avait emporté tous les vieux souvenirs de l’appartement de fonction avec lui, tout ce que ses sept garçons avaient laissé en partant faire leur vie. Les cahiers d’école, les vieux livres, les jeux, les albums photos et quelques bibelots d’enfance dont il n’avait pu se séparer. A la mort de tante Chloé, c’est Auguste, bien sûr, qui s’était occupé de vider la maison et de la vendre. Nous en avions hérité et si certains, dont moi, voulaient la conserver pour y passer des étés en famille – un regroupement annuel de vieux frères – la majorité n’avait pas les moyens de l’entretenir. Pas Boris dont les one man show commençaient tout juste à avoir du succès après des années d’intermittence. Ni Auguste dont la grande famille battait le record des parents mais dans la mixité.
Et les vergers étaient devenus le terrain de jeux d’autres enfants.
Auguste avait gardé précieusement ces reliques d’un autre temps, d’un temps avec des soucis d’enfants et d’adolescents, de la dernière année sans gros nuages au-dessus de la fratrie. J’avais arrêté d’écrire à la maladie de César, trop inquiet, trop révolté que mon frère préféré – je peux bien l’avouer maintenant – subisse encore un orage, comme si être mutilé ne suffisait pas. Quand j’allais lui rendre visite, je tenais ses deux doigts, sa main valide étant encombrée de perfusions et d’un cathéter, et en rentrant je n’avais plus le courage de tenir un stylo.
Cette période nous avait tous encore plus soudés, si c’était possible, et les rôles s’étaient distribués naturellement. Auguste tenait la maison pendant que le colonel était avec César. Boris, devenu bénévole dans une association de clowns pour enfants hospitalisés, nous berçait d’histoires de guérisons miraculeuses de toutes sortes. Damien était entré comme charpentier chez les compagnons du devoir pour construire de plus grandes cabanes et dépensait tous les sous gagnés en livres et friandises pour César. Éloi incarnait la sagesse, sa crise d’adolescence coupée net. Et Gaspard faisait des projets pour quand notre frère irait mieux : il comptait bien l’emmener faire de la plongée sous-marine ou un saut en parachute.
Et César ? Il souriait tout le temps, nous rassurait, poursuivait ses études par correspondance, bien décidé à ne pas perdre son année d’avance pour passer le bac. Et puis il avait un rêve à réaliser, il voulait à tout prix voir les pyramides d’Egypte, passionné de mythologie depuis toujours, il souhaitait voir la dernière merveille du monde encore debout.
Un soir où on l’avait trouvé particulièrement pâle et fatigué lors de notre visite, on s’était rassemblés autour de la table, tous unis en silence dans l’angoisse et la peine. La gorge nouée, le colonel avait murmuré sans entrain un « ça va aller les gars, il est solide notre César ». J’avais répondu sans y penser « oui et puis il ne peut rien lui arriver, on est là et on est tous comme les sept doigts de ses mains ». Bien plus tard je lui avais raconté la scène et César avait souri en me disant que j’avais le sens de la formule et que je devais devenir un auteur.
Je suis devenu autre chose, mais j’ai bien envie de nommer ainsi le recueil qu’ils viennent de m’offrir, de le reprendre un peu, de poursuivre les souvenirs. Raconter la rencontre de César avec les pharaons ; les réalisations de Damien qui lui valent des prix ; les victoires d’Éloi en tant qu’éducateur avec de jeunes rebelles en difficultés ; les aventures de Gaspard pilote automobile ; et voir ce que je peux en faire…

elea- Nombre de messages: 3189
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010
Re: Comme les sept doigts de ses mains
J'ai commencé à lire ce dernier chapitre en étant très déçue... je ne voulais pas que ça se termine ainsi, que Faustin ait quarante ans, qu'il ait retrouvé le carnet.. tu m'avais coupée le souffle avec l'avant dernier chapitre et celui ci tombe comme un couperet, il fait dégonfler d'un coup le soufflé au fromage, et ça m'a profondément frustrée.
J'ai avancé dans le texte en étant presque énervée que tu n'aies pas fait durer cette histoire un peu plus longtemps. Je lisais, c'était bien, bien écrit, bien formulé, ça avançait bien, l'expression était tout ce qu'il y a de plus correcte.
Et puis je suis arrivée à la fin, entre temps j'étais quasiment furieuse, et puis je me suis mise à pleurer.
Qu'est ce que ton texte à touché ? Je n'en sais rien du tout. J'ai juste été vraiment émue par toute cette histoire... je ne sais pas si je préférerais une réécriture plus longue, même si c'était mon sentiment au début. De toute manière, si tu l'as écrit ainsi, alors je suppose que c'est ainsi que tu le veux, et que tu ne souhaites pas y revenir et modifier son essence même, ses sept chapitres...
Elea je ne sais pas quoi dire. Tout ce récit m'a bouleversée... je t'applaudis. Ecris nous en d'autres des comme ça... c'est brillant.
J'ai avancé dans le texte en étant presque énervée que tu n'aies pas fait durer cette histoire un peu plus longtemps. Je lisais, c'était bien, bien écrit, bien formulé, ça avançait bien, l'expression était tout ce qu'il y a de plus correcte.
Et puis je suis arrivée à la fin, entre temps j'étais quasiment furieuse, et puis je me suis mise à pleurer.
Qu'est ce que ton texte à touché ? Je n'en sais rien du tout. J'ai juste été vraiment émue par toute cette histoire... je ne sais pas si je préférerais une réécriture plus longue, même si c'était mon sentiment au début. De toute manière, si tu l'as écrit ainsi, alors je suppose que c'est ainsi que tu le veux, et que tu ne souhaites pas y revenir et modifier son essence même, ses sept chapitres...
Elea je ne sais pas quoi dire. Tout ce récit m'a bouleversée... je t'applaudis. Ecris nous en d'autres des comme ça... c'est brillant.

M-arjolaine- Nombre de messages: 279
Age: 19
Localisation: Ardèche
Date d'inscription: 07/06/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
M-arjolaine je suis désolée que cette fin t’ai ainsi bouleversée, déçue, frustrée. J’ai longuement hésité à finir ainsi. Je ne décide jamais de rien, pas de trame, pas de plan façon début, milieu et fin, j’écris ce qui vient, parfois comme si cela s’imposait à moi. C’est cette fin qui est venue. Peut-être que j’aurais pu continuer sur des chapitres et des chapitres. Peut-être que le fait de terminer en points de suspension veut dire que j’y reviendrai un jour. J’ai laissé une ouverture je trouve, sans préméditation. Mais si j’ai mis autant de temps entre chaque chapitre au début, si la fin s’est au contraire accélérée, c’est, je crois, que j’avais besoin de sortir des choses puis d’y mettre un point final. Je suis vraiment désolée si cela perturbe les lecteurs.

elea- Nombre de messages: 3189
Age: 39
Localisation: Au bout de mes doigts
Date d'inscription: 10/04/2010
Re: Comme les sept doigts de ses mains
La fin prend son sens quand on comprend qu'il ne peut plus écrire après la maladie de son frère... Mais c'est choquant ! On se demande "Mais que s'est-il passé ? Pourquoi ?" Le problème d'une histoire telle que celle que vous avez amorcée est que vous auriez pu la continuer indéfiniment. En fait c'est vraiment bien amené, la rupture est douloureuse mais réaliste... J'aurais beaucoup de chose à dire dessus, des choses biens =D mais j'en dirai une seule : merci beaucoup de m'avoir procuré une lecture si agréable !

Phoenamandre- Nombre de messages: 1373
Age: 21
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 08/03/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
C'est vrai que l'on s'était attaché aux péripéties de cette fratrie, mais la fin me plait aussi. Ta plume délicate a inclus dans chaque chapitre des merveilles et su faire ressurgir les émotions de l'enfance. Seul le phare d'Alexandrie, comme souligné dans les commentaires est sans doute à consolider. J'espère que cette nouvelle trouvera un éditeur. Merci Elea, pour tout ce beau travail.

Jean Lê- Nombre de messages: 413
Age: 53
Localisation: Bretagne
Date d'inscription: 22/11/2010
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Juste une chose ; on ne précise pas si César est mort. Et si oui, quand. Le sais-tu toi même ?

M-arjolaine- Nombre de messages: 279
Age: 19
Localisation: Ardèche
Date d'inscription: 07/06/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
Bah il n'est pas mort je crois, elle a dit au dessus que seuls deux des proches sont morts... J'espère !

Phoenamandre- Nombre de messages: 1373
Age: 21
Localisation: Nancy
Date d'inscription: 08/03/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
Moi aussi j'ai ressenti une précipitation dans cette étape finale, comme si tout s'enchaînait trop vite, comme si tout n'était pas aussi posé que dans les précédents chapitres (le saut dans le temps me paraît trop grand). Je suis vraiment triste que l'histoire se termine déjà mais elle a le mérite de le faire avec élégance, sans finir en queue de poisson et en se contentant de l'essentiel. Je répondrai présent à tes futurs écrits, c'est certain !
- « A la mort de tante Chloé » : « À » (Alt + 0192 ou mon profil) ;
- « dont les one man show » : « one-man-show » en français ou alors en italique (la locution est d'origine étrangère) ;
- « Éloi incarnait » : héhé, merci ! :-)
- « A la mort de tante Chloé » : « À » (Alt + 0192 ou mon profil) ;
- « dont les one man show » : « one-man-show » en français ou alors en italique (la locution est d'origine étrangère) ;
- « Éloi incarnait » : héhé, merci ! :-)
alex- Nombre de messages: 2565
Age: 20
Localisation: « ¿ ¡ à À â  ä Ä æ Æ ç Ç é É ê Ê è È ë Ë í Í î Î ì Ì ï Ï ñ Ñ ó Ó ô Ô ò Ò ö Ö œ Œ ß ú Ú û Û ù Ù ü Ü × ‰ € – — … »
Date d'inscription: 14/01/2010
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Une histoire bien écrite et touchante. Tu nous as embarqué.
J'aime bien l'idée que tu pourrais reprendre tes personnages et nous en dire un peu plus sur chacun. Quand bon te semblera.
J'aime bien l'idée que tu pourrais reprendre tes personnages et nous en dire un peu plus sur chacun. Quand bon te semblera.

Rebecca- Nombre de messages: 8057
Age: 53
Date d'inscription: 30/08/2009
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Une plume en étoiles avec ses ombres et ses éclats pour conduire cette "fratrie" sans la perdre.

Ba- Nombre de messages: 3025
Age: 59
Localisation: Tout dépend du vent, c'est dire...
Date d'inscription: 08/02/2009
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Je suis d'accord, on reste sur notre faim (insatiable concernant ce "conte")
est-ce pour garder l'idée des 7 chapitres ? pourquoi pas 7x7 ?
Je me suis vraiment régalée au fil des lectures, et j'en redemande !
est-ce pour garder l'idée des 7 chapitres ? pourquoi pas 7x7 ?
Je me suis vraiment régalée au fil des lectures, et j'en redemande !

Janis- Nombre de messages: 5083
Age: 51
Date d'inscription: 18/09/2011
Re: Comme les sept doigts de ses mains
Quelle chouette histoire, Elea !
Quelques remarques en vrac :
- Comme d'autres, je n'ai pas été convaincu par le Phare d'Alexandrie.
- Je trouve qu'il y a beaucoup plus d'humour dans les premiers chapitres. Des tournures imagées vraiment drôles et justes, qui manquent un peu par la suite.
- L'annonce de la leucémie de César est tristement bien amenée. Choquante.
Quelques remarques en vrac :
- Comme d'autres, je n'ai pas été convaincu par le Phare d'Alexandrie.
- Je trouve qu'il y a beaucoup plus d'humour dans les premiers chapitres. Des tournures imagées vraiment drôles et justes, qui manquent un peu par la suite.
- L'annonce de la leucémie de César est tristement bien amenée. Choquante.

Lunatik- Nombre de messages: 121
Age: 36
Date d'inscription: 23/11/2009

Re: Comme les sept doigts de ses mains
Je reviens sur ce fil pour voir si par hasard ... Mais non. C'est fini. Dommage !
Iris- Nombre de messages: 447
Age: 49
Date d'inscription: 17/08/2011
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